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Policier/Noir/Thriller
najb : Chocolat amer
 Publié le 11/10/09  -  13 commentaires  -  12167 caractères  -  126 lectures    Autres textes du même auteur

Johnny veut être tranquille pour regarder son émission préférée à la télé. Mais sa voisine n'arrête pas de hurler sur sa fille, empêchant Johnny de déguster sa bière en ce début de soirée chaude. Il ne faut pas énerver johnny quand il fait chaud...


Chocolat amer


Johnny referma la porte du frigo. Le contact de la cannette glacée contre sa paume moite le fit sourire. Il retourna s’asseoir dans le fauteuil défoncé qui avait pris la forme de son corps massif. Ah, cette fille, avec ses gros nibars à l’air… Il caressa la cannette de bière un sourire béat aux lèvres. Son plaisir de la journée, après avoir glandouillé dans la cité, cette fille avec ses rotoplos qui dansent sous l’œil attendri du téléspectateur. Il se demandait à chaque fois qu’il la voyait danser sous sa tunique légère, si elle portait une culotte. Peut-être un string transparent. La seule chose qui était énervante, c’était ce gugusse qui gesticulait à côté d’elle, prêt à lui mettre la main au panier à la moindre occasion. Johnny se cala contre son coussin avant de décider de le jeter parmi les cannettes vides et les boîtes de pizza grasses qui jonchaient le sol de la salle. Ce foutu coussin devait être fabriqué en tissu chauffant, pas possible autrement. Il s’épongea le front d’un coup de serviette sale, qu’il gardait toujours à portée de la main ces derniers jours. La canicule. Ils disaient à la télé qu’il y avait moins de morts cette fois-ci. Johnny sourit en regardant l’écran rutilant. Les candidates aussi étaient bien foutues, dans ce jeu. La brune qui tournait la roue à présent avait posé sa lourde poitrine découverte sur le pupitre coloré. Parfois il rêvait qu’il était ce pupitre. Mais il n’était pas de bois… Il gratta d’une main énergique son ventre rond à travers son marcel et but une grande lampée de ce délicieux liquide ambré. Le plaisir qu’il ressentait en le sentant descendre le long de son œsophage se combinait à celui que lui procuraient ces belles plantes virtuellement proches, et son corps alangui en oubliait l’atroce chaleur ambiante.


- Ah, non, Mélodie, tu vas pas commencer ! Laisse là cet esquimau ! On mange bientôt, et arrête ! Tu vas te prendre une belle claque !


Johnny tressaillit. Pas vrai. C’était elle qui recommençait. La voisine, avec sa mioche pleurnicharde… elles reprenaient leur numéro de duettistes.


- Mais, maman… s’il te plaît, maman ! Non, fais pas ça !


Tous les soirs, c’était pareil, elles venaient lui gâcher son seul vrai plaisir de la journée avec leurs disputes, leurs cris et leurs jérémiades. Johnny fit la grimace en imaginant le rictus de colère sur le visage émacié de sa voisine, la main levée, menaçante. Quoi que puisse faire la petite, ce n’était que hurlements en réponse.


La brune au décolleté plongeant venait de proposer comme consonne le « e » et l’animateur hésitait entre la moquerie et le désarroi. La main passait à un roux aussi rond que la roue. Dommage…


- Mais c’est pas possible, qui c’est qui m’a foutu une gourdasse pareille ?


La petite, qui devait avoir 5 ou 6 ans, reniflait, à genoux sans doute, en implorant :


- Je t’en prie, maman, je recommencerai plus jamais !


Un claquement strident traversa la fine paroi du mur. Johnny se tapa la cuisse. Pas possible, quelle soirée il allait encore passer !


- Et dire que les vacances commencent seulement, tu vas m’emmerder comme ça pendant deux mois !


Les sanglots redoublèrent :


- Je recommencerai plus, maman ! Jamais plus je renverserai mon verre !

