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phoebus : Journal du néant
 Publié le 09/06/12  -  12 commentaires  -  13273 caractères  -  195 lectures    Autres textes du même auteur

Mardi 22 mai 2012
Je viens de me demander à quoi ça sert d'écrire : ainsi, je pense détricoter la prison intérieure, ou plutôt la toile dans laquelle je me sens pris. Mais, c'est illusoire car je crois qu'on ne peut que tricoter.


Journal du néant


Only the most ridiculous parts of this story are true.


Message in a bottle

Mardi 15 mai 2012, 12 h 30

Dernière bouchée de poulet au goût faisandé, indigestion, la tête toute bizarre, réactivité au taquet, esprit lourd, les yeux rouges qui picotent, difficulté à rassembler mes idées…

Mercredi et jeudi : sommeil très peu récupérateur, insomnie matinale, je suis réveillé par une tachycardie sur les coups de 4 heures du matin.

Ce qui est étonnant c’est que ça commence toujours de cette façon : un aliment au goût bizarre plutôt amer qui crée des ballonnements puis toute la série de symptômes suit.

Là maintenant je ressens une migraine.

Une certaine volubilité me gagne.


Une histoire de pouce

Lundi 14 mai, 17 h 30 – 19 h 44

Un pouce (comme quand on fait du stop) surgit de façon tout à fait insolite, hors contexte, pendant un cours particulier n’ayant aucune signification rationnelle par rapport au vécu du moment sauf à être interprété dans la symbolique de l’inconscient, alors, j’ai demandé pourquoi ce pouce brandit comme un signe de réussite de quelque chose dont j’ignore à ce jour la nature, mais pas d’explications de l’enfant qui s’adressait dans ce geste furtif à sa sœur. Ce geste resté sans explications pour cet intellect qui veut donner raison à tout m’a intrigué et continue de m’intriguer.

Le lendemain, je tombe sur un dessin humoristique d’un quotidien qui met en scène un pousse-pousse et aussitôt je pars dans une association d’idées. Le soir même je tombe sur un film qui met en scène un pouce dans une scène plutôt sanguinolente.

Je raconte, à un membre de ma famille, une rencontre avec deux policiers dont l’un deux m’interpella en me disant qu’il était un de mes anciens élèves, et je reçois comme réplique « pour entrer dans la police il faut juste un coup de pouce ».


Faut vous dire que la veille j’avais été fort intrigué par une scène de classe où dans un mots-croisés les élèves devaient donner le contraire du mot pousser aucun d’eux ne le put ou ne le voulut ce qui m’a fortement étonné de l’un d’eux dont je connais pertinemment le niveau. Malgré mes mimiques de ce geste, je n’ai eu aucune réponse.


Lej u sencore lej u sou comment danser avec les robots

Dimanche 20 mai 2012

Je me lève patraque : les yeux injectés de sang, larmoyants et toujours avec cette sensation de picotements. Souvent, je m’éveille la nuit avec l’impression que mes paupières sont collées et il me faut un effort colossal pour les ouvrir. Fait surprenant un lycéen à qui je donne des cours particuliers a les yeux dans le même état que les miens : les petits vaisseaux sanguins qui irriguent l’œil sont saillants et rouges et ses yeux larmoient. Je me dis que cette journée va être une journée pour les bookmakers. En voulant mettre mes lunettes je m’aperçois qu’une des branches s’est tordue au cours de la nuit. Je regarde un film : « Le diable et les dix commandements » une scène marque mon esprit : on y voit trois policiers et celui du milieu porte un képi sur lequel un X a été tracé. Cela me confirme que la journée sera bizarroïde et jalonnée par les équipes. Je dois me rendre au collège et au moment de m’habiller je vois que le temps s’est rafraîchi, par conséquent il faut mettre un POLO dont la couleur est choisie en fonction du ciel gris d’aujourd’hui. Une fois dehors, les faits se confirment, en passant près d’un vendeur ambulant je l’entends dire distinctement seize, seize… à maintes reprises en jetant un regard furtif sur mon POLO. L’équipe est bien en place. Au loin, j’aperçois la guêpe qui déambule. J’arrive dans une rue où il y a des mendiants et je donne une pièce : d’habitude ils sont plusieurs mais aujourd’hui il n’y en a qu’un parce que le temps est pluvieux. Je me dis que je vais être abordé par les équipes au cours de mon chemin. Je croise celui que j’ai surnommé le scorpion car un jour il m’a abordé en me demandant comment on disait scorpion en français ; juste au moment de notre rencontre une fillette parlait en français à sa mère il est alors parti dans un délire de traduction de mots en français. J’attends avec impatience le moment où je vais croiser les fourgons transportant et vendant du jus. C’est comme ça à chaque fois dans ces journées classées X. Je me fais aborder par un homme d’âge moyen qui tend la main pour mendier, je me dis qu’il est en état de travailler plutôt que de mendier quoiqu’on n’est jamais sûr de rien J’arrive chez le boulanger qui la veille a attiré mon attention en me remettant mes baguettes de pain, par un geste furtif comme pour me dire que c’était du pain au TNT ; ce n’est pas le vendeur habituel auquel j’ai affaire. En sortant, je vois une femme qui mendie et je donne une pièce. C’est dans ces journées que je croise énormément de mendiants en ville, tout le long du chemin. Effectivement, je croise un premier fourgon de jus puis un autre.


