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Humour/Détente
Mellipheme : Essai de taxinomie sociale
 Publié le 06/06/10  -  13 commentaires  -  18536 caractères  -  104 lectures    Autres textes du même auteur

Petite parodie pseudo-scientifique délirante, à ne pas prendre au sérieux, juste pour quelques sourires...


Essai de taxinomie sociale


Il osa former le projet de décrire et de classer tous les êtres de la nature - Condorcet, à propos de Linné.


Quant aux catégories ou classifications à établir, vous divisez en creux et en plats ?... il y aurait peut-être une distinction à faire entre les petits et les grands creux - Auteur inconnu - Dictionnaire Le Littré, 1865, p. 690


Avertissement


C'est par commodité du naturaliste que les êtres peuvent être classés dans des groupes homogènes selon des caractéristiques physiques ou psychologiques manifestes qui les distinguent des autres groupes. La nature n'est pas figée. Une taxinomie postdarwinienne doit non seulement décrire des espèces, des classes et des groupes, mais doit aussi montrer comment l'évolution conduit des organismes à passer d'un groupe à l'autre, constituant par là même des groupes transitoires plus ou moins éphémères. Cette difficulté ne doit pas faire renoncer au projet. Depuis Linné, nous savons que toute connaissance scientifique doit être fondée sur une systématique des êtres naturels. La prise en compte de la labilité des appartenances sociales doit simplement nous conduire à rejeter un système taxinomique binaire (un être est ou n'est pas élément d'un groupe) au profit d'un système flou, au sens de la théorie des ensembles flous de M. Zadeh, selon laquelle un être a une probabilité plus ou moins élevée mais mesurable d'appartenir à un certain groupe.

C'est en ce sens que nous proposons d'initier une théorie floue mais néanmoins rigoureuse de la société humaine, théorie appelée demain à éclairer l'esprit des Lumières lorsque celles-ci se rallumeront et chasseront enfin les ombres de l'obscurantisme clérical qui aveugle nos contemporains.


Espèce des Hommes modernes


L'Homme moderne est indubitablement un Homme, Homo sapiens, même si la sapience n'est pas évidente pour l'observateur impartial. Il est moderne en ce qu'il est supposé avoir appris de l'expérience accumulée au cours de quelques millénaires d'efforts à être et surtout à paraître un peu moins primate. Les signes qui distinguent avec le plus d'évidence l'Homme moderne de ses ancêtres velus et prognathes sont les suivants :


- Un dieu est venu lui souffler à l'oreille qu'il ne fallait pas tuer son prochain et qu'il faudrait désormais écrire son nom avec une majuscule. L’Homme moderne (Hm), vérifiant à l'usage que ce Dieu majusculé était un utopiste révolutionnaire, a identifié cent soixante et onze situations exceptionnelles dans lesquelles il est tout à fait justifié de tuer son voisin. Dieu ne pouvant avoir tort, il s'est mal exprimé ou les prophètes l'auront mal compris. Pour être certain de ne pas pécher par inefficacité lorsque l'une ou l'autre de ces cent soixante et onze situations se présenteraient, Hm a dépensé des trésors d'intelligence pendant quelques siècles pour inventer les moyens les plus efficaces pour trucider autrui. Un Hm particulièrement brillant a même découvert comment, avec quelques kilogrammes d'un métal et un peu de savoir-faire, il était possible de supprimer tous les autruis de la planète. Aux dernières nouvelles, les Hm ont été pris d'un léger doute avant de passer à la mise en œuvre opérationnelle à grande échelle. On en est là.


- Un philosophe grec (ancêtre des Sages, cf. infra) a suggéré que l'espèce n'était pas sur Terre pour prendre des claques mais pour jouir et se donner du plaisir de toutes les façons possibles qui n'embêtaient pas les voisins. Immédiatement, deux autres philosophes et quelques prophètes ont surgi pour dire que le premier était un âne, que l'homme est bien sur Terre pour prendre des coups. Hm, très pragmatique, a décidé qu'à l'avenir il y aurait deux sous-espèces, les Agités (cf. infra) qui prendraient leur pied et donneraient les coups, et les Autres qui recevraient les coups de pied.


