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Réalisme/Historique
plumette : Cadeau
 Publié le 16/11/16  -  19 commentaires  -  12790 caractères  -  114 lectures    Autres textes du même auteur

C'est parfois quand on ne l'attend plus qu'il arrive…


Cadeau


L’année 2015 avait été calamiteuse sur tous les fronts et j’étais très impatient de changer de millésime. C’était devenu mon seul espoir d’enrayer une série d’évènements qui déstabilisaient en profondeur l’équilibre que j’avais construit péniblement.

Je pointais à Pôle emploi depuis plus de six mois, ma copine venait de me lâcher pour son ostéopathe qui n’avait sûrement pas mis longtemps à trouver son point G et deux méchants épisodes de coliques néphrétiques m’avaient permis d’expérimenter les douleurs de l’enfantement.


Par sens aigu du devoir, j’allais chaque samedi rendre visite à ma vieille mère édentée et désorientée. Nous jouions aux dominos, je la laissais gagner pour le plaisir de voir dans ses yeux cette petite lueur malicieuse devenue trop rare. Elle me prenait souvent pour mon frère, auquel tout avait réussi selon ses critères, et lui confiait le souci qu’elle se faisait pour moi. Je ne la reprenais pas. Une façon détournée de récupérer un peu d’amour ; un peu tordue, j’en conviens.


Longtemps, je m’étais félicité de mon sens de l’humour grâce auquel j’avais encaissé les coups durs et offert une dérivation à mes angoisses existentielles. Mais là, la coupe était pleine, mon compte en banque vide, j’attendais, résigné, l’avis d’expulsion de mon propriétaire auquel je devais quatre mois de loyer. Ça faisait belle lurette que je ne croyais plus au père Noël. J’avais retrouvé au fond d’un placard une bouteille de vodka éventée. C e serait ma seule compagnie pour les fêtes.


Le 24 décembre en fin d’après-midi, j’étais vaseux après avoir ingurgité à même la boîte, sans vérifier la date de péremption, un cassoulet toulousain. Je zappais en continu les âneries débitées sur toutes les chaînes télé du satellite, lorsqu’un chuintement étrange vint mettre un terme à ma frénésie. L’écran de ma vieille télé s’éteignit, j’y vis un signe de dégringolade supplémentaire mais me résignai très vite.


Je décidais d’aller faire le tour du quartier, remettant entre les mains du sort mon devenir pour la soirée, avec une vague arrière-pensée. J’avais en mémoire la tradition en usage chez ma grand-mère, où le soir de Noël, il y avait toujours un couvert en plus : c’était la place du pauvre, l’invité de la dernière minute ramassé dans la rue. Aujourd’hui, le pauvre c’était moi. J’avais occulté la dimension purement symbolique du geste, aucun inconnu n’ayant en réalité jamais partagé notre réveillon familial !


L’ascenseur était en panne et je descendis lentement les 15 étages de la tour E, évaluant au passage l’évolution du nombre de graffitis par palier. Je ne vis personne, je n’entendis rien, à croire que les cinquante appartements de la tour s’étaient vidés pour les fêtes. Ce serait mon cadeau ! En effet, je n’étais pas un bon voisin, plutôt du genre rogue, à ne dire bonjour que les bons jours.

L’esplanade, au pied de la tour, était glissante. Le ciel avait déversé tout l’après-midi quelque chose de mouillé qui hésitait entre neige et pluie. J’aurais préféré une neige bien franche, bien blanche qui aurait eu l’avantage de mettre un peu de poésie dans ce triste décor de béton.


Après une demi-heure d’errances je décidais de remonter chez moi. J’étais passé devant l’église aux portes ouvertes pour la circonstance. Un curieux sentiment de culpabilité m’avait retenu d’entrer. Dieu ne manquerait pas de deviner mon indignité et mon peu de foi. Mon seul recours était désormais la vodka.


