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Sentimental/Romanesque
Nobello : Issue de secours
 Publié le 28/12/08  -  10 commentaires  -  14328 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Quelque chose qui parle quand même d'amour, afin de faire connaissance...


Issue de secours


Savez-vous comme on aime, quand la guerre est partout, quand la mort est si proche, affamée de jeunesse et d’amours à briser ?

Jean savait.

Il avait appris beaucoup de ses années désormais trop nombreuses, mais cela avait été l’axe de son existence, ce qui l’avait soutenu lorsqu’elle devenait dure, aiguë, coupante à le tenter de goûter à l’Ailleurs.


Ce qui avait été entre Rose et lui, ce printemps 44, avait sculpté son âme. À grands coups de burin. Les sourires de Rose s’y étaient imprimés, qu’elle n’explique jamais, et ses silences aussi, qui parlent à qui sait écouter. Ses dix-sept ans accordés sans rien dire, sous un grand châtaignier dont les feuilles encore jeunes jouaient avec le soleil, la semant de lumière. Six semaines, et l’empreinte brûlante, après qu’il ait dû fuir : la guerre amenait, reprenait à son gré, en s’aidant parfois des jaloux éconduits. Il était reparti comme il était arrivé, riche de ses vingt ans et la mort aux talons, mais l’amour en plus.


Quand la guerre, repue, avait fini par lâcher prise, il était revenu la chercher. Les parents de Rose avaient détaché les chiens, et quelques heures au café du village lui avaient appris le reste : le recours à la faiseuse d’anges, et la pension lointaine, avec l’espoir de dissoudre dans le temps une réputation irréparable.


Ainsi, en plus d’avoir perdu Rose, il devait supporter l’idée de l’avoir salie, flétrie au regard des siens. Lui ne voulait rien plus que l’aimer, et mesurait avec désespoir la détresse de celle qui, se croyant trahie, avait dû endurer l’infamie jusqu’à s’arracher d’elle-même le fruit des promesses déchues.

L’avait-elle maudit pendant des mois, ainsi qu’il se lacérait le cœur à l’imaginer ? C’était insupportable, à se tuer.


Alors, dans un élan de tout son être, il avait décidé de se reposer en leur amour, de s’en remettre à lui.


Cet acte de foi totale l’avait apaisé. Il savait, désormais, qu’ils pouvaient ici exister l’un et l’autre au même endroit, dans l’attente des retrouvailles : Rose avait montré la mesure de sa confiance en cet amour, la même confiance qui, en lui, apaisait doucement la plaie douloureuse. N’en eût-elle éprouvé qu’un dixième, c’eût été encore cent fois assez, et il ne douta plus. Six semaines suffisent, parfois.


Longtemps, Jean avait cherché sa Rose. Tout ce temps qu’il l’avait cherchée, il n’avait pensé qu’à ça : lui dire combien elle avait eu raison d’avoir confiance, ou la convaincre de ne pas s’en vouloir d’avoir – peut-être – laissé fléchir l’espoir.


Sur son chemin tracé, Germaine était venue. Comme une cerise sur un steak tartare.

Elle le voulait ; gentiment, mais avec cette force sereine de celles qui élisent – une seule fois - un homme que leurs propres raisons rendent irremplaçable. Germaine avait choisi Jean. Elle avait attendu, patiente et bonne. Si bonne, si constante qu’il en avait eu presque honte, parfois, incertain devant tant d’indulgence.


Un jour, une rencontre de hasard lui avait appris le mariage de Rose avec un officier, et la naissance d’un fils qu’elle avait appelé Michel. Ce lui fut un crève-cœur : Michel était son nom de résistant, le seul que Rose lui ait connu…

Il épousa Germaine, qui lui donna deux filles et sut l’entourer de ce qu’un homme raisonnable peut espérer, peignant leurs vies de sa tendresse posée.


Jean avait su aimer l’absente sans qu’il en coûte à Germaine. La force de cet amour l’avait gardé loyal, et doux, et patient.

Il en avait conduit un destin d’honnête homme, animé de justes combats. De bien petits combats, évidemment, à sa mesure de héros anonyme, mais il avait mené chacun d’eux avec opiniâtreté. Quand il chancelait, il faisait ainsi qu’il lui semblait devoir faire afin que Rose soit fière de lui, et les choses se réglaient.


Et puis Germaine était partie, d’une mauvaise grippe, emportant avec elle les certitudes ouatées dont elle emplissait l’espace autour d’eux.