- Hm a décidé que plus une idée paraissait théorique, abstraite, non prouvable, déconnectée de toute expérience concrète, plus elle devait être prise au sérieux, c'est-à-dire qu'il convenait de combattre avec beaucoup d'ardeur ceux qui propageraient cette idée et ceux qui oseraient critiquer si peu que ce soit cette théorie bizarre. La grande portée pratique de cette invention vient de ce que, lorsque deux clans défendent chacun des idées contradictoires ou simplement divergentes sur quelques nuances, étant donné que par définition nul ne saurait établir la véracité ou la fausseté de l'une ou l'autre des deux thèses en présence, les deux clans sont fréquemment conduits par surenchères réciproques à s'exterminer jusqu'au dernier avec beaucoup d'enthousiasme, ce qui est une méthode efficace de contrôle de la population dans une région donnée, première étape dans la mise en place d'une vraie politique de développement durable.


- Enfin, Hm a inventé la cravate, sorte de nœud coulant en toile forte qu'il se passe autour du cou pour rappeler à chaque instant qu'il est un criminel en puissance bon à pendre à la branche la plus proche. Il n'est pas indifférent de noter que la cravate est surtout portée dans la classe des Agités (cf. infra), ce que l'on peut considérer comme un signe de lucidité.


Espèce des Hommes modernes, classe des Agités


Les Agités dirigent le monde. Les plus brillants ou pugnaces sont président de quelque entreprise, directeur d'une administration, député, ministre, ou dirigeant politique en passe de devenir ministre. Les autres envient les premiers et les prennent pour modèles. Tous ont en commun le désir de paraître, la volonté de puissance, la recherche du pouvoir, l'angoisse de vieillir. Ils croient que le temps est une denrée qui se consomme et dont ils peuvent manquer.

La caste des Agités est officiellement accessible à tous. On ne manque pas d'y faire régulièrement la promotion d'un brillant élève, fils ou fille de famille modeste ou issu de l'immigration, accédant aux plus hautes fonctions à force d'intelligence et de ténacité. Cette ouverture, triomphe de la démocratie, est un évident progrès par rapport aux mécanismes d'héritage de l'Ancien Régime ou des maîtres de forges du XIXe siècle. Seuls de très mauvais esprits ou de parfaits imbéciles pourraient en douter. En effet, les jeunes ambitieux aux dents longues n'héritent pas d'une fortune familiale mais d'un ego souvent plus violent que celui des fils de famille, et d'un réseau de neurones particulièrement rapide. Ces atouts leur permettent de constituer assez vite la fortune qui leur manquait au départ. L'immense avantage de ce système est que l'ego et les neurones étant des actifs non taxables, l'héritage pour sa part immatérielle la plus importante échappe à l'impôt.

Les Agités ne peuvent jamais être totalement satisfaits de leur sort puisque leur but ultime est une volonté de puissance qui ne connaît d'autre limite que celle des autres Agités. Cette insatisfaction est saine et productive en ce qu'elle les motive à s'agiter d'avantage.


Espèce des Hommes modernes, classe des Gourous


Les Gourous collaborent avec les Agités pour assurer la bonne marche du corps social. Ils sont chargés de canaliser l'angoisse, les peurs et les aspirations au changement des Frustrés (cf. infra). Ce sont surtout les grands spécialistes de la production des idées théoriques et abstraites dont l'importance a été soulignée au paragraphe 3 de la définition de l'espèce des Hommes modernes. Les spécialistes distinguent des sous-groupes dans cette classe : les prêtres, les imams, les pasteurs, les intellectuels, les prix Nobel d'économie, et quelques autres de moindre importance. Les trois premiers groupes forment la sous-classe des Religieux, les autres celle des Disserts. Les Religieux travaillent toujours en groupe, les Disserts sont plus individualistes dans leur action. Quel que puisse être l'intérêt scientifique de ces distinctions très fines, elles ne concernent que les spécialistes, et dans la présente introduction générale nous prendrons la liberté de les ignorer.

