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Humour/Détente
Neojamin : Un coup de hache
 Publié le 24/07/14  -  19 commentaires  -  10439 caractères  -  196 lectures    Autres textes du même auteur

J'avais juste envie d'écrire… et d'être lu !


Un coup de hache


Il y a une semaine environ, je me suis coupé la main droite.

Tout a commencé avec la découverte de « Onypleure.com », un site internet amateur dédié à l'écriture de nouvelles et de poésie. J'étais tout excité à l'idée d'y publier mes histoires, poster mes commentaires, progresser grâce aux commentaires des autres, participer à cette communauté dont je me sentais déjà membre.

Mon premier texte fut refusé pour de bonnes raisons. Syntaxe approximative, déroulement de l'histoire prévisible, manque de profondeur des personnages. Un refus courtois qui m'amena à prendre plus de soin avant d'en envoyer un deuxième. Je me savais drôle et je décidai donc de changer de registre. Un nouveau refus me confirma que si j'aimais écrire depuis toujours, je n'avais pas encore trouvé la forme adéquate pour transmettre cette passion précoce. Les correcteurs avaient pris le temps pour m'expliquer ce qui n'allait pas : mes personnages étaient trop superficiels, j'utilisais ces derniers pour transmettre mon message, les reléguant au statut de simples marionnettes. J'ai lu d'autres nouvelles sur le site pour comprendre ce qui fonctionnait et même si beaucoup ne me paraissaient pas meilleures ou plus acceptables que la mienne, je me fis une raison.

J'ai passé trois semaines sur un troisième texte, je fermais les yeux pour me mettre dans la peau de mon personnage, je n'écrivais plus avec la raison mais avec le cœur. Moi qui étais convaincu que seul le premier jet valait la peine d'exister, je me suis attelé à l'art de l'édition. J'ai relu le texte plusieurs fois, épluchant chaque expression, chaque métaphore, décelant les maladresses, les répétitions… J'ai ressenti un grand plaisir à le faire comme lorsque je polis avec zèle la surface de mon plan de travail. Mon texte était reluisant, un véritable bijou qui me rendait très fier.

Je l'ai envoyé à Onypleure. Trois semaines plus tard, nouveau refus. Cette fois-ci les deux correcteurs avaient émis des avis partagés. Le premier avait aimé l'originalité du thème, le style et affirmait que l'histoire se lisait bien. Le second admettait que le travail était correct mais la thèse avancée trop farfelue et le style employé manquait de crédibilité. J'étais profondément déçu, cela faisait plusieurs mois que j'attendais impatiemment de prendre part plus activement sur le site… mais qui étais-je pour donner mon avis si je ne pouvais même pas écrire un texte digne d'y être publié ?

Je gardais un texte que j'avais écrit quelques années auparavant et que j'avais revisité de temps à autre. Le texte que je n'avais montré à personne et dont j'étais persuadé qu'un jour, il ferait de moi un écrivain. Là encore je l'ai peaufiné jusqu'à la moelle, repensant chaque mot, chaque phrase, cherchant le cœur de l'histoire pour en semer les battements le long de ces lignes. Je me suis gavé avec les nouvelles des autres membres pour y déceler une sorte de code général d'admission, essayant de comprendre ce qui leur avait ouvert les portes de ce site qui prônait l'ouverture à tous mais se montrait plus sélectif que l'Académie Française. Là encore, mon histoire me paraissait bien plus excitante, plus profonde, plus intéressante.

J'ai relu une dernière fois mon manuscrit puis je l'ai transféré au format numérique, avec mes deux index, lentement, soigneusement. J'ai pris une longue inspiration et j'ai cliqué sur le bouton d'envoi.

Ce texte a mis plus de temps que les autres avant que je ne reçoive un quelconque retour. J'y ai vu un bon présage, le texte était bon et allait être retenu, peut-être même que les membres du site se le faisaient passer et j'imaginais déjà quelques plumes au bas de mon texte.

