Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Horreur/Épouvante
NolweenEawy : Un Noël acidulé
 Publié le 22/02/10  -  16 commentaires  -  10610 caractères  -  306 lectures    Autres textes du même auteur

Un Père Noël gourmand et une famille acidulée.


Un Noël acidulé


« On comprend soudain pourquoi le Père Noël préfère en général chuchoter quand il nous parle, et sucer des bonbons à la réglisse sans qu'il s'agisse de gourmandise. »

[Cécile Philippe]



L’as-tu vu ? Des flocons de neige par milliers. Des popcorns géants pour les petites filles gourmandes. De la barbe à papa immaculée sous ma fenêtre.

L’entends-tu ? Une douce nuit. Une sainte nuit. Une nuit en nougatine. Le monde attend sa venue. Papa Noël arrive, j’entends les sabots de ses rênes.

Le sens-tu ? Des délices et des merveilles. Une brise de bûche glacée. Un nuage de dinde farcie.


Je trémousse, m’enroule comme un chamallow. Les heures s’immobilisent. Je trépigne, je rouspète. Des fourmis montent le long de mes jambes. Je ne peux pas attendre. Vite, vite.


- Oh saleté de papa Noël ! grommelé-je cachée sous mes draps de soie.


Et s’il n’avait pas reçu ma lettre en pain d’azyme. Ses lutins l’ont sûrement mangée. J’aurais dû l’écrire en pain d’épice avec des larmes de papillons acides. Les lutins détestent les papillons. Ils sont en guerre depuis des millénaires parce que les chenilles leur ont volé leurs ailes.


- Zut ! Il ne viendra pas. C’est fichu !


Maman entre dans la pièce. Ma complainte a dû se perdre dans ses oreilles.


- Allons petite princesse malicieuse. On tournicote ses pensées ?


Je me jette dans ses bras et pleure à chaudes larmes. Entre deux sanglots, je lui susurre ma crainte d’être oubliée par le Père Noël. Et s’il ne m’a pas trouvée assez sage. Peut-être m’a-t-il vue voler les hosties de l’abbé Jean ? Par ma faute la messe a été annulée. Les anges m’ont punie en m’obligeant à tout vomir dans le pot de fleur de maman. Elle m’a beaucoup grondée quand j’ai menti en accusant le chat. Il ne viendra pas, j’en suis certaine. Il sait que j’ai mal agi. Je n’aurai pas de cadeaux. Je n’aurai pas ma poupée aux cheveux d’anis. Mes oursons couleur miel et chocolat.


Maman éclate de rire et me rassure avec ses mots de velours.


- Le Père Noël est un gourmand. Il suffira de l’allécher avec quelques recettes spéciales. Les bonnes odeurs dans une maison font toujours venir un bon papa Noël. Nous ferons en sorte qu’il ne t’oublie pas.


Elle glisse un sucre d’orge sous l’oreiller pour remplir mes rêves de douceur. Un dernier baiser dans mes boucles d’orange et demain sera un jour praliné.


- Comme elle est adorable. Je croquerai ses amandes joufflues.


Tante Etty me pince les joues si fort qu’elle pourrait m’en faire couler de la gélatine. Elle me croque, me lèche dans tous les recoins. Je me débats avec grâce pour m’extirper de ses bras fripés. Cette journée me semble déjà sans fin. Un repas familial aussi long qu’un rouleau de réglisse s’annonce. Des tatas par milliers, des cousins et cousines à n’en plus compter. J’ai le tourbillon dans le bidon qui s’annonce. Je voudrais qu’ils aillent rôtir dans le brasier des démons carotte et épinard. Je les trancherais en fines lamelles, les assaisonnerais et les ferais revenir à la sauce aigre-douce.


Cousin Edgar m’arrache une pelure d’orange en guise de bonjour. Je hurle aux quatre vents. Il a toujours envié mes boucles d’oranger. Il s’enfuit au fond de la pièce pour éviter mon courroux.


- Petit diable ! Je te roulerai en saucisson et t’enverrai aux chiens.