Les Gourous, tout comme les Agités, présentent les signes caractéristiques de la volonté de puissance. Ils se distinguent nettement de leur amis Agités en ce qu'ils ne semblent pas atteints par le syndrome du manque de temps, et par le fait qu'ils ne considèrent pas l'argent et le pouvoir qu'il donne comme une fin en soi mais comme un moyen. Les Gourous prétendent travailler pour l'éternité. Même si cette prétention peut faire sourire, il est clair qu'ils œuvrent sur la durée.

Les observateurs attentifs ont noté une grande porosité de la frontière entre la classe des Gourous et celle des Agités, cette porosité s'exerçant toujours de la première vers la seconde.


Espèce des Hommes modernes, classe des Sages


Les Sages (que l'École française de taxinomie sociale préfère appeler les Babas) ont compris que le monde n'a aucun sens, hormis celui que lui donnent nos passions et nos jouissances. Ils ont choisi d'ignorer le Temps. Ils trouvent qu'une belle reproduction d'un tableau de Cézanne est préférable à un écran de télévision. Ils aiment déjeuner avec Montaigne, dîner avec Lucrèce et Voltaire. Ils se font une fête d'un week-end pluvieux à la campagne en compagnie de Proust et de Céline, non pour les lire - ce qui serait une consommation passive - mais pour les entendre et dialoguer avec eux. Le dialogue avec un auteur décédé nécessite un certain entraînement, mais c'est un exercice auquel les sages excellent. L'œuvre de l'auteur ayant été lue une fois pour toutes, le dialogue s'opère allongé, les yeux fermés, la main sur l'ouvrage entr’ouvert mais retourné et posé sur le ventre. La consommation concomitante d'une bière d'Abbaye est recommandée par les Sages des bords de Meuse.

De quoi parlent les Sages ? Des mille façons de jouir de la vie et de fuir les fâcheux. De l'équilibre des passions. Des chemins qui s'offrent aux Agités et aux Esclaves pour accéder à un peu de sagesse. En tout cas n'attendez pas d'eux une théorie sociale, des prises de position publiques. Dans "position" il y a "pose". Prendre position, prendre la pose est une attitude typique de Gourou ou d'Agité.

Les Sages sont pacifistes, non violents. Vivant dans les interstices de la société, ils sont généralement ignorés des Agités, des Gourous et des Autres, et s'en trouvent fort bien. Leur fréquentation peut être un peu ennuyeuse si l'on n'appartient pas à leur groupe. Leur compagne - ou compagnon - lorsqu'ils en ont une, ne résiste durablement à cet ennui que si elle-même est peu ou prou Sage. D'où il résulte que les Sages s'accouplent souvent entre eux. Le caractère héréditaire de la sagesse fait toutefois débat, les spécialistes ayant récemment mis à jour d'évidents contre-exemples.

Lorsqu'un Sage acquiert quelque notoriété, il peut éprouver de la difficulté à ne pas devenir Agité.


Espèce des Hommes modernes, classe des Autres


Les Autres sont les plus nombreux dans l'espèce. Selon les époques et les besoins de la communication et du spectacle, on les appelle masses laborieuses, peuple, société civile - expression dont le sens n'est compréhensible qu'à quelques Agités - ou "ceux qui nous regardent". Plus ou moins esclaves résignés ou simplement fatalistes, les Autres deviennent parfois révoltés et hargneux lorsqu'ils sont influencés par des Agités ou des Gourous voulant les utiliser pour parvenir à leurs fins, c'est-à-dire pour accroître leur pouvoir. Pris dans le tourbillon du spectacle permanent du monde, ils ne savent que penser et font confiance à des Agités ou des Gourous charismatiques pour penser à leur place.