C’est un coup de sonnette strident qui me tira d’un sommeil épais, ce samedi 25 décembre.

J’émergeais brutalement et mon cœur se mit à cogner dans ma tête. Je pensai sur-le-champ à ma pauvre mère que je précipitais aussitôt dans la tombe.

J’allai ouvrir sans penser à regarder au préalable dans le judas. Je devais avoir un drôle d’air car la première phrase que j’entendis fut :


– Pardi ! Vous avez bastonné hier ou quoi ?


Face à moi, un gars plutôt jeune, baskets blanches immaculées et casquette à l’envers, comme il y en avait des tas dans mon quartier, m’offrit un franc sourire en me tendant un colis de petite taille.

Un peu hébété, je pris le colis sur lequel était inscrit mon nom, en lettres majuscules, au feutre noir.


– D’où ça vient ce truc ? C’est pour moi ? Je n’attends rien.

– C’est Noël non ? on ne me fait pas bosser pour rien un jour pareil !

– Mais sérieusement ! Qui vous envoie ?

– Je suis le livreur, c’est tout ! Je livre là où c’est marqué sur le paquet. J’en sais pas plus moi ! Il faut me signer le bon de réception, dit-il en me tendant un double feuillet avec un stylo.


Ce jeune m’était plutôt sympathique avec son accent plein de soleil m’évoquant le Vieux-Port et sa bouillabaisse. Tout sourire, il mâchait bruyamment un chewing-gum, en sortit un de la poche arrière de son jean, qu’il me donna sans un mot en me faisant un clin d’œil. Je le pris, puis lui rendis son formulaire avec un vague gribouillis dans la case à cet effet.


– Et joyeux Noël ! dit-il avant de disparaître dans la cage d’escalier.


J’étais seul dans mon appartement, en caleçon et tee-shirt avec mal aux cheveux. J’avais ce petit colis dans les mains et ce qui éveillait ma curiosité, c’était moins le contenu du paquet que son expéditeur.

Je tournais le paquet dans tous les sens pour déceler un indice, mais hormis mon nom et mon adresse, je ne vis rien qui pût m’orienter vers une piste quelconque. Je me décidais à l’ouvrir. Peut-être que l’explication se trouverait à l’intérieur.

Il y avait une boîte dans la boîte, et cette deuxième boîte était remplie de flocons de polystyrène dans lesquels je plongeais mes doigts pour y chercher l’objet qu’on avait voulu protéger.


Je sentis le contact froid d’un objet rectangulaire que j’extirpai de là : c’était un appareil photo compact extra-plat, dont l’écran était fissuré en plusieurs endroits et rayé. Il était évident que cet appareil n’était pas neuf, que son état lamentable n’était pas la conséquence du transport, qu’il s’agissait plutôt d’un appareil accidenté, sans doute hors d’état de marche, ce qui restait à vérifier.

Je vidais la boîte de ses chips blanches, et c’est là que je vis, tout au fond, un mince papier plié en deux. Il s’agissait d’un petit mot succinct qui disait ceci :


J’ai trouvé votre appareil photo au bord d’un torrent au-dessus d’Espouillouse. La carte mémoire m’a permis de vous identifier. Je suis heureux de pouvoir vous restituer ce qui vous appartient. Surtout pour le machaon !


En guise de signature, il y avait un petit gribouillis où je crus lire Joan, c’était bien peu pour identifier mon expéditeur.

J’étais incapable de situer Espouillouse, j’ignorais tout du machaon et je n’avais jamais possédé d’appareil photo numérique. Je cherchais un moment comment retirer la carte mémoire dont j’attendais qu’elle me révèle le mystère de cet envoi. Je tenais maintenant entre mes doigts le petit rectangle de plastique que j’introduisis dans le lecteur de mon ordinateur qui, par chance, semblait compatible.


À cet instant, je décidais de retarder un peu le moment de la découverte en me montrant digne de cet inattendu. Je pris une douche, enfilai des vêtements propres et me fis un café serré.

