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Fantastique/Merveilleux
Perle-Hingaud : Résonance
 Publié le 10/11/09  -  22 commentaires  -  7336 caractères  -  144 lectures    Autres textes du même auteur

"La résonance est un phénomène selon lequel certains systèmes physiques sont sensibles à certaines fréquences. Les domaines où la résonance intervient sont innombrables : balançoire enfantine, mais aussi résonances acoustiques des instruments de musique, la résonance des marées…" Source : Wikipédia.


Résonance


L’éducateur déplia un transat, l’installa les pieds dans l’eau, face au large. Il prit le jeune homme par la main, l’amena doucement à s’asseoir :


- Allez, tu te poses là et tu gardes la casquette...


L’adolescent le fixa, sourit sans répondre, laissa docilement l’adulte lui couvrir la tête, puis s’immobilisa sur son siège, les bras ballants, de l’eau à mi-mollet.

L’éducateur soupira : quelles saletés, ces méningites ! Un microbe qui s’arrêtait là, et voilà, le petit garçon bavard était devenu un être absent, inerte. Nul ne savait vraiment ce qui résonnait encore dans son cerveau abîmé, drainé en permanence. Enfin... L’éducateur laissa le garçon à sa solitude : il devait s’occuper des autres. Il commença patiemment à expliquer les règles de « chat ballon » aux trois handicapés de son groupe. Se consacrer à ces jeunes, c’était un sacerdoce, mais l’association payait bien, et il y avait toujours du travail. Les parents se battaient pour une place dans cette institution réputée. Une semaine de vacances pour leurs enfants, une semaine de trêve pour eux...


Quelque part, je ressens quelque chose.

Je respire à peine plus doucement, à l’affût.

Oui, quelque part, quelque chose, un signe ténu, infime, à peine un bruissement dans le chaos ambiant...

Un être communiquant.

C’est tellement rare, inattendu...

Je me concentre, je veux le trouver, lui seul parmi les milliards qui m’entourent, m’assaillent, vivent et meurent en moi.

Voilà, je me fais goutte et je l’écoute, il est là, je l’entoure et le caresse : il me comprend, il me ressent, il veut savoir, apprendre. Je peux lui répondre.


Personne ne vit l’adolescent hoqueter. Subrepticement, sa paume toucha l’eau. Il la retira vivement, puis répéta son geste. Cette fois-ci, il sourit, et plongea franchement la main dans l’écume.


Le deuxième jour fut splendide. L’éducateur décida d’emmener ses protégés dès le matin sur la grande plage. La petite troupe avançait lentement, cahin-caha, avec des cris de joie et des moulinets de bras. L’éducateur les surveillait, attentif aux ballons qui s’échappaient, aux serviettes qui glissaient. Avec eux, tout était plus long, compliqué. Enfin, les sandales furent réunies dans un grand cabas, les pliants installés, les casquettes vissées et la crème solaire étalée sur les quelques centimètres de peau dépassant des bermudas et tee-shirts obligatoires.

Alors que les autres creusaient déjà le sable tiède, l’adolescent muet fixait l’horizon, insensible à toute invite. De guerre lasse, l’éducateur déplia, comme la veille, un transat dans les premières vaguelettes. Puis il posa la main sur les épaules osseuses du jeune homme et l’invita à s’asseoir :


- Guette l’océan, Moussaillon...


Le garçon ne répondit pas, les yeux braqués sur les vagues. L’éducateur douta un instant qu’il l’ait compris, voire même entendu. Déjà les autres le réclamaient, l’accaparaient, et il revint sur le sable sec, prêt à proposer un « Jacques a dit ».


Tu es là.

Je te reconnais.

La lune a passé, tu es là de nouveau.

Viens, ouvre-toi à moi...

Voici mon histoire, ma longue, longue histoire, ma naissance, mon enfance.

Tu m’admires, n’est-ce pas ?

