Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Policier/Noir/Thriller
poupoune : Le vieux Sam et le couillon
 Publié le 21/09/10  -  16 commentaires  -  11277 caractères  -  105 lectures    Autres textes du même auteur

Le bon, la brute et le colombophile. Une histoire volatile.


Le vieux Sam et le couillon


J’étais pas trop sûr que c’était une si bonne idée d’aller voir le vieux Sam en prison. Y aurait une trace de ma venue et j’étais prêt à parier que ce qu’il avait de si important à me demander allait être du genre à flirter avec l’illégalité. Mais j’étais toujours plus ou moins en dette avec lui depuis qu’il avait sauvé ma licence de privé.


- Ah ! JJ ! Tu es venu !


Je détestais qu’il m’appelle JJ. Mon nom c’était Jérôme et j’avais aucun besoin d’un surnom aussi ridicule. JJ… ça faisait « Ginette ». J’aurais pu le tuer rien que pour ça. Sauf qu’on tue pas le vieux Sam quand on veut pas mourir soi-même. Alors je me suis contenté de lui sourire poliment.


- Bien sûr que je suis venu, Sam. Alors, comment ça se passe, ici ?

- Oh… ça va, ça va. Tu sais, à mon âge, hein, j’attends juste que le temps passe.


Je sais pas si c’est pour moi qu’il disait ça ou pour les oreilles qui traînaient, mais il était de notoriété publique qu’il dirigeait toujours la plupart de ses affaires depuis sa cellule.


- Alors Sam, dis-moi, qu’est-ce que j’peux faire pour toi ?

- Ah, JJ… c’est mon gendre…

- Celui qui t’a balancé ?

- Ce fils de pute, oui.

- T’aurais pas dû menacer d’le tuer !

- Mais il savait bien que je l’aurais pas fait ! Ma Nina est folle de ce couillon !

- Mouais… passons. Alors, qu’est-ce qui lui arrive ?

- Il a disparu.

- Et t’as quelque chose à voir là-dedans ?

- Non ! Que veux-tu que je fasse, d’ici, mon pauvre… Et à mon âge en plus…


Il recommençait son numéro. Il devait s’entraîner souvent, il était bon. J’ai poursuivi :


- Ben qu’est-ce que ça peut t’faire alors ?

- C’est ma Nina. Elle m’a appelé en larmes… Ah ! Ça m’a crevé le cœur, JJ, tu sais ? Ma pauvre Nina… Elle veut que je l’aide à le retrouver, son couillon.

- Elle a pas prévenu la police ?

- Si, mais tu les connais, hein… Ils disent que pour un homme adulte et quelques pigeons crevés ils vont pas ouvrir une enquête.

- Ouais, en même temps… il a pas pu juste se tailler ?

- Il aurait pu laisser sa femme, mais pas ses pigeons.

- C’est quoi c’t’histoire de pigeons ?

- Ce couillon est colombophile.

- Hein ?

- Colombophile.

- Ça veut dire qu’il est sexuellement attiré par Columbo ? Hé hé…

- T’es con. Il élève des pigeons.

- …

- Ben oui, me regarde pas comme ça ! C’est pas moi qui l’ai épousé, hein, et Dieu sait si j’ai essayé d’la dissuader, ma Nina !

- Des pigeons ?

- Des pigeons.

- Et il leur apprend à éviter les bus ?

- Mais non, c’est des pigeons voyageurs.

- Tu déconnes ?

- Même pas !


Je regrettais pas d’être allé le voir, le vieux Sam, finalement. D’une, son affaire était a priori complètement légale – même si l’argent avec lequel il proposait de me payer était tout ce qu’il y a de plus sale – et de deux j’étais pas opposé à l’idée de travailler pour les beaux yeux de Nina. Le fait de la savoir mariée à un colombo-machin-chose la rendait bien un peu moins sexy, mais on a tous nos petits défauts.

Le gendre, le vieux Sam le détestait. Il prétendait que c’était parce qu’il était stupide – ce qui était vrai – mais je pense que c’était surtout parce qu’il était honnête et avait toujours refusé de mouiller dans les combines du beau-père. Il n’avait dû son salut qu’à l’amour incompréhensible que lui portait Nina et celui que vouait Sam à sa fille.