Le mail est arrivé un mercredi soir. Je venais de terminer ma journée, l'ordinateur trônait au milieu de mon plan de travail soigneusement astiqué. Il faisait un temps splendide au-dehors, les premières cerises gorgeaient l'arbre du jardin et deux merles virevoltaient dans ses feuilles.

« Votre nouvelle n'a cependant pas été… »

Je n'ai pas fini de lire l'email. Il se trouve qu'une hache se trouvait à ma gauche, accrochée sur le panneau magnétique. Instinctivement, je l'ai prise dans ma main gauche et je l'ai suspendue un instant au-dessus de ma main droite qui m'apparaissait alors comme un mollusque maladroit, traître, vain. Mon âme d'écrivain souffrait, je revoyais le premier texte que j'avais écrit pour le devoir de français alors que je venais d'entrer en sixième, les félicitations du professeur, le dix-neuf sur vingt clinquant.

J'ai tranché. Sur le coup, je n'ai ressenti aucune douleur, seules l'amertume et la déception m'envahissaient. Puis, un lancement aigu est apparu au-dessus de mon épaule pour se propager jusqu'à cette extrémité d'où giclait une gerbe de sang rouge.

J'ai crié.

À l'hôpital, ils ont voulu me garder en observation pendant plusieurs jours après l'opération. L'infirmière a insisté pour que j'appelle ma mère.

« Salut maman, je me suis coupé la main… »

Ma mère ne l'a pas pris au pied de la lettre et s'est imaginé une grave coupure en travers de la paume ou au pire, un ou deux doigts coupés. Elle n'était qu'à moitié surprise, m'ayant répété maintes fois de faire attention avec tous ces outils tranchants qui abondaient dans mon atelier. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle entra dans la chambre et que, par réflexe, je levai la main droite pour la saluer !

Je ne lui ai rien dit au sujet de Onypleure. Elle m'a pris l'autre main. Nous sommes restés en silence pendant un bon moment.

Sur le chemin de l'hôpital, dans l'ambulance – ma voisine avait entendu mon cri et avait appelé la police – je m'étais dit que plus jamais je n'écrirais, ma carrière se terminait en bain de sang et c'était préférable ainsi. Pourtant, en cet instant, alors que je contemplais ma grosse main, mes doigts velus et râpeux qui dépassaient des menottes fripées de ma mère, une idée vint me chatouiller l'esprit, L'Idée. Une histoire, une fable s'écrivait presque malgré moi dans mon esprit. Je ne pouvais pas l'arrêter, les mots s'enchaînaient, les images fusaient.

« Il faut que je rentre », j'ai dit à ma mère.

Elle n'a rien objecté.

J'ai dû accepter la visite d'un psychologue et promettre de me rendre aux deux rendez-vous par semaine avant de pouvoir sortir de l'hôpital.

Ma mère voulait venir pour me concocter un bon petit repas mais je lui ai menti en lui avouant vouloir être seul, me reposer, m'occuper du jardin. J'ai marché une bonne demi-heure pour me présenter devant une boutique de vente de matériel informatique. Le vendeur a posé un regard discret sur mon moignon et a répondu à ma requête sans sourciller. J'ai ensuite passé le reste de la journée à prendre mes marques avec ce handicap qui me défiait jusque dans les aspects les plus banals de mon existence. Je devais faire usage de toute ma ruse pour pouvoir bloquer les objets avec mon coude, tenir la planche à pain avec les genoux ou éplucher une banane avec les dents.

Après avoir avalé quelques aliments, je me suis installé sur mon fauteuil face à mon plan de travail qui était fendu en deux par une longue tache de sang séché. L'ordinateur attendait, en veille. J'ai posé un regard sur mon tas de feuilles, ces centaines de pages écrites avec ce qui était ma main droite puis j'ai branché le micro, installé le logiciel et j'ai commencé à écrire, ou plutôt à dicter l'histoire qui occupait mon esprit depuis le matin.

