Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Réalisme/Historique
RaniaBerrada : Équilibre
 Publié le 28/07/10  -  10 commentaires  -  2479 caractères  -  162 lectures    Autres textes du même auteur

Un tableau comme tant d'autres : vivant, réel, banal.


Équilibre


Il semblait toujours ailleurs car il n’avait pas les moyens de s’offrir la vie. Alors, son imagination devint presque une consolation. La rue offrait une formidable matière première à cet égarement. Il se figurait des visages doux et lisses, des visages heureux. Le temps l’avait réifié. On ne le distinguait plus dans cette agitation perpétuelle de corps, de bruits, de lumières, de vie. Figé, inerte, cet homme était aux premières loges pour admirer la frénétique marche du monde.

De l’époque où il élut cette parcelle de trottoir, tout avait changé, tout était plus grand, plus affreux. Ce coin puait désormais l’opulence. Des femmes, des bien montées surtout, aimaient jouir des délicieux fruits de leurs trouvailles matrimoniales. Du chic, du rêve, de l’importance.

Pour lui, cet endroit était l’illustration parfaite de la décadence humaine. Sans doute le gouffre qui le séparait du monde renforçait-il ce constat.

Qu’est-ce qui le retenait à la vie ? Rien. Il ne pouvait pas se payer une jolie mort, voilà tout.



Elle était madame tout le monde. Concevez bien que c’est la situation la plus pénible qui soit. En somme, elle passait sa vie dans l’attente. Pas assez pauvre pour se résigner. Pas assez riche pour s’arrêter de songer. Alors, elle se frottait à ses aspirations à défaut d’y prendre part. Tout n’était qu’argent, frivolité, démesure. À force, cela cessa de l’étonner. L’essentiel de son travail tenait en une phrase, peut-être deux : cela fera tant de billets verts. Je vous souhaite une excellente journée. Dieu, qu’elle détestait ces politesses.

Elle était assez vive d’esprit, appréciait les jolis mots, les belles tournures. Elle s’y essaya. On préférait les froufrous aux romans. Elle s’adapta donc au marché.



Deux visions qui scrutaient cet agrégat de jolies choses. L’un avait cessé de l’espérer, l’autre se tuait à le devenir. Et pourtant, elle le regardait constamment, lui, sa guitare, sa merde. La misère calmait ses ardeurs. En le plaignant, elle arrivait presque à se satisfaire de sa situation. Il la maintenait sur terre, l’empêchait de sombrer dans les flots insatiables de l’envie.

En attendant, cet homme était toujours en vie alors il s’occupait du mieux qu’il pouvait. Il entreprit de la peindre. Comme son regard se tournait souvent vers lui, l’exploit en était plus aisé. Un visage d'une humanité qu’il croyait révolue. Un sourire qui bouleversait son âme – une affaire. C’était suffisant pour le faire patienter.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   florilange   
21/7/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Je ne suis pas certaine d'avoir compris ce texte, qui ressemble d'ailleurs plus à un résumé qu'à une nouvelle. Je comprends les mots, certes, mais où veulent-ils me mener?
C'est bien écrit, ça n'a pas suffi pour me faire entrer dans ce texte.
Désolée.

   Marite   
24/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Deux portraits bien actuels il me semble. Deux personnages de nos sociétés urbaines sur lesquels nous évitons trop souvent de nous attarder pour ne pas perturber le quotidien. Nos regards les survolent et les traversent. Nous oublions qu'eux aussi sont des êtres humains qui ont acquis une forme de sagesse pour survivre. Merci à l'auteur d'avoir si bien décrit ces personnages sans se perdre dans des descriptions matérielles.
"Equilibre" ce titre convient parfaitement et résume tout.

   Perle-Hingaud   
28/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte intéressant. Une écriture que je trouve séduisante, évocatrice. Une certaine recherche dans le vocabulaire, contrebalancée par la réalité des mots crus, et des personnages bien observés. Mais, vraiment, l’auteur reste trop en surface. Ce style résistera –t-il à la longueur nécessaire à une nouvelle ? Car pour moi, on reste ici sur deux esquisses, un instantané, une image fugitive, uniquement dans le domaine des sensations. J’aimerais beaucoup lire cet auteur sur un texte plus long. Bon courage à vous.

   jaimme   
24/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup aimé cette nouvelle. Beaucoup.
De la poésie et de la recherche à chaque boutique, sur chaque trottoir de cette rue. Au bout la rue se rétrécit. Le temps s'arrête parce que les yeux sont plongés dans les yeux.
Oui, un vrai style!
Vivement les prochains!
Merci!

