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Horreur/Épouvante
MILL : Le narrateur isolé
 Publié le 03/02/10  -  19 commentaires  -  6928 caractères  -  197 lectures    Autres textes du même auteur

Qu'est-ce que l'écriture sinon un discours à la première personne, une ondée de mots que l'on offre au vide sans véritable espoir de retour ? Pourtant, ici, retour il y a, retour muet et insistant, retour avide et oppressant, au point qu'écrire devient piège. Lorsque narrateur, auteur, conteur se confondent, l'on ne sait plus très bien s'il s'agit d'une histoire ou d'une disparition.


Le narrateur isolé


Il avait décidé qu’il n’écrirait plus jamais. Fini, le glissement feutré de la petite bille imprégnée d’encre noire sur les pages à carreaux de ses cahiers d’écolier. Terminées, les séances de jonglage syntaxique jusqu’au petit matin. Achevée, l’insomnie du plumitif. Il composerait dans sa tête, à l’abri des regards et des compromis. Son œuvre n’existerait que pour lui. Sa mort le tuerait deux fois. Il en avait conscience mais en acceptait l’idée avec le sentiment affirmé de contribuer ainsi au maintien de cet équilibre cosmique qu’il était seul à percevoir.

Il savait qu’il était capable de réciter l’équivalent de centaines de pages glanées dans des romans, des contes et des poèmes, des chapitres entiers sans la moindre erreur de ponctuation. Il s’agissait toutefois de volumes à jamais inédits, dont l’existence immatérielle ne tenait qu’à l’inconcevable fiabilité de sa mémoire. Personne ne lirait jamais ses nouvelles fantastiques, ses enquêtes policières, ses courts textes d’inspiration surréaliste. Ses absurdités littéraires, qu’il appelait nonchalamment ses « œuvrettes » dans le secret de son âme, ne connaîtraient jamais l’examen attentif, et peut-être enfiévré, d’une paire de pupilles.

Lorsqu’on l’interrogeait à ce sujet, il répondait que l’écriture constituait à la fois un leurre et une prison. « Elle nous transporte, disait-il volontiers, et prétend nous élever. En cela, elle nous promet, avec la superbe que lui procure son irréfutable savoir-faire, de nous affranchir de nous-mêmes. De nos limites, celles imposées par la science, physique, chimie, biologie, cette nature à laquelle nous devons nous soumettre. Mais aussi les bornes que nous nous infligeons. Plus ou moins consciemment. Par atavisme ou par éducation, presque par instinct ou, au contraire, par convention. »

« Quand j’écris, je réduis les voies de mon esprit à une autoroute rectiligne sur terrain plat. J’égare le sel de mon histoire et me contente d’un squelette sans chair. Où sont passés les subtilités, les nuances, les détails à foison qui pimentaient le récit dans sa version d’origine ? Écrire nuit à l’imagination là où la lecture tendrait à la développer. Ce paradoxe m’insupporte mais je dois composer avec ça. »

Et de répéter qu’il n’écrirait plus.

On s’inquiétait alors de savoir s’il se souvenait de ce qu’il produisait en pensée et cette inquiétude sonnait faux. On l’agressait mollement sur le ton de la conversation polie. Il mentait systématiquement, souhaitant éviter à tout prix d’avoir à réciter ne fût-ce qu’une simple phrase.

Un jour que l’agression s’était durcie sous les effets conjugués de l’alcool et du mépris de la plupart de ses interlocuteurs, il déclara que l’artiste maudit leur pissait au fondement et qu’il était prêt à leur « lire » une saga de sept cents pages dans la seconde qui suivait s’ils insistaient.

Ils insistèrent et il s’exécuta. Patiemment et suivant un rythme enlevé, constant, prenant une gorgée d’eau, de bière ou de vodka à la fin de chaque sous-chapitre. Il réclama cinq minutes de pause entre les chapitres dix et onze, afin de soulager quelque besoin corporel, et reprit son récit une nouvelle bouteille à la main. Il sentait qu’il n’avait plus le droit de s’interrompre, qu’on lui avait fait une fleur, ça va pour cette fois… Il devrait ménager sa vessie le temps des cinquante chapitres suivants. À moins qu’un des membres de l’assistance n’exigeât à son tour un entracte de même nature, il était clair qu’il allait passer les deux prochains jours vissé à ce fauteuil en mousse.