- Tais-toi, ma pauv’fille ! Même si tu le voulais vraiment, t’es tellement maladroite, tout ton père ! Fiche le camp dans le coin les mains sur la tête, au moins, tu feras pas de bêtises !


Johnny entendait la respiration chargée de la fillette à travers la cloison. Le coin en question devait être mitoyen avec sa salle. Il aurait pu compter les battements accélérés du pouls de la petite. Eh oui, les vacances commençaient seulement, ça promettait ! Johnny n’arrivait plus à se concentrer et il venait de laisser passer la solution de l’énigme : doit être jetée avant le manche… Il cherchait encore ce que le roux avait pu proposer, mais chaque reniflement de l’autre côté de la séparation en carton-pâte l’empêchait de faire fonctionner son cerveau ramolli par la chaleur et l’alcool. Il se répétait sans cesse, les yeux au plafond, en une antienne monotone « doit être jetée avant le manche », « doit être jetée avant le manche », « doit être jetée… »… Bien sûr, la casserole ! Enfin, il ne voyait pas ce que ça aurait pu être d’autre. En plus, occupé sur le sujet précédent, il venait de rater le début de l’énigme suivante et les premières secondes du spectacle intense donné par la belle brune penchée maintenant sur le pupitre.


- Eh, merde ! s’écria-t-il en s’épongeant le front avec son chiffon sale. Fait chier cette foutue gosse !


C’est sûr qu’elle l’avait entendu, car les sanglots se calmèrent, la respiration se fit moins forte, comme un calme avant la tempête. Comment ne pas entendre, à travers ces feuilles à cigarette ! Les voisins de l’autre côté n’entendaient rien, eux. D’abord, en ce moment, ils étaient partis en caravane, mais même quand ils étaient là, à moitié sourds comme tous les plus de soixante ans, ils n’avaient jamais été gênés par les turbulences de l’appartement du milieu, et ils saluaient toujours d’un grand sourire la mégère et son avorton quand ils les croisaient. À l’heure qu’il était, ils devaient bien cuire dans leur caravane, mais au moins, ils n’entendaient pas ces cris. Ils n’entendaient jamais rien…


Johnny venait de reprendre le cours du jeu, et il se demandait, avec la jeune noire souriante qui venait de gagner potentiellement 100 euros, quelle voyelle il valait mieux acheter.


- Ah non, tu vas rester debout les mains sur la tête ! T’as compris, t’es punie quand même !

- Non, maman, je t’en prie… Aïe !


Trop tard ! Un nouveau claquement plus fort que le précédent, ou peut-être juste plus proche, suivi d’un coup sourd contre la cloison… et la sirène reprit ! Un hurlement de douleur, des pleurs à fendre l’âme, et un bégaiement d’excuses que Johnny ne pouvait plus suivre. Il y décelait autant de peur et de contrition sincère que d’amour véritable. Tout ça pour une maudite glace ! C’est vrai que ça fait du bien, un peu de frais, en ce moment… Johnny porta une dernière fois la cannette jusqu’à sa bouche rêche. Il fallait la vider, elle commençait déjà à chauffer. Comment on peut refuser une glace à un enfant en période de canicule… Tiens, c’était drôle, ça ! C’était justement le mot « canicule » qu’il fallait trouver. Ça lui arrivait souvent, ça, de dire ou plutôt de penser - il était seul et se parlait à lui-même - un mot qu’il entendait aussitôt à la télé. C’était marrant, mais il ne savait pas trop ce que ça voulait dire…

La petite était calmée. Il ne l’entendait plus. Il avait repris le cours de l’émission. Qu’est-ce qu’elle est belle, cette blonde qui déambule sur l’écran. Ça serait dommage de la laisser derrière un pupitre. Le roux venait de gagner et allait tenter la super partie. Tant pis, Johnny ne verrait pas si la petite brune assurait autant en bas qu’en haut. Le garçon choisissait son enveloppe. L’émission touchait à sa fin, le suspense était plus fort que jamais. Gagnerait-il ? Que gagnerait-il ? Johnny aurait donné cher pour être à sa place. Pour gagner des milliers d’euros, un voyage, une voiture, toucher la blonde, une brune, peut-être même l’emballer…


Un beuglement empêcha Johnny de s’envoler en pensée au bras d’une femme belle et consentante.