Lorsque je revins m’asseoir à l’ordinateur, mes idées étaient plus claires.


Je commençai par chercher Espouillouse avec Google et découvris qu’il s’agissait d’un petit village des Pyrénées-Orientales (région du Capcir) situé à l’orée de la vallée du Galbe.

J’ouvris ensuite le fichier de la carte et des centaines de petits rectangles colorés se déployèrent sur mon écran. Je me mis en mode diaporama et contemplai non sans plaisir les merveilles de la flore pyrénéenne.

Il y avait aussi des photos de marmottes, chamois, moutons et papillons.

C’était joli, mais j’étais un peu déçu, ne sachant pas cependant ce que j’aurais voulu trouver sur cette carte. Peut-être de scandaleuses photos de paparazzi mettant en scène des personnalités dans des situations scabreuses, que j’aurais pu monnayer pour me sortir de ma triste situation ?


Je cherchais à comprendre le cheminement suivi par ce Joan pour que cette épave d’appareil photo atterrisse chez moi un jour de Noël. Pourquoi moi ? Avec qui m’avait-il confondu ? J’étais perplexe et amusé. Voilà qu’on me prenait pour un randonneur amoureux de la nature ! On ne pouvait pas tomber plus à côté ! J’avais en horreur la marche depuis que j’avais été envoyé en colonie de vacances à l’âge de dix ans. C’était un souvenir douloureux dont j’avais ramené des chansons débiles et des ampoules aux pieds. Quant à la nature, je connaissais un peu les pommiers et les vaches de Normandie par ma grand-mère maternelle. Le reste, je l’avais vu dans des documentaires sur la 3 !

Mes loisirs, c’était les sorties entre copains (quand j’en avais encore) les jeux de cartes et d’argent : belote, tarot, poker et le cinéma (quand j’avais encore un peu d’argent).


J’étais frustré de ne pas comprendre et je remis en marche le diaporama. Des fleurs, encore des fleurs de toutes les couleurs, et puis des papillons, des moutons, des cascades… Décidément, le photographe ne semblait pas beaucoup aimer les humains ! Sans doute était-ce un randonneur solitaire ? La solitude était peut-être notre unique point commun. À travers ces images, j’imaginais un homme qui puisait dans les beautés de la nature un réconfort à sa condition solitaire, je sentais dans ces photos comme un souffle d’air frais qui aérait mes pensées.


Je décidais de chercher du côté des machaons. Je découvris sans peine qu’il s’agissait d’un papillon appelé également « grand porte-queue ». Je fis le rapprochement entre les explications dénichées sur Internet et certaines photos du diaporama montrant un magnifique spécimen aux ailes jaune pâle et noires.

Dans le lent défilé des images, mon regard s’arrêta soudain sur l’unique photo qui représentait un homme. La déformation de l’image, un peu convexe, signalait qu’il s’agissait d’un selfie : l’homme avait les cheveux coupés courts, rares sur le dessus, le visage assez carré, viril et bronzé, je lui donnais une petite cinquantaine sportive. Il s’appuyait sur un panneau de localisation d’un lieu-dit sur lequel on pouvait lire : Verniols.


Cette photo ne présentait aucun intérêt artistique. Elle était totalement incongrue au milieu de cette exposition à large dominante florale.

Mais le plus étonnant, c’est que le nom figurant sur le panneau n’était autre que mon patronyme !

Je fis alors le rapprochement que « Géo Trouvetou » avait dû faire.

Il y avait nécessairement un lien entre cette photo et son photographe ! Quelle subite inspiration avait eu ce photographe pour immortaliser ce panneau ? Sans doute l’émergence d’un ego jusque-là bien discret.

