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Humour/Détente
Mistinguette : Bug dans l'bus
 Publié le 18/07/10  -  25 commentaires  -  14931 caractères  -  217 lectures    Autres textes du même auteur

Aujourd’hui, c’est l’grand jour !


Bug dans l'bus


Aujourd’hui, c’est l’grand jour !

À peine une heure de transport et je passe l’examen du code de la route.

Pourquoi s’encombrer la matière grise d’autant d’informations pour manier un volant ?

Ça, j’ai jamais compris.

Enfin, si tout se passe bien, je piloterai bientôt la vieille Peugeot qui se morfond dans mon garage depuis des lustres.


Pour l’instant, j’attends l’bus.

Pas grand monde ce matin, juste un olibrius mi-indien mi-perroquet dont la crête bariolée illumine d’une touche de couleur la grisaille ambiante.

Je me demande quel genre de boulot ça peut faire un punk ?


Ah ! Voilà l’autobus.

L’Iroquois, pas très gentleman, se hisse avant moi sur les marches. Je chine une place assise, en repère une près d’une quasi-centenaire, tandis que le démarrage un peu brusque précipite mon arrière-train sur la banquette.

Face à moi, une jouvencelle aux seins guillerets à peine masqués par une tunique en mousseline fleurie, qui, soit dit en passant, siérait à ravir à la lucarne de mes waters, gesticule sur son siège des oreillettes vissées aux tympans. Près d’elle, une blondasse paraissant être sa mère - mais qui à l’évidence souhaiterait qu’on les croie sœurs - dévore le dernier VIP magazine dont la couverture, illustrée par un cliché du ravissant minois de notre miss nationale, assure qu’on trouvera page vingt-sept tous les secrets pour lui ressembler. Néanmoins, en ce qui concerne la rombière, va y avoir du boulot.

La couche de fond de teint - hâle des Caraïbes - tartinée sur son visage et ses cils saturés en mascara produisent l’effet inverse à celui recherché ; à moins qu’elle n’ait voulu se vieillir d’une ou deux décennies ? Compte tenu de sa panoplie vestimentaire, j’en doute. Des cuissardes et une mini-jupe n’ont jamais été très affriolantes portées par une sexagénaire.

Mais je suis médisante, peut-être est-elle absorbée par la rubrique littéraire…

Comme il est dit dans la bible : « Enlève la poutre de ton œil avant de t’occuper de la paille de celui de ton voisin. » Quoique, à mon avis, faut être un gros nigaud pour se fourrer une poutre dans l’œil. Au lieu de me gausser de cette malheureuse, je ferais mieux de réviser mon code. Je fouille mon sac à la recherche du précieux manuel, le saisis et le feuillette distraitement…


Curieuse coïncidence, une émanation d’herbes de Provence frelatées m’extirpe de la lecture d’un paragraphe traitant des répercussions de l’absorption de substances prohibées au volant. Une brume aromatique nimbe trois gus encapuchonnés avachis au fond du bus…

Aucune réprobation côté conducteur, pas plus que de la part des passagers.

La sérénade, qui se débine des écouteurs de la donzelle me faisant face, semble avoir inhibé ses facultés olfactives. Carence de réaction itou de sa présumée génitrice, qui délaisse dix secondes sa gazette pour tapoter les touches de son portable. Quant à Geronimo, le drôle de paroissien s’est octroyé un somme. C’est sûr que ça doit pas être facile tous les jours la vie d’un indien dans la ville. Il faut probablement se lever aux aurores pour arpenter l’asphalte, l’arc en bandoulière, en quête de quelques volatiles pour se sustenter. Sans compter la nécessité d’être détenteur d’une faramineuse virtuosité capillaire, afin de peaufiner son image dans les règles de l’art. Tout ça doit requérir un colossal surcroît d’énergie.

Bref, je suis la seule à avoir les sinus dégagés dans cette satanée carriole ?


J’implore le ciel que les trois couillons ne s’éternisent pas dans les parages. Je ne voudrais pas passer pour une chichiteuse mais, depuis que j’ai mis un terme à ma passionnelle liaison nicotinique, le moindre effluve de fumée expédie un message à mon cerveau qui s’empresse d’enjoindre à mon estomac de restituer tout aliment ingéré. Par bonheur, aucune tambouille n’a transité par mon tube digestif ce matin. D’où l’intérêt, certains jours, de flemmarder sous la couette bien après la sonnerie du réveil.


Tiens, le bus s’arrête. Un coup d’œil à Riri, Fifi et Loulou…

Regagner la terre ferme n’est pas dans leurs projets immédiats. Tant pis !

Soudain, une abjecte odeur de vinasse vient s’amalgamer à celle de leur mégot artisanal. Un énergumène, semblant attendre la prochaine crue de la Seine pour tolérer le contact de l’eau, va prendre place au cœur du véhicule. Il stabilise sa carcasse en empoignant une barre centrale et amorce l’interprétation d’une chansonnette, sans doute pour justifier les quelques pièces - pour manger - qu’il quémandera à l’assemblée sa prestation terminée :


- Jeanneton prend sa faucille, la rirette, la rirette…


Non loin du boit-sans-soif, expulsé de la lampe de je ne sais quel génie : un mâle d’une beaugossité à faire signer à un régiment de bigotes un pacte avec le diable ! D’où il sort celui-là ?

