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Sentimental/Romanesque
Selenim : Sur des roulettes
 Publié le 21/04/20  -  8 commentaires  -  13386 caractères  -  50 lectures    Autres textes du même auteur

Se séparer. Divorcer. Le mot divorce et son caractère définitif. « Papa et maman ne s’aiment plus mais ils t’aimeront toujours. » Ce jour-là, j’ai compris. On se sépare quand on ne s’aime plus.


Sur des roulettes


« Tu es bien certaine que c’est ce que tu veux ma chérie ? »

La phrase est lancée comme un poids d’athlétisme, on ressent l’effort et l’impact. J’absorbe. J’ai appris à me dilater ces derniers mois, amortir les paroles, même les plus lourdes. Je lève les yeux sur le visage de ma mère. Des cernes sombres font de la balançoire sous ses iris cendrés. Elle tente un sourire qui se transforme en grimace plus ma réponse tarde à venir. Finalement, c’est maître Lutrin, mon avocat, qui se substitue.

« Madame Mosky, je vous prierai de ne pas perturber ma cliente. C’est déjà assez difficile pour elle. »

Ma mère, contournant la silhouette fluette du corbeau cravaté, replonge dans mes prunelles à la recherche d’une hypothétique réponse. J’ai des réponses. Mais aucune pour elle.


C’est la première fois depuis des semaines que je les vois côte à côte. Papa. Maman. L’autre camp. Sur le même banc. Je me souviens de ces photos de mon baptême. Même tenues tristes, même sourires de façade, une fissure déjà se dessinait entre eux. Le prêtre qui m’aspergeait le front avec dévotion et mes parents, inertes et déjà loin. La salle du tribunal paraît immense, peut-être parce que nous ne sommes qu’une poignée. Des murs blancs, du placo bon marché, aucune toile de maître ni sculpture pour l’habiller. Le mobilier, érigé dans un bois clair qui rappelle le peuplier. Un bois fragile, qui ne dure pas dans le temps. Cinq ans de mariage, les noces de bois puis tout s’en va. Moi qui rêvais pour eux, pour nous, des noces de chêne. Leur amour n’était pas fait de la même essence.


Je ne me souviens plus le nombre de fois où j’ai réclamé une sœur. Au début, pour faire comme les copines, juste pour partager quelque chose de vrai. Des jeux, des rires, des secrets, des souvenirs. Même des disputes. J’aurais tellement voulu être jalouse, l’envier jusqu’à la colère pour une part de gâteau plus grosse ou un bisou plus long juste avant d’aller au lit. Se remémorer des épisodes à l’occasion d’une veillée de Noël ou lors du trajet qui nous mènerait tous les quatre vers notre location estivale. Une sœur, qui ne me prend pas dans ses bras par obligation comme on s’acquitte d’un travail imposé. Une sœur, Clémence, avec sa longue chevelure bouclée et sa bouche qui ne sait pas dire non. Ou même un frère ? Mais ce fut un chien, le meilleur ami de l’homme, fidèle et joueur. Mais j’étais une petite fille. Je voulais de l’amour, pas une truffe avec des poils autour.



Trente-six ans. N’est-ce pas trop tard pour son premier enfant ? Et pourquoi ? Pour cimenter un couple qui déjà se délite ? Et quarante-huit ans, n’est-ce pas trop tard pour divorcer ? Si le mariage est un mandat, la paternité s’assume à vie. Ce soir-là, un vendredi, vous m’annonciez la nouvelle. Je m’attendais à un week-end à Euro Disney mais je n’ai eu qu’un « maman et moi on va se séparer ». Il n’y a pas que Space Mountain qui provoque la nausée. Se séparer. Divorcer. Le mot divorce et son caractère définitif. « Papa et maman ne s’aiment plus mais ils t’aimeront toujours. » Ce jour-là, j’ai compris. On se sépare quand on ne s’aime plus.