J'ai passé trois jours sur cette histoire, après le premier jet, j'ai relu soigneusement chaque passage, revisitant les tournures de phrase, cherchant la moindre faille dans le récit. Cette fois-ci, je ne ressentais aucune fierté, le texte ne m'apparaissait pas génial, il me plaisait tout simplement. C'était un texte honnête, une partie de moi-même qui s'était rédigée au son de ma voix.

Le 20 mai, j'ai envoyé mon texte, les pommiers étaient en fleurs, les figues grossissaient à vue d'œil et les cerises étaient déjà bien rouges.

Pour combler l'attente, prisonnier d'une convalescence forcée, je m'attelais à la construction d'un échafaud sommaire qui entourait le fauteuil sur lequel j'écrivais. Cette nouvelle envoyée serait la dernière, je me l'étais promis. Hors de question de revivre cette frustration, ce sentiment de rejet qui vous saisit les tripes.

J'avais récupéré une structure métallique de deux mètres de haut au fond de mon atelier sur laquelle j'avais installé une poulie. Une hache sans manche était encastrée dans un rail en bois de ma confection et venait s'abattre sur la partie arrière de mon dossier, là où je posais généralement ma tête. Construire avec une main demandait une concentration aiguë mais très vite, je m'y habituai, réussissant ma foi un bel ouvrage. Il ne me fallut que deux semaines pour tout installer. Une corde tenait la hache et par l'intermédiaire de la poulie redescendait le long de la structure métallique pour y relier le coude droit de mon fauteuil.

J'étais prêt.

Plus de trois semaines passèrent avant de recevoir un email de Onypleure. Cette fois-ci, je ne me suis pas emballé. Au vingt-cinquième jour après mon envoi, alors que j'explorais les confins de l'internet, mon logiciel de courrier électronique m'avisa d'une réception.

Votre nouvelle envoyée à Onypleure…

Avec ma main gauche, j'ai pris le ciseau qui gisait à côté de mon ordinateur et j'ai dicté :

« Ouvrir email. »

« Lire. »

J'ai fermé les yeux, au-dehors, j'entendais les deux merles qui pépiaient en chœur, je les imaginais sur une branche du cerisier en train d'arracher à coups de bec la pulpe juteuse des fruits tout en célébrant l'amour de leurs chants.

La voix nasillarde et métallique de l'ordinateur brisa cette harmonie et de son ton monocorde, détaché, prononça la sentence :

« Bonjour Boucherdu39,

Votre nouvelle “Un coup de hache” a été présentée auprès de quelques lecteurs réguliers de Onypleure. Vous trouverez les différents commentaires de ces lecteurs à la suite de ce courrier. Votre nouvelle n'a cependant pas été retenue par le comité éditorial pour une publication sur le site… »


Voilà pour la petite histoire. Dehors, les merles ont arrêté de chanter, un nuage voile le ciel… Si vous me retrouvez sans tête, couvert de sang dans mon atelier, vous comprendrez pourquoi, enfin… vous saurez pourquoi. J'imagine qu'il vous sera difficile de poser un jugement rationnel sur mon acte. Essayez d'écrire, essayez d'ouvrir votre âme et vous comprendrez peut-être…



 
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   marogne   
1/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Etonnant.....

Et en fait un bon coup!

On lit jusque'à la fin sans aucune lassitude, et avec toujours un sourire. Pas la franche rigolade, mais un sourire quand même.

Bon coup de com.....

Un style agréable, une construction solide, une légère distanciation, un auteur qui s'amuse, que l'on sent s'amuser, et qui nous titille... pourquoi effectivement nos textes seraient refusés???

Mais ce n'est pas une raison, quand on écrit comme cela, avec son coeur, avec sa tête et ses ciseaux, alors on sera publie sur Onyrie.