Tripatouillage en douce de mes p’tits roberts… Ouf ! J’ai mis mon Wonderbra.

L’air soucieux, l’éphèbe scrute son téléphone.

Hé mon gars, j’suis là si t’as l’moral dans les mocassins.


Le poivrot arrivant au terme de sa ritournelle se racle le gosier - qui doit commencer à se dessécher - et s’apprête à massacrer une nouvelle comptine :


- Le curé de Camaret a les couilles qui pendent, le cur…


- Hé vieux pochtron ! Ferme ta gueule ! Tu nous saoules avec tes chants préhistoriques ! aboie un des Pieds Nickelés.

- Je chanterai si j’veux… espèce de trou du cul ! bafouille l’inconscient.


À ces paroles, un des guignols fonce sur l’homme, le cramponne aux épaules, et lui flanque son genou en plein estomac. Suffoquant, le pauvre bougre s’écroule. Aussitôt, le beau gosse saisit les bras du voyou par derrière et tente de faire un nœud avec.


- Aïe !


En panique, le machiniste essaye de rétablir le calme. Il vocifère dans son micro :


- Je vous ordonne de vous calmer ! Les trois messieurs du fond vous êtes priés de sortir.


Il stoppe le bus au milieu de la rue, déclenchant une symphonie pour klaxons en ré majeur, et actionne la commande d’ouverture des portes… Pas de réaction des vauriens…


- Messieurs sortez !


Johnny belle gueule - mon héros - restitue ses bras à Riri qui est rejoint par Fifi et Loulou.

Enfin on va avoir la paix.


- C’est pas notre arrêt, articule ironiquement le plus grand.

- Messieurs dehors ! s’entête le conducteur.


Tout à coup, celui qui sous sa capuche paraît le plus haineux des trois, tel un magicien faisant jaillir une colombe de son chapeau claque, extirpe de son falzar XXXL un énooorme flingue.

Et là, à cet instant précis, j’ai la vision d’une photo de mon père immortalisé dans un des frocs moule-burnes de sa jeunesse. Je ressens alors, au plus profond de mes entrailles, une incommensurable bouffée de nostalgie pour les seventies, pour la mode finalement si seyante de cette défunte époque. Pardonne mes sarcasmes Papa ! En fait, ils étaient super canons tes pantalons. Je t’aime, mon Papounet.


Bon ben, c’est pas que j’m’ennuie, mais faut que j’y aille ! En fin de compte, mon permis c’est pas si pressé, ma Peugeot elle est pas à six mois près.

Ni vu ni connu j’t’embrouille, je quitte ma place. Puis, à pas microscopiques, je recule en essayant de donner l’illusion d’être immobile, ce qui s’avère être une tâche ardue. J’abandonne à regret l’arrière-grand-mère à ses imminents derniers instants. De toute façon, une canicule était prévue la semaine prochaine. Moi, j’ai mon cochon d’Inde à élever, des mioches à engendrer, des bonshommes à aimer, des factures à payer. Dans quel ordre ? Je sais pas ! En tout cas, mon destin m’attend illico presto.


- Toi la poufiasse pose ton cul ! Fais pas ta chienne où j’t’éclate la tronche ! me notifie, très persuasif, le détenteur du calibre.


En voilà un qui sait parler aux femmes.


- Allez la compagnie, les paluches en l’air… fissa ! Va falloir être cools… L’fonctionneux d’mes deux, su l’guidon les pognes… Et pas d’arrêt, ok ? Enculé d’ta race ! enjoint-il, fort courtois, au conducteur qui a repris la route.

- Hé, la tarlouze ! Aboule ton boule ! ordonne le poète à l’Iroquois que le tumulte a réveillé.


Un des compères, lui aussi vêtu d’une culotte magique, en extirpe un grand cabas qu’il remet au punk tout en avisant l’assemblée :


- Bon, les bourges, on fait péter la thune, les ordis, les bigos, la quincaille… Les pièces jaunes vous les gardez pour la mère Chirac. L’apache ! Tu colles le train à mon pote avec le sac… Pas d’coup foireux sinon j’te fais cramer la touffe.


S’engage alors une réquisition très organisée : l’un braque et contrôle le butin, l’autre effectue les prélèvements et remplit la besace. L’indien, le canon sur la tempe, coopère sans moufter. Il aurait pu ramener ses flèches cet abruti.

Pendant que les deux margoulins s’activent, le troisième s’installe près du chauffeur, à un point stratégique d’où il peut surveiller l’assistance. Le gus, que je suppose allergique à l’inaction, en profite pour confectionner de ses doigts expérimentés une nouvelle cibiche sans nul doute illicite.


Le braqueur et sa clique arrivent à ma hauteur. Moi-même ainsi que mes voisines avons réuni nos trésors.

L’émouvante mamie cramponne une bourse, rescapée d’un temps que les moins de quatre-vingts ans ne peuvent pas connaître, et la tend au glaneur.


