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| Donaldo75
25/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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La catégorie « Réflexions / Dissertation » n’est pas du genre facile et ce texte, une très courte nouvelle, réussit à la rendre intéressante au lecteur. Si je résume la nouvelle, elle s’exprime via un narrateur qui s’intéresse à Cédric Jeandieu, un homme dont l'existence se résume à une suite d'échecs et d'abandon systématiques (concours, postes, livres), perçus par ses contemporains comme de la modestie ou de la malchance. En découvrant dans une bibliothèque un manuscrit anonyme intitulé « Traité des échecs volontaires », il fait le lien avec la vie de Jeandieu. Le texte développe la thèse selon laquelle l'échec consenti est un acte d'émancipation et de souveraineté sur son propre destin, contrairement à la réussite qui rend prisonnier. Entre anecdotes et réflexions, le narrateur en vient à douter de l'existence même de Jeandieu. Il conclut que le renoncement volontaire est peut-être la forme ultime et insaisissable de la liberté.
D’où le choix de la catégorie. L’histoire en tant que telle n’est pas le sujet. Le thème est très intéressant et son traitement rend la lecture agréable. La thèse centrale de l'échec comme acte de souveraineté et d’émancipation est originale, captivante et stimulante. Elle prend le contre-pied de l'injonction contemporaine au succès telle qu’elle est déployée par moults média. Du côté littéraire, la filiation avec Jorge Luis Borges ou Dino Buzzati est évidente. C’est une force dans un sens mais également une faiblesse puisque les rouages de la narration sont très visibles dès les premiers paragraphes (le manuscrit trouvé dans une bibliothèque privée, la citation apocryphe, le doute sur l'existence réelle du personnage) ce qui limite l’effet de surprise. Cédric Jeandieu reste d’ailleurs une silhouette conceptuelle. Le lecteur n'entend jamais sa voix, ne voit aucun décor, aucune scène vécue en direct. Ce choix narratif d'abstraction est cependant risqué car il créé une distance émotionnelle entre le texte et le lecteur. Cette narration est toutefois assortie d’une écriture de qualité. La langue est châtiée, fluide et maîtrisée. La progression dramatique est très bien menée. Le texte passe d'un simple constat biographique à un concept théorique, puis à des anecdotes presque fantastiques pour finir sur une hésitation métaphysique. C’est un peu, quand même, un exercice de style brillant mais froid. La structure suit les codes de la nouvelle philosophique ou fantastique du XXᵉ siècle telle que développée par les auteurs précités, au risque de manquer de feu ou de relief. |
| Yakamoz
2/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Une réflexion sur l’échec, bien loin des poncifs que l’on trouve dans les aphorismes sur le sujet, ou des conseils prodigués dans les manuels de développement personnel. Ici l’échec est volontaire, vécu comme une forme de souveraineté, et en cela il est supérieur à la victoire.
Le récit convoque un personnage dont on ne sait pas s’il est réel, un livre oublié dans des archives, et ainsi le narrateur prend une certaine distance par rapport à ces idées étranges, il ne les fait pas siennes. Cette lecture provoque en lui des interrogations, le plonge dans des abîmes de réflexions, et on est entraîné avec lui ! |
| LeChevalier
2/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J'ai lu ce texte il y a deux jours. J'en ai trouvé l'idée intéressante : un observateur ne comprend pas toujours bien les intentions derrière un échec. Mais alors, si ne pas réussir était une intention, ce n'est plus qu'un échec apparent. Est-ce que cela signifie pour autant que la personne en question a une meilleure maîtrise de sa vie ? Serait-il plus difficile de ne pas faire quelque chose que de le faire ? J'en doute. En fait, je n'en doute pas -- je suis sûr que c'est faux. Pour ne pas mener à son aboutissement un projet, il suffit d'une inaction ou d'un accident externe. Je pense donc qu'un échec ne peut pas être plus volontaire que l'eau ne pourrait être sèche : dès qu'on veut ne pas faire quelque chose, c'est une réussite et non un échec.
Cette objection de fond étant émise, je trouve la forme narrative du texte tout à fait correcte : le narrateur effacé, qui n'est que le relais que l'histoire d'un autre personnage, c'est un grand classique qu'on trouve, par exemple, dans Manon Lescaut. La découverte d'un manuscrit aussi, c'est un grand classique mais qui fait toujours plaisir. J'ai deux critiques par rapport à la langue. La première concerne cette phrase : « En quittant la bibliothèque, une pensée me poursuivit avec une obstination singulière. » Evidemment, il faut changer en quelque chose comme « Quand je quittai la bibliothèque, une pensée me poursuivit » ou bien « En quittant la bibliothèque, j'étais poursuivi par une pensée ». Mon autre remarque concerne le mélange du passé simple et du passé composé, qui ne me paraît pas toujours judicieux. « Je me suis souvent demandé » me paraît bon, puisque cela fait référence au moment où l'histoire est contée et pas au moment de sa découverte dans les écrits. Mais que penser de « j'ai cru y lire » ? Cela fait bien référence au moment de la dévourte, de la lecture de l'histoire. J'aurais bien vu un « je crus » à cet endroit. |