Joan avait dû googoliser « Verniols » ce que je fis immédiatement. La collecte était maigre. Sur la page d’accueil, Internet proposait une localité dans le Cantal (avec château), des explications sur l’origine de ce nom patronymique et un unique porteur du nom. Et c’était moi ! Alain Verniols, 36 chemin des Rhododendrons à Brétigny-sur-Orge.

Verniols et les rhododendrons, il n’en avait pas fallu plus à Joan pour se convaincre qu’il avait trouvé l’auteur des photos bucoliques ! De toute façon, il n’avait rien à perdre à tenter cette hypothèse !


J’étais tout de même surpris que la toile ne révèle pas d’autres « Verniols » que moi puisque j’avais un frère ! J’approfondis donc la recherche en consultant d’autres pages et je retrouvai la trace de mon frère qui avait accolé à son nom le patronyme de son épouse (Bertillon) et pris ainsi une belle avance dans l’alphabet, mais rien qui puisse m’aiguiller sur la trace d’un « Verniols » amateur de botanique et de machaon.


Avec toutes ces recherches et déductions, je n’avais pas vu passer la matinée. J’étais guilleret, et plutôt content d’avoir résolu l’énigme du paquet anonyme. J’avais retrouvé des sensations oubliées depuis longtemps, une sorte d’excitation à mener l’enquête, comme dans mon enfance lorsque j’avais participé à des jeux de pistes parsemés d’indices étranges. J’éprouvais une brusque sympathie pour mon supposé homonyme. Je l’imaginais dans sa chasse aux images et aux papillons.

Je m’identifiais un peu à lui, n’avais-je pas quelque passion enfouie, moi aussi ?


Je songeais à tous mes petits carnets échoués dans une boîte à chaussure, remplis de mots divers surgis dans des moments de rêveries, et de phrases glanées au zinc des cafés, dans les transports en commun, sur les bancs des squares : toute cette matière avec laquelle j’avais composé des fragments ou des chansons pour dire la banlieue, le quotidien des laborieux, la solidarité des humbles. J’eus envie de m’y replonger, de retrouver le fil, de le renouer et de me faire ce beau cadeau de fin d’année.



 
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   Anonyme   
22/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
C'est mignon tout plein et triste aussi un très joli travail, très bien écrit. Un épisode no man's land très bien rendu. Tellement bien fait que me voilà un chouïa déprimée....

   Ora   
23/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne sais pas laquelle m'a le plus emballée, de votre écriture limpide ou de l'histoire de cet homme qui nous emmène avec lui dans le paysage morose et réaliste de son quotidien, et qui renoue finalement avec le fil de la vie par le truchement d'un hasard bienvenu. Cette nouvelle est touchante et pour moi magnifiquement menée. Merci! :)

   socque   
24/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire bien sympathique, je trouve, à la fois réaliste en effet, et mystérieuse. Tout s'explique à la fin, mais demeure selon moi quelque chose d'impalpable et qui, ma foi, me donne le sourire.

Puisqu'on n'en saura pas plus, je trouve inutile le dernier paragraphe : on s'en doute, à mon avis, que le narrateur va se reprendre en main après cet événement et mettre à profit ce minuscule coup de pouce de la Providence...
Tiens, même
Je m’identifiais un peu à lui, n’avais-je pas quelque passion enfouie, moi aussi ?
est de trop pour moi. Le reste, je le répète , est bien gentil, un peu mièvre à mon goût, sucré, mais enfin ça passe.

   vendularge   
16/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour plumette,

Alors bravo, j'aime beaucoup ce texte que je trouve particulièrement bien écrit, sobre, précis. L'histoire fait partie de celles sans chute rocambolesque qu'on cherche à tout prix; non c'est simple, un moment dans la vie de quelqu'un, sans pathos, juste les faits qui dans ses situations se suffisent largement à eux-mêmes. On le suit, on s'attache à lui, on fini même par sourire parce qu'au fond, il trouve l'énergie nécessaire pour chercher et revenir à ce qu'il contient...belle histoire pleine d'espoir.