Au matin du deuxième jour, il se leva brusquement au milieu d’une longue phrase descriptive, et, s’il n’interrompit guère son récit, on ne pouvait nier que le demi-soupir qu’implique une virgule s’était attardé plus que de raison. Des sourcils furent froncés, des regards se figèrent, changèrent d’expression. Malgré sa voix de plus en plus éraillée et sa langue pâteuse qui semblait vouloir embrasser son palais à chaque syllabe prononcée, il continuait de narrer, infatigable. Et tandis qu’il relatait, tandis que sa bouche formait des mots que lui dictait une zone bien précise de son cerveau, le reste de son esprit comprenait qu’il n’existait plus en tant qu’être humain à leurs yeux fascinés. L’homme s’était effacé devant sa fonction. On ouvre un livre, on le referme, on le prête, on l’offre, on le déchire, on le jette.

De plus en plus mal à l’aise, il commença à se dandiner sur ses jambes, d’abord calmement, puis de façon arythmique, comme traversé de spasmes irréguliers. Sa vessie le brûlait. Il se tordait le bas-ventre en grimaçant de douleur, prenant un soin morbide à ne pas altérer d’un iota le fil de son récit et la cadence de son monologue.

Fatalement, il mouilla son pantalon. Personne n’y prêta attention. Personne.

Les heures s’étiraient. Doucement, avec l’allure indolente du piéton provocateur qui fait mine de marcher d’autant moins vite que le chauffeur semble pressé. Le temps s’attardait, le narguait. Ses auditeurs lui apparaissaient désormais comme mués en statues de sel et de granit, ne conservant de l’humain que les traits et la morphologie. Pour ce qu’il en savait, il aurait pu s’agir de carcasses de dieux morts. Leurs yeux perdus, parfois exaltés, toujours lointains, lui rappelaient les billes de verre qui constituent le regard des requins. Il ne se voyait pas en eux. Ils ne reflétaient rien.

Il éprouva une satisfaction purement pataphysique lorsqu’il s’imagina partageant le point de vue intrigué du chat qui observe son maître plongé dans un ouvrage, et se traita d’idiot. Il se rappela qu’il avait peur. L’urine avait séché sur son pantalon de velours, mais la sensation de l’étoffe chaudement imbibée sur la peau de ses cuisses l’avait marqué au fer rouge. Sa bouteille était vide et il n’osait plus demander à boire. Quelque chose dans l’atmosphère lui signifiait très clairement que sortir du récit à ce stade de l’histoire pourrait s’avérer néfaste. Il ne s’aperçut pas qu’il pleurait, tout à son labeur de vaillant narrateur. De fait, nul ne remarqua ses larmes. Il en pleura davantage, incapable, cette fois, de réprimer les sanglots qui menaçaient de s’insérer dangereusement dans le texte de sa voix off.

Le récit fut achevé le troisième jour, un peu avant vingt-deux heures. Sa voix se brisa sur le point final, mais cette faiblesse lui fut pardonnée. Il s’étira bruyamment, livrant un long râle enroué à la cantonade, mais telle ne fut pas la raison. Pas plus que lorsqu’il esquissa quelques pas malhabiles pour réveiller ses membres, sévèrement ankylosés, puis qu’il but au goulot d’une bouteille trop chaude et trop vide.

Il reçut un cendrier sur la tempe. On entendit distinctement l’os du crâne se fendre. Il bascula, inconscient, déjà presque mort, s’écrasa sur le sol comme une pyramide s’affaissant sur elle-même, mourut sous les coups silencieux de ses lecteurs trahis.

On n’aimait pas la fin.


 
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   Anonyme   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
"Quand j’écris, je réduis les voies de mon esprit à une autoroute rectiligne sur terrain plat. J’égare le sel de mon histoire et me contente d’un squelette sans chair. Où sont passés les subtilités, les nuances, les détails à foison qui pimentaient le récit dans sa version d’origine ? Ecrire nuit à l’imagination là où la lecture tendrait à la développer. Ce paradoxe m’insupporte mais je dois composer avec ça. »

J'ai relu cette phrase une bonne douzaine de fois, parce qu'elle me parle, je me sens en accord avec elle. Dans ma tête, le récit en formation est "plein de sel" et lorsque je le couche sur papier "je n'ai plus qu'un squelette sans chair".
Mais là où je ne suis pas d'accord, c'est ici : "Ecrire nuit à l'imagination là ou la LECTURE tendrait à la développer.
A mon humble avis c'est faux, à moins de remplacer "lecture" par "écriture". Personnellement, quand je lis un roman, les mots de l'auteur, son univers, sa façon de décrire, voir, entendre, comprendre les choses ouvrent mon imaginaire.