On leur fait croire que la jouissance passe par la possession et on modèle leurs désirs pour le plus grand profit des entreprises. Ils meurent à petit feu et ne voient passer la vie qu'à travers la reproduction des corps et des désirs : faire des enfants et les éduquer. Surtout, les Autres ont un besoin permanent d'un spectacle imagé, en couleurs et en deux dimensions. Un certain nombre d'Agités, de Gourous ou d'acteurs qui en tiennent lieu, y mettent en scène des personnages réels ou mythiques servant d'exutoires aux peurs, aux angoisses et aux aspirations des Autres. Les Agités experts dans l'organisation de cette catharsis collective sont évidemment parmi les plus respectés et les mieux rémunérés.

La vie des Autres est plaisante aux époques et dans les régions du monde où l'abondance des richesses matérielles et l'absence de conflit armé permettent de satisfaire une part suffisante des désirs suscités par le spectacle des Agités. Que la part des désirs satisfaits soit trop faible et cela suscite des sentiments de frustration qui à leur tour conduisent à des révoltes hargneuses. Que cette part soit trop forte et les dépressions et les suicides se multiplient, ainsi, surprenant paradoxe, que les révoltes hargneuses. Dans les deux cas, les conséquences sont désastreuses pour les profits des entreprises et des Agités qui les dirigent.

Un bon équilibre est donc essentiel au fonctionnement sans heurt du système social, et un groupe particulier d'Agités est chargé en permanence de mesurer le taux de satisfaction des désirs tel qu'il est perçu par les Autres.


Espèce des Hommes modernes, classe des Autres, groupe des Frustrés


Quelle que soit la perfection du réglage du taux de satisfaction des désirs, il reste à chaque instant un petit nombre d'Autres auxquels s'agrègent quelques Agités, pour éprouver des sentiments de frustration et d'insatisfaction, soit qu'ils ne reconnaissent pas leurs désirs les plus forts dans la panoplie offerte par le spectacle, soit que le désir une fois satisfait se révèle être un fruit décevant. Tant que leur nombre reste relativement faible, ces Frustrés ne sont pas un danger pour le système qui peut sans risque les ignorer. Certains trouveront leur voie vers le groupe des Sages, d'autres auront recours à l'alcool, aux psychotropes et aux drogues plus ou moins encouragées ou tolérées, ce qui est excellent pour le commerce et les affaires des Agités.

Lorsque le nombre de Frustrés augmente dangereusement, diverses farces et drames pourront être mis en scène pour opérer la régulation du taux de satisfaction des désirs qui corrigera la dérive. Le logos d'acteurs spécialisés issus de la classe des Gourous ou de celle des Agités, sous-groupe des Politiques, suffira à une régulation douce, tout en finesse. Pour une correction plus énergique, on pourra recourir à une crise économique, à l'inflation monétaire, à un choc pétrolier. Enfin, pour une correction brutale mais très efficace, on songera à monter un coup d'état ou un conflit armé. Dans ce cas, on situera de préférence la scène dans un pays lointain mais bien couvert par les moyens de télécommunication. Ces méthodes éprouvées de correction des frustrations collectives seront appliquées pendant des durées allant de quelques jours à quelques mois selon la gravité de la crise. On évitera toutefois d'y recourir trop souvent pour éviter tout effet d'accoutumance ou au contraire de rejet du traitement.

Le groupe des Frustrés est donc de transition, son existence ne peut se concevoir que dans une perspective dynamique, évolutive, postdarwinienne de la taxinomie sociale.