Jean mena dignement un deuil respectable, confiant à son épouse disparue bien plus qu’il n’avait su dire en quarante-cinq ans de bienveillante camaraderie. Il lui dit aussi qu’il l’avait aimée sincèrement, à sa manière infirme ; aussi peu mal que possible.

Où qu’elle fût, Germaine avait su rester bonne car il s’était senti absous, joyeusement.


Il avait repris sa quête, dans l’espoir qu’un Dieu de Justice autorise une dernière étreinte aux amants entêtés.

Peut-être ce Dieu-ci n’était-il pas tout à fait sourd aux suppliques sincères car il apprit lors d’une autre rencontre fortuite que Rose, veuve de l’officier, vivait modestement quelque part dans le Sud-Ouest. Son informateur de hasard n’avait pas su, ou pas voulu préciser : ces choses peuvent se comprendre. Jean s’apprêtait, par conséquent, à hanter les routes dans l’espoir vain d’apercevoir enfin sa Rose qui se trouverait là, au bout du compte, telle une sorte de prime à la ténacité, lorsque l’inattendu sonna à sa porte.


Pour l’occasion, l’inattendu s’était incarné en quelques jeunes gens agités et vaguement condescendants, qui le félicitaient « d’être du plateau » tout en lui tournant le dos car ils filmaient les murs avec application. Malgré un débit verbal déconcertant et l’emploi systématique d’un sabir branché mais hermétique dont l’intérêt lui demeurait obscur, Jean comprit assez vite que les fées, même si elles y avaient mis le temps, avaient fini par se pencher sur son très improbable berceau.

Il se souvint de cette fiche de candidature, remplie comme il avait fait tant d’autres choses au long de sa marche en avant, et destinée à l’un de ces programmes télévisés qui font leur miel d’arranger, comme par magie, les problèmes de quelques humbles afin de faire rêver les autres. Des gens sérieux et occupés avaient dû juger son cas suffisamment émouvant pour être exploitable.

Il pouvait comprendre et ne s’agaça pas. Pour retrouver Rose, il aurait fréquenté le diable.


Et ils avaient retrouvé Rose.


Alors Jean reste là, immobile sur ce qu’ils appellent « le plateau », cerné par des caméras, des gens, des caméras.

Des caméras qui glissent en silence, qui l’observent, qui le scrutent.

Des gens.

Qui le regardent avec la même acuité que les caméras et semblent, comme elles, ne pas le voir.

Et cet homme élégant, volubile, qui le traite soudain en ami, en voisin, gentil et chaleureux alors même qu’il n’avait, jusqu’ici, pas seulement daigné lui accorder l’esquisse d’un regard…


Jean pense à Rose, ne pense qu’à Rose, qui va peut-être apparaître sur l’écran démesuré qui lui fait face.

Il connaît la règle du jeu, estimant devoir à ses bienfaiteurs de la respecter au mieux. D’abord, il faut vérifier que Rose aura accepté de venir, alors même qu’elle ignore toujours que c’est lui, Jean, qui doit ce soir lui délivrer un message dont elle ne connaît pas la teneur.

Et Jean doute, le temps d’un espace vide entre deux pensées.

Il se concentre sur ce qu’ils lui ont demandé, et qu’il a répété, comme ils disent : ne pas bouger et se taire, malgré l’émotion probable. Et - le cas échéant - ne pas marquer sa déconvenue par des manifestations déplacées.

Comme s’il avait pu se livrer à de ces impudeurs.


Un court instant, Jean n’y croit plus : Rose n’aura pas voulu aller en pâture au Moloch médiatique sans en savoir un peu sur ce qu’on lui réserve ; il ne lui en veut pas, il comprend.


Et puis Rose apparaît, tout au fond de l’écran, pendant que le bateleur peine à ne pas défaillir sous l’émoi qui le submerge, dont il témoigne et qui exalte encore son encombrante faconde. Mais Jean s’en fout, du Sémillant Ridicon et de ses états d’âme présumés : Rose est là.


Jean s’est préparé, parce qu’il connaît ses propres naufrages ; il sait qu’elle est âgée, et la vie béotienne. Mais celle qui s’avance ne se ressemble pas, et il a soudain presque honte de pouvoir se montrer un peu plus souriant ou un peu plus ému qu’il ne se sait vraiment. Il peine à admettre que cette silhouette lourde de plus que des années nombreuses lui rappelle bien peu l’image polie, magnifiée par plus d’un demi-siècle d’indulgence obligée, qu’il n’avait pas oublié de passer aux pastels de l’âge mais qui avait gardé un peu de ce qu’il cherche en vain sur l’arrivante.