« Votre honneur, ma cliente, mademoiselle Charlotte Mosky, demande en qualité de plaignante à être détachée de la garde parentale. Elle estime qu’elle n’aime plus assez ses parents pour continuer à vivre avec eux, même en garde alternée. Ma cliente se réfère également au divorce de ses parents et demande à la cour de statuer sur un divorce entre parents et enfant. »


Quand on ne s’aime plus, on se sépare. C’est une leçon que j’ai bien apprise. Les premiers week-ends ont été difficiles mais moins que ceux à venir. Le collège, je l’ai vécu en alternance. Une semaine de cours avec maman suivie d’une semaine de pratique avec papa. Les cours de désensibilisation. Ma mère et son art de la formule, cette facilité verbale pour associer mon père à un parasite qu’il faut ablater. La préparation avant l’opération. Cours magistral sur la paternelectomie. Elle décochait ses traits fielleux, l’air de rien, toujours argumentés de faits invérifiables. Surtout quand on a douze ans. Elle me répétait toujours qu’elle avait choisi mon père. Qu’elle avait mal choisi. Et que maintenant elle corrigeait son erreur. Et moi ? Avais-je eu le choix ? On m’avait imposé des parents en déficit d’amour. À quel moment m’avait-on demandé de choisir ?


Je crois que les voir se haïr à distance a déteint sur moi. L’amertume de ma mère au nord, l’ignorance de mon père au sud, ma boussole tournait en rond. Mon père, lui, suivait un nouveau cap. Après le raz-de-marée du divorce, il louvoyait en compagnie de Sephora. Sephora. Une fragrance plus qu’un prénom. Une femme très volatile, surtout dans ses paroles. Mon père l’avait ramassée lors d’un salon aux vins en Ardèche. Dans sa robe-fourreau aux teintes chaudes, elle lui avait tourné la tête bien avant la dégustation. Il me l’avait imposée comme on impose une taxe, pour se renflouer lui, sans penser à l’impact sur le contribuable. Elle était venue me chercher à la gare, dans un cabriolet jaune aux lignes d'Europe de l’est. Sans mon père. Elle me fit la conversation, sans forcer. Elle parlait fort avec un léger accent et quelques zestes méridionaux sur les voyelles. Lors de ces week-ends passés ensemble, jamais elle ne tenta de se substituer. Elle n’était que la nouvelle compagne de mon père. Je n’étais que la fille qui occupait la chambre d’ami un samedi sur deux. Sephora ne m’évoquait qu’indifférence, j’avais assez d’une mère pour délester ma rancœur.



Noël. Je dois rester chez Louise, la sœur de maman. Elle habite en banlieue, une petite maison qui penche, avec ma cousine Amélie. Louise est intérimaire, elle a beaucoup de vacances. Elle les passe à peindre des fresques sur les murs obliques de son salon, de sa chambre ou de celle de sa fille. Parfois elle peint des toiles, pour des écoles, des mairies. Il y a beaucoup de couleurs dans sa vie. Amélie n’a pas de père, elle ne l’a pas connu. Il ne l’a pas reconnue. Chez les sœurs Mosky, la séparation ce doit être une maladie génétique. Parfois je l’envie de n’avoir aucun souvenir. Je n’arrive plus à me remémorer les bons moments, ils sont si loin. Il paraît que lorsqu’on souffre ça prouve qu’on est vivant. Merci papa et maman, je me sens tellement vivante ! Sous le sapin, ce matin-là, des cadeaux assortis. Une valise sur roulettes, chatoyante dans sa belle robe de PVC gris. Pour arriver plus vite dans le train. Un anorak vert italien 100 % fibres synthétiques recyclées. Il peut faire froid à attendre sur le quai d’une gare. Un bandana, vert également, ainsi qu’un bonnet de la même teinte. Il ne manque que les boucles d’oreilles dorées pour prendre la place du sapin. Pour finir, un téléphone portable. L'artefact moderne pour communiquer. Un succédané affectif dans un écrin rose et cendre. Il y a une pomme stylisée, gravée sur le dos. Je doute qu’il s’agisse d’une pomme d’amour. Quant à Louise, elle m’a offert une toile. Cent trente centimètres de long, comme moi. Elle a commencé à peindre dans un angle, avec des couleurs chaudes comme le rayon automne de H&M. Une petite tache vaguement arrondie, Louise n’aime pas les arêtes. Ni en peinture, ni dans le poisson. Ce tableau représente l’année. Je vais devoir le compléter moi-même. Louise m’a laissée une petite trace de son passage. Et puis des pinceaux, des feutres et des crayons de couleur. Il n’y a pas de noir, m’a-t-elle dit, tu es encore trop jeune pour ça. Je ne suis pas certaine qu’elle ait raison. Nous sommes tous dans l’obscurité avant de naître. Cent trente centimètres. Je n’aurai jamais assez de surface pour résumer cette année. Je remplacerai le noir par le vert.