Je me demande, si le "conteur" ne fait que boire eau, bière ou vodka pendant deux jours, s'il peut encore avoir les idées claires, si sa voix ne devient pas pâteuse et s'il ne s'embrouille pas dans son récit avec des retours en arrière, des interruptions, des digressions et tout ce qui arrive quand on est simplement épuisé.

La fin est lapidaire, inattendue et m'a fait rire.
Le texte est bien écrit, je ne suis malheureusement ni épouvantée ni horrifiée, mais j'ai lu sans peine ce récit inventif qui donne la parole à un livre. Quoi qu'il en soit, quand je n'aime pas la fin d'un roman je ne "tue" pas le livre, mais bon, j'aime pas faire mal aux livres...
Au plaisir de retrouver l'auteur et bonne continuation.

   Anonyme   
30/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le choix de la catégorie m'avait d'abord surpris après la première lecture, et en fin de compte je le trouve très bon.

J'aime ce récit sans réelle intrigue mais à la chute mordante à souhait, et il faut bien le dire relativement ignoble.
Le style n'est pas désagréable du tout, malgré quelques lourdeurs en milieu de narration, mais l'histoire très intéressante fait oublier cela.

Il y a des références que j'aime aussi.

Bref, un texte qui m'a convaincu!

   Anonyme   
1/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Hum... indéniablement une écriture riche, un thème qu'il est difficile en tant qu'auteur de ne pas s'approprier.
L'effet d'accroche fonctionne plutôt bien.
Et puis je trouve que c'est trop court. Que le narrateur au lieu de vouloir rendre son récit bouillant et enfiévré, désire juste relater.
Du coup Horreur/épouvante me semble un choix de catégorie assez particulier.
Je n'ai pas frisonné.
J'ai cherché où le narrateur voulait me mener et en définitive, je suis assez déçue par la fin. Trop prévisible.

Merci néanmoins pour cette lecture intéressante.
Au plaisir!

   Perle-Hingaud   
2/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Excellent. Suspendue aux lèvres du narrateur, ébaudie devant tant d’humour et de verve concentrée. Un texte d’une brièveté qui ne nuira pas aux incontinents, mais qui ravira les impatients.
Juste un détail : je ne comprends pas bien la phrase : « Il s’étira bruyamment, livrant un long râle enroué à la cantonade, mais telle ne fut pas la raison. Pas plus que lorsqu’il esquissa quelques pas malhabiles… »
Peut être perturbée par cette histoire ?
La dernière phrase est jouissive.
Merci

   Leo   
2/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Le thème est étrange, celui du rapport viscéral de l'auteur avec son œuvre et de celle-ci avec le public, du regard de ce dernier sur l'œuvre et sur l'auteur, qui se confondent au point de devenir l'un et l'autre objets.

Très bien traité, une écriture riche, un langage précis, soutenu, et quelques interrogations qui obligent à réfléchir.

   Anonyme   
4/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Une idée qui m'intrigue et dont j'ai du mal à percevoir le sel ...
"Quand j’écris, je réduis les voies de mon esprit à une autoroute rectiligne sur terrain plat. J’égare le sel de mon histoire et me contente d’un squelette sans chair"... Est ce l'écriture ou trouver les mots, les phrases et lers formuler ...Combien de fois on peut avoir l'idée, la sensation mais ne pas arriver à l'exprimer à l'écrit ..ou à l'oral ....Le formuler par écrit ou par oral le problème est le même...la seule diffèrence est que les écrits restent ...
Je trouve interessante l'idée de raconter un texte sans s'arrêter pendant trois jours ...Faire sortir un texte de soi ainsi est ce possible ?
En bref, je dirais qu'il y a des idées mais aussi une logique (un intérêt) qui m'échappe....

