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Sentimental/Romanesque
Perle-Hingaud : La grande muraille de Chine
 Publié le 15/10/09  -  16 commentaires  -  12696 caractères  -  71 lectures    Autres textes du même auteur

Une soirée banale sur la planète bleue…


La grande muraille de Chine


- Moi, quand je serai grand, je serai « voyageur de l’espace » !


Le générique de Star Trek clôt l’épisode, je me lève pour éteindre le poste. Yi Nam me sourit, ses petits yeux noirs brillent et illuminent son visage tout rond. Une bouffée de tendresse me porte vers cet enfant, si joyeux, si beau.


- Allez, viens prendre ta douche, que tu sois tout propre avant de dîner...

- C’est Maman ou Papa qui vient me chercher ?

- Je ne sais pas. Ta maman m’a prévenue qu’elle devait rester très tard, ce soir, au magasin. C’est l’inventaire, ils comptent le stock de la boutique.


L’enfant fronce les sourcils, alors je lui explique :


- Tous les sacs, les valises, les parapluies...


Yi Nam ouvre une grande bouche rose, et je continue pour le plaisir :


- Oui, même les foulards, les gants, les ceintures et les porte-monnaie...

- Waouh... alors Papa sera là avant !

- Lui aussi travaille tard, tu sais bien. Tu t’endormiras ici, sur mon lit, d’accord ?

- Avec toi ?

- Hé non, mon poussin ! Moi, je reste au salon, avec Paul. Allez, à la douche, il est déjà sept heures !


Le petit file sans rechigner. Je l’entends chanter en se déshabillant, un air chinois certainement, je ne comprends pas les paroles. J’entasse les cahiers dans le coin de la chambre : avec tout ça, je n’ai pas fini de coller les fiches pour demain. Il faut aussi que je prépare l’illustration de la comptine, mes petits sont incapables de mémoriser trois couplets sans image. Je m’active, entraînée par le chant de l’enfant et l’eau qui scande le rythme, doux bâton de pluie.

Ce joyeux remue-ménage masque le grincement de l’ascenseur, et je sursaute lorsque la porte d’entrée s’ouvre.


- Ah, c’est toi ?


Paul entre, balance sa sacoche dans le couloir, repousse le battant du pied.


- Salut.


Il jette sa veste sur le canapé, s’affale, les mains sur le visage.

J’attends un instant. En vain.


- Mauvaise journée ?

- Non. Comme d’habitude. Qu’est-ce qu’on mange ?

- Salade et croque-monsieur.

- C’est quoi, ce raffut ?

- C’est Yi Nam, tu sais, le fils de Jiao. On le garde ce soir, elle finit tard.

- Putain, encore ! Son père peut pas faire un effort ?


Je ne réponds rien et file vers la cuisine. Je crois que Paul est un peu jaloux de Meng. Après tout, ils sont dans la même situation, étudiants tous les deux, mais Meng a choisi un secteur plus porteur, si j’ai bien compris. En tout cas, il bosse énormément, avec la fac et le Mac Do, on ne peut pas lui enlever ça. Jiao m’a expliqué que s’il obtenait son doctorat en informatique cette année, ils feraient immédiatement une demande de visa pour le Canada. Il paraît que là-bas, c’est mieux pour réussir. Mais bon, Paul, bien sûr, c’est différent...


Yi Nam apparaît, ses cheveux noirs luisants et droits sur la tête. Son pyjama jaune est orné d’un gigantesque Buzz l’Éclair.


- Flashhh... Je suis Chiao, le cosmonaute de retour de mission, la Terre est en vue !


Paul se redresse sans un mot. Le petit s’interrompt, se fige :


- Heu... bonjour, Paul.

- Bonsoir, Yi Nam. Le soir, on ne dit plus bonjour, mais bonsoir. Tu as fini à la salle de bains ?

- Oui, oui...


Yi Nam me suit à la cuisine, parle sans discontinuer alors que je dresse le couvert.