Nina. Même les yeux rougis et gonflés par les pleurs, elle était jolie. Elle m’est littéralement tombée dans les bras quand elle m’a reconnu. En larmes, à se lamenter sur son pauvre couillon de colombo-truc qu’avait disparu. À elle aussi j’ai demandé s’il avait pas simplement pu partir, mais elle a répondu comme son paternel :


- Il aurait pu me laisser moi, mais pas ses pigeons ! Et viens voir un peu si ça te fait penser à un mari volage…


Je l’ai suivie sur le toit et j’ai découvert là-haut un spectacle aussi surprenant qu’écœurant. Des dizaines de pigeons étaient disséminés ici et là, par terre et dans les cages restées ouvertes et le sol était couvert de sang.


- Ça saigne tant que ça un pigeon ?


J’ai compris ma maladresse quand elle s’est remise à sangloter en criant :


- Tu veux dire qu’ils l’ont… ils l’ont…

- Non, non ! Je veux rien dire du tout.


J’en profitai pour la serrer de nouveau dans mes bras, ses seins lourds contre ma poitrine, et c’est à ce moment-là que je me suis aperçu qu’il manquait une patte à tous les pigeons. Et nulle part je ne voyais de pattes orphelines. Elles avaient disparu. Envolées, si j’puis dire. J’ai pensé à un genre de rite vaudou ou un truc comme ça, mais en me souvenant de la tronche du gendre et de sa colombophilie, je m’suis dit que ça collait pas. J’ai demandé à Nina si elle avait une idée de ce que ça pouvait signifier et elle m’a expliqué que chaque pigeon avait à la patte une bague avec l’adresse et le téléphone de son propriétaire, au cas où quelqu’un en trouverait un égaré. C’était les pattes baguées qui avaient été coupées. Je voyais pas bien ce que le tueur de pigeons pourrait faire de dizaines de bagues avec les coordonnées du couillon, mais ça rendait l’affaire effectivement louche.

J’ai proposé à Nina de l’aider à nettoyer le merdier – le fientier ? – ce qui me donnerait un peu de temps pour réfléchir à la meilleure façon de démarrer cette enquête.

J’avais déjà un bon gros tas de volailles mortes et toujours pas l’ombre d’une idée quand un pigeon est venu se poser sur les cages. Puis un deuxième. Et un troisième. J’ai regardé Nina qui m’a répondu en haussant les épaules :


- Ça doit être les derniers qu’il a lâchés.

- Mais il les lâche d’où ?

- J’en sais rien, moi.

- Et il en lâche souvent ?

- Tout le temps. Il est jamais là. Il emmène ses pigeons je ne sais où et il revient les attendre. Il fait que ça tout le temps.


Je comprenais de moins en moins comment la jolie Nina avait pu s’amouracher de ce type. Et l’aimer encore, qui plus est. Les femmes resteraient probablement toujours un mystère pour moi. Mais pour le moment c’était les secrets des volatiles que j’avais besoin de percer. Une chance, les bestioles étaient pas farouches et j’ai pu en attraper une, au prix d’à peine quelques coups de bec timides. Mais ni Nina ni moi ne savions comment nous y prendre pour défaire la bague. Les bagues : il y en avait deux, une petite et une plus grosse. Nina reconnaissait la petite, mais n’avait aucune idée de ce qu’était la grosse. On a bataillé un moment pour réussir à les détacher et j’ai compris le pourquoi des pattes coupées quand j’ai eu moi-même envie d’arracher celle de mon pigeon. Mais je voulais pas passer pour une brute aux yeux de Nina. Quand on a finalement réussi, on s’est aperçu qu’il n’y avait qu’un numéro de téléphone, que Nina ne connaissait pas, sur la petite bague. La plus grosse semblait être un genre d’étui. Qui a commencé lui aussi par me résister quand j’ai essayé de comprendre comment il s’ouvrait, mais je me sentais moins tenu de m’faire passer pour un tendre alors je l’ai éclaté d’un coup de poing. Et parmi les petits éclats de plastique s’est répandue une fine poudre blanche. Nina m’a regardé d’un air perplexe. Je savais pas quoi en penser. J’ai demandé :


- T’as pas idée de c’que c’est ?

- …


Même air perplexe, sourcils un peu plus relevés. J’ai trempé mon doigt dans la poudre et j’ai goûté par acquit de conscience, mais je savais déjà :


- Héroïne.

- Hein ?

- Héroïne.

- Comment ça ?