J’ai rapidement compris l’utilité des roulettes. Ne pas faire perdre de temps à mon père. À l’orée du week-end, expédier sa fille par le train adéquat pour rejoindre sa mère. Je ne suis qu’un sac qu’on s’envoie. À la réflexion, je suis étonnée de ne pas avoir reçu de rollers à Noël. Mais je dois me montrer indulgente. Pour ce premier week-end de liberté retrouvée, mon père invitait Sephora à visiter Florence. L’avion décollait à 18 h. Il ne pouvait s’encombrer d’un bagage supplémentaire.

La première fois dans le train, c’est une employée de la SNCF qui m’a aidée. Elle avait un badge accroché au revers de sa veste, un rectangle de plastique pâle où venaient s’échouer quelques lettres. Olympe. Avec votre prénom, je lui ai fait remarquer, vous auriez plutôt dû travailler pour Air France. Elle a ri et m’a répondu qu’avec un seul « l » il était impossible de prendre son envol. Olympe a déchiffré mon billet de train puis m’a accompagnée jusqu’à mon fauteuil. Le 41. Dans le train, même les fauteuils possèdent un badge. Quand le train s’est mis en route, je me suis sentie réconfortée. Comme une enfant dans une poussette, bercée par un léger balancement, le bruit des roues étouffé et le paysage qui défile. Toujours dans la même direction. Pas étonnant que le mot train commence comme tristesse.


En face de moi il y avait un vieux monsieur. Lui, il n’avait pas de badge mais s’appelait Gustave. Il avait des gros yeux couleur piscine municipale coincés derrière des lunettes de métal. Apparemment, il est hyper mais trop. Avec ses cheveux blancs jaunis, son nez épaté et son haleine épaisse, il me rappelait Cagoule, le labrador de madame Pioucheux. C’est lorsqu’il m’a raconté son histoire que j’ai eu envie de faire de même. Enfin, une version. Pour ce coup d’essai, je m’appelais Ludivine. Je rejoignais ma sœur aînée pour un concours équestre. Mes parents, trop occupés par leur travail, m’avaient déposée à la gare. Responsable et consciencieuse, je prenais le train de façon régulière afin de sillonner la France et ses multiples haras. Précoce dans la discipline exigeante de l’équitation, je galopais vers un avenir tout ordonné. Je serai cavalière ou je ne serai pas. Devant ma détermination affichée, Gustave me félicita et regretta que ses petits-enfants ne partagent pas mon intérêt pour l’avenir. Il descendit du TER sur le quai d’une gare à peine esquissée.



Au retour d’un dimanche ensoleillé et ennuyeux, je retrouvais le confort de mon 41. C’est Victoire qui m’aida à hisser ma valise dans les filets de la cabine. Étudiante en biologie, elle revenait dans sa chambre universitaire. Elle possédait une beauté effrontée et un rire qui sentait la fraise de synthèse. Alors que le soleil s’abîmait derrière une mer de verdure rurale, je devenais Hermione, gymnaste en sport-étude revenant d’un stage intensif d’une semaine. Mes parents pharmaciens n’avaient pu m’accompagner car étant de garde. Je lui chuchotais mes louvoiements à la poutre, distillais mes envolées sur le tapis et diffusais mes lâchées aux barres asymétriques. Semaine après semaine, vendredi après dimanche, il y eut Séverine, Jacques, Maurice, Kevin, Murielle... Et je fus Zélie, Diane, Elizabeth, Cassiopée et Lizzy. C’est coincée entre deux rails et le chiffre impair de mon fauteuil que je me suis le plus évadée, en suivant une ligne d’horizon comprimée entre le vert et le bleu que je me suis construite. Comme mes parents. Dans le mensonge.