Maman me balance deux gifles en bois dur. Une pour chaque joue. Une petite fille bien élevée ne parle pas ainsi. Mes joues d’amande virent à la tomate trop mûre. Elle me sermonne et me rappelle les règles de bienséance. Je m’invente une moue honteuse de maïs blette. Je lui chantonne quelques mélopées d’enfant bouleversé par sa faute. Je n’en pense pas un mot. Le mensonge est un miel sur mes lèvres. Doux, sucré et acide à la fois. Elle m’oblige à embrasser cousin Edgard sur la joue pour expier mon langage fruité et retourne à ses convives. Je lui attrape les melons discrètement et lui promet toute la misère du monde, s’il vient à s’en plaindre. Je les presse jusqu'à ce qu’un jus couleur vanille s’en écoule. Il s’enfuit en larmes et honteux. Je retiens avec peine un petit rire cannelle et canaille.


Quelques heures encore à écouter leurs chants et louanges de Noël. Qu’ils s’étranglent avec leurs noyaux de pruneaux et leur pastis. Qu’ils vomissent leurs méchancetés dans les latrines des Enfers.


Réunis à table, ils rient, s’embrassent et s’entremêlent. Un monde d’illusions et de mensonges au goût de pomme d’amour gangrénée par les vers. Leurs bavardages au coulis de fraises ne sont que sauce béchamel et fromage puant. Ils se méprisent sans se l’avouer. La rancœur les ronge. Ils s’étouffent dans une façade de bonbons acidulés. Il faut s’aimer, c’est Noël.


Maman garde un sourire dragée. Elle veut voir les entrailles de tante Etty à la place de la dinde de Noël fourrée au miel. Cette femme à la peau meringue réussit tout ce que maman rate dans sa vie. Elle est son démon de minuit, son miroir aux alouettes.

Papa sait que tonton Charlie fait miauler maman comme un chat qui lape son lait chaud. Ils font des choses sales quand papa a le dos tourné. Il doit avoir des yeux dans le dos, car il n’est pas dupe. Ils se dévisagent en espérant que l’autre soit le premier à passer sous les rails d’un train de chocolat amer.

Cousine Camille pleure. Elle n’aime pas sa robe en pâte d’amande. Ses caprices et espiègleries ont raison de la patience de sa mère. Tante Agathe se met à hurler en crachant à tout va des morceaux de gâteaux à la cerise.


Mamie Maguy s’étouffe avec une miche de pain. Papi Corneille rit : si elle peut crever une bonne fois pour toute. Personne ne se lève pour lui venir en aide. Les pièces sonnantes et trébuchantes de l’héritage ont raison de leurs âmes de sauveurs. Elle s’agite comme une chenille prise au piège. Éructe, vomit ses boyaux sur la table sous les rires des convives. Papi lève sa coupe de champagne vers le ciel.


- Tu vas crever, pauvre carne décharnée !


La magie de Noël a dû l’entendre. Elle ne s’agite plus et devient livide comme un gâteau à la vanille pas assez cuit. Les convives applaudissent à tout rompre. Noël vient de leur offrir le plus beau des présents. Des bisous à la menthe se font entendre. Tout le monde s’embrasse et se câline. Certains regards se tournent vers papi Corneille. À quand ta mort ? Ce soir avec un peu d’espoir salé.


La dinde est tranchée et dévoile sa farce appétissante. Des doigts gourmands plongent dans ses entrailles. Elle glougloute et pleurniche. Cousine May lui arrache une cuisse, cousin Jean un bout de gras. Son cri déchire la nuit, pauvre dinde. Ce sera son unique souvenir de Noël. Je reste sur ma chaise, l’estomac fermé à clé. J’attends la visite de papa Noël. Je scrute le sapin orné de bâtons en sucre et vanille. De guirlandes en papillote et d’une étoile en chocolat.

Le pied de celui-ci reste vide. Pas l’ombre du plus petit cadeau. Pas le moindre présent dans les chaussettes des enfants.


Je plante ma fourchette de rage dans l’œil de cousine Sophie. Du jus de framboise s’écoule de son œil meurtri. Elle hurle de douleur. Tatie Odile lui tranche la gorge d’un geste pour la faire taire. Elle s’effondre sur le carrelage immaculé. Après quelques gargouillis elle s’immobilise définitivement. Un tonnerre d’applaudissements à table et quelques hourras.


- Qui veut des macarons glacés ? dit maman, fière de régaler les ventres affamés.