Espèce des Hommes modernes, classe des Autres, groupe des Exclus


Les Exclus comportent de nombreux sous-groupes, tels que les clochards, les drogués, les fous, les illuminés, les rappeurs, les jeunes-des-banlieues, etc. Toutefois, les frontières entre ces sous-groupes sont à la fois floues et poreuses. Le naturaliste rigoureux évitera donc d'établir une taxinomie scientifique à l'intérieur de ce groupe tant que l'évolution darwinienne et le progrès des connaissances n'auront pas clarifié les critères d'appartenance à ces sous-groupes et les conditions de passage de l'un à l'autre.

Le groupe des Exclus est caractérisé par les réactions immédiates, observables et parfois violentes que provoque la mise en présence d'un ou plusieurs éléments de ce groupe dans un échantillon d'Agités le plus pur possible. L'identification s'opère en introduisant le sujet dans une rame de TGV première classe ou dans un avion de ligne remplis dans une proportion minimum de 75 % d'Agités certifiés de pure souche. Si l'on observe chez les Agités des comportements d'évitement (changement de siège), de mise en sécurité (mains qui se portent à la poche portefeuille), de vociférations indignées, alors le sujet qui en est la cause est bien un Exclu.


Problèmes taxinomiques ouverts


Nous ne saurions conclure cette brève introduction à la taxinomie sociale sans mentionner quelques-uns des travaux en cours et des controverses qui passionnent la communauté scientifique.

Un premier grand thème de débat est celui de l'innéisme des catégories. Certains auteurs considèrent que l'appartenance à l'espèce Hm, à une classe et à un groupe au sein de cette classe est déterminée par la génétique du sujet. Seule l'hérédité pourrait en effet expliquer la persistance des grandes catégories taxinomiques à travers les siècles en dépit des modifications environnementales.

La plupart des chercheurs s'accordent toutefois sur le fait que les transitions intergroupes sont trop nombreuses pour s'expliquer uniquement par des mutations génétiques. Les caractères déterminant la classification seraient dès lors acquis, ce qui ouvrirait la possibilité de créer des classes et des groupes hybrides non par manipulation génétique mais simplement par contrôle de l'environnement.

Ce grand débat reste ouvert, toutes les tentatives pour créer une classe des Constructifs qui combineraient les caractères positifs des Agités et des Sages ayant échoué à ce jour.


La seconde controverse que nous ne saurions passer sous silence porte sur le statut épistémologique de la taxinomie sociale elle-même. Des auteurs particulièrement critiques défendent l'idée que la taxinomie sociale toute entière ne serait qu'une construction abstraite arbitraire, les chercheurs du domaine étant des Gourous (sous-groupe des intellectuels) chargés de développer un discours apparemment rationnel, justifiant un ordre social qui leur alloue un statut privilégié.

Même si par honnêteté et souci de complétude nous avons mentionné cette thèse nihiliste, nous ne pouvons qu'en souligner le caractère fantaisiste, la Science, comme chacun sait, ne pouvant être confondue avec le fatras manipulateur et obscurantiste des Gourous.


 
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   florilange   
15/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte est souvent amusant; pas toujours, bien sûr, les phrases longues y abondant par trop. Toutefois, ce n'est pas si mal écrit, à la manière d'un rapport administratif, sur un sujet dont tout le monde se fiche éperdument.
Une façon originale de voir ses collègues Hm s'agiter autour de soi.
Merci pour l'humour, je cherche encore dans quelle catégorie me ranger...!

   placebo   
6/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
c'est plaisant, présenté de façon originale, malheureusement les réflexions en elles-mêmes ne sortent que peu des lieux communs. je m'attendais à davantage de folie dans ce guide, finalement on a une critique (fine) de notre société, bien sur avec un brin d'ironie, mais ce n'est peut être pas suffisant.

cette espèce m'a paru très localisée géographiquement, peut être pas en France, mais bien en occident au début. mais cela tient plus aux exemples je pense parce que finalement on peut catégoriser tout le monde sur Terre, la porosité des classes étant donnée.

pas relevé d'expressions ou tournures qui me gênent, une bonne idée, très fouillée, mais pas assez loufoque. un essai gentillet je dirais (pour information, je me souviens avoir souri une fois, mais je ne me souviens plus où ^^ désolé si je mets le moral à zéro). je salue malgré tout l'initiative.