- Mais tu comprends vraiment rien, conasse ! Tiens et tiens et tiens !


Pas de doute, la saleté venait de lui flanquer trois gifles magistrales ! L’enfant semblait ne jamais pouvoir reprendre son souffle. Elle hoquetait, haletait, bredouillait, ses jambes devaient flancher sous son maigre poids, Johnny entendit un choc sourd sur le plancher. Et la virago continuait de plus belle :


- Tu comprends vraiment rien ! Tu vas arrêter ! Et puis, me supplie pas comme ça, ça rime à quoi ? On voudrait croire que… que… je vais te tuer !


Elle continuait, mais Johnny n’entendait plus ; il ne voyait plus le roux qui s’agitait autour de la roue de couleur, il ne sentait plus la chaleur moite de son appartement mal aéré, le goût amer de la bière contre son palais n’était même plus un lointain souvenir…


Johnny se leva d’un coup. Sa cannette tomba du bras du fauteuil, et se mêla au reste des détritus sur le lino sans couleur. Il se frotta le front avec le dos de sa main sale et sortit de sa démarche lourde. Une seconde plus tard, il toquait à la porte de sa voisine. Le silence se fit aussitôt derrière la porte en post formé. Il entendit des murmures, un bruissement. Des secondes ou des minutes. Une heure peut-être, mais il ne bougerait pas. La porte s’entrouvrait enfin. La femme négligée, déjà ridée, apparut timidement derrière la porte sombre.


- Oui, monsieur…

- Qu’est-ce que c’est, tout ce bruit, c’est pas bientôt fini ? C’est tous les soirs pareil, on peut même pas regarder la télé tranquille !

- Excusez-nous, monsieur, c’est à cause de cette sale gosse…


Elle montrait derrière elle d’un geste vague, un petit tas de chair presque nu, replié comme un fœtus, agité de sanglots convulsifs.


- Vous savez, il faut bien les élever…


Johnny semblait pétrifié, il n’en croyait pas ses yeux. Cette femme au visage usé, ruiné par un maquillage bon marché qui avait coulé sous l’effet de la chaleur, et cette enfant ramassée par terre, ses voisines. Il les voyait tous les jours, il les croisait dans l’ascenseur ou sur le parking, et c’était la première fois qu’il les regardait vraiment. L’enfant leva la tête. La pénombre du couloir rendait plus vive la lueur qui traversait la fenêtre de la salle, et le visage bouffi aux lèvres et aux joues tuméfiées lui apparut dans toute sa misère.


- À cet âge-là, continuait la femme avec un léger sourire embarrassé sur ses lèvres débordant de rouge, si on ne fait pas un peu d’autorité… après les enfants tournent mal !


Elle finit sa tirade dans un grand rire nerveux, et la petite, à l’arrière-plan, frissonna. Incertaine d’avoir convaincu le colosse hirsute qui se trouvait devant elle, elle ajouta encore :


- À ma place, vous feriez pareil !