Plonge et vois, sens le gaz primitif dont je viens, atmosphère lourde, fournaises et volcans. Enivre-toi du déluge, pluies et orages, ruissellements sans fin, millions d’années de gouttes se joignant, se reconnaissant, pour me façonner. Tremble sous le grondement sourd de la terre qui se fissure, s’écartèle en de bouillonnants jaillissements, et frémis contre mon corps qui se transforme au gré des continents. Presque quatre milliards de révolutions autour du Soleil, peux-tu imaginer, pour que j’apparaisse dans ma perfection actuelle, plages et falaises, failles abyssales et longues embouchures...

Qu’y a-t-il ? Je te perds ! Trop de violence, trop de vertige, tu peines ?

Viens plus près, viens...


L’adolescent plissa les yeux comme dans une souffrance. Il se laissa glisser du transat, les fesses dans l’eau. L’éducateur lui jeta un regard, rassuré de le voir à nouveau détendu, assis dans les vaguelettes qui lui léchaient les jambes, jouaient doucement, tendrement avec son corps.


Là, là, calme-toi.

Respire doucement, respire avec moi, suis mon rythme sans fin, le flux et le reflux, ici et ailleurs, je suis partout dans ce monde et tu ne le savais pas.

Goutte-moi, caresse-moi, je suis fluide et si lourde, touche le sable sous tes cuisses, épais et visqueux, empli de ma substance.

N’aie pas peur de moi, les déesses sont souvent terrifiantes, l’humanité leur est étrangère. Je sais pourtant être belle, je fascine ceux qui m’approchent, la sirène ce n’est que moi, moi, toujours et éternellement...


Les nuages apparurent dans la nuit, le lendemain la pluie battait les vitres et on n’y voyait goutte. L’éducateur se dit qu’il faudrait les occuper dans la grande salle, peut-être les mêler aux autres groupes, organiser différents ateliers ou un jeu de piste géant.

Dans sa chambre, le garçon attendait, collé à la fenêtre. La mer, grise et mauvaise, roulait l’écume comme autant de crachats. Bientôt, le souffle du jeune homme sur le verre brouilla le monde extérieur, et d’un doigt il éclaircit une fine ligne verticale. De l’autre côté, une goutte suivait exactement le même tracé. L’adolescent dégagea la vitre pour observer le chemin de l’eau, haut, bas, un peu à droite. Deux lignes de pluie se rejoignirent, et fortes de leur débit, accélérèrent brusquement leur course vers le chambranle. Il ouvrit la fenêtre, tendit la main et lécha ses doigts. Cette eau-là était métallique, morte.


À l’aube du quatrième jour les nuages résistaient encore à la brise, mais la pluie avait renoncé. Malgré les trépignements de ses protégés, l’éducateur refusa de sortir. Il scruta le ciel, écouta le bulletin météo du port : cette après-midi, retour des éclaircies avec la marée : la plage serait envisageable, du moins si tout le monde était en forme. L’adolescent l’inquiétait un peu, il avait gémi dans la nuit, s’était réveillé d’un cauchemar pour vomir. L’infirmier de garde n’avait rien diagnostiqué de sérieux, pas de fièvre. Ce matin, le garçon somnolait, sans appétit. Si son état persistait, l’éducateur insisterait pour que le médecin l’ausculte.


Te voilà ?

Je te sens proche, si proche de moi...

Méfie-toi, tu le sais, si je t’entraîne dans mes ivresses, dans mes profondeurs et mes envolées, sauras-tu revenir ? Tant d’autres s’y sont perdus, noyés.

Je ne peux rien pour toi.

Je suis au-delà de toi.

Écoute...


L’éducateur se tourna vers la mer. Il vit l’adolescent, allongé de tout son long devant le transat. Il vit la vague rouler, intraitable. Il vit l’eau submerger le jeune homme immobile, échoué. L’éducateur, paniqué, laissa tomber le seau et se rua vers son malade. Il pesait étonnement lourd pour un être si frêle.


Longtemps, l’éducateur s’en voulut. Œdème cérébral, avaient diagnostiqué les spécialistes. Le drain s’était bouché, cela arrivait parfois, expliquèrent-ils à la famille. Alors le liquide produit par le cerveau abîmé l’avait progressivement envahi. Noyé. Submergé. Cela serait arrivé n’importe où. Le centre n’était pas responsable, l’éducateur non plus.


Même la vague n’y était pour rien.

Juste une coïncidence, un écho, une résonance.