- Dis, Sophie, comment ils t’appellent, tes élèves ? Maîtresse ou Sophie ?

- Sophie.

- Et comment ils sont ?

- Gentils. Plus petits que toi.

- Ah... Moi, j’ai déjà six ans, je sais lire.

- On peut se mettre à table ? intervient Paul.

- C’est prêt.


Nous commençons le repas dans un silence total. J’ai l’habitude, Paul est souvent épuisé le soir. Les amphithéâtres sont bondés, c’est dur de rester concentré. Et les partiels qui approchent... Cette année, c’est sa dernière chance, il faut absolument qu’il ait ses examens. Il ne peut pas tripler. Déjà que financièrement c’est dur avec un seul salaire... Mais surtout, moralement, il ne le supporterait pas.

Yi Nam me regarde, interrogateur. Je vois bien qu’il ne peut plus se retenir. Ce petit bout a tellement de vie en lui, il se trémousse, les paroles doivent sortir...


- Tu sais, Sophie, quand je serai grand, je conduirai la navette spatiale !

- Pourquoi pas ?

- À la maison, on a des tas de livres sur l’espace. Papa dit que je réussirai sûrement si je travaille bien à l’école.


Paul approuve, goguenard :


- Si Papa le dit...


Sans relever le ton, l’enfant dresse la tête, avide d’échange. Il en oublie de manger, ses yeux étincellent, il est reparti dans son monde, son avenir :


- Et quand je serai sur la Lune, je verrai la Terre toute, toute petite. Et les océans bleus, et les continents bruns et les forêts vertes et les déserts jaunes. Et la grande muraille de Chine, comme un cheveu tombé là !


Paul pose ses couverts :


- La muraille de Chine ne se voit pas de la lune.


Yi Nam fixe Paul :


- Si, on la voit ! C’est même écrit dans un livre de mon Papa !

- Ce sont des bobards. Les livres de ton père racontent n’importe quoi pour maintenir une idéologie à la gloire du peuple chinois.


Le petit ne comprend rien, mais le ton de Paul est explicite. Je me penche vers le garçonnet :


- Allez, Yi Nam, finis ta salade. Quand tu seras dans l’espace, tu verras bien par toi-même...


Mais l’enfant est têtu, il ne lâche pas le morceau :


- C’est Leroy Chiao, le cosmonaute chinois, qui l’a dit. Il a envoyé des photos de la grande muraille de Chine, et même que c’est la NASA qui les a reçues !


Paul a un sourire qui ne présage rien de bon. Lentement, il sauce son assiette, avale son bout de pain et lance l’attaque.


- Ton peuple ne supporte pas de perdre la face. Ton cosmonaute a menti, c’est tout.

- C’est pas vrai !


Yi Nam dévisage Paul, outré :


- C’est pas vrai, répète-t-il, il a pas menti !

- Mais si, p’tite tête ! Et je vais te le prouver...


Paul se lève, allume son ordinateur. Je tente de le retenir, en vain :


- Allons, ne fais pas l’enfant... Viens manger, les croques vont être froids.

- Je ne vais pas laisser ce gamin se ridiculiser. Il est si sûr de lui et de ses croyances stupides...


Yi Nam se lève à son tour, inconscient du piège tendu.


- Viens voir, ordonne Paul.


Il lui désigne plusieurs sites, clique sur l’un d’eux :


- Tu sais lire, non ? Alors regarde...


Je me penche à mon tour vers l’écran. Paul démontre doctement à l’enfant que la grande muraille ne peut se voir de la Lune, compte tenu de sa faible largeur. Cela équivaudrait à déceler un objet d’un millimètre à une distance de trente-huit kilomètres. L’enfant ne comprend pas tout, mais il baisse la tête devant l’accumulation d’arguments. Un autre site. Les photos prises par le cosmonaute chinois, et leur mise en cause. Le coup de grâce : les anciens manuels de son pays devront être corrigés. Honte finale. Les livres de Papa sont faux.