- T’as qu’ça l’ancêtre ?

- Oui monsieur, assure-t-elle de sa voix minuscule.

- R’lève un peu ta manche, j’crois bien avoir zyeuté une bagouze.

- c’est mon alliance… ça fait longtemps que je ne peux plus l’enlever, vous savez.


Elle tend sa main racornie et flétrie par l’impitoyable temps ; un mince anneau d’or étrangle son annulaire.

L’infâme crapule farfouillant sa poche en sort une pince coupante.

Seulement là, ça ne m’amuse plus du tout. Sans réfléchir, j’empoigne l’outil et tente de lui arracher. M’expédiant une baffe magistrale, il me propulse sur la banquette.


- Encore toi la pouf, tu t’prends pour Catwoman ou quoi ? Tiens, ça t’apprendra ! beugle le salaud en confisquant mon sac et en le balançant dans sa hotte.

- Komass j’ai tes coordonnés.


Ce dégénéré m’a estourbie. Je sens peu à peu mon esprit se désolidariser de ma chair… aucune douleur, juste une sensation étrange de bien-être mêlée à une soudaine mélancolie. Une musicalité morne et poussive crisse à mes oreilles. Les visages environnants peinent à garder leur uniformité, tout devient nébuleux. Et puis… le silence…


- Mademoiselle, oh hé mademoiselle, réveillez-vous.


Au prix d’un effort de galérien, je soulève ma paupière droite. La gauche, douloureuse, se borne à rester fermée. Face à moi, une hyper oxydée me ballotte comme un arbre fruitier. J’ai déjà vu cette tête-là quelque part…

Où suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état erre-je ?

À l’arrière-plan de ma secoueuse, un viril ange blond me gratifie d’une chaleureuse risette. Serais-je au paradis ? Y’en a du monde.

Flottant dans l’air, une fragrance bizarroïde me ramène à la réalité. Tout me revient d’un coup…


- Ça va mademoiselle ? s’inquiète l’aïeule en emmitouflant mes mains dans les siennes.


Je constate, soulagée, qu’elle a toujours sa bague. Je lui assure que tout va bien et l’interroge :


- Ils vous ont laissé votre alliance ?


Les mirettes embrumées, elle me contemple comme si j’étais une apparition de la Vierge.


- Oui, grâce à votre courage, mille fois merci jeune fille.


Honteuse de mes pensées préalables, je presse les doigts frêles en me jurant qu’une fois décampée de cette galère, la canicule peut bien rappliquer, je veillerai moi-même à l’hydratation de cette charmante grand-mère, même si son café est dégueulasse ; dussé-je l’abreuver sous la menace, et grimper journellement dix étages par des températures de quarante-cinq degrés Celsius lestée d’une pesante bombonne.


La décolorée me tend une pastille mentholée.


- Faites-la fondre sous votre langue, ça va vous requinquer, m’explique-t-elle bienveillante.


Je la remercie et l’observe ; elle serait sans doute bien jolie après un actif débarbouillage…

Dépossédée de son diffuseur de barouf la nymphette, quant à elle, s’est assoupie.

Les détrousseurs achèvent leur récolte… Ils s’acheminent au cœur de l’autobus où l’arsouille, toujours à terre, a lui aussi rejoint Morphée. Debout à ses côtés, le chippendale retire sa montre, pose une liasse de billets sur son bigophone et remet le tout à la fine équipe.


- Hé Brad Pitt, t’as pas d’chéquier ? réclame le truand armé.

- Si, mais son utilisation requérant un minimum de dextérité pour l’écriture, il ne vous serait d’aucune utilité, lui réplique Brad, à mon avis un peu trop audacieux.

- M’embrouille pas avec tes mots savants, enculé ! (Limité l’dialecte)

- Eh bien en clair, il est préférable de savoir écrire pour s’en servir, persévère l’impudent sur le ton qu’on emploie pour parler à l’idiot du village.


« BOUM » Coup de boule à la Zizou dans le museau du futur géniteur de ma descendance.


- Et ça c’est d’la dextérité, gros kaïra ? braille le pilleur, pas content du tout.

- Tout à fait ! renchérit mon héros qui, à l’inverse de cette chochotte de Materazzi, reste imperturbable. Une chose est sûre, il est pas italien.


Soudain, perdant l’équilibre, le braqueur dégringole. Instantanément, le punk récupère l’artillerie et la pointe sur le crâne du comparse. Belle aubaine pour Brad qui, sans tergiverser, inflige au malandrin sa prise des bras dans le dos. Or, cette fois, il parachève son œuvre par un entrelacement parfait.

Au niveau du sol, le soiffard émergé de son roupillon, qui, à la réflexion, devait être feint, se vautre sur le gangster pour l’immobiliser. Geronimo, la crête de guingois, savoure sa vengeance en broyant de ses godillots les poignets du pauvre diable.

Dans l’entrefaite, la blonde a prélevé d’une de ses cuissardes un mini flingue avec lequel elle tient en joue le rouleur de pétards, déjà quasi-inoffensif à force d’avoir tiré sur son calumet.