 
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   littlej   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Désolé mais je vois mal où l’auteure voulez en venir avec cette nouvelle et ce thème-ci. Surement parce que je n'ai pas tout compris... je passe mon chemin sur le fond.

Maintenant la forme.

Le problème n°1 c'est cette abondance de virgules – peut-être pour un effet poétique - mais il y en a partout !

Exemple : "Enivre-toi du déluge, pluies et orages, ruissellements sans fin, millions d’années de gouttes se joignant, se reconnaissant, pour me façonner."

pourquoi pas : "Enivre-toi du déluge de pluies et d'orages, des ruissellements sans fin et des millions d'années de gouttes se joignant, se reconnaissant, pour me façonner." De plus cette phrase gagnerait à être épurée (ainsi que d'autres...).


J'ai été gêné aussi par l'abondance d'adverbes (dont j'ai été victime moi aussi) à l'image de "Subrepticement, sa paume toucha l’eau. Il la retira vivement, puis répéta son geste. Cette fois-ci, il sourit, et plongea franchement la main dans l’écume."

Et enfin des problèmes de sonorités : "Il vit la vague rouler, intraitable. Il vit l’eau submerger le jeune homme immobile, échoué. L’éducateur, paniqué, laissa tomber le seau et se rua vers son malade." trop de son "é".

Un peu trop de détails aussi, de remarques inutiles (j'enfonce le clou mais c'est vraiment pour permettre à l'auteure d'avancer d'autant plus qu'elle a du talent).

Je ne suis donc pas très emballé par ce texte.

A la prochaine alors.

-j-

   jaimme   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour moi le ton est juste car toute la force est dans l'histoire elle-même, bien racontée.
C'est émouvant, justement par ce choix de style. Je pense qu'on est dans le style fantastique, celui qui laisse la porte ouverte au lecteur: surnaturel ou naturel. Le narrateur ne prend pas position.
La mort appelle, la mer, le monde. Et pourtant l'onde l'avertit. Ou lui annonce.
Une vraie nouvelle.
Merci Perle-Hingaud.

   Anonyme   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Perle-Hingaud
Jolie performance que celle de faire parler la mer, ça ouvre de beaux horizons. C'est poétique aussi.
Pour les moins : c'est bizarre cette absence de prénoms. Ce qui fait à la longue beaucoup d'"éducateur". Pas non plus de description de cette plage, et les autres adolescents ne sont là que pour dire qu'ils sont là. Le texte est à la mer. Elle prend vraiment toute la place. C'est un joli point de vue, pas ordinaire.
Bien aimé la fin, la dernière phrase.
Un joli texte mais une nouvelle un peu trop mince.

   alifanfaron   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Le style m'a plu.

En revanche, l'histoire me semble trop légère. Rendre l'enfant malade ne donne pas une dimension particulière. Au contraire. ça devient presque cliché. ça m'a gêné.

Assume la simple poésie d'un lien unique entre les éléments et une personne. Je pense que tu ne devrais pas justifier ton choix si tant est que tu as voulu le faire comme je le prétends.

Bonne continuation

   brabant   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Ah! Je retrouve avec bonheur le style de Perle-Hingaud. La barre avait été placée très haut avec "Clytemnestre 2009", le pari d'une écriture aisée, fluide (lol), a été tenu.
Le piège pour ce texte, "Résonance", eût été de glisser dans le pathos. Il a été superbement évité. A aucun moment on ne s'apitoie sur ce gamin atteint d'une méningite. Perle en fait un être à part entière, les mots "respect", "dignité" me viennent à l'esprit. Et nous entrons dans son cerveau, ce pauvre cerveau malade (voilà que je fais du pathos, lol, je n'ai pas l'habileté de Perle-Hingaud), pas si éteint que cela, qui se réveille soudain à partir du moment où il trouvé sa "résonance": l'eau, la mer et l'eau salée (texture particulière), et ses milliards de milliards de gouttes d'eau de larmes consolantes, de larmes qui ne pleurent pas, de larmes qui rient (Re-pathos, re-lol). Ainsi l'adolescent apprivoise l'océan. Au fil du jour chacun apprivoise l'autre, et nous sommes partie prenante de ce spectacle magique. La buée de la vitre est "métallique, morte". Trois jours sans voir son amie, le "Moussaillon" se meurt déjà. La joie des retrouvailles sera trop grande, trop intense, et il retournera à la mer, source de vie et ventre matriciel, le "cerveau abîmé... progressivement envahi" deviendra une Terre, double-hémisphère, "Noyé", coeur d'une mer intérieure. Il a rencontré sa "résonance".