Je ne suis qu’un bateau de plaisance (hchicha talba maïcha)

Lundi 21 mai 2012

Apparemment, il y a une équipe qui s’impatiente et qui perd son sang-froid. En effet, au sortir du collège une pierre vient frapper violemment le portail juste au moment où je passe le seuil. De plus, les appels téléphoniques se font de plus en plus insistants (un jour, je vous raconterai le réseau téléphonique). Il semblerait que certains exigent de « prendre leur pied » à moins de semer la zizanie. Mes chers, pas de menaces ! Pour plus de clarté il faut savoir que l’étymologie de cette expression « prendre son pied » vient, d’après la petite lucarne, de la piraterie et signifiait à l’époque prendre sa part de butin. Nous sommes donc dans une ère de flibuste moderne et urbaine où l’on tente l’abordage de vaisseaux fantômes mais bien réels dans l’imaginaire de nous autres. Pendant de nombreuses années, il y avait en classe des élèves qui à chaque séance se devaient de lacer leurs souliers de manière ostensible et cela à des périodes précises de chaque mois. Allusion plus ou moins voilée à l’expression précédente. Aujourd’hui, plusieurs éléments de l’équipe m’ont désigné d’un balancement du pied et même ponctué d’un crachat, cette transaction sonnante et trébuchante comme si j’étais la Providence. Un passant qui passait m’a même cogné le pied avec le sien en voulant me dépasser, dans quelle époque vivons-nous ? L’étymologie du mot cogner est, elle aussi, très instructive. De plus d’après Alain Delon dans la dernière réplique culte de « Borsalino » : « La Chance, ça n’existe pas. » : comment une idée peut ne pas exister alors que son nom existe ? Peut-on avoir l'idée de donner un nom à ce qui n'existe pas ? La petite lucarne nous informe qu'un énième concours de robots se déroule en Chine : étrange info récurrente comme les marronniers où des robots flottant sur l'eau disputent un match en poussant une balle rouge. Juste après un sentiment de défaite m'envahit de façon incompréhensible alors que je ne suis engagé dans aucune bataille. Ou c'est peut-être la phrase « le clown tombe » perçue de manière subliminale, qui s'est insinuée dans mon esprit. En cherchant ce qui a pu faire surgir ce sentiment, je m'aperçois qu'il s'estompe : ça y est j'ai trouvé c'est une série de nombres que j'ai vus apparaître sur l'écran de mon ordinateur qui m'a foutu le cafard : 119 - 47- 59… Je vous raconterai un jour leur sens caché.