Marogne

   Anonyme   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Neojamin

Excellente petite histoire que je croyais avoir déjà commentée en espace lecture. Ca m'a permis de la relire avec le même plaisir que j'ai éprouvé à l'attendre en la voyant apparaitre au bout du goulet et en me demandant ce que j'avais écrit dessous.
Le seul truc qui me gêne c'est Onypleure, franchement niveau marketing c'est nul. J'irai pas m'inscrire sur un tel site à moins d'aimer les coups de cravache. De plus c'est injustifié parce qu'on sait tous que... ok, c'est pas le sujet.
Rien à jeter, que du bon et du gouleyant. Lecture très agréable, qui m'a fait sourire.
Reste la fin. Le héros est un homme qui va au bout de ses idées aussi tranchantes soient-elles. Mais quand même, je ne sais pas si tant d'échecs successifs valent vraiment un tel auto-acharnement. Ou alors cet Onypleure est un site vraiment exceptionnel et ceux qui y participent, auteurs comme critiques sont des gens dignes, vous le dites vous-même de l'Académie. Que ce personnage ne se mette plus martel en tête, ni quoi que ce soit d'autre autour du cou ou de la main qui lui reste et mes remerciements à l'auteur.

   Cat   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Neojamin,

L’écriture est fluide, agréable entre le temps des arbres gorgés de cerises, les figues et les pommiers en fleurs. Le style net et un ton bourré d'humour, a l’odeur d’un vécu que nombreux, chez le confrère Onyrie doivent bien connaitre.

Ah, ce premier jet que l’on estime parfait ! Et puis cette envie de polir – j’aime le plan de travail toujours bien astiqué qui revient souvent dans l’histoire, son symbolisme si clair ; la scène de la main coupée et de maman qui ne l’a pas pris au pied de la lettre, et tant d’autres encore tant il y a de bonnes trouvailles.

Je m’attendais à un "tout est mal qui se termine bien", mais cela passe bien quand même. Et puis on se dit qu’après tout le boulot fourni pour l’échafaud, c’est aussi bien qu’il serve à quelque chose, non ?

J’ai adoré me balader dans cette histoire pétillante, au réalisme juste et très bien décrit.

Merci. Je suppose que vous, vous avez votre main droite en bon état ?

Cat
Avec deux mains gauches

   Alice   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Neojamin,
Un texte plus que surprenant, qui aurait si facilement pu sombrer, avec les refus répétitifs et l'absence totale de dialogues, dans la redondance, qu'il n'en est que plus admirable pour sa légèreté et son mouvement ininterrompu. Un humour tranquille et mûr nous accompagne et nous permet d'accompagner le personnage de l'intérieur et de le sentir prendre vie d'une manière incroyablement crédible (au vu de l'intensité et de la complexité de ses actes), tout en nous connectant fermement à l'extérieur pour pouvoir spéculer dans la joie et nous relier nous-même à l'âme écorchée de l'écrivain incompris.
La seule chose qui m'ait déplu, à vrai dire, c'est le nom du site. Onypleure, pour tout dire mes yeux de fille trouvent ça très laid, on a du mal à comprendre comment on voudrait publier là-dessus :P "Hey! Va voir sur Onypleure, mon texte est sorti!" ;) Mais le fait que ce soit la seule chose qui m'ait à peine gâté mon plaisir prouve bien que je trouve votre texte savoureux.

Merci pour la beauté toute humble de ce texte,

Alice

P.S. (ajouté après avoir lu les autres commentaires et avoir ri pendant deux ans): Le jeu de mot était trop subtil pour mes "yeux de fille", veuillez me pardonner et recevoir ma bénédiction (tellement utile) pour cet Onypleure utilisé à des fins aussi poilantes. Je commence à penser que le calibre intellectuel des gens d'ici surpasse épouvantablement le mien :S :P

   Pimpette   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Tout excellent!
Le sujet très singulier!...et qui nous concerne tous!c'est ça le meilleur!

Le style à la fois précis et plein d'un humour très subtil...

Malgré un certain nombre de descriptions obligées, on ne s'ennuie pas une seconde...Grand plaisir de lecture!

Je ne pense pas que notre auteur, sans tête ait pu écrire cette nouvelle, mais par contre, il a pu l'écrire avant la décapitation???

Pimpette ravie!!!