Comme tout cela est bien dit, sobrement, élégamment, sans chichis. De la haute couture! Du Chanel! lol. Je prends! Me demandant, perplexe: Et moi ? Quelle est ma résonance ? Partir à sa recherche, ne pas mourir idiot.


Merci, Perle !

   colibam   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai trouvé un certain attrait à cette histoire entre deux eaux, cette onde balbutiante et subtile qui s'efforce de rentrer en contact avec un être déconnecté... du spectre visible.
L'idée de fond est intéressante mais manque de développement, de profondeur, d'originalité surtout. La fin est trop convenue, je m'y attendais vraiment et c'est un peu dommage.

Sur la forme, stylistique et syntaxe sont correctes mais je rejoins la remarque de Littlej sur une ponctuation étouffante, trop saccadée et qui dessert finalement l'idée de douceur et d'évanescence qui accompagne Gaïa l'éthérée, chère à Lovelock.

J'ai trouvé très poétique et rempli de sens le chemin de la goutte sur la vitre (« et d'un doigt, il éclaircit une fine ligne verticale », « l'adolescent dégagea la vitre pour observer le chemin de l'eau »), l'étincelle qu'elle provoque dans l'esprit du jeune homme, vite déçu (« Il ouvrit la fenêtre, tendit la main et lécha ses doigts. Cette eau-là était métallique, morte »).

   Anonyme   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai apprécié la lecture.
C'est beaucoup à cause du (grâce au plutôt...) style fluide, du rythme sympa entre les italiques et le texte, de l'histoire qui résonne (j'adore ce mot)...

J'ai pas envie de décortiquer, en fait, je me suis glissée dans l'histoire et j'ai été juste agréablement surprise par l'expérience.

Je trouve à sa décharge que la fin arrive un peu abruptement, ce qui en soi se tient vu l'histoire mais personnellement ça me perturbe un peu.

Le fait qu'on entre dans la tranche sans en savoir beaucoup plus ne me dérange pas outre mesure, c'est bien ficelé, bien amené... sauf que ça passe un peu vite d'un jour à l'autre, et que ça gagnerait à être un chouilla développé.

J'aime particulièrement les italiques (les résonances, la résonance) bien que par moment, ça gagnerait à être aéré. D'ailleurs je trouve ces passages poétiques, un peu comme des gifles de froid sur l'échine...

Un plus à la fin pour la cohérence, j'aime quand ça se tient.

Bref style sympa, histoire sympa, un rien trop court mais agréable.

Merci. Au plaisir de te relire.

   Anonyme   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Style étrange mais que j'aime étonnement beaucoup (alors que d'ordinaire moi, le spécial ça ne m'attire pas.) qui donne vie à cette nouvelle, à ces mots.

J'ai tout lu d'une seule traite avec un immense plaisir, un brin de détresse aussi.

La fatalité, joli thème parmi d'autres traités ici.

J'ai passé un agréable moment.

Au plaisir de te lire

   Anonyme   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

l'idée de faire parler la mer m'a semblé bonne et sa mise en oeuvre réussie. Je suis plus sceptique sur la construction du récit. La succession un peu monotone des jours qui se résume à observer le temps pour savoir si on va à la mer ou non m'a plutôt ennuyé. Car, en dehors de la mer -et si l'on excepte la scène de la goutte sur la fenêtre- il ne se passe pas grand-chose, tu restes très en surface, l'éducateur n'est même pas nommé (d'où une répétition du terme assez agaçante).