Toutes les mains se lèvent. Ils se jettent sur les macarons trop chauds et se brûlent les papilles. Quelques-uns gesticulent, toussent et se mettent à cracher du sang. Cette farceuse de maman y a dissimulé quelques épingles à nourrice et des lames de rasoir. Tonton Charlie semble avoir trouvé la fève. Un petit Jésus en porcelaine s’est mis en travers de sa gorge. Papa éclate de rire. Maman continue de sourire béatement.


- Bien fait ! Que les anges t’emportent vers la porte des Enfers.


Oncle Charlie se tient la gorge et tente de trouver de l’air. Tante Agathe lui tapote le dos sans succès. Il devient bleu, comme ces affreuses pastilles pour la gorge au goût amer. Il s’écroule sur la table dans l’indifférence collective. Tantine repousse son cadavre afin de récupérer sa chaise.


- Qui veut une bûche au caramel ? Dépêchez-vous de tout manger. Le Père Noël ne devrait plus tarder. Il aime les enfants aux ventres rebondis et aux joues pleines, dit maman de sa voix fluette.


Les convives se jettent sur cette nouvelle gourmandise et se goinfrent à s’en retourner le cœur. À peine ai-je tendu mon bras pour en prendre une part, que papa me tape violemment le dos de la main. Je retiens un cri de colère. J’en veux juste une toute petite bouchée. Je gonfle mes joues en signe de protestation. Papa éclate de rire et attend que ma colère s’évapore en flocon de sureau.


Un bruit violent fait sursauter les invités. Maman me serre contre elle et ricane doucement.


- Il arrive ! Il est là. Il ne m’a pas oubliée, hurlé-je.


Je pose mille bisous en feuilles d’or sur les joues de maman. Je pleure de joie et me précipite dans le salon. La cheminée tremblote, quelques poussières de suie s’envolent dans les airs. Une voix grave retentit dans les murs.


- Oh ! Oh ! Quelle odeur alléchante. Mes papilles en frémissent d’avance.


Maman et papa se lèvent pour sceller portes et fenêtres. Les invités sont figés à leurs chaises. Quelques reliefs de leur festin au coin de leurs lèvres.


Il se tient devant moi et doit baisser la tête pour me voir. Il est grand comme un chêne et fait trembler les meubles de gélatine à chacun de ses pas. Je pose ma main dans sa paume. Il me regarde, attendri.


- As-tu été une petite fille bien sage ?

- Oh oui papa Noël !!! Je t’ai préparé un repas de Noël comme tu les aimes.

- Je sens l’odeur des petits enfants en chocolat et farcis aux pralinés depuis la grande rue. Avais-tu peur que je t’oublie ?

- J’avais peur que ma lettre soit mangée par vos lutins.


Il éclate d’un rire tonitruant et caresse mes boucles d’oranger. J’entends les cris des invités qui comprennent la supercherie trop tardivement. Papa Noël glisse oncle Charlie et mamie Maguy dans sa hotte. Il renifle les ventres sucrés et farcis des membres de la famille. Un grand festin s’annonce pour lui. Il tapote le petit bidon de cousine May. Elle sera mangée la première. Un amuse-gueule au goût cannelle.


Je déballe goulûment mes cadeaux sous le regard de papa et maman. La poupée aux cheveux d’anis et les oursons couleur miel et chocolat ont trouvé leur petite fille sage. Maman a raison. Le Père Noël n’oublie jamais les petites filles qui lui offrent un bon festin de Noël.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Perle-Hingaud   
6/2/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Excellent, j’en reprendrais bien une tranche ! Le champ lexical nous tend les bras : une histoire légère, soufflée, gonflée, écœurante. L’auteur sirote un apéritif de guimauve, avant de piquer le coup de fourchette assassin. Un régal ! J’imagine ce texte chanté par Olivia Ruiz : le rythme des phrases, toutes un peu courtes, s’y prêterait. Seul le résumé pêche un peu : il n’ouvre pas l’appétit, à tort.

   florilange   
7/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Qu'est-ce qu'1 "chamallow"? Bigre. Ça veut être 1 guimauve.
À part ça, cette nouvelle est amusante, pleine de trouvailles délicieuses de gourmande qui cachent les petites imperfections de style. Idée originale.
Florilange.