Je sens la colère qui monte : pourquoi Paul s’acharne-t-il ainsi ? J’essaie d’intervenir, de stopper le massacre. Aucun effet, il semble prendre plaisir à torturer Yi Nam, à lui prouver sa supériorité. L’enfant a le rouge aux joues, ses yeux brillent toujours, mais à présent de larmes. Il ne bouge même plus, épaules basses, vaincu.


- Alors, tu as compris ? Il ne faut pas toujours croire ce que l’on te dit. Désolé, petit...


Yi Nam explose en sanglots. Je veux le prendre dans mes bras, mais il me repousse, file dans la chambre. Je fusille Paul du regard. Sans un mot, il regagne la table, coupe son croque. Comme je reste immobile, il ajoute :


- Quoi ? Tu m’en veux parce que je lui ai ôté une illusion ?... Ne te plains pas, je n’ai rien dit à propos du Père Noël...


Je le dévisage comme jamais. Assis là, devant moi, Paul Vaillant, vingt-cinq ans, qui vient de dégommer Yi Nam Bao, six ans, et qui en est fier. Cette moue suffisante, ce sourire en coin... Une rage sourde m’envahit, une fureur qui ne demande qu’à jaillir. Pourquoi ? Pourquoi tant de mesquinerie, de sadisme ? Quel plaisir de détruire les rêves de ce petit garçon, ses modèles, ses héros, son peuple et son père ? Cet homme qui mastique d’un air satisfait, je ne le reconnais plus. La colère m’embrouille, c’est moi qui déborde (moi ?!), parce que je n’en peux plus, trop c’est trop, alors ça sort, sans crier gare, ça tremble un peu mais c’est encore sous contrôle :


- Qu’est-ce qui t’a pris ?

- Allez, viens t’asseoir, c’est pas un drame...

- Pas un drame ? Si, pour lui, c’est justement un drame ! Et ne dis pas que tu l’ignores...

- Eh ! Calme-toi !

- Je suis calme ! Ce que tu viens de faire est inadmissible ! Tu n’as pas le droit de briser ses rêves, de saccager ses modèles, de...

- De lui dire la vérité ? Non mais, écoute-toi ! La maîtresse d’école dans toute sa splendeur, la spécialiste de l’éducation, la reine de la psychologie infantile... Atterris, ma vieille ! Et puis j’en ai ma claque de vous tous ! Pauvre conne !


Dans un fracas, Paul se lève et renverse sa chaise. Il empoigne sa veste, sort en claquant la porte.


Je reste un instant hébétée. Il est parti. Je redresse la chaise, ramasse sa serviette. Puis j’ouvre doucement la porte de la chambre. Yi Nam est couché dans la pénombre, recroquevillé face à la fenêtre. Il attend, ses épaules frémissent. Je m’assieds sur le bord du lit. Puis je m’allonge près lui, mon ventre contre son dos, je l’enserre tendrement.


- Yi Nam ?

- Tu es fâchée ?

- Un peu. Non.

- Si, j’ai entendu... C’est à cause de moi.

- Non... Tu sais, Yi Nam, l’espace est infini... Oublie la Terre et la mesquinerie des jaloux. Quand tu seras grand, tu porteras haut dans les étoiles les espoirs des hommes. Tu voleras dans des vaisseaux que l’on n’a pas encore inventés, ni même imaginés. Ton père sera fier de toi, il dira : « Vous avez vu, le voyageur de l’espace, à la télé : c’est mon fils ! »


Je sens le cou de l’enfant se détendre peu à peu. Je lui chuchote des mots doux, des mondes à venir, des planètes rougeoyantes à visiter, des astéroïdes glacés à baptiser. Je lui raconte son premier départ, le sourire de son père et les larmes de sa mère devant la fusée. Je lui dépeins les anneaux d’Uranus, les lacs gelés de Mars, et plus loin encore, la petite planète si semblable à la nôtre qui l’attend pour porter son nom. Et quelque part à gauche de la Voie Lactée, après avoir chevauché une comète inconnue, mon petit prince de l’espace s’est endormi, et je me suis tue.