Du coup, je me demande s'il n'aurait pas mieux valu tout grouper sur une journée, où l'ado aurait été peu à peu conquis, apprivoisé par l'élément liquide, sans qu'on ait à se "payer" la narration du type journal sans intérêt ici. La progression de son abandon aurait été plus sensible je pense et le "dialogue" avec la mer (mais non, je ne pense pas à véronique Jeannot ! rires) plus visuel et plus sensuel, et la nouvelle aurait gagné en intensité.

Ou bien, selon moi bien sûr, si tu restes dans ta structure narrative, il aurait fallu densifier les passages hors océan, les rendre plus vivants, plus attachants et ne pas en faire un simple fond d'écran.

Voilà, sinon, rien à dire sur l'écriture, elle me semble toujours aussi intéressante.
Bonne continuation.

   Selenim   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte, une ambiance.

Les jours qui s'enchainent comme les vagues qui viennent mourir sur la plage, les interrogations de la mer qui se précisent avec les lunes passées. J'ai vu une image maternelle dans cet océan total et rassurant. Cette attirance viscérale que l'ado montre pour rejoindre cette mer(e) qui lui fait défaut depuis qu'il n'est plus le même.

La chute est passable, car même si elle implique le titre du texte, elle est totalement dépourvue de la poésie qui saupoudre le reste du récit.

Selenim

   Lapsus   
12/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comment oublier que l'être humain est composé d'eau et que toute vie est arrivée par elle ?
Cette nouvelle d'essence fantastique nous le rappelle fortement, à travers cette rencontre et ce dialogue mettant en résonance un adolescent et la mer.

Cette résonance d'ailleurs ira crescendo, passant d'un premier contact et la découverte :
"Un être communiquant.

C’est tellement rare, inattendu...

Je me concentre, je veux le trouver, lui seul parmi les milliards qui m’entourent, m’assaillent, vivent et meurent en moi.

Voilà, je me fais goutte et je l’écoute, il est là, je l’entoure et le caresse : il me comprend, il me ressent, il veut savoir, apprendre. Je peux lui répondre."

à la submersion :
"Je te sens proche, si proche de moi...

Méfie-toi, tu le sais, si je t’entraîne dans mes ivresses, dans mes profondeurs et mes envolées, sauras-tu revenir ? Tant d’autres s’y sont perdus, noyés.

Je ne peux rien pour toi.

Je suis au-delà de toi.

Écoute..."
La mer elle-même est incapable de retenir ses débordements ; comment le liquide céphalo-rachidien à la composition si proche et avec laquelle elle entre en résonance le pourrait-il ?

Cette mer a l'intelligence et la perception de l'Océan de Solaris, la nouvelle éponyme de Stanislaw Leem.
C'est dans la présente nouvelle le personnage anonyme le plus pensant, le plus enclin à l'expression, voire à la poésie.

Le texte atteint son but et confère à l'eau élément une dimension panthéiste.

   shanne   
12/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'ai aimé. La présentation, avec les passages mis en italique, me fait penser au flux et reflux de la mer. La vague est présente, arrive vers le gamin qui peut toucher l'écume, elle prend de la force et le submerge. En parallèle, le liquide produit par le cerveau commence à gagner du terrain, les premiers signes sont là: la nuit agitée...il continue son œuvre, l'envahit et prend la vie du gamin
Merci à vous

   LeopoldPartisan   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bluffé, je suis bluffé. Triste parce que en quelques lignes je m'étais très vite attaché à ce petit monde tout en empathie. Triste parce que je les trouvais tellement humain et sans qu'une once de pitié m'ai traversé l'esprit. Triste parce que la scène finale de par sa taille m'a plongé à toute vitesse dans ce drame d'où heureusement l'empathie n'est jamais absente. Triste d'avoir ressenti aussi fort le propos si juste de Perle-Hingaud. Si ce n'était aussi triste je dirais mais c'est magnifique, ce que tu m'a fais ressentir et aussi peu de temps. Bravo et merci pour autant d'humanité. Là vraiment pour moi tu as accompli une prouesse. Je suis FAN.

   florilange   
23/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très belle histoire, poétique, sans réel pathos, puisque l'ado n'a pas d'identité, même pas de prénom. Il repart comme il était venu, sans bruit. A-t-il seulement des parents? On ne les voit pas, même après sa mort. Personne n'y peut rien, personne n'est responsable. L'animateur fait sérieusement son boulot bien payé. Les autres jeunes handicapés sont transparents.
Il n'y a que la mer, qui prend toute la place, qui mène le jeu.
Étonnant. Détaché. Efficace.
Merci de cette lecture,
Florilange.