- Ben… la poudre, là, c’est de l’héroïne.

- Ben non.

- Ben si.

- Ben qu’est-ce qu’elle fait à la patte d’un pigeon de mon…

- …

- Merde.

- Ouais.

- Tu crois que… ?


J’ai senti venir une nouvelle embrassade en voyant son menton commencer à trembler, mais elle s’est reprise assez vite :


- C’est pas possible…

- …

- Qu’est-ce que t’en penses ?

- Rien pour le moment. Je vais passer deux trois coups de fil et je reviens, OK ?


J’ai appelé les copains des stups et je leur ai demandé si le marché de l’héro était toujours aux mains du vieux Sam et sa clique. Ils m’ont expliqué qu’une grosse part du marché avait été raflée par un nouveau réseau qui transitait par l’Espagne. Apparemment les gars de Sam étaient presque tous disposés à jouer les indics pour faire tomber la concurrence et calmer Sam qui fulminait et commençait à menacer sérieusement ses troupes, mais personne savait rien sur rien. Un mystère. Le passage de la frontière espagnole avec la came relevait du miracle.

Moi j’avais mon idée. J’en connaissais un qu’allait tomber de haut en apprenant c’que traficotait son couillon de gendre colombo-bidule ! Je suis retourné chez Nina et je l’ai trouvée pâle et au bord de l’évanouissement. Elle m’a conduit de nouveau sur le toit et m’a montré une cage dans laquelle un pigeon roucoulait peinard. Je me suis approché et j’ai vu qu’il avait un truc accroché à sa patte :


- Encore un qu’est revenu ?


Elle a hoché la tête. J’ai continué :


- Y en a eu beaucoup ?

- Seulement deux… celui-là et…

- Merde ! T’as vu… ?!


Oui, elle avait vu. C’est pour ça qu’elle avait l’air d’avoir vu un fantôme. Ce putain de pigeon avait un œil accroché à sa patte. Un putain d’œil humain !


- Merde… et t’as dit qu’y en avait un autre ?

- Oui.


Elle m’a montré le pigeon en question. Il avait une bague à la patte. En or.


- C’est…

- Son alliance, oui. Y avait ça avec.


Elle m’a tendu un petit bout de papier en même temps qu’elle s’est remise à pleurer. Je l’ai reprise dans mes bras, mais j’étais moins à ce que je faisais et j’ai lu en même temps le message. Illisible en fait. Il était rédigé en mauvais espagnol ou, pour être exact, en mauvaise imitation d’espagnol. À peine assez bonne pour convaincre Nina qu’en parlait pas un mot. Je lui ai expliqué le trafic probable auquel se livrait feu son couillon de mari. Elle a pâli encore un peu, j’aurais pas cru ça possible. Et sa réaction m’a étonné :


- C’est ses fournisseurs espagnols qui l’ont tué.

- Ben en fait, tu sais, le message…

- Faut surtout pas que Papa apprenne ça.

- Qu’il est mort ?

- Qu’il trafiquait sur son terrain !

- Tu vas pas prévenir la police ?

- Pour qu’on me croie complice pour la came et que Papa m’en veuille à mort d’avoir installé la concurrence au sein de la famille ? Ben voyons ! Dis rien, je t’en supplie. T’as qu’à dire à Papa qu’il est juste parti avec une autre ou n’importe quoi… S’il te plaît !


Elle a su user d’arguments convaincants en se recollant contre moi. Et de toute façon j’étais pas dupe. C’est le vieux Sam qu’avait compris le manège du couillon de gendre et qui l’avait fait éliminer. Mais il voulait surtout pas que sa Nina sache que c’était lui. C’est pour ça qu’il m’avait confié l’affaire. Pas pour que j’enquête, mais seulement pour que sa fille pense pas une seconde qu’il avait quoi que ce soit à voir dans cette histoire.

J’ai téléphoné au vieux pour lui faire mon rapport :


- C’est réglé, Sam.

- Ah ! JJ… je savais que tu m’arrangerais ça.

- Tu avais mâché l’boulot, faut dire…

- Hein ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ah ! Mon JJ… Je te fais livrer une petite indemnisation à ton bureau dans la journée, d’accord ? Tu es un bon garçon, tu sais ? C’est toi qu’elle aurait dû épouser, ma Nina.