   Bellaeva   
13/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très jolies écritures poètiques et adaptées à l'histoire. Cela commence comme un conte de Noël pour un enfant de 3 ans et comme une contine de maternelle "l'as tu vu etc..".
Le langage imagé et gouteux est très bien fait, la plupart des sens sont sollicités : la vue et le goût surtout...
La force de ce langage est qu'il est bien adapté à celui d'un enfant.
L'angoisse commence à monter lors de la paire de claque donnée par la maman. Cela vient rompre une ambiance de fête familiale lors de Noël où tout le monde est beau et gentil. Ou normalement on oublie les vieilles querelles et rancunes. Mais pas dans cette histoire où la contine tendre et sucrée bascule dans la violence et la haine..Une part de réalisme apparaît pour basculer dans l'épouvante.
La progression est très bien faite...Juste une petite remarque : la petite fille dit "oh saleté de papa Noël" au tout début, je trouve que cela dissonne trop tôt.. laisser l'ambiance contine sucrée et rose bonbon plus longtemps m'aurait paru plus fort...

   colibam   
22/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Eh bien, quel tableau de famille ! La nuit de Walpurgis conviée à domicile, entre le fiel et l'orgie, sous le regard de l'enfant invisible, victime de l'autisme d'adultes au regard perverti par le stupre.

Des mots fruités, sucrés-salés pour décrire l'infamie de cette famille Addams. Votre écriture est plutôt habile et assez efficace.
On aurait facilement pu déborder dans le gore mais vous avez su éviter ce piège en vous efforçant de conserver un semblant de malice et de poésie tout au long de votre fil.

La fin aurait toutefois mérité de franchir un échelon supplémentaire dans cet univers délicieusement abject.

   Menvussa   
16/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je me disais qu’il était dommage que le titre dévoile la teneur de la comptine, mais il n’en est rien et ce petit récit est un régal.

Le Père Noël est une ordure, certes, mais il a bon goût.

Délicieuse caricature d’une certaine forme d’hypocrisie… j’ai adoré et en reprendrais bien un peu, juste par gourmandise.

Quant au style, il est savoureux.

   Anonyme   
16/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Quelle charmante enfant ! C'est vrai que des comme ça, on en mangerait !

Un texte surprenant. Deux voix, deux visages, et un seul personnage. Et quel personnage !

L'histoire et le style cueillent, surprennent, ébouriffent. Lorsque la petite dit au début : "saleté de père Noël" voilà que moi je réponds, ho la ! où on va comme ça, jamais une petite fille ne dirait ça du père Noël elle aurait bien trop peur qu'il ne l'entende !

Et les surprises continuent, je dirai qu'il y a aussi deux décors dans une seule pièce. La joie, le bonheur, la sainte famille réunie et dessous, tout ce qui boue et qui cloaque. Brrr...

Ben j'aime ! J'aime beaucoup cette haine méchante, cruelle, laide irradiant d'une petite fille aux joues de gélatine.

C'est très curieux, ça fait longtemps que je n'ai pas ressenti ça, en général c'est le grand SK qui provoque chez moi ce frisson
mais arrivée au troisième paragraphe je me suis dit, gaffe, tout ça va mal finir !

Ca part très très fort. C'est vraiment bon et bizarrement à l'arrivée du père Noël pour moi, ça dégringole. C'est pas vraiment la fin que j'attendais, en salivant.

Elle me déçoit parce qu'elle rejoint trop, comme ça, à première vue - mais il peut y avoir une seconde lecture - (le bonus en quelque sorte) les contes avec des ogres.
Comme si l'auteur avait voulu se faire pardonner d'avoir été très très méchant.
Dommage.