Un brouhaha de soulagement se propage dans l’assemblée… Le bus s’arrête.

La lolita récupère alors la musette puis entame la restitution des effets personnels…


D’une démarche de roi de la jungle, le bellâtre s’avance vers moi et me tend une carte de police que j’examine stupéfaite…


- Ça vous ennuierait de me suivre au poste pour témoigner ? me convie-t-il, un sourire ravageur aux lèvres.


Aucune parole intelligible ne parvenant à franchir le seuil de ma bouche, ouverte comme celle d’une pétasse au rayon fards à paupières des Galeries Lafayette, j’opine du chef.


Sonnée, j’aide ma nouvelle grand-mère à se lever.

Adieu donc, examen du code de la route. Ma Peugeot va devoir poireauter encore un peu.

Tant pis, j’prendrai l’bus.


À petits pas, bras dessus bras dessous, l’aïeule et moi suivons le lieutenant… Roméo.


- Au fait ! me dit-elle, je ne me suis pas présentée. Moi c’est Noémie, et vous ?

- Enchantée Noémie ; eh bien moi… c’est… Juliette…


J’en étais sûre : aujourd’hui, c’est l’grand jour !


 
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   jaimme   
29/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une nouvelle très amusante. Je passe sur le contexte auto-défense parisienne sauvée par l'arrivée inopinée de la Force Publique. Le bellâtre est flic et ce n'est pas rédhibitoire? Il n'y a plus de justice!!
Un humour que j'ai beaucoup apprécié à 50%, bien apprécié à 25% et moins à 25% (yes, le compte y est!). Donc: parfois savoureux, parfois un peu facile. J'ai bien aimé les descriptions du départ, les scènes d'action (non numériques et jouées par les acteurs eux-mêmes), moins le parler mais à peu de chose près. Le décalage entre la belle écriture et le contexte est très bon.
Merci, j'ai passé un bon moment!

   Maëlle   
3/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est rigolo, et ce que me plait le plus, c'est le style argotique - qui malheureusement n'est pas constant. J'ai trouvé un peu de longueur, il aurait été possible de supprimer un des personnages, je pense, ou de raccourcir la scène d'agression.

   Myriam   
5/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je me suis bien amusée!

Ton enlevé et plein d'entrain, de la fantaisie et de l'humour.
Rien de très ambitieux je pense, à part, et c'est déjà pas mal, faire passez un bon moment au lecteur.

Quelques remarques quand même:
La scène de braquage est un peu confuse par moments, et les substantifs employés pour désigner les différents personnages embrouillent un peu les choses. (Au passage, comment se fait-il que le lieutenant ne soit pas intervenu plus tôt? et que la jeune fille S'ASSOUPISSE durant un braquage??)

Le ton familier voire argotique lasse un peu au bout d'un moment; en fait, j'ai surtout aimé la première partie, l'observation des passagers.

Le langage employé par les jeunes est trop travaillé pour être crédible! Cela sonne trop littéraire et artificiel, l'écrivain s'essayant au "parler banlieue"!

Lecture amusante donc, ces quelques restrictions mises à part.

   Pattie   
6/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
J'ai bien aimé. Des problèmes dans le choix des argots (les époques sont mélangées, non ?) et d'orthographe verlan (caillera ne s'écrit pas kaïra, si ?). La chute pas très claire (le nom du policier, par exemple).
Quand le style sera un peu plus mûr, cela fera une bonne histoire pour un magazine pour filles, je trouve. (J'aime les histoires des magazines pour filles, je le précise).

   florilange   
9/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le ton est enlevé. Les descriptions des passagers amusantes. Le mélange d'argots ne m'a pas gênée, on peut avoir affaire à différents sortes d'individus, venant d'horizons divers. La lecture n'est jamais ennuyeuse. La chute surprend un peu, bien qu'on se soit attendus à ce que le beaugosse intervienne plus tôt mais bon, il attendait sûrement le moment propice, celui où le chauffeur provoque un remous, volontaire ou pas. Je ne m'attendais pas à un "happy end", or je trouve celui-ci très sympa.

   widjet   
18/7/2010
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Ah Mistinguette, je suis navré, mais je vais être un peu dur et pas du tout reconnaissant, toi qui est plus que sympa avec mes textes.

Absolument rien ne fonctionne dans ce texte certes pétri de bonne volonté, mais qui manque une à une toutes ses cibles humoristiques. Et surtout qui ne peut se départir de son image assez gentillette malgré les tentatives de critiquer, de faire du « politiquement incorrecte », de tremper sa plume dans un bain de causticité. Qu’on le prenne dans tous les sens, le texte enchaîne – à un rythme soutenu certes - les réflexions lourdes, les traits d’esprits poussifs, les scènes d’actions mal mises en scène (alors que c’est justement celles-ci qui faut bien bosser pour les rendre visuelles et leur donner une vitesse, ici c'est franchement mollasson), les métaphores pauvres ou datées (Doux Jésus, la comparaison punk/perroquet est usée jusqu’à la corde !) et le langage d’une fausse modernité et dépourvu de trouvailles originales. Je ne peux pas tout citer, il y en a un wagonnet, mais puisqu’il faut des exemples pour argumenter, voilà :