Il frémit, d’indignation contre lui-même ; c’est Rose qu’il inspecte ainsi, en maquignon qui jauge avec dépit la chose convoitée depuis trop longtemps, que la proximité lui rend moins désirable… Lui reste-t-il donc tant à offrir de celui qu’il était, qu’il en tire de quoi s’ériger en critique déçu ? Mais Rose avance, gauche, tassée, et le bateleur le tire de son trouble :


- Eh bien, Jean, dites-nous, dites-nous vite pendant qu’il nous reste quelques secondes d’intimité, entre hommes, avant qu’Elle nous rejoigne, avant ce moment que vous attendez – je le sais ! – le cœur battant, après, je le rappelle, plus de cin-quante-ans ( ! ) sans la voir, sans une simple photographie, dites-nous, Jean…


Le Brummell Prolixe marque une pause, comme s’il attendait quelque chose d’exceptionnel, et Jean est gêné de contrarier, par son silence et contre son gré, l’attente certainement légitime de son étrange gardien. Il va se résigner à bredouiller l’une ou l’autre platitude malvenue, mais le Disert Rutilant se répand à nouveau :


- Oui, dites-nous… A-t-elle changé ? Est-elle toujours la même, celle qui a su vous séduire une première fois ? Regardez-la bien…


Jean parvient à balbutier, malgré la sottise atterrante de la question.


- Elle… elle a changé.


Le public est secoué de réprobation houleuse, et l’Endimanché Dithyrambique en tire prétexte à une leçon de raisonnable, avec ces accents de reproche indulgent réservés d’ordinaire aux enfants obstinés.


- Voyons, Jean, il faut relativiser… Nous comprenons tous votre surprise, mais cela fait si longtemps, n’est-ce pas ? La vraie beauté est intérieure, et ça, vous savez que ça ne change jamais !


Le Poudré Lyrique se complaît un instant à savourer sa suffisante gravité, et Jean prend à son compte la honte de l’insulte faite à Rose, parce qu’il sait que ce pédant imbécile n’en éprouvera pas.


- Mais elle arrive, elle est presque sur le plateau et je dois vous laisser pour aller l’accueillir. Vous savez que vous devrez garder le silence, et que vous ne pourrez parler, confier à Rose ce que vous êtes, ce soir, venu lui dire, que et uniquement si Elle décide d’ouvrir notre porte symbolique, cette porte qui est désormais le seul pas qu’il vous reste à franchir pour – peut-être ! – revenir sur ce rendez-vous manqué il y a soixante ans ! Jean, vous savez ce que je vous dis ; nous croisons les doigts pour vous.


Jean sait.

Et il connaît les lois qui régissent l’ouverture de cette porte baroque et sans grâce qui donne son titre au programme, Une Porte vers l’Autre. Il sait devoir attendre, avant de retrouver Rose, que cette porte s’ouvre sous les applaudissements, cependant que des anges au sexe indiscutable lanceront sur elle des pétales de papier aux couleurs acides. Mise en scène grotesque et passage obligé.

Rose est là, et rien d’autre ne compte.


Le Placeur de Fredaines, sur l’écran, enrobe Rose de mains, de mots, et Rose affiche sur ce visage chafouin, resserré, que Jean trouve incongru sans oser se le dire, des sentiments mêlés faits de curiosité, de la crainte rodée des petites gens, de leur méfiance attentive et silencieuse, douloureusement cultivée. Le Bonimenteur Suffisant l’inonde de questions dont elle se débarrasse en secouant la tête, ainsi qu’on fait en été pour s’épargner les mouches.


Non, elle ne sait pas ce qu’on lui veut. Du bien, qu’elle espère ; peut-être de l’argent, parce qu’ils en donnent, des fois, à la Télé. Elle pense bien, que la vie a été dure, et même qu’elle l’est toujours, alors un peu d’argent… Parce que depuis qu’il est décédé, son Roger… Son fils ? Ben oui, c’est Michel, qu’il s’appelle. Ben non, rien de spécial, c’était à la mode, ça faisait bien, comme nom. Un regret ? Ben, Roger. Plus ancien ? Alors là… Non, elle ne voit pas. Un chien, peut-être ? Kiki, son fox-terrier de quand elle était petite ? Non ? Bien sûr qu’elle veut savoir qui est là et ce qu’il a à dire, sinon elle serait restée chez elle !