   Pepito   
24/7/2014
Bonjour Neojamin,

Forme : écriture "polie avec zèle, reluisante, un véritable bijou".
Du coup quelques (tous petits) reflets dénotent :
"impatiemment de prendre part plus activement sur le site…" vous pouvez faire mieux
"Il faisait un temps splendide au-dehors," au dedans, cela s’appelle le chauffage ;=)

Honte à moi, je n'ai capté le On-y-rit qu'à la fin du texte ;=)))

Fond : haha, que voilà bien écrit ce qui hante des longueurs de forums Oniriens... auxquels j'ai ardemment participé, d'ailleurs ;-)

"qui étais-je pour donner mon avis si je ne pouvais même pas écrire un texte digne d'y être publié ?" là je ne suis pas d'accord, c'est les avis de "lecteurs" qui font les commentaires pas ceux d'écrivains.

Après la perte de la main, le texte est un peu moins moignon, perte de rythme et repart plein feu à partir de " la construction d'un échafaud".

Merci pour cette excellente lecture.

Pepito

PS : le "Néo"-jamin me donnait à penser qu'il en existait un ancien... maintenant j'en suis sûr ! ;=)

Edit : il semble difficile, sur Oniris, d'écrire une fois mort... alors que dans la vraie vie, cela ne présente aucun problème... la preuve ;=)))

   Anonyme   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Néojamin,

Onypleure.com, morte de rire.

Dès le début je n'ai pas cessé de sourire, le narrateur qui fait de son mieux pour retravailler ses nouvelles avec l'espoir d'être un jour publié, mais ce que je retiens surtout c'est cette déception extrême qui conduit le narrateur à un acte de folie. On se pose la question comment peut-on en arriver là juste pour des refus de publication sur un site. A peine sortie de l'hôpital il ne se laisse pas de répit écrire une autre nouvelle l'obsède alors qu'il vient de se mutiler une main.

Votre nouvelle m'a fait sourire et pourtant elle ne comporte ni jeux de mots, ni blagues, ni surréalisme déjanté, juste cette auto-destruction causée par une obsession. C'est de l'humour noir sur un ton amère, tout est centré sur un individu devenant de plus en plus obsessionnelle ne supportant pas l'échec.

En revanche je n'arrive pas à visualiser le passage où le narrateur commence à s'atteler à la construction d'un échafaud pour la préparation de son suicide, faut dire que moi et le bricolage...

La fin est triste bien sûr, mais en même temps je n'ai pas cessé de sourire car tout ça c'est tellement ridicule, tellement démesuré, on comprend après que l'individu avait l'esprit très fragile.

Une belle écriture, une nouvelle qui allie humour et drame, l'attitude du névrosé est très bien démontré.

   Anonyme   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Néojamin,

Oulala, quand j’ai lu « Onypleure », je me suis dit : « y’en a qui vont pas comprendre et qui vont trouver ça foireux ». Je verrai ça après, quand je lirai les autres commentaires…

Ouais, disons que votre texte est « écrit », c’est déjà bien. Mais je trouve que l’écriture reste bien en deçà des événements. J’ai lu ça comme si vous vous étiez égratigné un doigt. C’est un peu lisse, comme narration, un peu trop sagement narratif. Moi je voulais voir du sang sur les mots. L’humour est tellement dosé qu’on se croirait dans l’atelier d’écriture d’un club de bridge, après une distribution de gâteaux secs.
Bon, Néojamin, si vous voulez pas finir en moignon géant, vous avez intérêt à secouer votre clavier.
Non, je déconne, Néojamin, je vous envie d’écrire comme ça avec les pieds :)

Dommage que la fin soit ratée. J’aurais préféré une sorte de malentendu, un second mail d’Onypleure qui arrive : « on est confus, votre texte est finalement accepté, et le membre incompétent du CE, viré ». Entre temps vous auriez fini en bouillie sanglante, comme un génie broyé par l’impéritie et les crocs promptement aiguisés des cerbères de l’antichambre.
Mais ne vous inquiétez pas. Moi je vis très bien avec deux moignons.