   widjet   
30/11/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Il y a de l’idée, c’est certain. Une relation étrange, un « non-dit » entre un enfant malade et l’océan, forcément cela promet beaucoup parce que cela fait interpelle et fait appel à la poésie et à l’innocence et en deuxième lecture à un amour parental (Mer-Mère). Ici, c’est la rencontre en quelque sorte de deux « absents » qui utilisent un autre langage que le verbe, quelque chose de télépathique. Encore une fois l’idée était séduisante, mais pour transformer cette promesse, il aurait fallu que la forme puisse suivre. Pardon, mais ce n’est pas le cas.

Pareil au précédent texte, la construction est bancale, un peu négligée si j’ose dire (en tout cas d’apparence). Ce que je veux dire c’est qu’outre ce qui a été écrit en italique, on a l’impression (je dis bien l’impression) que ce qui gravite autour de la relation Enfant-Mer c'est-à-dire le déroulement des journées passées , les descriptions, les autres personnages (comme l’éducateur, cet homme sans visage qui n’est pas exploité…un peu plus d’envergure n’aurai pas nuit, je trouve car cet homme aurait pu être un spectateur de ce qui se passe et quelque part une projection du lecteur) ne passionnent guère l’auteur comme si Perle était seulement centré sur cette « aventure muette » entre le gamin & la Mer. C’est franchement dommage selon moi car en travaillant davantage l’enveloppe du texte (par exemple en faisant mieux sentir le caractère répétitif de certaines actions – comme le transat à la même place – peut-être insister sur ces gestes qui sont toujours les mêmes…) on aurait pu donner un aspect indolent voire hypnotisant au récit (je ne sais pas si je suis clair, désolé).

Même si le texte est différent, j’ai pensé – dans l’intention - au superbe texte RENZO « dans l'âme d'une baleine », mais hélas pour le texte de Perle, la comparaison ne va pas plus loin à cause notamment de l’absence de poésie dans les mots même.
Les paroles de l’Océan sont, à mon sens, trop verbeuses, avec trop de questionnement, peu de place à la poésie finalement, et aussi à quelque chose de plus énigmatique, de plus vaporeux. Et donc cela annihile le caractère hypnotique, fascinant qui aurait du gagner le lecteur que je suis. J’aurai préféré (mais cela n’engage que moi) un style beaucoup plus sobre, moins bavard, et autour de ces phrases clés une véritable ambiance pour emporter le lecteur dans quelque chose de plus diffus, de plus mystérieux…avant le grand tourbillon final.

Bref comme je l’ai dit une idée sympa en grande partie gâchée par une écriture assez quelconque.

W

   Pattie   
27/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime beaucoup, je trouve l'idée excellente et les moments où la mer parle réussis. Mais j'aurais préféré sans l'éducateur et son point de vue, que je trouve inutile. Il me perturbe la poésie bizarre du texte.

   Flupke   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte bien écrit, poétique, philosophique presque.
Je reste légèrement sur ma faim.
Cette alternance des messages de la mer (ou de la terre, style Gaïa) avec la narration est une bonne idée.

   micdec   
7/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Perle-Hingaud,

Votre nouvelle résonne encore en moi.
Tout est très juste. Le ton, l'observation, le manque de bébêtisme, l'inéluctabilité de l'absence.
Que ce soit bien écrit est - presque - une évidence.

Je ne peux rien pour toi
Je suis au-delà de toi
Ecoute...

Calme et clair et vaguement - excusez l'allusion facile - comme "Un jour rêvé pour le poisson-banane".
Je ne sais pas si j'ai adoré mais votre texte et ses images me poursuivent.
Peut-être pas un Grand Merci parce que cela manque de joie claire :-)
Un Merci sincère tout de même pour cette lecture si nécessaire, parfois.