Le public applaudit. Au silence qui se fait, Jean sait que l’écran s’est animé, au-delà de la porte, et que Rose le voit, désormais.

Et il prie que lui soit épargné d’apparaître ainsi qu’en ce gros plan cruel, si dur à supporter du visage de Rose qui envahit l’écran, inexpressif. Seuls les mouvements de ses yeux la dénoncent perplexe, qui cherchent avec obstination, sous leurs loupes épaisses, à révéler l’indice qui la renseignerait. Rose ne le reconnaît pas.


Un silence étroit, pesant, semble freiner le temps. Il aurait tant voulu qu’elle ne fût pas soumise aux fantaisies d’un destin qui aurait, un instant, suspendu ses facéties…


Et, d’un coup, toutes choses deviennent sans conséquences. Il entend, comme s’il était chez lui, assis devant son téléviseur, le Mondain Populaire dérouler son tissu de bêtises. Rien ne reste important : ni cette vieille femme qui confesse une jeunesse agitée, en bougonnant pour cacher un sourire inattendu, ni le sens des mots :


- J’étais bien un peu coquine, vous savez ce que c’est, alors des galants, vous pensez si j’en ai eu quelques-uns ! S’il fallait se rappeler tout le monde… mais ce gars-ci, je me rappelle pas ! Il y en avait bien un qui pourrait ressembler, mais celui-là s’appelait Jean, pas Michel. Il était d’à côté, d’Aigrémont. Et il était pas bien dégourdi. J’ai bien dû le laisser faire un peu, cause de ce que je m’ennuyais, mais il s’est sauvé quand a revenu de Paris mon béguin de l’époque, qui était un peu mauvais garçon. Celui-là, il m’en a fait voir, mais lui, là, c’était rien du tout, juste le seul qui restait. Et puis quand j’ai eu mon mari, c’était terminé, fini. Et je veux pas ouvrir votre bazar, là. Je le connais pas, celui-là, j’aimais mon mari et j’ai mes enfants et je suis mieux chez moi ça me suffit je veux pas lui parler et c’est tout.


Étrangement, Jean se sent bien. Très bien, même. Demain, il portera un pot de pétunias en fleurs sur la tombe de Germaine, et il lui racontera tout ça, par le menu.

Après, il repartira chercher sa Rose, que quelqu’un aurait aperçue quelque part dans le Sud-ouest.

Allez savoir pourquoi, Germaine a toujours adoré les pétunias.



 
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   xuanvincent   
28/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Cette histoire m'a touchée. J'ai surtout apprécié la deuxième partie du récit, le face à face sur le plateau télévisé entre le vieil homme encore épris de son amour de jeunesse et cette femme âgée qui se demande ce qu'elle fait là.

Une illustration d'un amour qui perdure dans le temps, hors de la vue de la personne aimée. Egalement de ces émissions télévisées qui font partager au télespectateur une tranche de vie de parfaits inconnus.

PS : Je n'ai pas tout de suite vu que le vieil homme arrivait sur un plateau de télévision.

   Anonyme   
29/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai aimé cette nouvelle toute en finesse et humour
Apprécié les divers surnoms du présentateur télé comme "une cerise sur un steak tartare"
Tout ceci écrit avec légèreté cache un propos plus important qu'il n'y parait La différence de perception des deux personnages Et je trouve sublime que Jean recommence à chercher SA Rose à la fin...

   aldenor   
31/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve que c’est bien écrit. Pas toujours percutant, mais coulant, soigné et en somme, un style assez personnel. Sur le fond, ça oscille entre réalisme et romantisme et la fin me laisse un peu perplexe.
PS: à la relecture, je suis encore plus sensible à la finesse de l’écriture. La fin me laisse cependant toujours perplexe : ce n’était donc pas vraiment Rose dans le programme télévisé ?