J’avais pas voyagé des masses, dans cette histoire de colombo-machin, mais je m’étais bien fait balader et comme pigeon, je me posais là.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   jaimme   
10/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire bien écrite, sympa, originale.
Un seul regret c'est un peu court. Tout est révélé, trouvé très rapidement, j'aurais aimé m'installer un peu plus dans cette histoire intéressante et bien racontée. Bref, un regret en même temps qu'un compliment.
Merci.

   Anonyme   
12/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

j'ai trouvé cette histoire sans prétention assez amusante, écrite dans un style assez désinvolte qui ne dessert pas le propos qui fait défiler tous les clichés du genre avec une bonhomie assez sympathique.

Ce ne sera pas la nouvelle de la décennie, mais à l'évidence, l'auteur en est parfaitement conscient. On n'y croit pas une seconde mais on sourit. ça n'est déjà pas si mal.

Bonne continuation.
Jphil

   LeopoldPartisan   
13/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Chouette sujet, chouettes dialogues, amusant et tout et tout, mais au niveau du scénar c'est un peu court. L'histoire du privé qui est à la fois amis d'un caïd du milieu et qui a ses entrées aux stups... Un rien limite.Tout comme la résolution de l'énigme.

Toutefois, je trouve qu'il y aurait vraiment de la matière à une histoire un rien plus longue avec moult et moult développements possibles. Cela m'a même fait pensé à une version basque des romans de Dennis Lehanne avec Angela Gennaro et Patrick Kenzie. Quoiqu'Angela soit nettement moins cruche. Quoique lorsqu'elle était folle amoureuse de son premier mari, elle se laissait tabasser sans rien dire.

La phrase d'accroche : Le bon, la brute et le colombophile. Une histoire volatile. est quand à elle géniale.

   Mistinguette   
13/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour commencer, je voudrais dire à l’auteur que, par sa faute, j’ai endommagé mon ordinateur.
En effet, étant tranquillement entrain de lire sa nouvelle en même temps que j’étanchais ma soif, je suis arrivé au passage où JJ s’interroge sur la signification du mot colombophile. À ce moment là, non seulement j’ai failli m’étrangler, mais l’eau - que j’aurais due avaler - a été s’écrabouiller sur l’écran et sur le clavier de l’ordi.
C’est malin !

Donc, l’auteur s’en doute, son texte m’a beaucoup amusée. J’ai même franchement adoré !
J’ai trouvé Les personnages succulents. L’intrigue bien menée, quoique un peu tirée par les cheveux quand même, mais ça n’a pas grande importance tant l’ensemble est jubilatoire.
J’ai relu une seconde fois pour tenter de trouver quelques remarques constructives à faire à l’auteur.
Mais rien ! J’ai aimé l’écriture, le rythme, les dialogues, le titre aussi, qui tient ses promesses ; et la dernière phrase qui clos à merveille le récit.
Pour moi, une vraie réussite !
Malgré l’ordi. fichu, un grand MERCI à l’auteur.

PS : à quelle adresse j’envoie la facture ?

   Bidis   
14/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’histoire est tellement rondement menée et originale que la chute est un peu décevante.
Mais je me suis bien amusée en lisant ce texte. Écrit dans le style qu’il faut pour ce qu’il raconte, palpitante avec de l'humour et un zeste d'horreur. Un bon cocktail.

   Lunastrelle   
15/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une histoire amusante, qui m'a fait sourire. C'est du policier sans en être vraiment. D'habitude, devant ce genre d'histoire, je m'ennuie, parce que c'est toujours pareil. Là, il y a l'humour en plus, ça fait passer la pilule.
Par contre, le récit manque de détails je trouve. Il n'en faut pas des masses, mais par exemple, l'instant entre le moment où il va voir Sam, puis Nina, il n'existe pas. J'aurais aimé qu'il y ait soit une courte transition, soit qu'il y ait un séparateur, comme dans les livres, trois petites étoiles par exemple...
Et les événements s'enchaînent un peu trop vite, il faudrait temporiser un peu, et faire attention un peu plus à l'atmosphère...

   florilange   
17/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Mais c'est un affreux Jojo, ce vieux Sam-là! L'histoire est assez plaisante et amusante, la lire n'est pas un pensum.
C'est un peu court, on en aurait lu davantage, d'autant que c'est bien écrit et les dialogues sont vivants et vraisemblables.
Merci de cette lecture.