« C’est sûr que ça doit pas être facile tous les jours la vie d’un indien dans la ville », et tout ce qui suit sur le punk est un clin d’œil poussiéreux »

« Les mirettes embrumées, elle me contemple comme si j’étais une apparition de la Vierge »

« Une symphonie pour klaxons en ré majeur »

« …ouverte comme celle d’une pétasse au rayon fards à paupières des Galeries Lafayette »

« Les pièces jaunes vous les gardez pour la mère Chirac »

« …un mâle d’une beaugossité à faire signer à un régiment de bigotes un pacte avec le diable »

Le trait est tellement forcé et en dépit de ses apparences « djeun’s », c’est terriblement désuet. Et puis, le plus important, ce n'est pas drôle. Du tout.

Oui, la comédie (un genre souvent boudée, car considérée moins noble, moins prestigieux qu'un bon gros drame, mais qui exige une précision d'horloger) autorise beaucoup, on peut se permettre d’aller loin pour divertir, mais tout en gardant à l'esprit un tempo, un swing qui ne doit pas faiblir, et dans un registre aussi pratiqué que celui-là, il faut aussi un style qui sorte un peu de l’ordinaire, qui ose, une audace. Ici, rien ne pulse, rien ne percute, rien ne marque les rétines ou ne défrise les zygomatiques (les miens en tout cas). Une fois encore, tu brasses beaucoup, tu les fais bouger, parler, agir tes personnages, mais étrangement, tout reste empêtré dans quelque chose de vieillot dans le ton, et les propos qui se veulent acides de la jeune héroïne restent trop édulcorés, trop sages comme si l’auteur inconsciemment se refusait d’être plus grinçante, plus cinglante, plus méchante, de sortir de la marge. En un mot, de se lâcher véritablement. Malgré les efforts pour paraitre acerbe, le texte ne se débarrasse jamais de la mignardise qui lui colle à la peau, à l’image de ce happy end très « adulescent » (Roméo et Juliette, non mais tu veux ma morrrrrrrrrr !??). En un mot comme en cent, trop de miel et pas assez de fiel dans cette comédie.

Mistinguette, on ne se refait pas. Tu peux glisser deux trois gros mots, balancer deux trois remarques, ça ne passe pas, on n’y croit pas. Je n’y crois pas. Ca se veut incisif, corrosif, ça reste doucereux. Bref, quoique tu fasses, ton étiquette de « fausse méchante » reste bien accrochée à ton dossard.

Que veux tu, tu as une trop belle nature ! ;-))

Un texte qui trouvera peut-être son public auprès d’une audience plus jeune.

Bises

W
(auteur ingrat)

   Anonyme   
18/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah Mistinguette, je suis ravi ; je vais être un peu dithyrambique et très reconnaissant.

Tout fonctionne dans ce texte et surtout ses cibles humoristiques. Qu’on le prenne dans tous les sens, le texte enchaîne – à un rythme soutenu - les réflexions, les traits d’esprits, les scènes d’actions ; il y a de la dynamique dans ce texte, des métaphores désopilantes, un langage pétrit de modernité avec des trouvailles originales. J'ai particulièrement aimé :

« C’est sûr que ça doit pas être facile tous les jours la vie d’un indien dans la ville ».

« Les mirettes embrumées, elle me contemple comme si j’étais une apparition de la Vierge »

« Une symphonie pour klaxons en ré majeur » (je fais de la musique et j'aime cette tonalité)

etc...

Le trait incisif, c’est terriblement moderne. Et puis, le plus important, c'est très drôle.

De l'audace aussi.

Merci pour m'avoir déridé les zygomatiques.

   marogne   
18/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une description amusante des usagers d'un bus parisien (pourquoi parisien d'ailleurs, non d'un bus tout court). Mais la scène de "braquage" est un peu "plaquée" sur la scène, et si gentillette que l'on a peine à s'y laisser prendre.

Etant un éternel infirme de l'humour, je n'insisterais pas sur les jeux de mots que j'ai perçus et qui ne m'ont pas fait sourire, ni sur ceux, évidemment, que je n'ai pas vus. Encore que ça m'a presque donné envie d'aller voir ce film....

J'aurais sans doute préféré un peu plus de larmes et de sang, mais il est vrai que c'est dans la rubrique "humour" et qu'il fallait donc finir avec le beau Romeo, même si cela n'augure rien de très heureux!*

*détails:
- dans le garage depuis des lustres, à 5 ans chaque lustre, au moins quelqu'un de prévoyant...
- après le code, il faut encore passer la conduite...