   Flupke   
2/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Nobello.
J’aime beaucoup le style, mature, fluide, certaines bonnes trouvailles, la cerise sur le steak tartare, le poudré lyrique, les huées (évidemment qu’elle a changé !), la franche rigolade sur les mass-merdia pendant la deuxième partie. Par contre la fin n’est pas très claire pour moi. J’aurais préféré quelque chose de davantage tranché de moins cryptique. Ai-je raté quelque chose ? Merci d’éclairer ma lanterne (tiens donc, quelle drôle d’expression quand on y pense).
Amicalement, Flupke

   Nobello   
5/1/2009
Un lien pour les questions en suspens, et mes excuses de néophyte...

http://www.oniris.be/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=5237&forum=6&post_id=58257#forumpost58257

   guanaco   
4/1/2009
Une bien belle histoire.
La quête d'un idéal chamboulée ou réduite à néant soit par la guerre, soit par une télé réalité abrutissante et voyeuriste. L'une ne vaut pas mieux que l'autre (2 créations de l'Homme soit dit en passant!).
Une jolie chute malgré tout pleine d'optimisme pour l'Humanité: les rêves continuent d'exister!
Mais plus que tout dans cette histoire, c'est l'écriture et le style qui m'ont transporté. Un vocabulaire varié, recherché mais pas trop.
Merci pour ce texte.
Guanaco

   melonels   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est bien la première fois sur ce site qu'on me tire une larme...L'amour au delà du temps quoi de plus beau.
La fin moi je me la refais en pensant qu'elle sait très bien qui est derrière ce rideau, qu'elle préfère se noircir plutôt que de lui laisser quelque espoir.
C'est beau, c'est juste beau cette histoire. Je n'ai qu'un regret, c'est que ce ne soit qu'une nouvelle, un tel sujet aurait pu faire un superbe roman, d'autant que les qualités de l'auteur sont indégnables.
Merci et Bravo!

   widjet   
26/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une facilité dans l’écriture, un style singulier, un langage précieux. Vrai pour tout ça. Pourtant, j’ai peiné à la lecture. Trop chargé pour moi, ça n’a pas coulé aussi facilement.
J’aurai préféré une forme plus simple, moins empesée pour cette histoire d’amour à travers le temps. Ca m’a rendu la lecture confuse (notamment le passage Quand la guerre, repue, avait fini par lâcher prise jusqu’à le fruit des promesses déchues . Autre exemple, cette phrase interminable au point qu’elle devient incompréhensible Il peine à admettre que cette silhouette lourde de plus que des années nombreuses lui rappelle bien peu l’image polie, magnifiée par plus d’un demi-siècle d’indulgence obligée, qu’il n’avait pas oublié de passer aux pastels de l’âge mais qui avait gardé un peu de ce qu’il cherche en vain sur l’arrivante

Il y a de l’humour, c’est vrai, mais je le trouve déplacé compte tenu de la nature du récit. Ce parti pris, osé et audacieux, ne m’a pas convaincu ( Comme une cerise sur un steak tartare ou le peu flatteur telle une sorte de prime à la ténacité ). J’ai noté quelques autres maladresses sans fâcheuses conséquences.

Mais je reconnais une patte chez Nobello et je vais lire ces deux autres récits car, une chose est sûre : l’auteur a dit des choses à dire. Et ça, j’aime.

Widjet

   Anonyme   
26/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne suis pas tellement d'accord avec le début de l'histoire qui contrebalance ou "brouille" le milieu et la fin.
Jean aurait pu la retrouver. Ce ne devait pas être si difficile. Il en savait assez pour remonter la piste.
L'obsession est peut-être ailleurs. Dans ce qu'elle a été contrainte de faire alors que probablement, il n'était pas responsable de cet "incident".
Je crois que c'est ça, enfin, moi je veux croire que l'obsession est née de là, de cette culpabilité.
De toute façon c'est très bien comme ça : elle ne méritait pas cet amour là, elle ne l'aurait pas compris et il aurait été malheureux.
C'est tout ça qui "brouille" mon appréciation concernant la fin : soulagement réel de Jean certes mais, toujours, enfin peut-être, pas pour ce que l'on croit.
Dans cette histoire une seule personne est vraiment à plaindre : Germaine. Elle s'est contentée de miettes, alors qu'elle aurait pu tout avoir si Jean avait cherché. Vraiment cherché.
Mitigée je suis. Elle est forte cette nouvelle et aussi bien écrite, bien que quelques tournures de phrases m'aient été moins faciles, moins, limpides. J'ai aimé la recherche de l'auteur, le soin, visible, qu'il a mis à écrire cette nouvelle.
Je la trouve belle mais moins réussie que "Il faut marcher droit".
Mais ça ne change pas d'un iota ce que je ressens à la lecture des textes de l'auteur que je viens de découvrir et que je n'oublierai plus.

   Menvussa   
22/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est vrai qu'il peuvent en faire du mal avec ces émissions qui sous couvert d'humanité ne visent que l'audimat.

Fort bien écrit, ça devient une constante.


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