Alors je suis redescendue sur Terre, un voyage pénible, à contrecœur. Allongée sur le dos, mes yeux errent vers la fenêtre. Dans l’obscurité tombée, le carré de lumière du lampadaire enlaidit le mur d’en face. Comme Paul avait enlaidi cette soirée, en révélant de lui des lézardes et des moisissures... Paul que je chérissais depuis trois ans, que je soutenais dans ses études, que j’avais accueilli sous mon toit. Paul, qui ne supportait ni mes amis ni ma famille, qui critiquait mon métier, qui se moquait de mes loisirs. Paul, qui voulait être libre, c’est si beau la liberté, on s’aime, oui, mais pas de lien, pas d’engagement, on est si bien comme cela, non ? Paul, Paul qu’il fallait ménager, tout ce stress, les jaloux, les envieux, ceux du métro-boulot-dodo, ceux qui ne voulaient qu’une femme, un labrador et trois enfants dans un pavillon de banlieue... Lui, avec ses cheveux fous et son air juvénile, planait au dessus de cela. Lui, il était d’une autre race, évidemment... Je n’avais jamais vraiment compris. Jamais vraiment écouté. Amoureuse ! Sophie la gentille, Sophie la douce, Sophie la crédule...


Le froid intersidéral n’était rien en comparaison du vide de mon âme. Paul était un trou noir, il m’aspirait et me brisait. Mais ce soir, un enfant, un petit voyageur de l’espace, m’avait tractée hors de l’orbite dangereuse. Et mon prince charmant se révélait sans artifice, amer, méchant, stupide. Comment n’avais-je pas vu ? Tout ce que j’avais refoulé, pardonné, les petites vexations, les réflexions humoristiques, les humiliations anodines... Pire, Paul s’attaquait à tout, profitait avant de rejeter, détruisait sans pitié ce qui menaçait son bien-être. Même un enfant... Une larme coule de mes yeux au souvenir... Mon ventre se crispe. Je n’avais pas su résister à sa volonté, l’enfant devait disparaître avant même d’exister... Paul était, bien sûr, beaucoup trop jeune pour être père, je n’étais pas titulaire, nous ne pouvions nous le permettre... Une deuxième larme. Vite. Penser à autre chose avant de réveiller Yi Nam.


Demain. L’école, les enfants, la comptine : « Janvier est né, la bonne année, février chante, il pleut et vente... »...


Demain, Paul disparaîtra. Il prendra sa valise, son ordinateur, et je le chasserai loin de ma planète.


Demain, la Terre tournera toujours autour de son étoile.


Demain...



 
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   florilange   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Perle-Hingaud,
Cette nouvelle m'a plu, malgré le réveil brutal qu'elle conte. Oui, quelquefois, il suffit d'1 petit bout de chou d'à peine 6 ans pour mettre à nu 1 vérité qu'on refusait de voir, puisque l'amour rend aveugle, c'est bien connu & qu'il est si dur de vivre seul(e).
Le style coule, fluide, on voit parfaitement les phases par lesquelles passe Sophie. Et sa décision, en fin de compte.
Merci de cette lecture. Amicalement,
Florilange.
P.S. : Moi aussi, je croyais que la Grande Muraille était visible de la lune...

   Selenim   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un histoire prenante, bien calibrée au niveau du rythme. Il manque une véritable identité stylistique mais est-ce primordial pour ce genre de récit ? Le plaisir de lecture est réel car l'écriture est d'une extrême limpidité même avec ce style plutôt plat.

Les dialogues m'ont paru un peu faux au début, mais par la suite je me suis laissé aspirer dans la spirale et tout s'est mis en place.

J'ai trouvé dommage que l'atmosphère, le décor et d'autres éléments sonores ou olfactifs ne soient pas évoqués. Il règne un grand flou autour des personnages, ils semblent flotter sur une scène de théâtre où seuls quelques accessoires on réussit à s'accrocher.
Bien sûr, la nouvelle est presque exclusivement bâtie sur les dialogues, mais il m'a manqué un arrière plan, un décor.