Ludi
scarificateur littéraire

   guanaco   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte sans prétention, à part celles annoncées dans l'incipit.
Je l'ai lu d'une traite, j'ai eu peur des échecs répétitifs et de l'ennui mais finalement l'imagination de l'auteur a fait apparaître la hache pour donner un coup de main à l'histoire (ou l'inverse...je ne sais plus du coup!)

Muy divertido!
Merci

   Robot   
25/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est une sorte d'amertume plus qu'une pochade que j'ai trouvé dans ce texte qui souligne jusqu'où peut aller la folie d'un auteur taraudé par son égo.
En tout cas, on ne s'ennuie pas à la lecture de ce "Coup de hache"
Curieusement, ce passage m'a semblé familier, comme si je l'avais déjà vécu ou entrevu:
"Cette fois-ci les deux correcteurs avaient émis des avis partagés. Le premier avait aimé l'originalité du thème, le style et affirmait que l'histoire se lisait bien. Le second admettait que le travail était correct mais la thèse avancée trop farfelue et le style employé manquait de crédibilité. "
En tout cas, on ne s'ennuie pas à la lecture de ce "Coup de hache"
Par contre, le paragraphe de conclusion m'a paru un peu sommaire, comme expédié pour en finir avec l'histoire.
Je suis resté sur ma "fin"

   Uranie76   
26/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dans l'ensemble, j'ai apprécié la légèreté et la fluidité de la narration : à l'évidence, on ne s'ennuie pas malgré le risque. L'humour en trame de fond est efficace. Cependant la chute manquait un peu plus de consistance à mes yeux par rapport aux possibilités qu'offre un tel thème.

En fait, je me suis perdue quelque part dans cette gerbe de sang rouge, j'ai décroché parce qu'instantanément j'ai eu en tête un chapitre de "La main coupée" que Blaise Cendrars a titré "Le lys rouge" il y décrit symboliquement « une grande fleur épanouie, un lys rouge, un bras humain tout ruisselant de sang, un bras droit sectionné au-dessus du coude et dont la main encore vivante fouillait le sol des doigts comme pour y prendre racine".
Du coup je me suis demandée (peut être même espéré) si ce texte ne déboucherait pas sur l'histoire d'un bras coupé et autonome, qui écrirait des choses grinçantes, indépendamment de la volonté de l'auteur et loin de toute inhibition.
J'ai eu le temps même d'imaginer d'autres tournures..qui m'ont amenée toutes plus loin que la musique pour apprécier votre chute dans toute sa simplicité.

   RB   
29/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Neojamin,

Je pense que je vais un peu détonner dans l'ensemble des commentaires, quoique mon appréciation sur l'écriture en elle-même ne dépréciera pas votre texte.

Vous le dites dans l'incipit -pourquoi, à ce sujet, lorsque l'on commente, l'incipit n'est-il plus lisible ?- vous aviez envie d'être lu.
Je vous comprends.

L'artifice auquel vous nous conviez a séduit. Je vous avoue que je me suis dit : "faut-il en arriver là ?".
Manifestement non puisque vous écrivez bien, suffisamment pour être retenu...alors pourquoi n'avez-vous pas écrit quelque chose que vous auriez eu envie de partager, de nous raconter avec le talent que l'on ne vous dénie pas ?

Je voulais vous écrire cela...et vous dire bien joué en toute sympathie.

   aldenor   
1/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Excessif.
Il aurait fallu se situer dans un cadre plus fantaisiste pour que ce soit drôle ou surprenant. Tout le récit des échecs successifs du héros est d’un réalisme qui ressemble à ce qu’on lit parfois sur les forums d’oniris.
Il n’y a pas de place dans ce cadre pour une issue aussi excessive.
A moins que le héros ne soit mentalement déséquilibré ; jouer carrément la carte de la démence. Le dénouement se trouverait justifié. Mais rien ne vient confirmer cette interprétation, ni dans les relations du héros avec sa mère ni dans son séjour à l’hôpital psychiatrique.
En somme, ça ne fonctionne pas pour moi. N’empêche que la nouvelle ne manque pas de qualités ; un style succinct et de l’imagination.

   in-flight   
2/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un coup de hache pour un coup de com'.