   Anonyme   
28/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un peu de poésie dans un monde de bruts ?
Comme j'aimerais y croire.
Hélas je n'y crois pas au clochard impotent mais poète et musicien et à la jeune vendeuse pleine de talents mais incomprise et tellement humaine.
Enfin, si j'ai bien compris.

   Anonyme   
26/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est embêtant !
Moi aussi, j'en aurais voulu plus.
Mais ce que j'ai sous les yeux me satisfait déjà.
C'est prometteur... très !
Les promesses se doivent d'être encouragées.

J'aime beaucoup ceci :
"Qu’est-ce qui le retenait à la vie ? Rien. Il ne pouvait pas se payer une jolie mort, voilà tout."

Lorsqu'on ne peut pas se payer sa mort, on l'emprunte... à crédit.
N'est-ce pas ?

   silene   
29/7/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Nouvelle ? Vous m'en direz tant ; express, peut-être ?
Non seulement elle est courte, mais, de surcroît, pas trop encombrée de personnages. Vous me direz que cela permet de concentrer le regard sur les jeux infiniment subtils qui agitent l'âme humaine. Sauf que là, outre des lourdeurs gênantes, parce qu'à faire élusif, on s'oblige, presque nécessairement, à taper juste, c'est plus une caricature qu'un portrait.
Exemple : deux visions... à le devenir ; êtes vous sûr de vous être relu ? Devenir un agrégat de jolies choses ? Ca ne vous donne pas une vague impression de pathos ?
J'ai presque l'impression d'un pensum bâclé dans l'urgence et, honnêtement, si c'est le cas, ne vous forcez pas, je ne vous ferai pas de reproches.

   shanne   
29/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'aime bien le titre, il convient parfaitement à cette nouvelle courte peut être mais qui me fait penser déjà à cette notion d'équilibre que l'on peut perdre rapidement.
L'équilibre est bien dessiné avec ces deux personnages: ne pas regarder trop en haut ni en bas au risque de le perdre, savoir regarder devant soi, ce que font ces deux êtres humains d'une façon analogique et dans cette nouvelle, la perte d'un personnage ferait rompre cette équilibre.
Merci à vous

   alpy   
29/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
L'idée est intéressante mais le texte pas assez développé à mon goût. D'ailleurs, je l'aurais vu plutôt en réflexions qu'en réalisme.

Concernant le contenu, je comprends la balance entre ces deux êtres qui se complémentent mutuellement mais il y a des choses que je n'ai pas bien saisi :
Est-il un mendiant ou un artiste de rue ? Il joue la guitare ou il fait de la peinture ?

Elle était une prostituée ? Il semblerait mais dans ce cas, je ne comprends pas bien "Pas assez pauvre pour se résigner. Pas assez riche pour s’arrêter de songer.". Quelles étaient ses aspirations ? Pourquoi frivolité ? Pourquoi "Je vous souhaite une excellente journée."
Ou peut-être elle ne l'était pas ? Alors une vendeuse ? D'où la voit-il donc ? A travers une vitrine ? Ce n'est pas clair.

Je pense que deux ou trois mille caractères de plus n'auraient pas été superflus.

Bonne continuation,

Alpy

   littlej   
3/8/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime bien. Un texte sobre par le style. Mais un fond à peine esquissé.

DE quoi parle vraiment ce texte ?

De la domination de l'image dans notre société ("Du chic, du rêve, de l’importance."), de la marche à l'aveugle de l'humanité ("la frénétique marche du monde."), de la modernisation et de l'industrialisation de nos villes ("De l’époque où il élut cette parcelle de trottoir, tout avait changé, tout était plus grand, plus affreux.")... ?
On pourrait finalement résumer l'idée du texte à cette citation :
"l’illustration parfaite de la décadence humaine."
Parfaite j'en doute, mais il est bien question là de décadence.

Malheureusement, le tableau n'est pas assez prenant, pas assez saisissant. Il faudrait expliquer aussi le pourquoi de cette déchéance humaine.

Le style, quant à lui, est bon. Concis. Précis.

La longueur du texte ne m'a pas gêné.

uN bilan positif pour la forme, négatif pour le fond, qui manque de profondeur et de consistance. Le juste équilibre.

j


Oniris Copyright © 2007-2019