Ce passage m'a dérangé :
Je le dévisage comme jamais. Assis là, devant moi, Paul Vaillant, vingt-cinq ans, [...] La colère m’embrouille, c’est moi qui déborde (moi ?!)

Il casse les non-dits, prend le lecteur par la main lui arrachant de l'esprit nuances et interprétations. Après les suggestions saupoudrées jusque là, j'ai regretté ce passage qui plombe le récit juste avant la conclusion.

Selenim

   Anonyme   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Une jolie histoire, bien écrite, sobre et efficace. J'ai bien aimé.
Quelques petites remarques cependant :
Le portrait de l'homme me paraît un brin caricatural ou du moins (car y'en a des comme ça), on se demande ce qu'elle fait avec lui, pourquoi cette scène sert-elle à ce point de révélateur, je trouve que c'est un peu brutal comme prise de conscience.
un enfant qui connaît la couleur brun, je dis chapeau ! lol
pas convaincu par le changement de temps vers la fin, le présent me semblait pourtant bien adapté. Je pense que c'est pour montrer que c'est fini en quelque sorte, qu'il y a une rupture, mais j'ai l'impression que le présent aurait justement été plus fort.
Enfin, le coup de l'avortement, je trouve que c'est le petit truc en trop, qui rend vraiment ce type imbuvable. Je trouve que ça manque un peu de nuances à ce niveau-là (limite il aurait donné un coup de pied au chien s'il y en avait eu un !).
Ecrit comme ça, ça fait beaucoup de réserves, mais l'impression d'ensemble est quand même bonne et j'ai apprécié ton texte. Je te lirai à nouveau avec plaisir et curiosité.
Bonne continuation.

   Anonyme   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonsoir Perle-Hingaud
Merci pour la lecture de cette nouvelle. Un petit bijou. Je me suis laissée emballée et portée jusqu'à la fin. Très jolie histoire. Déçue aussi, je pensais qu'on La voyait mais tes explications, après réflexion et vérification sont évidentes.
Au plaisir de te lire...

   Myriam   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très beau texte Perle-Hingaud!
J'ai beaucoup aimé.

J'ai apprécié que se mette en place doucement et tendrement le lien entre Sophie et l'enfant, avant l'entrée de Paul.
Les dialogues, qui réussissent à être à la fois beaux et emplis de quotidien.

La progression vers la révélation attendue (et souhaitée) est très prenante, et que ce soit la peine d'un enfant qui serve de révélateur à Sophie m'a émue.
Ainsi que les mots doux chuchotés dans la pénombre apaisante.

Paul est peut-être un peu caricatural et chargé, mais ils existent, les comme ça, alors pourquoi pas ici?!

Merci pour cette belle lecture!

   Anonyme   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Pas
C'est assez bien écrit, mais très expéditif. Les raisons de la goutte qui a fait déborder le vase ne sont pas approfondis. Je sais que la nouvelle contraint à aller à l'essentiel, mais là c'est l'essence même de l'histoire qui en pâtit.

   Anonyme   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Perle-Hingaud

J'aime bien cette nouvelle. L'écriture est limpide, précise. Je mettrai un petit bémol pour les dialogues, mais tout petit.

ce qui est curieux et je ne sais pas pourquoi c'est qu'au départ j'ai cru que Paul était le fils de la narratrice, enfin si je crois que son comportement paraissait très infantile.

Pour la grande muraille, tu as raison , il ne faut pas briser les rêves des enfants , tant pis pour Paul. Bon effectivement une petite réserve, il n'a aucun bon côté et c'est un petit peu gênant. Mais l'idée de cet enfant qui sert de révélateur pour Sophie parait crédible.

Ce que j'apprécie le plus dans cette nouvelle : le rythme; à aucun moment on ne s'ennuie. J'apprécie aussi que malgré la mise en scène d'un enfant, le tout ne fasse pas niais.