J'ai lu d'une traite, c'est pour le moins original.
Je verrais bien une narration sous forme de journal, ceci éviterai le passage du passé au présent un peu étrange à la fin.

Merci pour cette lecture, cette "private joke".

   Farfalino   
20/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ca m'a rappelé des mauvais souvenirs. Non pas que je me suis coupé la main droite mais j'ai cessé d'écrire pendant un an après avoir essuyé un énième refus.

Vous avez bien décrit les affres de l'écrivain amateur en soif d'une reconnaissance de son talent mirifique et incompris.

J'ai bien aimé le moment où cela bascule dans la folie, en allant au bout. Peut-être que cela aurait pu arriver un peu plus tôt dans le récit. Un aller-retour de moins peut-être.

   Ellon   
21/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Pas mal du tout. J'ai pris plaisir à te lire jusqu'à la fin. Il me tardait de connaitre le dénouement mais j'ai été un tantinet déçue. Tout est mal qui finit mal..ou bien bref il me manque la vraie fin ! Cependant bien écrit, simple, efficace parfois certaines longueurs mais bon...passons. Effectivement comme dit Alice pourquoi vouloir publier ces textes sur onypleure ? Cela m'a fait sourire tout de même...En attendant j'ai ressenti la fragilité et l'émotivité de la personne mais paradoxalement m'a semblé assez désinvolte. " ah tient je me suis coupé une main ! ". J'ai bien aimé l'ensemble. Comme quoi même sans les mains tu as réussi à prendre ton pied. (un peu osé la dernière phrase. Mes excuses)

Ellon

   VinceB   
19/11/2014
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé le style direct sans fioritures
J'ai aimé la mise en abyme immédiate, en fait dès le résumé, car qui sommes-nous sinon ceux qui aimons écrire et attendons d'être lus ?
J'ai aimé l'humour et la légèreté de la narration interpellant alternativement le relecteur et l'écrivain occasionnel que nous sommes avec nos doutes, nos attentes parfois excessives de reconnaissance et nos lacunes que seuls les autres semblent voir...

En somme, c'est notre petite histoire à tous contée avec légèreté et c'est en cela qu'elle m'a touchée.

"J'ai regretté" le point de vue se limitant à celui du personnage qui est, semblerait-il, "un pauv canard perdu dans un monde si cruel". Une inversion du point de vue soulignant avec le même humour ce travers du personnage aurait, à mon goût, équilibré agréablement le tableau.

"J'aurai aimé également" une chute plus travaillée avec une pirouette, une saillie... que sais-je, que diantre Monsieur, c'est de l'humour, à la fin de l'envoi touchez-nous d'un trait d'esprit !

Conclusions : merci pour ce joli texte et encore et... encore ! (un prochain texte... du travail...)
;)

   Donaldo75   
7/1/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
C'est bien écrit, dans un style assez classique et propre sur lui.
Je m'attendais toutefois à un texte plus délirant, surtout sur un sujet aussi marqué pour les lecteurs d'Oniris. Avec un titre pareil, je pensais lire du nerveux, du vif, de l'excessif mais, cruelle déception, je n'ai eu droit qu'à une narration policée, convenue et monolithique.
C'est dommage parce qu'il y avait de la place pour l'originalité; là où je voyais un morceau de pur rock'n roll, il n'y a qu'une cantate certes bien composée mais pas vraiment enivrante.

   carbona   
15/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Une nouvelle toute particulière n'est-ce pas ? Vous auriez pu la placer en réalisme / historique je crois ;)

Je pense qu'elle se laisse lire pour les initiés, j'ai eu envie d'aller jusqu'au bout pour cette raison. La fin n'est pas épatante, dommage. Et le récit sans ses références si spéciales manque de pep's d'intensité, de relief. Il sonne un peu plat à l'image de cet écrivain blasé.


Merci pour votre texte.


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