Bref, un très joli moment de lecture
Merci

Vendularge

   GillesP   
16/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Plumette,
J'ai bien aimé certains passages, comme celui où le narrateur se rappelle avoir ramené d'une colonie de vacances des chansons débiles et des ampoules aux pieds (d'une manière, j'aime la figure du zeugme, qui permet une petite distance vis-à-vis de ce qui est raconté).
Mais je n'ai pas été très sensible au contenu de la nouvelle. Ce n'est pas que je m'attendais à de multiples rebondissements (ce n'est pas ce que je cherche prioritairement lorsque je lis un récit), mais c'est simplement que j'ai trouvé cette tranche de vie un peu convenue, un peu caricaturale, même: ce narrateur contre qui tout semble s'acharner retrouve d'un coup le goût de la vie, grâce à un élément qui relève du hasard. Soit.

Au plaisir de vous relire.

   Pepito   
16/11/2016
Bonjour Plumette !

Kriture : toute mimi, pas grand chose à mettre sous ma dent dure.
Pour chipoter :
"que j’avais construit péniblement." j'inverserais "construit péniblement"
"un vague gribouillis dans la case à cet effet." > "case ad hoc" (par exemple)
"en caleçon et tee-shirt avec mal aux cheveux" je préfère "en caleçon, tee-shirt et mal aux cheveux" pour mieux mettre en valeur l'humour de la formule
"je sentais dans ces photos comme un souffle d’air frais qui aérait mes pensées." > "je sentais dans ces photos comme un souffle d’air frais aérer mes pensées." je suis allergique aux "qui" ;=)
Que des points de vue, donc...

Fond : pas mal vu la déshérence du gars pour qui rien ne va plus. Un bon garçon, l'épisode de la Maman qui le confond et et se répand est très bien vu.
Au final il m'a manqué une chute, j'attendais la grosse tuile supplémentaire... elle est pas venue... c'est bien aussi. ;=)

Merci pour la lecture.

Pepito

   Annick   
17/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est bien écrit, bien construit , bien mené. Vous m'avez emportée dans votre histoire à "strates" successives.
On commence par "l'année 2015 avait été calamiteuse" pour terminer par un "ce beau cadeau de fin d'année".
Quelle évolution, voire quel retournement de situation entre le début et la fin du récit qui montre que ce petit bonheur est une brèche qui permet au narrateur de sortir de cet état de déséquilibre vers une situation pleine d'espoir.
Merci pour ce très beau partage !

   Alcirion   
17/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Plumette,

L'écriture de votre nouvelle est de qualité : c'est fluide, léger, souvent rigolo, rien n'a accroché ma lecture (c'est un compliment, bien sûr!)

L'idée du cadeau inattendue est très bonne, bien amenée. Il y a auparavant une première partie de contextualisation/présentation avec les petits détails nécessaires pour retenir l'attention du lecteur, c'est réussi.

Malheureusement, la chute ou plutôt l'absence de chute est décevante : on attend forcément un rebondissement ou quelque chose de surprenant.

Je garde néanmoins une bonne impression d'ensemble pour la qualité de la forme et l'idée principale.

A vous relire !

   hersen   
17/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
je trouve l'écriture très bonne, des petites choses drôles qui allègent la narration de la vie de ce monsieur.
J'aime beaucoup le passage sur sa maman !

par contre, je ne suis malheureusement pas convaincue par la fin. Si 'idée du colis est bonne, et de l'appareil photo également, je vois très mal ce monsieur quand même dans les trente-sixièmes dessous psychologiques se mettre à écrire à partir de ses petites notes.

En effet, écrire est quelque chose de très solitaire, pas toujours gratifiant, et il faut avoir une certaine force psychologique pour encaisser des refus d'éditeurs. De plus, c'est un travail de si longue haleine qu'il aura certainement l'occasion de replonger plein de fois avec sa copine Vodka qui, je le devine, ne sera jamais bien loin.
Sans compter que je ne sais pas où il va écrire puisqu'il est sur le point d'être expulsé !