Mais en tout cas, c'est vraiment un texte très chouette qui sait avec talent mélanger l'enfantin, le merveilleux et l'horreur. Une horreur qui se distille au fil des minutes.
Ce qui est vraiment dommage... c'est que ça n'aille pas jusqu'au bout. Mais bon... ce texte est désormais mon préféré, en tout cas dans cette catégorie et jusqu'à présent.
Bravo et bonne continuation

   Pat   
18/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
On dirait un exercice de style, ce que j'aime particulièrement. Mais je le trouve un peu trop forcé, surtout au début. Les épisodes manquent de lien entre eux parfois (comme si l'auteur avait cherché à caser ses métaphores alimentaires au mépris de la narration : un peu l'équivalent de la recherche de rimes pour la poésie au détriment de la justesse du mot). Le décalage entre le registre lexical et le fond est intéressant, mais du coup, la catégorie est problématique... Humour ? Il y a des choses intéressantes, mais ça arrive un peu comme des cheveux sur la soupe (pour rester dans le même registre). Ce n'est pas mal écrit. Mais il y aurait du travail à faire dans la cohérence narrative et structurelle et de l'élagage sur les métaphores pour gagner en subtilité. Sinon, j'apprécie cette façon de traiter quelque chose d'affreux sur un ton qui soit en décalage (humour). Du coup, ça donne un aspect grinçant à cette satire familiale qui est un de mes thèmes favoris. C'est juste que je trouve un manque de liant, et un forçage dans les comparaisons qui me paraissent du coup artificielles.

   Anonyme   
22/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
D'abord j'ai trouvé ça "ecoeurant"; un sentiment de "trop", rejoignant par cet aspect le commentaire de Pat, avec la sensation que l'auteur recherche avant tout le style au détriment du récit;
Puis ensuite, j'ai relu, le temps de digérer un peu, et je suis mieux rentré dans le fond du texte, et dans cette haine contenue des membres d'une famille et qui soudain s'exprime, le jour de Noël; alors le décalage entre l'horreur et la féérie de la fête se "marient" bien. L'horreur monte peu à peu. Et un univers s'installe.

"Je plante ma fourchette de rage dans l’œil de cousine Sophie. Du jus de framboise s’écoule de son œil meurtri. Elle hurle de douleur. Tatie Odile lui tranche la gorge d’un geste pour la faire taire. Elle s’effondre sur le carrelage immaculé. Après quelques gargouillis elle s’immobilise définitivement. Un tonnerre d’applaudissements à table et quelques hourras"


J'ai aimé aussi le moment où la Mamie s'étouffe sous le regard satisfait du papy, et sans que personne ne bronche.

Un bémol cependant, dans certaines scènes d'adultes vu avec tellement de lucidité par les yeux d'une enfant, ou avec un vocabulaire inapproprié (latrine, par exemple) que cela perd un peu en crédibilité.

Au final, malgé mes réticences du début, j'ai fini par apprécier cette nouvelle, et son univers.
Merci

   oxoyoz   
22/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
D'un début merveilleux à une fin vraiment épouvantable, le champs lexical filé est maîtrisé.

Je trouve ça bien mené. Ça commence très gentillement, à telle point que j'ai cru que ça serait trop mièvre, puis ça monte en puissance : mensonge, petite bêtise, hypocrisie, adultère, mort, meurtre, meurtres. Et même le père noël se révèle diabolique. Je ne me délecte pas de ce genre de texte habituellement, mais là c'est vraiment bien fait. Et le vocabulaire gastronomique, aussi bien utilisé pour les couleurs que pour les textures est performant.

Le sordide de la petite fille n'est pas cohérent avec son age (celui de vouloir une poupée blonde pour noël) et l'attitude de la mère qui câline, gifle, trompe avec plaisir son marie, assassine son amant, souris apparemment sans sadisme puis génocide sa famille ne me semble pas vraiment cohérent non plus. Mais ça reste un texte de qualité.

   Anonyme   
22/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime beaucoup cette nouvelle acidulée. La métaphore est bien vue, peut être un peu trop insistante par moment. Mais c'est un excellent moment de lecture, le style est je trouve raffiné avec de jolies trouvailles. J'aime bien le regard cruel de cette petite fille

Juste un petit bémol : Le résumé me semble un peu trop explicite et la citation également.