Au plaisir de te relire

Xrys

   jaimme   
16/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Le sujet est original, empli de tendresse pour cet enfant et certaines des réflexions font mouche.
Je regrette quelques maladresses:
"- Et quand je serai sur la Lune, je verrai la Terre toute, toute petite. Et les océans bleus, et les continents bruns et les forêts vertes et les déserts jaunes. Et la grande muraille de Chine, comme un cheveu tombé là !" Dans la bouche d'un enfant de six ans cela me paraît bien compliqué!
La colère soudaine de Paul est trop abrupte à mon goût.
Et même un peu la décision de la narratrice.

Sinon la complexité de la situation de cet enfant est bien amenée.
Globalement cette nouvelle a un vrai intérêt, l'écriture mériterait des ajustements pour rendre l'ensemble plus crédible et plus à même de cerner les personnages.
Et... c'est vrai qu'on ne voit pas la muraille de Chine depuis l'espace!

Bien aimé, merci!

   shanne   
17/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'ai adoré, une description tellement précise que j'ai eu l'impression de participer à cette soirée, j'ai détesté ce Paul, cet adulte mais comment peut on être aussi cruel surtout vis à vis d'un enfant? Et pourtant, triste réalité, tous les jours des enfants en sont victimes...

   marimay   
17/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Perle-Hingaud,
Une nouvelle très agréable à lire, très touchante. J'ai apprécié le style simple et précis et le déroulement de l'histoire, jusqu'à la chute.

   Anonyme   
17/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Merci Perle-hingaud,

Un très chouette texte, une écriture sobre efficace, sans recherche d'effet, c'est super agréable à lire...

Il manque peut-être un peu de phrases accroche, de celles qui vous marquent, donc je dirais peu de prise de risque dans le style et ça c'est presque dommage.

Il y a cependant tout ce passage que je trouve MAGNIFIQUE :

"Je sens le cou de l’enfant se détendre peu à peu. Je lui chuchote des mots doux, des mondes à venir, des planètes rougeoyantes à visiter, des astéroïdes glacés à baptiser. Je lui raconte son premier départ, le sourire de son père et les larmes de sa mère devant la fusée. Je lui dépeins les anneaux d’Uranus, les lacs gelés de Mars, et plus loin encore, la petite planète si semblable à la nôtre qui l’attend pour porter son nom. Et quelque part à gauche de la Voie Lactée, après avoir chevauché une comète inconnue, mon petit prince de l’espace s’est endormi, et je me suis tue."

A côté de cela, un passage me semble moins précis, plus difficile. Il aurait sans doute fallu trouver une autre façon d'exprimer l'idée :

"Assis là, devant moi, Paul Vaillant, vingt-cinq ans, qui vient de dégommer Yi Nam Bao, six ans, et qui en est fier."

Le qui en est fier est mal placé dans la phrase... on ne sait pas exactement (sans le contexte) si ce n'est pas le petit garçon qui est fier d'avoir 6 ans...

En dehors de cela, oui le personnage de l'homme est too much dans le débectable et oui aussi l'avortement n'apporte qu'une touche de plus et semble un détail... bien inutile et c'est peut-être à cause de cela que ce personnage masculin est caricatural...

Une petite maladresse pour la crédibilité des persos...

Mais il reste au final une nouvelle très agréable, fort bien écrite et bien touchante (mais limite trop appuyée)...

Avec au moins un passage extra... qui moi m'a vraiment touché...

   widjet   
18/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Voui.

J’ai lu, sans déplaisir. Ca manque un peu d’intensité, mais le rythme est relativement bon (les dialogues sont pas mal, c’est déjà bien car ce n’est pas le plus facile à réussir ).

L’histoire ? Un petit incident qui déclenche la réflexion qui va nous pousser à prendre enfin la (bonne) décision. La petite goutte d’eau qui fait déborder le vase des concessions, la parole, l’attitude de trop qui va écorner l’image trop idéalisée. Et puis, contrairement à l’homme, une femme déçue ne se reconquiert pas. Pas original dans le fond, la forme reste accessible et agréable (bémol sur la fin, un peu trop acidulée et la phrase de gravité – sur le futur avortement, si j’ai bien compris – maladroitement amenée, rendue anodine alors qu’elle est essentielle).