* pour celle-ci, je vous prie de m'excuser

   silene   
18/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Il me semble que le ton général du texte rate un peu la cible qu'il se proposait ; il y a une espèce de recul ironique qui sent le forcé, et que je trouve laborieux, ces explications à rallonges pour expliciter métaphore ou comparaison, qui, précisément, devraient pouvoir s'en passer : quand le trait est juste, il file droit, sans périphrases inutiles. Les passages parlés m'ont paru bien, mais n'amenant pas d'énergie au texte.
En fait, j'ai l'impression d'une vraie scène qui aurait pu tourner au drame, racontée d'une manière badine, ce qui m'ennuie ; soit l'on fait de la commedia dell'arte, et c'est une pantalonnade, soit on examine un fait-divers de société, quelque peu inquiétant, ce qui est tout autre chose.
En fait, comme il semble que tu veuilles être dans un registre comique, il faudrait presque brosser le décor comme des didascalies théâtrales, paf paf, deux coups de crayon, un coup de projo.
C'est ainsi que je le ressens. Il me semble qu'avec un relookage, il pourrait gagner sérieusement en qualité.

   Anonyme   
18/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est drôle mais on "rit jaune", comme on disait dans mon enfance. Tant et si bien qu'on ne sait plus s'il faut rire ou pleurer.
Enfin, en ce qui me concerne.
Cela dit, il y a une belle observation de spécimens urbains, des dialogues savoureux, mais la fin est un peu compliquée. Je n'ai pas tout compris.
Mais mention spéciale quand même pour oser aller contre le politiquement correct et dépeindre ces petits malfrats comme ils sont, lesquels sont appelés aussi les "crapauds" par la BAC suite à leur démarche, leur capuche qui leur donne un physique de batraciens et leur façons de provoquer les policiers de la BAC en chaloupant et en disant : "Quoi, quoi, quoi ?" tout en crachant !
Dans cette nouvelle la police a gagné. Je dis donc : bravo !
Merci d'avoir arrêté le récit avant qu'une juge ne se mette à pleurer quand ils vont lui raconter leur vie tellement malheureuse...

   MarionTouvel   
25/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Les réflexions pas top du début concernant les autres passagers qui finalement sont jugés par l'histoire elle-même, ça m'a pas mal plu.

Quelques petits trucs gâchent un peu mon plaisir : comment une nymphette peu s'endormir pendant un braquage ?? d'où il sort ce mini flingue de dedans la jarretière ?? on est pas aux States ! et puis j'ai eu du mal à piger la scène de l'évanouissement.

Pour le reste, j'ai ri et c'était le but. Que demande le peuple ?

   Anonyme   
20/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hello, je débute, je suis jeune, ne suis pas un grand spécialiste de l'écriture et par conséquent mon commentaire te servira probablement à rien.
Mais je le dis quand même, j'ai sincèrement beaucoup rigoler, j'ai adoré. Parce que le plus dingue c'est que les réflexions que se fait le personnage par rapport aux gens rencontré, c'est ce que nous faisons tous plus ou moins et sur les mêmes tons d'ironie... j'aime bien, je la relis.

   Selenim   
20/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai surtout apprécié dans ce texte l'énergie communicative de l'auteure. On sent l'amusement, l'envie d'écrire et de raconter une histoire, enfin surtout des situations burlesques.

L’humour c’est comme une pâquerette : on aime, un peu, beaucoup etc… Ici, j’ai aimé un peu.
Ce qui m’a le plus bloqué, c’est le style, sur lequel repose quasi intégralement les effets comiques. Cette écriture est unique mais ses références sont trop évidentes. On se trouve devant un athanor en train de transmuter des éléments pour produire l’alchimie. Malheureusement, la fusion n’a pas lieu, les différents morceaux ne s’unissent pas et le plomb reste plomb.
Les langages utilisés, ragot, soutenu, grossier, enfantin, et j’en passe, ne font pas des merveilles lorsqu’ils sont brodés ensemble. Il ressort du récit une grande hétérogénéité. ce manque d’unité morcelle le texte et trouble le lecteur.
Sur l’humour lui-même, je n’ai pas trop aimé car c’est assez peu imaginatif et subtil. Mais là encore, tout est subjectivité. D’autres adoreront, détesteront… syndrome de la pâquerette.

Au final, je retiendrai le plaisir d’écrire qui déborde de cette nouvelle. L’auteure s’amuse et je me sens con de ne pas pouvoir partager ce plaisir.

Selenim

   Yaya   
22/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour cette lecture. J'ai pris ce texte comme une parodie humoristique des vieux polars qui ont bercé mon adolescence. Bref, j'ai trouvé les expressions et les images utilisées pétillantes et familières en même temps. Je retrouve avec bonheur des personnages, juste ce qu'il faut de caricaturaux pour être dans la parodie, sans lourdeur. Le ton est subtilement dosé.
Je n'ai pas de suggestion à faire, désolée.

   leon   
28/7/2010
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Ben, j'y crois pas à ton histoire, Mistinguette : comme quelqu'un d'autre l'a dit, ça fait vraiment histoire pour midinettes.
Je trouve le "gros pétard" complètement improbable (j'aurais bien mieux vu un couteau), et puis surtout qu'une autre passagère possède elle aussi "un petit pétard". Avec le "pétard" que les trois agresseurs fument, et celui que l'un d'entre eux roule à la fin, ça fait beaucoup de pétards, tout ça (je n'en dirai pas plus ! ;) ).
Et puis, j'ai trouvé le style plutôt lourd, et la narration trainante.
Pour moi, ça n'est pas une réussite, d'autant plus que la description des différents personnages est assez méchante, sauf pour le beau gosse et la mémère...

   dvb   
29/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un fait divers chroniqué de manière gonzo urbain... pourquoi pas.