   Menvussa   
17/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Une histoire qui capte l'attention, bien écrite. Une ambiance, une idée originale cette communion entre l'esprit de la terre, l'eau ou plus simplement une sorte de reste de mémoire collective enfouie et qui envahie cet esprit d'enfant malade qui ne correspond plus ou peu avec son entourage. Une fin un peu précipitée à mon goût, qui nous rappelle brutalement à la réalité et le côté fantastique s'envole.

   Taice   
9/4/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve ce texte original et très accrocheur. On veut savoir à quoi ce lien entre la mer et l’enfant va mener. Le gamin s’est fermé au monde réel et au contact avec ses semblables pour s’ouvrir à un monde invisible, qui n’existe pas pour le commun des mortels. C’est un thème qui me fascine car tu ouvres une porte vers l’inconnu et donc vers la poésie, suggérant une vision du monde harmonieuse, un peu bouddhiste (ou façon James Lovelock, comme l'on dit d'autres lecteurs) où les êtres et les éléments sont liés. Pourtant, la chute semble contredire tout l’univers posé dans l’histoire. C’est une douche froide cartésienne - assez triste - qui implique que tout ce qu'on a lu jusque-là, ce lien poétique entre la mer et l'enfant, n'était qu'une vue de l'esprit. Au contraire, j’aurais bien vu une fin dans la lignée de cette vision harmonieuse, où l’enfant rejoindrait sous une autre forme (éthérée?) ce grand tout apaisant que représente la mer, mais bon, c'est peut-être mon côté sentimental ou mon envie de croire. D’un autre côté, cette fin fonctionne en tant que chute, car on était parti dès le début pour un trip surnaturel. Donc le contrepied rationnel est malin mais un peu frustrant pour moi.

Un truc qui m'a gêné et qui renvoie un peu à la remarque de Widget sur la forme: la façon dont la mer s'exprime est un peu trop humaine et sophistiquée, voir affectée, alors qu'on imaginerait une entité intelligente certes mais plus impersonnelle, comme une présence fantomatique.

Exemple:
"Presque quatre milliards de révolutions autour du Soleil, peux-tu imaginer, pour que j’apparaisse dans ma perfection actuelle, plages et falaises, failles abyssales et longues embouchures..."
Ca fait bizarre d'entendre cette entité se commenter elle-même (comme fascinée par elle-même) avec un vocabulaire scientifique digne d’un documentaire. Pas évident d'imaginer comment un océan doit "s'exprimer", et j'avoue que c'est une gageure de trouver les mots justes. Peut-être faudrait-il simplement enlever quelques mots inutiles.

Exemple:
"Respire doucement, respire avec moi, suis mon rythme sans fin, le flux et le reflux, ici et ailleurs, je suis partout dans ce monde et tu ne le savais pas."
J'aurais vu plutôt: "Respire doucement, respire avec moi, suis mon rythme, flux et reflux, ici et ailleurs, je suis partout".

Donc, dans les passages où je devrais être immergé comme le gamin, hypnotisé par l’entité liquide, les mots que tu prêtes à la mer me font un peu tiquer. Si je peux me permettre une analogie avec la musique, je verrais bien ces passages portés par une musique planante, enveloppante, mais tu nous mets un orchestre symphonique à la place.

Malgré ces petites faiblesses, tu m'a vraiment embarqué dans ton histoire. Merci pour le voyage.

   Anonyme   
12/7/2013
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Je n'ai pas trouvé un grand intérêt à lire cette prose poétique. Aucun rythme, une construction banale et une chute sans saveur.
J'ai pas eu le courage de relire des fois que quelque chose m'aurait échappé.
La magie de la mer n'a pas opéré sur moi.
Le destin de cet enfant ne m'a pas ému.
Une suite d'effets pour donner de l'épaisseur à ce texte ne semble pas avoir fonctionné. Le thème de cette nouvelle était trop mince.
Mis à part sublimer cette mer qui est par définition sublime et inquiétante : what else ?

   GLOEL   
3/3/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une mer qui parle à un adolescent handicapé mental.
Est ce un appel à la mort, à la noyade?
Chronique d une mort annoncée! La mer et la mort : y a t il résonance?
Est ce le chant d ivresse des sirènes?

Nous ne saurons plus jamais...


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