Premier essai. Vivement un autre texte.

W

   Marite   
26/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ ai bien aimé cette nouvelle, ni trop courte, ni trop longue. On ne s’y ennuie pas du tout bien qu’il n’y ait, somme toute que peu d’action. Une « banale soirée » avec un très petit grain de sable qui va changer le cours de deux vies, celle de Sophie et celle de Paul. Ce pauvre Paul, qu’ avait-il emmagasiné au fond de lui et quelle journée avait-il dû passer pour briser ainsi les rêves d’un si jeune enfant ! Merci Perle-Hingaud pour cet agréable instant de lecture.

   Nongag   
26/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Assez bien. Tout simple et plutôt bien écrit. Une petite tranche de vie, un moment de prise de conscience. Je trouve juste qu'elle ne réagisse pas directement à la négligence de son mec envers elle mais plutôt à sa dureté envers un petit enfant.

Globalement les dialogues sonnent vrais, heureusement car ils ont la part du lion dans cette nouvelle.

Mais tout cela aurait pu être plus étoffé, plus intense et précis, les descriptions sont fonctionnelles, manquent d'envergure et reste un peu sur le dessus des choses, des évènements.

Reste un joli récit qui donne envie de lire le prochain opus de cet auteur.

   marogne   
1/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe.

Ce n’est pas Mutianyu, ce n’est pas Simantai, mais la muraille que l’on voit, inaccessible, là-haut, sur la crête des collines, et qui témoigne des souffrances d’un peuple, et de la beauté du génie humain, comme si on ne pouvait séparer l’infâme du merveilleux. Et c’est ce que l’auteur nous offre ici, nous faisant côtoyer cet abominable individu (à qui on pourrait peut être trouver des circonstances atténuantes, mais je n’en ai pas envie), et la pure Sophie, et le rayon de soleil qu’est l’enfant.

Oui, c’est un beau texte qui nous fait ressentir les choses, attendrissement au début, horreur devant les paroles racistes, dédain devant la suffisance, et réconfort à la fin. Oui que Sophie puisse vivre avec ses enfants à l’école, et vite avec ses enfants, même si cela fait sans doute un peu beauf, mais mieux vaut sans doute être un beauf sincère qu’un intello raté et jaloux.

Et derrière ce petit texte apparaît en filigrane une critique acerbe, car, n’est-on tous pas de la même veine que ce Paul, prompts à la critique, prompts à se considérer quand même meilleurs que les autres, prompts à la suffisance imbécile que peut favoriser le cercle immédiat dans lequel on évolue ?

Et le début de ce commentaire, en citant Mutianyu et Simantai, n’est-il pas la meilleure preuve qu’il est aisé de se laisser prendre au piège de l’autosuffisance, qu’il est aisé de devenir Paul ?

Ps : lu en écoutant le « sanctus » du stabat mater de Pergolesi, et vraiment, il y avait adéquation…

   Flupke   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Perle-Hingaud

Très jolie histoire ce petit prince de l'espace, grain de sable révélateur d'une réalité que Sophie ne percevait pas ou se refusait de voir en face.
Surtout, très réaliste.
J'ai bien aimé ce paragraphe où il est question de planètes rougeoyantes à visiter, des astéroïdes glacés à baptiser ... mon petit prince de l'espace s'est endormi. J'ai trouvé ce passage très poétique.

Attention à l'expression "cosmonaute chinois", dans la presse on a tendance à utiliser le terme officiel taïkonaute en attendant que l'académie française préconise le vocable célestonaute ou autre subtilité franchouillarde, (ou n'importe quoi d'autre du moment que ça sonne faux ou artificiel) :-).
Une lecture bien agréable, un texte très bien écrit. Bravo et merci.
Amicalement,
Flupke


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