   jaimme   
4/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La pensée supérieure à l'écrit. C'est indéniable.
Cet abruti s'est laissé piégé. Il aurait mieux fait de mourir deux fois. Cela aurait été une mort plus digne. Sans se pisser dessus et sans embrasser du cristal synthétique.
Belle écriture. Je pense que la première partie joue un peu trop avec le côté intello de la chose et serait plus jouissive si le narrateur utilisait un vocabulaire plus simple pour se distancier du personnage. Cela rendrait ce dernier plus ridicule.
Et pourtant le personnage a raison.
J'aime beaucoup. Un peu de travail dans le style de la narration, par moment et ce texte serait un petit bijou.
En fait je trouve, en relisant, que l'auteur est victime du syndrome de ce narrateur isolé: il écrit comme il pense. Cela m'amuse beaucoup. Je fais un peu pareil. Mais il faut avoir toujours pitié du lecteur qui, entre sandwich au fromage et overdose de Nutella, n'est pas toujours "branché" instantanément.
Merci Mill. Au plaisir de te lire à nouveau. J'aime beaucoup cette originalité de fond et de forme.

   florilange   
4/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
D'accord avec ce court texte, le texte s'écrit d'abord dans la tête & le mettre par écrit l'appauvrit pour tout 1 tas de raisons, dont en 1ère ligne 1 certaine forme d'autocensure, différente d'1 auteur à l'autre.
Bon, la fin est inattendue. Heureusement qu'on ne tue pas tous les auteurs pour 1 fin de bouquin qu'on n'aime pas.
J'aime bien le style de cet auteur.
Florilange.

   nora   
5/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'écriture, comme une drogue. Négation de la dépendance (un dépendant a l'habitude de dire: "je peux arrêter à tout moment, j'ai le contrôle"), ensuite prise de conscience: "Et de répéter qu'il n'écrirait plus."
La rechute. D'une autre manière. Plus sévère. Ne plus écrire, mais continuer de dire.
Une réflexion amère sur l'isolement de l'artiste, sur ses efforts souvent douloureux de s'adapter aux exigences des destinataires de son oeuvre, quitte à s'égarer de lui-même. Comme de tout le reste.
J'ai beaucoup aimé. Merci

   Cortese   
5/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime ce texte très personnel, original et bien pensé. L'écriture est aisée, la plupart du temps, avec quelques images qui font mouche :
"Leurs yeux perdus... lui rappelaient les billes de verre qui constituent le regard des requins."
"Les heures s’étiraient. Doucement, avec l’allure indolente du piéton provocateur qui fait mine de marcher d’autant moins vite que le chauffeur semble pressé."
Et puis la fin est superbe, et c'était pas évident. "On n’aimait pas la fin." C'est limpide, percutant et grinçant.
Bravo !

   oxoyoz   
5/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé la fin épouvantable. Le cauchemar de se faire lyncher par son public, de subir l'amalgame entre texte et auteur, terrible. Donc je valide le choix de la catégorie. Le propos est très intéressant, même si je ne suis pas toujours d'accord et que je trouve certaine phrase de l'auteur/personnage trop alambiquée. Mais l'écriture est très bonne, précise, riche et maitrisée. Et comme c'est du plus haut, je serai pour une distanciation plus net entre le personnage et le narrateur dans le style.

   Milwokee   
7/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un style particulier qui est tout à fait à mon goût ! J'aime vraiment l'écriture, l'ambiance générale est bien posée, on est emporté dans le récit de même que le narrateur est emporté dans le sien. J'aime aussi cette petite pointe de merveilleux (l'homme qui régurgite 700 pages de mots gravés dans sa tête), qui me fait penser aux nouvelles de Ray Bradbury. Cependant, la fin m'a déçue. Néanmoins je salue l'audace de cette fin originale, c'était une tentative assez osée !

   Bidis   
7/2/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai trouvé l'écriture parfaite. La chute également - comme une petite touche qui met en valeur tout le texte que l'on vient de lire. J'y vais d'une évaluation maximale parce que c'est mon ressenti enthousiaste.

   widjet   
7/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je ne suis pas forcément en accord avec la catégorie ou totalement en phase avec la théorie du narrateur (« Ecrire nuit à l’imagination…»), même si cette dernière est assez convaincante, très intéressante et fait réfléchir (sur la façon de s’approprier voire « de devenir » le texte que l’on raconte).
Je retiens surtout une plume alerte, riche, maîtrisée qui témoignent d’un esprit aiguisé, incisif et d’une belle observation (j’aime assez le « avec l’allure indolente du piéton provocateur qui fait mine de marcher d’autant moins vite que le chauffeur semble pressé » qui est particulièrement vrai).