   Anonyme   
26/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai lu Lulu hier, j'ai savouré Sam aujourd'hui. C'est une belle confirmation.
C'est un peu tiré par les cheveux, bien sûr, mais c'est le genre qui le veut, ou le permet, et ça me va très bien.
L'histoire est ici plus simple à suivre, les personnages faciles à fixer et c'est très bien.
J'ai souri souvent, ai ri deux ou trois fois, me suis bidonné une fois (Columbo). C'est pas rien !

On pourrait peut-être étoffer un peu, mais c'est déjà très bon comme ça.

Je répèterai ce que j'ai écrit au sujet de "Lulu" : je trouve ça excellent, dans ce que le genre permet. Très belle maîtrise, en fait.
Du très bon potache.
Je suis client. J'achète.

   Jagger   
21/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
C'est un texte agréable et qui se lit sans effort.

Le côté potache est bien présent et j'ai rit là où il fallait.

Je dois quand même avouer que les personnages - spécialement Sam, grand ponte de la maffia - me semble parfois un peu "gentillet". Un véritable gangster ne serait pas vraiment pris au sérieux avec ce caractère.

La scène avec les pigeons massacré me fait penser à "Ghost dog, the way of the samourai".

J'aurais mis un bien si l'intrigue et la conclusion ne m'avait pas paru si vite "emballé, pesé". C'est le point noir, d'après moi.

Le reste est sympa.

Merci

   Margone_Muse   
21/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Là comme ça, à chaud, je suis déçue par l'histoire. Elle est loufoque (c'est pas ce qui est dérangeant) mais elle est surtout pas du tout approfondie. Il n'arrive rien au narrateur, il n'a rien à faire non plus pour résoudre l'enquête, c'est torché en 5 pages.
Tout lui arrive tout cuit dans le bec, et au final, il sert à rien en fait (c'est le but de la chute je crois... ?).
Ca va trop vite, tout est expédié, sans transition.

Et c'est dommage je trouve parce que j'adore le ton de la narration. C'est plaisant, parfois bien drôle, et ça se lit, mais comme ça quoi. J'en aurais 15 pages que je ne les verrais pas passer. C'est ce qui me dérange : une certaine qualité dans l'écriture qui est "gaspillée" par le fond qui ressemble plus à une bonne blague qu'une nouvelle.

J'ai adoré les dialogues, sans quasiment aucune indication. C'est "simple" à faire quand il n'y a que deux protagonistes qui parlent mais ça n'enlève rien au plaisir que j'ai eu à les lire. Les répliques sont courtes, ça rend le dialogue bien vif, c'est agréable.
Un exemple de dialogue bien géré et qui m'a fait rire (j'imagine trop la situation) :

"- Ça saigne tant que ça un pigeon ?
J’ai compris ma maladresse quand elle s’est remise à sangloter en criant :
- Tu veux dire qu’ils l’ont… ils l’ont…
- Non, non ! Je veux rien dire du tout."


C'est que de l'action dans ce texte, aucune description lourde et "inutile", et ça éveille vraiment l'imagination : on a l'essentiel.

Plein de petites choses m'ont fait rire ou sourire ça et là, comme "Envolées, si j’puis dire.".

Du coup, oui, déçue : il y a de l'esprit, du rythme, de l'action, mais pas de profondeur, pas de réelle histoire "ficelée".
Un peu trop de légèreté qui vient entacher une bonne impression...
Dommage, vraiment.

Margone_Muse

   caillouq   
21/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Chic, Poupoune est revenu(e) !
Bon, c'est beaucoup plus court et léger que "L'île", alors ça ne se compare pas (et qu'est-ce que tu fais, là, alors ?!) mais ça se lit d'un traite, c'est marrant, les dialogues sont percutants, la trame est suffisamment originale pour qu'on n'ait pas l'impression d'avoir déjà lu ça 15 fois, et en plus il n'y a pas de rupture de ton. J'achète, et j'en veux d'autres ! (ah ben tiens il y en a, d'autres ... Vais aller voir)
Le seul truc qui me fait tiquer, mais alors là méchant, c'est le coup d'éclater une PETITE bague en plastique d'un coup de POING.
Je mets au défi l'auteur d'y arriver, ou alors il faut qu'il le mette sur Youtube ...
Le moins, c'est pour la petite déception que ça soit si court.