Si la fin est trop vite expédiée (le deus ex-machina c'est trop facile !) je dois avoué que j'ai particulièrement aimé l'ambiance de huis-clos qui s'instaure peu à peu dans ce lieu assez original.

Les descriptions des voyageurs sont particulièrement savoureuses et restent pour moi, le point le mieux exploité du récit (et franchement cette belle brochette m'a bien sourire étant donné que j'ai lu la nouvelle... dans le car !). L'autre point fort essentiel est le détachement et l'humour de la narratrice.

Un bon moment de lecture entre deux station d'arrêt qui font oublié les quelques faiblesses du style. En somme objectif atteint !

   Flupke   
30/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Mistinguette,

D'après certains théoriciens de la nouvelle, si dans une nouvelle l'action se déroule en Chine impériale au 15e siècle ou dans une station spatiale internationale, il faut qu'il y ait une raison qui justifie ce setting spécifique.

Bon j'exagère légèrement, mais qu'est-ce qui justifie ce niveau de langage de l'héroïne ? Elle s'intègre dans la société en passant son permis alors que certains marginaux conduisent sans permis d'après mes statistiques imaginaires.

Je n'ai pas le sentiment que cette manière de s'exprimer soit vraiment justifiée ici, hormis le fait que le personnage s'adapte à ton style choisi et non le contraire.

Ou bien alors il faudrait justifier la marginalisation sociale suggérée. Elle squatte, elle ne vas pas passer son permis mais va comparaitre devant le tribunal, et là alors son niveau de langage serait justifié, car elle nourrirait un espoir par rapport à une structure sociale, l'amour à deux. D'où évolution de la protagoniste.

Enfin ce n'est qu'une suggestion par rapport à mon ressenti subjectif.

Autrement, le reste (chute comprise - fin ouverte) est correct et divertissant.

Amicalement,

Flupke

   Bidis   
2/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Personnellement ce texte m’a bien plu car, du moment que je m’amuse, je ne cherche pas trop la vraisemblance dans une œuvre de fiction.
Cependant, s’il m’est permis de donner un conseil, ce serait celui de mieux observer les gens et ce qui se passe dans la réalité, pour donner une caricature plus juste, légère et imagée avant de chercher à tout prix à faire rire, car ici ce but-là n’est pas atteint en ce qui me concerne. J’ai trouvé le trait forcé la plupart du temps. Cela semble simple, ce ne l’est pas du tout, je le sais bien.

Pour ce que j’ai tenté, je ne prétends pas y parvenir tellement mieux que l’auteur, mais, par exemple, à la place de « L’Iroquois, pas très gentleman, se hisse devant moi sur les marches », j'aurais écrit : « Au moment où je m’apprête à monter dans le bus, voilà mon Iroquois vraisemblablement appelé à quelque tâche d’une importance capitale car il se précipite et passe devant moi en me bousculant presque. » C’est l’idée : tâcher de cerner une attitude et de l’exagérer, avec de l’ironie mais sans outrance. Tandis que, par exemple, la comparaison d’une robe avec le recouvrement d’une lunette de w.c. me semble parfaitement navrante. Et ce n’est pas le seul endroit du texte où j’ai vraiment été tentée d’arrêter ma lecture.

J’aurais eu tort : les scènes d’action sont, à mon avis, bien rendues. Car il y a de l’envolée, du rythme – du punch – dans cette écriture-là.

   Perjoal   
6/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très amusant. Juste ce qu'il me fallait pour garder mon esprit dans la bonne humeur. J'aime cette écriture descriptive qui montre un certain sens de l'observation. L'histoire bien que simple laisse un certain suspence...Merci

   Jedediah   
18/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour, cette nouvelle m'a globalement fait sourire, en particulier grâce au ton très vivant et aux personnages hauts en couleurs... Mais justement, le ton est parfois trop vivant, trop naïf en fait... J'ai eu l'impression que la narratrice - Juliette - venait juste d'atterrir dans notre monde, un peu comme un alien venu de très loin...

Certaines phrases m'ont paru un peu lourdes (simple avis de lecteur amateur), par exemple :
"Je ne voudrais pas passer pour une chichiteuse mais, depuis que j’ai mis un terme à ma passionnelle liaison nicotinique, le moindre effluve de fumée expédie un message à mon cerveau qui s’empresse d’enjoindre à mon estomac de restituer tout aliment ingéré."

D'autres m'ont fait sourire, comme :
"Et là, à cet instant précis, j’ai la vision d’une photo de mon père immortalisé dans un des frocs moule-burnes de sa jeunesse."

La fin est bien trouvée, même si à mon avis cela rend le personnage encore plus naïf (sérieusement, qui croit encore au prince charmant de nos jours ? ^^).
Merci pour cette publication.