J’aurai, en revanche préféré, plus de description sur la dégradation progressive du conteur histoire de visualiser davantage son calvaire.

Le texte est peut-être court, mais le risque de lasser ou casser la magie était également présent et l’auteur a également désamorcé ce risque, notamment avec son final cynique et d’une grande cruauté (à ce titre, l’auteur, masochiste semble prendre plaisir à humilier son héros – qui se pisse dessus et finit assassiné - comme s’il cherchait d’une certaine façon à lui faire payer son choix de ne plus écrire).

Une bonne surprise, donc.

W

   Anonyme   
7/2/2010
Rien n'oblige à écrire. Ni à prendre des décisions définitives. Je trouve l'incipit réducteur. Mais l'idée de raconter l'épopée somme toute banale d'un auteur en cessation d'activité est intéressante.

   Anonyme   
9/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le thème est forcément touchant...
Car effectivement je pense en accord avec l'auteur que les meilleurs écrits sont ceux que nous n'avons pas écrits, mais je suis aussi sûre que cette pensée est fausse.
En général les thèmes qui traitent du rapport auteur, lecteur me laissent de glace mais ici je pense que l'angle choisi est excellent.

Mais ce qui me gêne un peu c'est le fait que l'auteur décide de lire une de ses sagas (c'est à mon sens encore pire que d'écrire lire en public et en face de vrais gens) du coup j'y trouve une contradiction.

La fin est absolument excellente... Car finalement l'auteur est pris au piège de son lectorat.

Au niveau du style, j'ai apprécié, je trouve bien écrit et agréable. Peut être une toute petite réticence sur le rythme qui me semble trop lent (enfin il est identique tout le long et donc ne s'adapte pas aux différentes situations) J'aurais préféré plus de variations, notamment un rythme plus rapide vers la fin

Merci

Xrys

   Selenim   
9/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte qui pose des questions et donne des réponses.

Deux parties bien distinctes : une très théorique et philosophique sur la création et l'écriture comme joug de l'imagination, et une autre, espèce de travaux pratiques avec cendrier rageur en suspension. L'auteur, créateur de phrases, n'existe pas en tant qu'être de chair, sa création se substituant à lui dans l'esprit des lecteurs.

L'écriture nuirait à l'imagination ? Certainement pas, elle en est même un vecteur. Ce qui nuit à l'imagination c'est la norme, l'impossibilité de pouvoir (vouloir) s'évader. L'écriture est une forme d'évasion qui nourrit l'imaginaire.

Toute proportions gardées, la fin me fait penser au Parfum de Suskind, quand Grenouille se fait dévorer par ses adeptes.

Pour le texte (pourquoi épouvante/horreur ?), il ne va pas assez loin et se disperse trop rapidement. Je regrette, car l'auteur a d'évidence des réflexions intéressantes.

Selenim

   Anonyme   
16/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Il s'agit d'une thèse aux arrêtes tranchantes.

"Ecrire nuit à l'imagination", je ne puis que défendre le contraire. Il était audacieux de soumettre cela à réflexion, mais je ne suis pas d'accord avec la morale du récit.

N'empêche que cette nouvelle est construite.
Par contre, le point de vue du narrateur, gradation négative de son problème, est parfois mal retranscrite. On s'attendrait à plus de phrases descriptives de cet état.

L'écriture est néanmoins pertinente, voire incisive.
Cependant le thème choisi plaide un manque d'intérêt croissant de ma part.

J'en retiendrai la découverte d'un auteur au style percutant tout compte fait. Bon courage.

   Anonyme   
8/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Parlons peu, ou plutôt, si je puis dire, écrivons peu, écrivons bien. Je ne suis pas vraiment emballé par cette nouvelle. Il n'y a qu'une chose que j'aime : son style. Quelle belle écriture, les phrases sont construites et sonnent bien. Je n'ai pas aimé ce que vous avez fait mais j'ai aimé comment vous l'avez fait. Soyez assurés que vais vous suivre.

Amicalement


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