« Devant les faits énoncés et les différents témoignages, je comprends ce qui a pu motiver Charlotte dans sa décision de vouloir être séparée de l’autorité parentale. Même si le terme de divorce est mal choisi, je pense que la mère et le père de Charlotte sont les principaux artisans du mal-être de leur fille. Le défaut d’amour n’étant pas une donnée juridiquement viable, il me faut me baser sur les différents témoignages. Il est évident que les parents de Charlotte sont en partie responsables mais les arguments pèsent-ils assez pour retirer la garde de leur fille ? De mémoire de juge, je n’ai pas le souvenir d’un procès similaire. Il est un des symptômes du malaise qui ronge notre société et le culte de l’individualisme. Je ne vais pas me lancer dans un discours moralisateur, ce n’est ni lieu ni le moment ni mon rôle. J’annonce donc un verdict en faveur de… »


Cela fait bientôt deux mois que j’ai intégré mon nouveau collège. J’ai été bien accueillie par les élèves de la classe. L’établissement est plus modeste que l’ancien. La chaleur humaine circule mieux. On m’a placée côté fenêtre, premier étage. Adrien, mon voisin, semble assez peu préoccupé par ma venue. L’essentiel de son attention oscille entre le tableau et les profs. Pour ma part, je m’autorise quelques escapades imaginaires à travers la vitre tachée. Le regard souvent en équilibre sur l’horizon. À cette hauteur, avec la perspective, le ciel donne l’impression d’écraser la colline. En fonction de l’heure et de la météo, je découvre de nouvelles teintes. Le soir, j’expérimente. Aquarelles, acryliques, fusains, sanguines, crayons de couleur. Il me reste à peine deux mois pour achever ma toile. Et il y a toujours trop de vert.



Louise a fini par céder. Elle est rentrée à la maison avec un petit border collie. Amélie réclamait un chien depuis tant d’années. Comme c’est un tout jeune chiot, il faut lui trouver un nom. On va procéder à un vote. Trois voix, il y aura donc une majorité. Je vais proposer Azur car le chien a un œil bleu. Wikipedia dit « Hétérochromie ». Un œil bleu, l’autre marron. Je me sens déjà très proche, mais il manque un détail. Je vais lui nouer mon bandana autour du cou. Pour l’équilibre.


 
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   plumette   
13/3/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
voilà un texte qui me pose un problème de construction.

J'aime bien le thème, j'aime assez aussi ce voyage ( il est pas mal question de train) dans la tête de Charlotte qui a décidé de divorcer de ses parents.

Faisons fi du réalisme! Car si les sentiments de cette jeune fille,qui se sent mal aimée et qui n'a pas pu trouver sa place suite au désamour de ses parents entre eux, s'enracinent dans le réel, la procédure qu'elle a engagé contre eux est impossible dans la réalité.

Ce qui compte, c'est le parcours de cet enfant, son ressenti, la manière dont elle réussi à s'évader, à s'émanciper.

L'écriture est très imagée, très imaginative aussi et j'ai plutôt passé un bon moment mais pour le dire simplement, ça part trop dans tous les sens.

Dans ce texte, on est censé assister à une audience. C'est Charlotte la narratrice. On comprends plus tard qu'elle a environ 12 ans. or, l'expression n'est pas celle d'une ado de 12 ans et cela m'a dérangée.

Et puis au fil de l'audience, il a des flash backs dans les pensées de Charlotte qui évoque les aller/retours entre sa mère et son père, la nouvelle vie de son père, ses contacts avec sa tante et sa cousine, le tout sans aucun repère dans la temporalité.

Il faut s'accrocher pour suivre une chronologie. Je pense que ce texte pourrait être réagencé pour donner tout son potentiel.