bonne continuation

   Anonyme   
24/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une théorie floue qui dit que la sapience induite en chaque Hm lui dicte qu'il faut dépenser des trésors d'intelligence pour faire sauter le caisson de ses semblables, qui divise l'espèce en agités et non agités coups de pied au culables et autres hurluberlus, qui souffre d'être critiquée tout en se défendant de ne pas l'être dans le seul but de s'exterminer pour enfin atteindre au développement durable ne peut que me séduire. Quand commençons nous ? Ah bon, c'est déjà fait !
Je ne peux pas affirmer que j'ai ri à cette satire très fine de notre société, mais souri oui.
La prochaine donc sur le changement climatique.

   LeopoldPartisan   
2/6/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Trop pataphysique élémentaire pour moi. L'ébauche est intéressante mais trop axée sur l'enfoncement superficiel de portes ouvertes pour déclencher mes zigomatiques au delà des 20 % qui enclenche l'ébauche d'un sourire.

Sorry.

   Maëlle   
3/6/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai l'impression que c'est beaucoup plus drôle à écrire qu'a lire. C'est pas mal fait, moins caricatural que d'autres essai du même genre que j'ai pu lire (dans la presse et ailleurs), mais au final, un peu ennuyeux.

   Chiffon   
6/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai trouvé cette satire excellente: chacun en prend pour son grade et il y a de quoi rire et sourire.
Seuls les "Sages" (qui pourtant sont souvent les plus hypocrites du lot) sont ménagés, ce qui est un peu regrettable, car on se demande alors s'il n'y a pas un parti pris au delà de l'humour.
L'introduction est un peu lourde et pédante et la fin n'est pas très riche. Pour tout le reste du discours, on en redemande !
Un esprit fin et vif qui ne se prend pas au sérieux.
Merci pour ce vrai moment d'humour/détente.
Chiffon

   brabant   
6/6/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Mellipheme,

J'ai bien aimé le flou rigoureux de ce texte élégamment écrit. Il est assurément celui d'un "honnête homme" tel qu'on l'entendait au XVIIIème siècle. Post encyclopédiste, relativiste donc prompt à l'humour et aux traits d'esprit: paternité anglaise, mère française ?
Je me suis posé l'impertinente question de savoir à quelle sous-espèce d'homme moderne j'appartiens...
Ni Agité, ni Gourou, ni Sage, ni Frustré, ni Exclu, je ne me retrouve pas dans la liste.
J'ai alors procédé autrement: que ne suis-je surtout pas ?
Pas Agité, pas Gourou, pas frustré, pas Exclu.
Serais-je un Sage ? C'est-à-dire un affreux bobo ! Le bobo de service !
Beurk !
Alors je suis revenu à la notion du flou... rigoureusement poreux du début.
J'ai opté pour la porosité.
Je crois que je suis (et que nous sommes tous d'ailleurs) une (des) amibe(s).
Une amibe avec des pseudopodes: noyau chez les Sages, deux pseudopodes du côté des Agités et des Gourous, et deux cils vibratils chez les Frustrés et les Exclus.
Grâce à vous j'ai passé un bon moment. Si tant est que l'on passe un bon moment à déterminer sa personnalité !

Mais non, le bobo est trop proche du bonobo; je ne veux rien être de tout cela.

Alors que suis-je finalement ?

Après une nuit de Walpurgis (image), la réponse m'est enfin venue.
Je suis un Onirien tout simplement.
Votre taxinomie sociale n'est pas complète mon cher Mellipheme. Vous l'aviez précisé, tout évolue. Vous n'êtes donc pas fautif.

Mes amitiés.