   Anonyme   
29/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mouah, la meuf !
Enfin une qui apprécie la romance, la vraie, parsemée de ce soupçon de violence qui promet des nuits dérangeantes pour les voisins, voire perturbatrices :-)
Très joli et joliment écrit sans trop pousser le bouchon du "naturel" qui revient souvent trop vite au galop des facilités.
Moult bravi, Ô romantique pas du tout toc !
Me suis bien amusé et c'est tout ce que je souhaite d'un auteur, qu'il me fasse sourire ou rire !

   victhis0   
21/1/2011
 a aimé ce texte 
Pas
bon. Ben moi j'ai pas aimé : le style est vachement trop compliqué à mon goût, les métaphores lourdes et tirées par les cheveux...Quand à l'histoire, elle est tellement convenue que s'en est triste. J'aurais aimé plus de fantaisie ou d'imprévus plutôt que ce petit conte bien comme il faut où les méchants sont idiots et où les gentils sont beaux et intelligents.
je ne suis pas prophète, loin s'en faut, mais je pense que réfléchir davantage à l'histoire et simplifier ton style ferait gagner tes productions en qualité

   Milwokee   
21/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mistinguette, vous m'avez bien faite rire !
L'histoire en elle-même n'est franchement pas exceptionnelle, mais la façon de la traiter est jubilatoire ! Le style fait mouche, bien que certains mots censés faire "jeune" fassent plutôt penser à de l'argot de plombier des années 50 - j'dis ça, je n'ai jamais eu la chance de converser avec un plombier des années 50.
"une blondasse paraissant être sa mère - mais qui à l’évidence souhaiterait qu’on les croie sœurs" cette phrase est un bijou. Dépeindre la réalité avec tant de justesse, c'est... du talent.
J'ai ri, beaucoup pour un texte aussi court, notamment grâce à :
"Un énergumène, semblant attendre la prochaine crue de la Seine pour tolérer le contact de l’eau"
"une symphonie pour klaxons en ré majeur"
Et ce paragraphe d'une drôlerie incommensurable : "Puis, à pas microscopiques, je recule en essayant de donner l’illusion d’être immobile, ce qui s’avère être une tâche ardue. J’abandonne à regret l’arrière-grand-mère à ses imminents derniers instants. De toute façon, une canicule était prévue la semaine prochaine. Moi, j’ai mon cochon d’Inde à élever, des mioches à engendrer, des bonshommes à aimer, des factures à payer. " Chaque phrase m'a amusée, et leur agencement est irréprochable. Quatre phrases absolument parfaites !
Je m'arrête là pour ne pas flatter exagérément l'auteur, qui risquerait de s'endormir sur ses lauriers !

   Anonyme   
13/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Mistinguette

Belle impertinence. J'aime bien le coup d'oeil acéré sur l'ensemble de la population de ce bus. J'aime pas trop les élisions. Je me demande si elles sont nécessaires.

"J’abandonne à regret l’arrière-grand-mère à ses imminents derniers instants. De toute façon, une canicule était prévue la semaine prochaine." insolente et cynique avec ça !

"Honteuse de mes pensées préalables..." et c'est juste pour cette raison là que la demoiselle va se coltiner la future caniculaire ? Elle lui a déjà sauvé la mise, non ? Je trouve un peu too much cette reconnaissance éperdue de sa part (dix étage, café dégueu, etc) alors que c'est cette vieille dame qui va de toute façon lui vouer une éternelle - mais a fortiori courte - reconnaissance.
Il y a ici dans ma lecture, comme un inversement mais ce n'est qu'un avis personnel.

"Dépossédée de son diffuseur de barouf la nymphette, quant à elle, s’est assoupie." manque une virgule.

"(Limité l’dialecte)" très embêtée par cette élision. Il n'y en a pas dans le récit de la narratrice ou presque pas, sauf quand elle dit "l'bus" mais bon, ici, particulièrement, elle me gêne.

"Tout à fait ! renchérit mon héros qui, à l’inverse de cette chochotte de Materazzi, reste imperturbable. Une chose est sûre, il est pas italien." après un coup de boule à la zizou il tient encore debout ? Il est vraiment princieux le prince !

"Adieu donc, examen du code de la route. Ma Peugeot va devoir poireauter encore un peu." quitte à appuyer sur ce détail, qui fait redite, la même idée etant déjà exposée plus haut, j'aurais préféré un : c'est bien ce que je pensais, ou bien tout autre chose d'amusant.

La fin est un peu décalée, puisque c'est Noémie qui se présente. Le fait que le prince s'appelle Roméo passe du coup (amha) inaperçu. Ou si pas inaperçu... légèrement décalé.

De l'énergie, de l'insolence et beaucoup beaucoup de fraîcheur. Un très bon moment de lecture
Bonne continuation.

   Anonyme   
7/9/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une histoire extrêmement drôle et si bien contée ! J'ai adoré tous les adjectifs employés pour décrire les personnages. J'ai même ri (ce qui est exceptionnel chez moi lorsque je lis) à la lecture de certains passages (surtout ceux du punk et du bellâtre). C'est vraiment hilarant. Un humour décapant qui fait un bien fou au moral et le fait jaillir des mocassins !

Merci, merci, merci à l'auteure.


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