Si l'auteur veut conserver son niveau de langage, qui me semble trop élaboré pour une ado de 12 ans, il faudrait que ce soit Charlotte devenue adulte qui s'exprime et porte un regard rétrospectif sur son passé

Plumette

   maria   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

"Charlotte demande en qualité de plaignante à être détachée de la garde parentale", elle n'a pas voulu choisir entre "des parents en déficit d'amour".
Un texte très bien écrit sur une situation originale : le juge n'a "pas le souvenir d'un procès similaire", mais donne raison à la fillette. Surprenant, mais cela semble plausible. Les trajets en train sont très bien rendus ; on trimbale la fillette "sur des roulettes" : bien vu.
Je suis restée néanmoins à distance de l'histoire, comme peut-être la narratrice, qui évoque le divorce de ses parents avec des souvenirs et des mots d'adulte, donc avec du recul. L'émotion est moins vive.

Merci du partage et à bientôt.
Maria en E.L.

   Louison   
26/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'aime beaucoup le rythme de ce texte donné par certaines phrases courtes.
Quant à l'histoire de ce divorce parents/enfants, je trouve cela interessant, le point de vue de cette ado montre bien des douleurs. Ce tableau à continuer, sans couleur noire en dit long aussi.
Un vrai plaisir de lecture.
Louison en EL

   in-flight   
21/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bon moment passé en compagnie de cette jeune fille qui répète le schéma familial passé.

La scène des cadeaux de Noël est très bien, ainsi que la scène du train. La valise à roulette, les yeux couleur piscine municipale, le verdict avec ce "défaut d'amour" qui renvoie la responsabilité des parents à la barre.

Un texte qui se pose en miroir de notre époque.

   plumedeplomb   
28/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
très bon récit. De belles métaphores. On sent le désarroi de cette ado rebelle /intellectuelle. Le schéma est confus, mais je trouve que cela renforce le désarroi de la jeune fille. Une très belle plume qui se lit fluidement. Un mélange de vocabulaire moderne et désuet qui rajoute du charme à la narration. Bravo!

   alvinabec   
3/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Selenim,
Vous traitez le sujet de façon très plaisante, drôle aussi quant à la demande de la gamine au juge, c'est finaud, amené naturellement...sous quelques pierres d'attente distillées au cours du récit.
La stylistique contribue en grande part à l’intérêt de la lecture, vous avez la métaphore efficace et l'imaginaire prêté à la gamine fait force de crédit (bcp aimé hyper mais trop), personnage solide et attachant.
A vous lire...

   Malitorne   
13/5/2020
J’ai pour habitude, bête ou légitime, de commenter en priorité les auteurs qui se sont penchés sur mes textes. Je suis donc allé voir votre dernière nouvelle qui, sans franchement me déplaire, n’a pas éveillé un grand intérêt chez moi. Ce n’est pas votre faute car c’est plutôt bien raconté, d’une écriture relevée, juste que les histoires familiales ont tendance à m’ennuyer. Il me semble qu’elles disent toutes plus ou moins la même chose. De plus, étonnement par rapport au contexte, j’ai trouvé qu’il y avait un certain manque d’émotion, comme si la jeune fille racontait le divorce et sa souffrance d’une manière froide et détachée. Hormis son désir de couper tout lien avec ses géniteurs, il n’y a pas de cris, pas de pleurs, pas de bousculades qui mettraient un peu d’animation dans un déroulé trop calme. D’aucuns diraient que c’est tant mieux, qu’il n’y a nul besoin de surenchère dans ce type de situation, moi pour le coup ça m’a presque endormi. Pas assez vivant quoi, mais c’est sans doute un choix de votre part.

   placebo   
14/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien aimé ce texte qui se laisse lire sans problème. J'ai pensé au film Capharnaüm, où un enfant libanais intente un procès à ses parents pour qu'ils n'aient plus d'enfants.

Qui se transforme en grimace plus ma réponse tarde à venir -> j'ai relu plusieurs fois, quelque chose me gêne mais je ne sais pas l'exprimer. Peut-être ce "plus" sans un autre "plus" ?
Me souviens plus le -> du ? se souvenir de ?
Etre jalouse -> d’elle, c'est plus lisible pour la suite

De très jolies choses : "Une petite maison qui penche", "il y a beaucoup de couleurs dans sa vie". L'effort de caractérisation des personnes, même si "couleur piscine municipale", j'hésite entre le blanc-gris du batiment et le bleu-gris du carrelage au fond.

Bien à toi,
placebo


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