On se poile bien avec l'irrationnel

Mardi 22 mai 2012

Je viens de me demander à quoi ça sert d'écrire : ainsi, je pense détricoter la prison intérieure, ou plutôt la toile dans laquelle je me sens pris. Mais, c'est illusoire car je crois qu'on ne peut que tricoter. Mais mettre sous forme d'écrit ce qui nous traverse l'esprit ou du moins ce qui nous semble crucial à nos yeux, c'est-à-dire ce qui pourrait nous faire évoluer vers un nouvel état de découverte de nous-mêmes, nous fait aller en terre inconnue, sachant qu'on ne peut partir que du connu pour aller vers l'inconnu. C'était ma minute mystique. C'est sûr, c'est encore une histoire de manque à combler, mais lequel ? Après m'être détaché de ces lignes, je me sens envahi par un sentiment de ridicule car j'ai l'impression que je passe d'un interlocuteur à l'autre, c'était moi au début lorsque j'écrivais et puis c'est devenu autrui qui me lisait en se barbant. C'est vrai après tout à qui je m'adresse ? Je ne suis qu'autrui finalement si c'est à son aune que j'estime mes propres pensées. Il FAUT QUE JE ME RECENTRE SUR MON CÔTÉ IRRATIONNEL, il me met dans un état euphorisant et puis je rigole bien avec lui. J'espère qu'en terme de néant, je tiens mes promesses. En disant cela je veux paraître celui qui a du recul par rapport à ce qu'il dit. Comment je procède aujourd'hui pour écrire ? J'écris quelques idées qui me viennent à l'esprit puis je passe à autre chose : je regarde « Stone » (c'est le cas de le dire) avec Robert De Niro, et en regardant le film, je repense à ce que j'ai écrit mais cette fois en me décentrant, je me mets dans la peau du lecteur-juge et j'analyse les sentiments que provoquent en moi les remarques de ce critique et souvent c'est le sentiment de ridicule qui m'assaille.

C'est incroyable comment les films sur lesquels je tombe par hasard entrent en écho avec mes états d'âme du moment. Les situations vécues par les personnages, les thèmes abordés sont à chaque fois des réponses au cordeau à des questions que je me pose à ce moment-là. Faut vous dire que je choisis les films en lançant ma souris au hasard sur les titres de films et pourtant il y a toujours un lien direct avec le mélodrame intérieur que je me raconte. J'espère que je ne vais pas rompre ce charme magique en l'énonçant.


Arrêt sur image :O P É R A T I O N CHAKHCHOUKHA

Lundi 21 mai 2012, 17 h – 18 h

Je pars donner un cours particulier ; je monte dans le bus de la ligne n°7. Je devine autour de moi une certaine fébrilité. À l'avant-dernier arrêt, l'annonce est faite « Chakhchoukha » lance un passager au moment de descendre : ce qui m'indique en même temps quelle est l'équipe engagée. Dans les maffias du fric, on fêtait une affaire rondement menée par une chakhchoukha arrosée de vinasse. Le chauffeur confirme le tout quelques instants plus tard en déclarant à un de ses partenaires du réseau qu'il ressent des douleurs sur tout le corps, ce que l'autre lui confirme par un large sourire : les douleurs osseuses sont le signal de la mise en branle et de l'activation d'une opération de grande envergure. En général, elle est chapeautée par les hautes instances et les gradés du réseau. J'arrive au domicile de mon élève ; depuis deux semaines une de leurs voisines, une fillette de six ans environ qui m'a dit s'appeler Sarah, accourt jusqu'à leur perron à mon arrivée mais aujourd'hui, elle n'est pas là. La première fois, elle a attiré mon attention par un geste plutôt étrange : elle a mis son majeur dans la bouche puis elle s'est mise à dessiner avec son doigt sur la porte en fer de la maison. On m'annonce l'annulation du cours prévu et que l'élève est partie chez ses voisins. Sur le chemin du retour, je me fais arroser d'eau, je regarde autour de moi, je lève les yeux vers les balcons mais comme je marchais sur la chaussée cela ne semblait pas provenir d'une maison… quoique, comme cela venait de ma droite… Plusieurs fois, le gicleur du lave-vitre d'une voiture qui était tourné vers les passants m'a déjà aspergé d'eau de cette façon. Dans des opérations antérieures on a utilisé cette technique d'arrosage et bien d'autres que je vous raconterai un de ces quatre. C'était souvent lors des journées de championnat de football où l'excitation des esprits était à son comble.