   Anonyme   
6/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Excellent Melliphème ! J'avoue, et oui, que j'ai dû rechercher le sens de taxinomie qui est un mot que je n'emploie pas tous les jours ! Cela étant réglé, j'ai lu d'un trait cet essai que pour ma part je considère tranformé ; j'ai retrouvé, décrites avec beaucoup d'humour par une plume habile, toutes les catégories dans lesquelles je classe en douce mes contemporains !
Seul problème, mais de taille, je n'arrive pas à entrer dans l'un ou l'autre de ces tiroirs sociétaux ! Il serait sympa d'en créer un supplémentaire que l'on étiquèterait par exemple "Vieux Observateurs" car je crois que ma place est là !
Quoi qu'il en soit, une excellente lecture dominicale et vespérale !

   Lariviere   
8/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai passé un bon moment en lisant ce texte.

Mellipheme réussi avec son "Essai de taxinomie sociale" à réaliser à la fois un essai et son contraire en alliant le poison et l'antidote, la raison d'être et le faire valoir, le sérieux et l'humour. Quel est celui des deux que Mellipheme a choisi comme force vitale qui doit se dégager comme axe et traitement principal de son texte ?... Les deux, justement... Qui se nourrissent et se renforcent agréablement. Le dernier paragraphe illustre bien ce choix de ne pas trancher véritablement ce qui ne peut l'être, entre la raison et l'(auto)dérision. Cette façon de terminer son curieux "essai" est aussi une façon habile de laisser ce texte en suspension, comme une boucle sans véritable ponctuation de fin.

J'ai trouvé le sujet très dense sur le fond, presque "authentique" en tant qu'essai de sociologie. Je trouve la critique et la mise en situation des différents groupes sociologiques beaucoup plus fines et beaucoup plus subtiles dans la présentation de ces actions et de ces fondements, que ce que peut laisser transparaitre au premier abord le ton humoristique du texte. La force, justement, c'est pour moi, d'avoir choisi l'axe humoristique. Un humour noir, léger, sans trop de violence, un trait de crayon satirique à peine appuyé sur la condition à la fois intemporelle et contemporaine de l'humanité... La deuxième force, c'est une écriture maitrisée, classique, je dirais presque paisible, qui permet une lecture agréable sans toutefois enlevée le caractère incisif du texte. Les phrases longues, au style classique et au rythme laconique, presque atone, participent à l'efficacité de ce genre d'humour sarcastique et décalé.

Les différents groupes et sous groupes de l'Homme avec un grand H, entre Agités, Gourou, Sages, Frustrés et Autres, m'ont semblé cohérents, judicieux, et de façon générale assez jubilatoires.

Les seuls petits regrets seraient de ne pas avoir opté pour un peu plus, une once supplémentaire de fantaisie (un brin, pas plus !) qui pouvait à mon avis s'incorporer aisément dans ce genre de texte philosophico-satirique. Un caractère pataphysicien plus marqué m'aurait énormément plu, par exemple en poussant parfois un peu plus dans l'absurde et le loufoque. La rédaction et l'écriture de l'avant dernier paragraphe "Groupe des Exclus", me semble un parfait exemple de ce que j'aurais aimé voir plus souvent tout au long du texte. Dans ce passage, l'humour décalé est renforcé en s'appuyant sur l'absurde des situations et des comparaisons pour étayer l'aspect pseudo-scientifico-sociologique de la nouvelle. J'aurais bien vu aussi, les différentes espèces, groupes ou sous groupes, se parer de noms moins terre à terre, mais plutôt d'espèce de néologismes qui auraient caractérisé les différents "sujets" par un lien d'imagination universelle, fait de combinaisons de références, de noms communs, de sons et de sens ou de mots-valises comme on peut en trouver dans le Dictionnaire parallèle d'oniris.

En résumé, un bon moment de lecture grâce à une écriture agréable et un texte aussi profond par son thème que par son traitement à l'humour décalé.