Alors, en un éclair, il comprit tout : cognée… Jeter le manche avant la cognée… Cognée. Ce n’était pas une coïncidence si le mot s’imposait à son esprit maintenant. Il n’y avait jamais de coïncidences, que des incitations à agir, il fallait juste savoir les saisir. Et Johnny attrapa d’une main le cou de la femme qui souriait encore, heureuse d’avoir trouvé l’argument décisif, le serra et le secoua. Les yeux noircis de mascara s’agrandirent de surprise, mais aucun son ne put sortir de la gorge étranglée. De l’autre main, il repoussa ses ongles de harpie, puis il la poussa dans l’appartement, claqua le corps efflanqué contre la paroi plus résistante qu’il n’y paraissait, lui administra quelques coups de genoux dans le bas-ventre, un violent uppercut au menton. Quelque chose craqua dans la pièce, tout près. Johnny se retourna pour identifier l’origine du bruit. Mais l’enfant, prostrée, n’avait pas bougé. Les yeux de la femme étaient exorbités, et quelque chose semblait changé en elle, Johnny n’aurait su dire quoi. Il relâcha son étreinte progressivement. Le corps maigre descendit lentement le long du mur gris avant de s’affaisser dans une assise grotesque, la tête pendant sur la poitrine, les jambes écartées, sur le lino usé. Johnny jeta un coup d’œil à l’œuf abattu au milieu de la salle et sortit en fermant la porte. Il rentra chez lui. Toute cette agitation lui avait donné soif, il se dirigea vers le réfrigérateur.


Plus aucun bruit dans la maison. Ouille, ça me fait trop mal quand je touche à ma bouche, à mes joues. J’espère que ça va bientôt passer. Quand la grande aiguille sera sur le deux, ça sera passé. Il fait trop chaud. Je vais prendre ma chaise violette et aller chercher un glaçon au congélateur. Mais il y a plein de glaces, ici en haut. Une glace Mickey au chocolat, c’est trop bon. Je vais demander à maman si elle en veut un bout.


- Maman, c’est une bonne idée de s’asseoir ici dans le couloir, il fait moins chaud aux fesses ! Tu en veux un bout, hein ? Maman, tu veux un bout ? Ça fait du bien dans la bouche et au ventre une glace au chocolat quand il fait chaud, tu sais ?


 
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   Perle-Hingaud   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, un petit commentaire à chaud. Vraiment bien, j'ai vraiment accroché.
premier paragraphe: un peu de mal à entrer: broutilles qui accrochent: déjà, le résumé est au présent, puis on passe au passé. Quelques répétitions, canette, pupitre... Un peu de mal avec certains termes, glandouillé, rotoplos... Johnny se cala contre son coussin avant de décider à le jeter: le: j'ai cru un instant qu'il parlait du gugusse d'avant !
Après, je suis entrée dans l'histoire. Encore relevé deux trois expressions que je trouve étranges: un claquement strident, son avorton (pour parler d'une petite fille ?), on voudrait croire (bizarre)... Je me demande si les deux derniers paragraphes sont vraiment nécessaires. Comme on est tout le long de l'histoire avec ce brave Johnny, pourquoi ne pas s'arréter à son retour vers le frigo ?
Mais... j'ai vraiment aimé le traitement du sujet, Johnny, gros, sale et vraiment trés trés con. Cet univers misérable, si réaliste. Un certain humour noir, trés amer, en effet... Bravo !

   Selenim   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte glacial et brutal. Terriblement humain et égoïste.

J'ai surtout aimé la construction du récit, cette façon minutieuse d'échafauder l'intrigue. Oui, on sait très rapidement que Johnny (fais moi mal Johnny...) va lâcher sa tête et accessoirement celle de la voisine. Mais le plaisir est ailleurs.

Ici, il y des humains, bestiaux, brutaux, primaires, égoïstes. La noirceur de la genèse, les cendres d'Adam calcinées dans l'athanor originel de l'humanité. Ça sent la crasse, le dégout, des relents méphitiques qui pressent les sens comme une éponge.

Sur la forme, je suis moins convaincu. Le style est agréable, il a l'avantage de bien servir l'intrigue.
Le gros soucis vient des dialogues qui sonnent faux. surtout la mère qui n'arrive pas à se décider entre la vulgarité haineuse et la politesse évasive. L'ambiance finement tissée par les passages narratifs tombent à plat dès que les dialogues entrent en scène. Gros dommage.