On peut naturellement imaginer qu'il va réussir à s'en sortir par le biais de l'écriture, ne serait-ce que parce que ça va le propulser plus loin, mais dans un sens, quelque chose de plus prosaïque, de plus palpable, aurait pour moi été plus convaincant.


Mais à vous relire, bien sûr.

hersen

   in-flight   
17/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Le texte vaut surtout pour le passage entre le narrateur et sa maman, j'ai trouvé ça savoureux. Pour le reste, il me semble que le lecteur est bien happé par l'intrigue que vous proposez mais je dois dire que je trouve la chute dérisoire. Les photos agissent comme un catalyseur de motivation sur le narrateur, j'en suis heureux pour lui, mais cela manque un peu de matière: non pas que je veuille tout connaître de ce paquet mystérieux mais je trouve que l'intrigue méritait une meilleure conclusion.

Concernant ma notation donc, la fin justifiera le moyen.

Quelques remarques:

Je décidais d’aller faire le tour... --> l'emploi du passé simple est plus adapté à la circonstance: il ne s'agit pas d'une habitude du narrateur se situant dans le passé.

À cet instant, je décidais de retarder... --> même remarque.

Géo Trouvetou --> référence générationnelle, j'ai un peu tiqué moi-même et pourtant j'étais abonné à Picsou Magazine.

   Bidis   
18/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L’écriture m’a fait passer un bon moment : elle est vive et précise , teintée d’humour léger, tout à fait agréable à lire.
L’histoire aussi me plaisait bien jusqu’à la chute, ou plutôt : le manque de chute. Il y avait un certain suspense – une intrigue en tout cas – dont j’attendais une résolution plus prosaïque peut-être, mais surprenante. C’est un plaisir pour l’esprit que de se voir dévoiler quelque chose qu’il a voulu comprendre. Ici, je salivais : quel renversement de situation va apporter cet appareil photo ? Or, après avoir eu déjà une première petite déception (quoi, il ne s’agit que de photos de paysages ???), j’ai déploré qu’en définitive, le basculement attendu soit tellement… discret.
J’ai relevé quelques petits points discutables : le commissionnaire fait quinze étages à pied sans s’en plaindre ? Le protagoniste dispose d’Internet et il ne se précipite sur son ordinateur pour continuer à visionner son émission de télévision, un film ou toute autre vidéo sur you tube ? Il a quatre mois de loyer en retard et ça ne le perturbe pas plus que ça ?
Il n’empêche que j’ai passé un bon petit moment et que je reviendrai lire cet auteur parce que, vraiment, j’ai trouvé que l’écriture est fort plaisante.

   plumette   
18/11/2016

   Lulu   
19/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour plumette,

j'ai été très sensible à cette nouvelle, même s'il est vrai que je ne me suis pas du tout identifiée au personnage. Je l'ai suivi avec recul, comme quelqu'un qui m'était un peu étranger, mais qui faisait tranquillement sa vie.

J'ai trouvé votre nouvelle très bien écrite et très fluide. Je sens d'ailleurs une nette progression dans l'écriture, par rapport à vos textes précédents. Il semble que vous ayez réussi à vous mettre vraiment dans la peau de ce personnage pour en faire quelque chose.

J'ai trouvé cela, par ailleurs, bien inspiré cette propension à vouloir donner du sens à ce cadeau, à savoir ce qui se cachait dans les photos...

Je ne connaissais pas le papillon dont il est question ici. J'aurai appris.

Le point fort de votre texte, c'est sa limpidité. Les phrases s'articulent sans difficulté ; aucune anicroche, bien que je me sois demandée où vous alliez nous emmener à la suite du deuxième paragraphe qui m'a semblé un peu moins intéressant que le reste.

Au plaisir de vous relire.