Bonne continuation à l'auteur !

   caillouq   
8/6/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Une pochade que l'on peut supposer sans prétention, au vu du ton humoristique. L'utilisation et le détournement de jargon professionnel est quelque chose qui m'interpelle toujours, mais là, je n'ai pas accroché. C'est dû en partie à l'intention humoristique nettement affichée dès le début (dans le résumé): le lecteur perd cette petite période passée à essayer de saisir le degré du discours, à tenter de démêler si on est dans le registre sérieux-philosophique (je n'avais as regardé la catégorie, le titre me plaisait), ou dans le burlesque. Du coup, comme on est direct dans la chose, la lecture se fait dans le même état d'esprit du début à la fin (« c'est de l'humour, là, c'est de l'humour ... »), ce qui induit une certaine monotonie et c'est dommage. Ca se traîne en longueur. Il serait peut-être efficace de fouiller un peu plus le côté progressif, en glissant de considérations initialement sérieuses, ou d'aspect sérieux, vers une fantaisie indubitable.
Une autre piste (pas forcément incompatible) est de maintenir constamment le lecteur dans une certaine insécurité (« c'est sérieux, là ? » « Il déconne ou pas ? »), et pour cela de plus blinder le côté érudition (ce qui a été ébauché avec Zadeh) – ce qui renforce le sourire quand on a compris une déconnade. Si en plus de rire on a l'impression d'apprendre quelque chose (a fortiori quand on se sent obligé d'aller vérifier si on a effectivement appris quelque chose, ou si c'est juste un gag), là ça commence à être vraiment bon (à tous les sens du terme). Deux exemples seulement me viennent à l'esprit là tout de suite: Eco, bien sûr, et ces 50 pages centrales de « Le passé » d'Alan Pauls déjà servies en forum, mais on ne peut pas se renouveler tous les jours.

C'est bien connu, les films comiques sont toujours plus délicats à réussir que les grands mélos dramatiques ; je marcherai peut-être mieux une autre fois.

[modéré : sans rapport avec le texte]

   aldenor   
8/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’aime l’idée. Le texte est bien conçu, dense. Et parsemé de petits détails savoureux.
Pourtant l’humour ne fonctionne pas pour moi.
Je ne sais pas trop ce qui cloche ; l’effet de liste ? Ce découpage dans lequel chaque catégorie a droit pratiquement au même espace ? Le fait est que ça manque un peu de variation dans le traitement ; de surprises.
L’auteur va peut-être penser « Il est bien exigeant ce lecteur ! Qu’est-ce qu’il attend de plus comme surprises après toute cette ingéniosité et ce déballage de trouvailles ! ».
Et au fond, j’en viens à me demander : qu’est-ce qui peut surprendre le lecteur ?
Je crois que pour surprendre le lecteur il faut se surprendre soi-même, donc laisser venir les idées ; ici tout semble trop contrôlé. Enfin… Je bâtis peut-être des théories un peu à la légère, je joue les gourous.
Tiens, j’ai bien aimé le passage sur les sages, qui sonne vécu, coulant de souche ; les idées qui viennent toutes seules.

   Dark_Nolas   
8/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Mellipheme.

Voici un texte amusant servi par un ton ironique délicieux.

L'idée est amusante et plutôt bien mise en place, on a envie de se catégoriser soi-même (40% sage, 40% gourou et 20% autre frustré).

Le style, sous une forme pseudo-scientifique, laisse apparaître quelques lourdeurs qui parfois contribuent à donner le ton et parfois... et bien, c'est juste un peu trop. Ainsi, on a du mal à tenir vraiment jusque la fin (enfin, pour moi après une journée de boulot).

Bref, un texte qui va au bout de sa logique loufoque jusqu'à sa conclusion où on reste sur une bonne impression.

Nolas

   Anonyme   
29/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Simplement amusant.
On sourit à plusieurs reprises, et parfois, même, on réfléchit.
La parodie scientifique est bien menée et c'est vrai qu'il est agréable de progresser ainsi au fil du texte dans des catégories si rigoureusement définies.


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