Subjectivement vôtre

Selenim

   jaimme   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Non, trop caricatural. Le type en marcel avec ses cannettes de bière, la roue de la fortune, etc.. Les dialogues violents de la mère et de la fillette sont moyennement crédibles. Parfois même les pensées du gars, comme"duettiste", me paraissent en décalage. Ce décalage se retrouve d'ailleurs dans les deux sens: trop soutenu, ou pas assez violent. Le bruit et les rêves érotiques de l'homme, la chaleur, sa solitude, tout ça est insuffisant pour expliquer son geste. Et c'est le point principal de ma critique. Soit on regarde totalement de l'extérieur, soit on développe la psychologie des personnages, là on reste entre les deux. Cela enlève de la crédibilité à l'histoire.
Mais il y a aussi des points positifs. Les pensées salaces du type par exemple qui commencent à donner une épaisseur au personne. Il aurait fallu les multiplier. Mettre des petits éléments qui donnent des pistes sur l'histoire des personnages, parsemer de petits riens qui les individualisent.
Au niveau de la mise en page il aurait fallu faire quelque chose (italiques par exemple) pour que les pensées et les paroles de la petite fille se démarquent du reste de l'histoire.

Le thème est évidemment un très bon choix, mais le traitement est, pour moi, en dessous de ce qu'il mérite.
Si je prends la peine de m'expliquer aussi longuement c'est que l'auteur me semble avoir de réelles qualités d'écriture et que sa progression en sera aisée.

   Anonyme   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
bonjour najb

Pas du tout aimé la première moitié, vraiment pas. C'est dû en grande partie aux intrusions des pensées du héros dans le récit. C'est pas cadré, ça manque de poins de repères, guillemets, italique ou tout autre subterfuge pour différencier les divers points.

L'écriture est un peu désordonnée, émaillée de répétitions danser/danse : sentait/ressentait...
la ponctuation, !? manque aussi, surtout dans les dialogues.

j'accroche un peu sur cette formulation "Laisse là cet esquimau" un peu bourge le "laisse là"... (avis perso) alors qu'il me semble, vu l'épaisseur des murs, on est bien loin de ces quartiers.
Je veux bien, à ce sujet qu'il entende respirer la petite, derrière le mur, mais quand même... il y a collé son oreille, là...

"La petite, qui devait avoir 5 ou 6 ans, reniflait, à genoux sans doute, en implorant " même avec le sans doute, j'ai du mal à concevoir que le héros puisse à ce point imaginer la position de l'enfant. C'est beaucoup d'imagination pour un témoin qui ne voit rien, ne fait qu'anticiper. J'aurais préféré que l'auteur précise que son héros anticipait les scènes se déroulant de l'autre côté de la cloison. Parce que là, ça a un petit côté "voyeur" qui aiguille la lecture dans une autre direction.

"Il venait de laisser passer la solution de l’énigme : doit être jetée avant le manche… " j'avoue qu'il m'a fallut trois lectures pour comprendre la phrase. Les guillemets manquent. Et ça tient aussi au fait qu'il ne s'agit pas de la solution de l'énigme mais de son énoncé. Ce qui fait capoter un peu la suite de la phrase, puisqu'on passe à l'énigme suivante sans que la précédente n'ait eu de réponse. Mais on se doute que l'absence de réponse a un rapport avec la suite de l'histoire.
Donc ici ça cafouille un peu, et ça a embrouillé ma lecture.

A partir de "C'est sûr qu'elle l'avait entendu" ma lecture a changé et j'ai commencé à m'intéresser vraiment à l'histoire.
Et elle est devenue très bonne.
Le retournement de situation est excellent, l'histoire toute entière prend une autre tournure. Intéressante parce que pas courante.
A partir de là, les personnages se remplissent, comme si l'auteur n'hésitait plus et s'était immergé dans son histoire.