En direct de l'hippodrome

Mercredi 23 mai 2012

Je m'habille pour aller faire les courses mais au moment de choisir un pantalon un élément décisif oriente ce choix. Je sors, une effervescence inaccoutumée m'accueille au bas de l'escalier de mon immeuble où sont installés des vendeurs, qui devraient être à la sauvette, à même la rue qui est contiguë à un terre-plein servant à la fois de décharge publique et de marché. Comme à mon habitude je passe par une rue où se trouvent des mendiants, je donne successivement quatre pièces avec pour principe de sortir une pile puis de donner la pièce qui se trouve au sommet. Arrivé au rond-point, je tombe sur la banderole qui annonce le combat des gladiateurs. Je me sens poursuivi par une multitude de téléphones en recherche du réseau morphique. Je passe devant mon collège et j'aperçois un énième gladiateur en train de triturer son portable. J'achète mon pain mais en ressortant de la boulangerie je suis arrêté par un quadragénaire bedonnant qui me demande avec une supplique dans la voix vingt dinars, je mets la main à la poche et je lui donne la pièce du dessus de la pile : cent dinars. Je sais qu'il n'est pas là par hasard car dès que je suis parti, il s'est lui aussi éclipsé. En allant acheter de l'eau minérale j'aperçois au loin une femme en train de mendier devant une boulangerie, je lui tends alors une pièce de vingt dinars. Un étrange sentiment s'est emparé de moi lors de ces courses c'est comme si j'étais réellement engagé dans cette guerre souterraine et même en la relatant je sens en moi cette impression d'être en lutte contre un adversaire invisible, un peu comme Don Quichotte, quoi !


 
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   socque   
23/5/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah, j'aime bien. Bon, par moments le côté loufoque du texte a fait naître l'ennui chez moi, je ressentais comme une rupture d'équilibre, un trop-plein d'arbitraire, mais dans l'ensemble je trouve que vous parvenez assez bellement à introduire une logique "autre" dans le récit. J'ai l'impression d'un univers cohérent, même si cette cohérence, en gros, m'échappe. C'est étrange et dépaysant.
Dans cette optique, pour moi, le narrateur n'est pas fou, il rend compte de son expérience dans un monde où d'autres lois s'appliquent. Et ça, franchement, je crois que c'est pas évident à provoquer comme impression...
Un bémol sur "On se poile bien avec l'irrationnel" (dommage, j'adore le titre), mais ça vient de moi : les textes mettant en abyme l'acte d'écrire ont tendance à m'agacer.

   monlokiana   
9/6/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Par moment c’est philosophique et j’ai bien aimé cette réflexion :

"Je viens de me demander à quoi ça sert d'écrire: ainsi, je pense détricoter la prison intérieure, ou plutôt la toile dans laquelle je me sens pris. Mais, c'est illusoire car je crois qu'on ne peut que tricoter. Mais mettre sous forme d'écrit ce qui nous traverse l'esprit ou du moins ce qui nous semble crucial à nos yeux, c'est à dire ce qui pourrait nous faire évoluer vers un nouvel état de découverte de nous même, nous fait aller en terre inconnue, sachant qu'on ne peut partir que du connu pour aller vers l'inconnu."

J’ai plutôt remarquer que la nouvelle, au début, avait du mal à demarrer avec certaines phrases mal faites et quelques petites fautes. J’ai commencé à vraiment sentir l’intérêt de l’histoire vers la fin. En fin de compte, c’est une histoire (des passages de vie) intéressante, en la retouchant par ci par là, elle serait pas mal.

   Melilot   
6/6/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'abord il y a une petite confusion dans les dates mais je me demande si c'est vraiment important finalement. Ensuite, si j'ai bien compris, c'est un professeur qui parle et c'est vrai que j'en ai parfois croisé de bizarres. Ce n'était donc pas qu'une impression.

J'ai adoré. Merci à l'auteur de nous faire partager son imagination débordante et de nous offrir un texte plein d'humour et qu'on dévore avec délectation. Je dois dire que j'ai gloussé plus d'une fois et c'est bon.
Mention spéciale pour " j'ai l'impression que je passe d'un interlocuteur à l'autre , c'était moi au début lorsque j'écrivais et puis c'est devenu autrui qui me lisait en se barbant".
En tout cas, je ne me suis pas barbée.

   placebo   
9/6/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte intéressant. Par moment, j'ai eu du mal à lire, un peu d'ennui, envie de quitter, mais je me suis accroché et je pense que le résultat en valait la peine :)

J'aime certains côtés du narrateur : le sentiment que pour lui tout est relié (il le dit d'ailleurs entre son état d'esprit et le film qu'il regarde) dans le monde autour, le phénomène de prédiction/bon ou mauvais jour, certains gestes absurdement accomplis faisant penser à des Toc.
J'aime moins l'aspect un peu lénifiant de certaines phrases, on ne sait pas où on va, quel est le but du texte. Certes, ça peut coller avec le "message in the bottle" et le sentiment de désorientation, mais j'ai surtout failli être perdu moi.
Ça me rappelle un livre de Doris Lessing, "la descente aux enfers", que malgré mes efforts je n'ai pu réussir à lire (et pourtant j'aime cette auteure).