   Jano   
20/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne vais rien dire de plus que les précédents commentaires sinon que moi aussi j'ai été charmé par votre style. C'est exactement l'écriture que j'aime lire : simple mais précise, travaillée sans excès.
Vous allez à l'essentiel et ne vous perdez pas en exercices fatiguants de langage.
Le thème ne pouvait aussi que me plaîre sachant que je demeure dans les Pyrénées et ne cesse de l'arpenter en long et large. J'ai donc été attentif au message, et je comprends tout à fait le "réveil" du narrateur. C'est souvent l'autre, sa passion ou sa motivation, qui nous sort de nos retranchements.
Une bien jolie surprise que ce texte délicat. Je vais aller lire maintenant vos explications.

   Poortom   
30/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, commençons par ce qui me chiffonne; Comment une Vodka, même vieille peut-elle être éventée ? Et puis, pourquoi parler d'un homonyme si la confusion vient du nom d'un patelin et puis encore ... et puis plus rien sinon un chouette moment à lire cette nouvelle. L'ambiance est glauque, et tous les malheurs du monde semblent s'être donné rendez-vous dans ces quelques lignes mais ça sonne vachement juste dans l'esprit du narrateur. On prend autant de plaisirs au fil des mots que le personnage à sortir lentement de sa tristesse. Et la fin du récit me semble plausible; qui n'a pas eu dans des moments de blues, d'introspection, l'envie soudaine de se remettre à ses passions délaissées ? Peu importe si l'élan s'essoufle, le vrai challenge c'est de vaincre l'inertie. Bref, un bon moment, une bonne histoire, que demande le peuple? Merci

   MissNeko   
2/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir

L'écriture est limpide et très agreable à suivre.
On se prend au jeu et on dévore le texte.
L'histoire est mignonne et un brin tristounette.
Un peu déçue par la fin : je m attendais à autre chose. Mais dans un autre sens, cela laisse au lecteur la perspective d'une meilleure année pour le narrateur sur le chemin de l écriture

   Malo   
22/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Plumette.
On part dans une histoire au début glacial. Un homme au bout du rouleau, un décor de béton triste, un ascenseur en panne (dur quand on habite au 15ième étage). Et la solitude, encore plus difficile à supporter pendant les fêtes de fin d'année. Et puis peu à peu cela se réchauffe. Ce jeune homme au sourire éclatant et à l'accent chaud du sud, le colis, les photos qui font voyager et enfin les petits carnets qu'il serait bon d'exploiter. Le soleil est revenu dans le cœur de Monsieur VernioL

   Leverbal   
25/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
L'intrigue est maîtrisée et l'ensemble de la narration est très fluide.
En revanche, je trouve que le personnage principal a un caractère très neutre, qui ne cadre pas avec sa solitude, voire sa misanthropie.
Sans doute un travail supplémentaire sur la psychologie du personnage, par plus de commentaires sur ce qu'il ressent, ou de style pour colorer les descriptions ou accentuer certaines images, auraient permis de mieux faire coller l'intérieur avec le reste d'Alain... Il parle de son sens de l'humour au début du texte, mais je ne l'ai pas vu (vu sa situation, ça aurait pu devenir un bon gros cynique).

Petit détail, je trouve bizarre qu'il pense au décès de sa mère quand on frappe à la porte plutôt qu'à son super proprio...

   micherade   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Plumette,
Voilà un texte qui m'a enchantée. L'écriture est vive, les propos souvent amusants. Et le récit est rapidement mené, s'enchaîne rapidement et logiquement: le paquet mystérieux, l'enquête sur internet, les déductions. J'ai aimé aussi le décalage drôle entre les photos et le personnage-narrateur qui ne se reconnaît en rien dans cette série de clichés.
La chute est un peu décevante et me paraît artificielle, comme si l'inspiration vous avez manqué pour conclure. Je connais moi-aussi ce problème souvent...
A bientôt un autre texte de la même veine.


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