Sans les italiques au paragraphe commençant par "plus aucun bruit" la lecture cafouille a nouveau, j'a abordé ces lignes sans vraiment savoir qui parlait, pensant un moment que c'était Jhonny que la femme avait griffé... De plus il manque quelque chose à cet in petto de la fillette et le monologue final manque de ce quelque chose que la fin aurait dû amener.

Au plaisir de te suivre et de te lire, il y a de l'imagination et quelque chose qui passe dans cette écriture, même si je me suis montrée très critique.
Au prochain texte !

   Anonyme   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

ce qui m'a gêné dans cette histoire, c'est la distance que l'auteur prend avec son personnage, cette façon un peu méprisante de l'observer et de le juger. La critique sous-jacente de l'émission qu'il regarde me semble un peu trop subtile pour ce mec. J'aurais préféré plus d'empathie pour ce pauvre type, je pense que ça aurait rendu son acte encore plus absurde et plus pathétique.
L'acte qu'il commet est gratuit, il ne fait pas ça pour sauver la gamine, juste pour pouvoir continuer à suivre son programme de naze. Je pense qu'il fallait assumer ce parti-pris et ne pas tenter de lui donner un alibi altruiste.
Pour les dialogues, je vais dans le sens de ce que j'ai déjà lu, ça manque à l'évidence de crédibilité. De même, certaines phrases mériteraient une relecture :
"Il se demandait à chaque fois qu’il la voyait danser sous sa tunique légère, si elle portait une culotte."
Telle quelle, la phrase ne veut rien dire, le lecteur est obligé de la remettre mentalement dans le bon ordre :"
"Il se demandait à chaque fois qu'il la voyait danser si elle portait une culotte sous sa tunique légère"
Sinon, les italiques pour traduire les pensées de la fillette auraient effectivement été bienvenues (mais juste pour les pensées, pas ce qu'elle dit).
Ceci dit, je trouve que la fin est ratée, elle n'apporte rien, et je rejoins ce que j'ai écrit plus haut, le sort de la gamine, on s'en moque dans cette histoire, ça n'a pas d'intérêt. L'intérêt, c'est juste de suivre le comportement absolument premier degré de ce mec et tu aurais dû clore ton récit, à mon avis bien sûr, sur son retour vers le frigo ou éventuellement la télé.
Bonne continuation.

   Anonyme   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé.
Alors... pourquoi, déjà parce-que à aucun moment je ne me suis ennuyée, à aucun moment non plus je ne me suis demandée ce que l'auteur voulait nous dire, et pourquoi il l'a dit comme cela.
Pour moi, tout a fonctionné, était en résonance avec la précarité du contexte, bien vue aussi cette fin, la réaction du personnage qui nous confirme au cas où on aurait pas tout à fait encore compris, que son cerveau fonctionne en mode binaire "on/off", et avec détachement émotionnel.
Bref, sans être renversant, ce texte est intéressant et les personnages suffisamment originaux pour capter l'attention jusqu'au bout.

   calouet   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Même si, comme d'autres l'ont bien noté avant moi, les personnages et la situation sont très cliché, je dois dire que j'ai accroché à ce texte. J'ai même ressenti du malaise, une vraie envie que la petite s'en sorte, à un moment donné. Donc ça marche, malgré les dialogues que je trouve peu réalistes, enfin disons que je les lis mais ne les "entends" pas vraiment...
Par contre les pensées de Johnny devant la Roue de la Fortune, quand il se tape une demi-gaule sur la blonde ou cherche les énigmes, c'est excellent.

Merci pour cette lecture!

   brabant   
11/10/2009
Donnez au lecteur une branche à laquelle se raccrocher. Ce qui ne va pas, pour moi, dans ce texte, c'est que je n'éprouve d'empathie pour aucun des personnages:
- La fillette, au départ, pourrait passer pour une enfant-martryr, et le lecteur se sentir concerné et lui donner la main; la sauce pourrait prendre à ce moment-là, mais elle reste relativement anonyme puis se révèle une gamine plutôt détestable, occasion ratée pour le lecteur de se sentir concerné.
- Sa mère est présentée comme une mégère au parler de concierge mal embouchée. Rejet immédiat.
- Johnny, c'est Gros Dégueulasse de Reiser sans le côté comique.
Le lecteur refuse donc une histoire dont il ne peut être à aucun moment partie prenante.