Certains éléments reviennent de façon récurrente (les élèves, la langue anglaise), mais je n'ai pas pu déterminer en une lecture quel était le contexte exact.

Globalement, un peu déçu par le texte. Mais j'attends le suivant de l'auteur, sur un registre moins égocentrique du narrateur :)
placebo

   AntoineJ   
10/6/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
plein d'idées et pleins de "concepts" à découvrir ... j'ai du aller plusieurs sur internet pour me renseigner ou vérifier un point particulier ... par contre, la sauce entre toutes ces saveurs est trop discrète ... impression de passer du coq à l'âne, de suivre une flanerie sans queue ni tête ...
bref, j'ai été jusqu'au bout, sans déplaisir, mais sans réel intérêt non plus.

   Pepito   
11/6/2012
Au début quelques enchainements alambiqués : « la tête toute bizarre > réactivité au taquet », « aliment gout bizarre > migraine > volubilité »
Puis tout du long une écriture très agréable, avec une pointe d’ironie sous-jacente, faisant remonter le plaisir d’écrire de l’auteur. Avec mon point préféré « J’espère que je ne vais pas rompre le charme magique en l’énonçant ». On continue de même, sans trop avoir à se forcer, jusqu’au point d’exclamation final…

La nouvelle parlait de quoi déjà ?...

Bonne continuation.

Pepito

   brabant   
21/6/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Phoebus,


"Laboniris", il faudra que vous m'expliquiez ce que vous avez voulu faire... "Journal du néant"... ah oui ! je comprends mieux. Mais pourquoi ce texte a-t-il un début et une fin ? Mardi 15 mai 12 h 30... ... Mercredi 23, avec des remords, des heures ou pas, cahin-caha. En fait on est bien dans le néant. D'un temps fou fou. Pas de logique interne du moins. Les paragraphes sont cycliques, semblent se répéter comme un exercice de style (lointaine influence de Queneau ?).

Je me dis (un peu agacé) : mais pourquoi irais-je chercher à comprendre tout cela ? Il y a peut-être quelque chose à comprendre, peut-être rien. Le but est d'ailleurs peut-être d'égarer, de montrer effectivement que l'écriture peut produire du néant, peut-être dire que toute écriture produit du néant, pas sûr ? Mais si, il suffit de déplacer le code. Et inversement en déplaçant le curseur le néant peut devenir du sens. Ou bien c'est le néant lui-même qui est sens.


A certains moments, fugaces tout de même, j'ai l'impression de lire du Baricco ou d'avoir affaire à Monsieur Plume... et ça suffit à mon bonheur. Pour solde de tout compte.

   matcauth   
5/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Phoebus,

c'est un texte intéressant, je dois le dire mais, après avoir lu les autres commentaires, je m'aperçois que le même sentiment revient : des idées, des concepts, mais manque un fil rouge.

J'ai cru comprendre que les films arrivaient à l'écran au moment même où le narrateur songeait aux idées débattues dans ces mêmes films. N'est-ce pas l'inverse, autrement dit le cerveau qui est opportuniste et s'adapte aux idées du film ? et de là, peut-être, j'imagine un narrateur perdu par la quantité monstrueuse d'informations véhiculée par une quantité monstreuse de médias. Le cerveau subit des influences de toute part, s'adapte, se redéfinit et, finalement, ne sait plus trop d'où il vient.

Le texte suit ce concept : il zappe, passant d'une idée à l'autre, au rythme fou d'une vie trop rapide ou trop puissante pour nous et, en l'occurrence, pour le narrateur.

Peut-être s'agit-il simplement d'un journal intime où s'empilent les idées du narrateur, jusqu'à former un texte où on va essayer, à la Mulholland Drive, de décrypter quelques fils conducteur et de s'y retrouver.

Bref, voulu ou pas, le texte est à l'image de l'esprit embrouillé du narrateur (qui qu'il soit), embrouillé à dessein et alors il nous livre son bouillon, ou alors embrouillé désespéré, et alors il nous appelle au secours.