Merci

Xrys

   Anonyme   
22/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce conte cruel est trop mignon. L'histoire tient la route. La narratrice s'est mise à la hauteur de sa p'tite héroïne en utilisant un ton enfantin, à la fois innocent et diabolique, c'est ce contraste qui fait peur. Un humour noir coloré. Son monde de bonbons est loin d'être une merveille.
La cruauté, l'indifférence, l'ironie, les caprices font un bon mélange d'horreur, genre Famille Adams mais en plus trash.
Il y a tout les ingrédiens qui aurai pu en faire un joli conte de fée: Papa Noël, lutins, la grande famille et friandises. Mais le Père Noël s'avère être un ogre, et l'amour de sa maman est tel qu'elle ferait n'importe quoi voire tuer pour le bonheur de sa princesse.
Mais les victimes sont tout autant cruelles que la p'tite fille.

Seul petit hic, tu a oublier de donner un prénom à ton héroïne aux boucles d'oranger. Pourquoi pas Ludivine.
Je me suis régalée à lire ta nouvelle. Je l'a trouve trop mimi cette petite, je l'aime mais de loin.

   widjet   
22/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
L'auteur persiste et signe dans un genre qui ne lui va pas si mal (3 textes et toujours des choses marrantes dedans).

Joyeux, impertinent, cruel et sanguinolent (du gore assez « soft » quand même), voilà une recette innovante (pas beaucoup lu de textes pareils jusqu’à maintenant), mais qui manque d’un ingrédient de taille : la cohésion. Et franchement, ça fait chier.
Ici, j’ai l’impression de parties morcelées où l’envie de placer le plus de mots alimentaires (et sucrés) est trop voyante au détriment du liant sensé cimenté cet ensemble un peu foutraque même si par moment il est vrai assez réjouissan. Par moment, ça donne de jolies trouvailles appétissantes , mais gare à l'indigestion !

C’est dommage car, une fois encore, on trouve des choses sympathiques (hypocrisie familiale, infantilisation des fêtes), mais la construction pêche un peu trop et cette structure c’est un peu l’ensemble qui s’affaisse. Le final, déçoit, mais pas trop.

Désolé car il y avait vraiment de quoi faire un texte horriblement jouissif.

Mais, à défaut d’être réussi, ce remake détourné et sanglant d'une fête prétendument intouchable est loin d’être désagréable !

W

PS : une faute [merci W, j'ai corrigé. Pat]

   Selenim   
24/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte récréatif et gourmand.

L'écriture est imaginative mais s'enferme un peu trop dans un même registre gustatif. Au final, il y a un écœurement tant les images sont colorées et les goûts prononcés.

J'ai trouvé l'ensemble du texte plutôt décousu. Difficile de vraiment rentrer dedans, les premiers paragraphes sont assez hermétiques.

Pour le twist final, dommage qu'il soit trop suggéré en intro.

Reste une récit plaisant qui me fait découvrir une auteure qui a faim d'écriture.

Au plaisir.

Selenim

   marogne   
4/3/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Un exercice de style peut être, mais qi poussé à cet extrême m’a paru plus relevé de l’exercice difficile que d’un style à proprement parler. J’ai cherché un moment une signification à ce vocabulaire, à ces comparaisons, parlait-on d’un gâteau, était-on dans un monde en friandises (une autre dimension), mais j’ai laissé tombé, vexé de ne pas trouver, et j’ai donc continué à me laisser porter jusqu’à la fin, sans vraiment déguster.

Une fin, oui une fin qui ne surprend pas, dommage !

Mais le tout est porté par une écriture agréable.

   Anonyme   
5/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Un nuage de dinde farcie"? ça passe dans un poème ça comme métaphore? Moi j'aime bien en tout cas.

Oui, bien écrit, savoureux, coquin, sanglant.

Un texte qui me ferait (presque) aimer Noel.

   Opalescence   
27/8/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
L'histoire en elle-même est pas mal, mais y'en a trop. Trop de descriptions nougatinesques qui, au final, donnent des hauts le cœur.

Deux petites choses qui m'ont sautées aux yeux et qui ne sont que des petites corrections. La première fois qu'elle parle de ses cheveux, elle les décrit comme des "boucles d'orange" et quelques lignes plus loin ça devient des "boucle d'oranger". Il y a aussi les macarons glacés qui deviennent des "macarons trop chauds" la ligne suivante. C'est pas vraiment important mais ça m'a quand même sauté aux yeux.

Malgré ça, l'histoire m'a faite sourire. L'intrigue est bien menée même si on fini par deviner la fin un peu trop tôt.


Oniris Copyright © 2007-2019