Ce qui est bien, mais il aurait fallu souligner davantage le contraste: la fillette dégustant finalement sa glace et la proposant à sa mère sans vie grotesquement assise, l'humour noir bien frappé devenant ainsi la justification du récit.

Pour le reste votre écriture n'est pas maladroite, le style répondant au sujet. Mais, rappelez-vous, à mon avis, il faut intégrer le lecteur au récit en l'impliquant (émotionnellement) et pour cela il faut au moins un personnage auquel, plus ou moins directement, il puisse s'identifier. A la limite, l'élément "canicule" aurait pu servir, mais il n'a pas été véritablement exploité dans ce sens ici...
Ceci n'est bien entendu que mon avis. Ne laissez pas le lecteur devant la grille tirée de la vitrine. Pour ne pas être entré dans le magasin, je ne peux pas noter. Trop de barreaux. La sensibilité ne peut pas s'exercer.
Amicalement.
PS: Pour ce qui est de la culotte de la bimbo je ne lui en aurais pas mise, ce qui aurait à la fois résolu le problème de style et fait grimper l'audience de l'émission télé (lol)

   widjet   
12/10/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Pour ma part, ce sera…non. Une fois encore, l’écriture plutôt médiocre et le style franchement pâlichon « flingue » le texte qui aurait pu être beaucoup mieux traité. Noirceur, humour (noir), personnages, l’auteur manque toutes ses cibles…à cause de la forme. Une sensation de négligence, d’un manque de re-travail ont eu raison d’une intention louable.

Le premier paragraphe est déjà pénible à lire. Rythme poussif, trait d’esprit pas drôle, personnage stéréotypé vu et revu (faudrait quand même songer a innover un peu quand on crée un personnage vicelard, celui-là a déjà été écrit mille fois, et en mieux). Bref, ça sent le remplissage pour pas grand-chose.

J’ai trouvé le ton familier un peu hésitant dans l’ensemble, des termes boiteux comme « Quoi que puisse faire la petite, ce n’était que hurlements en réponse » ou mal dit et dont l’effet tombe à l’eau « Un beuglement empêcha Johnny de s’envoler en pensée au bras d’une femme belle et consentante ».

Certes, le ton colle assez au personnage mais l’argot ou la grossièreté ici ne « claque » pas, elle ne fait pas mouche (pas de trouvaille dans le verbe, c’est timide). Comme quoi, ce type de langage et de vocabulaire, ça se travaille et demande de l’originalité et de la rigueur aussi. Ici, ça passe inaperçu. De façon générale, les dialogues sont un fiasco complet.

Enfin et surtout, la réaction du type et son acte définitif, j’y crois pas. Du tout. Pourquoi ? Parce qu’il aurai fallu préparer le terrain bien mieux que ça. Insister sur le côté « border line » du personnage (qui a en fait assez peu de relief hormis que c un beauf...rien ne sous entend ou n'indique un type azimuté du cerveau), décrire (peut etre) davantage l’état d’ébriété avec peut-être de mélange entre le réel et l’absence de prise, de contrôle que provoque l’alcool (encore faut il savoir le décrire et le rendre crédible).

Vraiment dommage car, j’aime le côté expéditif du crime, genre le mec nonchalant qui se pose pas de question, se pointe, tue et retourne voir la téloche comme si de rien n’était…Banaliser le crime, c’eut été une bonne idée, assez jouissive même. Mais y’avait du boulot en amont à faire, un tableau a esquissé…Et cela n’a pas été (bien) fait selon moi.