Ce texte évoque et retranscrit bien le monde dans lequel nous vivons. Si on essaye de le comprendre, on deviens fou, ou, au mieux, on s'y perd.

C'est intéressant, c'est une exploration qui peut déplaire et je salue le risque pris. Malheureusement, on aime toujours les bonnes vieilles histoires qu'on comprend bien. Ce n'est pas le cas ici et l'appréciation se fera, peut-être au gré des envies d'approfondir de chaque lecteur.

Un travail intéressant, vraiment.

   MissNode   
25/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve très réussi (incapable d'analyser par quels procédés) :

- que le "réel" du personnage et son contexte surgisse par petites touches glissées au fil d'un récit qui lui, est justement "hors réel"; j'aime, en tant que lectrice, avoir cette illusion de reconstituer par moi-même le décor, le mode de vie, la personnalité...

- cette balade dans le "néant" du narrateur, produite par une prouesse de croisement entre rêves, associations d'idées, réflexions philosophiques, pensées magiques par moment... balade presque rassurante quant aux états que nous traversons tous, chacun avec sa singularité (les interpellations au lecteur en sont pour quelque chose "faut vous dire" "je vous raconterai"... )

Je reste frustrée de rester dans le "néant" à la fin : me manque une bonne vieille chute, où "néant" et "réel" se rouleraient une belle pelle pour conclure philosophiquement, et qui me permettrait de sentir que le professeur est légèrement différent en fin de nouvelle, par rapport au début.
De même, j'aurais aimé sentir que chaque jour marque une progression, un approfondissement ou un décollage : parfois je me suis ennuyée (comme dans le néant, peut-être?)

   Taou   
27/7/2012
Complètement irrationnel, un journal du néant en effet. Soit l'auteur est un génie au style incompréhensible soit c'est juste un amateur qui fait de l'a peu près dans l'espoir que ça morde. On comprend que c'est un journal intime, donc on a droit a des morceaux de vie mais puisqu'il n'y a aucune ligne directrice, on en ressort soit frustré, soit amusé, soit les deux, ce qui est mon cas.

   David   
27/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Phoebus,

Un drôle de récit, les dates ne semblent pas vraiment marquer une chronologie, la "volubilité" de la fin du premier passage se traduira justement par un "silence" de cinq jours, et dans le texte par un passage daté de la veille. Ça ne m'a pas empêché de lire de droite à gauche et de haut en bas, et à y repenser, le texte prenait dès le début une forme assez intestine, avec des entrelacs faussement labyrinthique entre le début et la fin. Pas vraiment de risque de se perdre je crois, ça ressemblerait à un jeu d'enfant prenant des parts du réel pour l'associer à son imaginaire, comme de se cacher d'un adulte en le qualifiant de sentinelle ou d'indien, mais c'est un peu plus compliqué dans le texte, j'ai eu l'impression de plus deviner le réel que l'imaginaire.

J'ai pensé au "festin nu" de William Burroughs aussi, il y a un peu la même impression de paranoïa sur la fin, mais sans l'atmosphère psychotrope, le narrateur semble plus fou, ou léger plutôt, que sous l'emprise d'une drogue hallucinogène.

J'ai bien aimé les nombreuses promesses de raconter une chose ou l'autre, qui resteront peut-être non tenues... ça fait un peu comme des arbres cachant la forêt, et c'est un peu le thème du texte j'ai eu l'impression.

   hersen   
4/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"On se poile bien avec l'irrationnel"

Voilà sans doute la révélation de ce texte.

Nous sommes brinquebalés au rythme des pensées loufoques de l'auteur. Nous sommes baladés du coq à l'âne, d'ailleurs ça commence par du poulet indigeste.

En fait, ce genre de lecture est du plaisir pur car on n'a pas, mais alors absolument pas idée de où s'en va l'auteur. Je pense que selon les lecteurs, on galope derrière, on trottine ou on marche à son pas, si on a la santé. Mais on n'est jamais devant ! Pour ma part, j'ai fait un peu tout ça, même si j'ai plus galopé derrière que marché à son pas.

Ma réaction devant ce genre de texte est purement et simplement un mystère : je découvre que je n'ai pas besoin de comprendre rationnellement (parce que du coup, ce ne serait plus poilant du tout et surtout, ça perdrait sa beauté) mais que j'ai juste à me laisser emporter par tout ça, à me laisser vivifier.

Merci.


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