   Anonyme   
22/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je ne peux pas dire que ce ce récit m'ait emballé et je me suis demandé qui était le pigeon... peut-être le lecteur. Quant à sourire ?

Que ce soit Nina ou JJ, j'ai trouvé les personnages plutôt cruches... Et dire qu'il y en a un qui est détective (soupir). J'ai lu la partie dialogue concernant Sam avec l'accent de Marseille. C'est bien la seule chose qui m'ait amusé.

Il n'y a pas grand chose à dire quant au style qui se prête au récit.

Finalement "J’étais pas trop sûr que c’était une si bonne idée" de lire cette nouvelle.

   alpy   
27/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour poupoune,

J'ai bien aimé cette nouvelle qui se lit d'un trait. Le langage utilisé est parfait ainsi que la touche d'humour qui fallait. Je n'ai aucune remarque concernant l'écriture et le style.

Par rapport au fond, comme d'autres l'ont dit avant moi, j'ai trouvé le texte un peu court et le déroulement un peu plat. J'aurais aimé plus de suspens et des rebondissements.

En tout cas, c'est un récit sympa pour passer un bon moment.

Bonne continuation,

Alpy

   costic   
29/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire aérienne et bien accommodée, très distrayante, sans lourdeurs.Un moment agréable.

   widjet   
29/9/2010
 a aimé ce texte 
Pas
On le sait. Poupoune est passionné par la comédie policière.

Ici, il renouvelle l'expérience, mais le résultat est moins heureux. Alors oui, c'est léger, mais un peu trop et notamment dans l'écriture peu inspirée (ok pour la simplicité, mais gare à la platitude quand même) et dont les traits d'esprits sont trop rares et peu convaincants. L'absence total de suspense est également un choix comme ce dénouement expédié dont l'auteur semble se foutre. Pour celui qui n'a jamais lu l'auteur, la catégorie choisie pourrait être trompeuse, car de noirceur ici il n'en est pas question.

Je continue de penser qu'on peut écrire un texte léger, divertissant en y intégrant tout de même quelques petites trouvailles, en osant davantage (que ce soit dans les formules, les traits d'humour, les réflexions des personnages, les descriptions, ça manque cruellement d'audace et d'un minimum d'épaisseur).

Bref, ce texte est dépourvu de tout ce que faisait le charme de "Lulu", premier opus de l'auteur qui a prouvé que celui pouvait mieux, bien mieux.

Pas honteux en soi, mais franchement dispensable.

W

PS : promis, je lirai "Lile" et "La vie de personne" qui semblent plus riches, plus denses et j'en suis certain de meilleur facture.

   CSN   
3/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Style d'écriture enfantin mais apparemment c'est volontaire. Et du coup j'aime ! Car c'est facile à lire, on se concentre sur l'histoire sans relire chaque phrase ni bloquer sur quelques mots.

Tu choisis de raconter le récit au passé, tous les verbes de la narration doivent donc être au passé. Encore une fois, on peut mettre ça sur le compte d'un personnage peu adroit du verbe puisque c'est lui qui raconte (ça t'arrange bien hein !). [je ne compte pas les "je pense" qui font référence au temps où il parle]

Les personnages sont amusants à travers les dialogues. L'idée des pigeons est excellente ! Mais m'est avis qu'on transporte pas énormément de marchandise comme ça, faut être patient... Son commerce se fait à petite échelle ? Ce que je regrette quand même c'est que pratiquement tout l'humour du récit tourne autour de ces pigeons.

C'est une histoire courte et brève, je dirais que c'est le principe de la nouvelle ! Il n'y a pas de descriptions superflues, les personnages sont détaillés juste ce qu'il faut, et tu ne multiplies pas les scènes. Après, c'est sûr qu'avec une histoire comme celle-là tu pourrais écrire un texte bien plus long et approfondi, et que j'ai un sentiment de "vite-fait".

Je dirais que ça vaut un Moyen+ gràce à cette idée incongrue des pigeons. J'aurais aimé mettre Bien pour avoir franchement rigolé.

Pour finir si je veux pinailler, pour un policier c'est léger. Peu de suspense, une enquête sans rebondissements, un dénouement pas extrêmement surprenant. J'aurais tendance à placer ce texte dans la catégorie "humour", mais l'emplacement du texte sur la site ne fait pas partie de mes critères d'évaluation =)


Oniris Copyright © 2007-2020