Je ne pige pas ce passage : « Ouille, ça me fait trop mal quand je touche à ma bouche, à mes joues. J’espère que ça va bientôt passer. Quand la grande aiguille sera sur le deux, ça sera passé. Il fait trop chaud. Je vais prendre ma chaise violette et aller chercher un glaçon au congélateur. Mais il y a plein de glaces, ici en haut. Une glace Mickey au chocolat, c’est trop bon. Je vais demander à maman si elle en veut un bout »

C’est la fille qui parle ? Qui pense tout haut ? Pourquoi pas de guillemets ou de tiret sur cette phrase ? Comprends pas…

Désolé, mais merci pour ce texte

W

   florilange   
12/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
He bien moi, j'ai accroché à cette histoire, du début jusqu'à la fin, je n'ai même pas noté les fautes, c'est dire...
C'est qu'il en existe, des gros dégueulasses de ce type, Reiser ne les a pas inventés, il en a vus, en marcel, la bière à la main en fin de journée, au milieu des déchets.
J'apprécie la continuité tout au long du récit, d'abord cette canicule, ensuite, au milieu de ses pensées salaces & malgré le bruit dans l'appart à côté, il essaie de trouver l'énigme. Puis, après avoir réglé son compte à la femme, sans s'occuper de la môme, tout à coup, il trouve la solution de l'énigme qu'il avait manquée. Et retourne placidement à son frigo. Tandis que la môme, elle, retourne à la glace qu'elle voulait dès le début.
Je trouve que la construction est bien pensée.
Bonne continuation,
Florilange.

   nemson   
12/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
le "scenario" m'a plu, le traitement moins, des phrase chargées inutilements, un brin caricatural parfois, heuuu t'en connais beaucoup des johnny toi? par contre pas mal pour l'ambiance et le deroulement. j'ai lu jusqu'au bout ce qui est rarement le cas. a suivre.

   LeopoldPartisan   
12/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voici encore une de ces petites scènes de la vie courante de notre pauvre monde qui bascule. Tous les ingrédients sont réunis, pour un beau cauchemard climatisé. L'intrigue se met bien en place et la fin est cohérente, Johnny est maintenant tranquille, la petite fille a obtenu sa seconde glace et sa mère a enfin trouvé le repos éternel.
Nabj je trouve le sinopsis de ta nouvelle vraiment digne des contes de la folie ordinaire d'un Charles Bukowski. Mais ce que tu nous propose n'est encore qu'un sinopsis, il y a encore beaucoup de travail d'écriture. Je verrais très bien cette histoire écrite dans un style Elroy ou Bukowski. C'est à dire écrit avec des phrases plus courtes, avec encore plus d' humour noir et de cynisme. Des dialogues nettement plus percutant. Tu pourrais aussi l'écrire avec encore nettement plus de distance et encore nettement moins d'empathie, ne relatant avec une extrème minutie et beaucoup d'observation que ce à quoi tes personnages te font assister (un peu comme expertise criminelle). Cette histoire je la verrais aussi très bien relatée à la manière d'un Phillipe Djian ou même d'un Michel Houellbeq. Enfin c'est déjà un bien bel essai qui se doit d'être absolument transformé.

   Anonyme   
11/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Même si le style gagnerait à être plus soigné, on plonge vite dans cette canicule glauque.
Le portrait de ce Johnny plutôt réussi. C'est lui, ce personnage, qui m'a fait entrer dans l'histoire. La scène du début est réaliste, on accroche. On visualise. Après, je me suis émue pour la gamine d'à côté qui reçoit toutes ces baffes, cette mère cinglée, on aimerait que le gros d'à côté bouge ses fesses un peu plus vite. Bref, je ne me suis pas ennuyée !
Comme d'autres lecteurs, je n'ai rien compris aux derniers paragraphes. Qui parle ? Achever la nouvelle sur le retour au frigo était suffisant à mon avis.
En tout cas bravo à Njab. Vous êtes sur la bonne voie.


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