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Policier/Noir/Thriller
Sisil : La poupée qui fait oui
 Publié le 13/11/09  -  27 commentaires  -  4531 caractères  -  255 lectures    Autres textes du même auteur

Désillusions nocturnes.


La poupée qui fait oui


C’est un jouet. Une poupée qui fait oui. On la sort de son coffre trop grand, on l’habille d’une robe un brin légère, on gribouille du noir sur ses yeux, du rouge sur ses lèvres. Gagnée par la sensualité, elle se perche sur des escarpins qui battent l’asphalte autant que la mesure de sa démarche, féline. Les regards se plaisent alors à s’échouer dans le creux de ses vagues généreuses qu’elle a pourtant peine à dompter.


La nuit tombée, elle s’engouffre dans l’antre du jeu. Elle virevolte entre les parieurs du soir qui lui sourient. Ils s’amusent avec elle, ils s'amusent d’elle. Ils l’enivrent pour se délecter de l’innocence avec laquelle la ravissante sotte lèche ses doigts dégoulinant de vodka caramel. Elle a le tournis. Elle aime ça, avoir le tournis ; l’espièglerie et l’air faussement effarouché qu’il lui donne. Ils la regardent valser avec l’ivresse caressante qui la gagne. L’aube de ses seins dévoilée par sa robe qui se dérobe au rythme du balancement de ses hanches leur donne l’eau à la bouche, liqueur délicieuse. Au milieu de la ronde des joueurs, les mains l’effleurent. Ils l’attirent dans leurs bras, ils la tirent par le bras. Tiraillée entre la crainte et le plaisir de susciter l’envie, elle sait pourtant qu’elle fermera les yeux et s’abandonnera entre les mains du désir, dans le doute, comme toujours.


Les contrastes saisissants lui rouvrent les paupières. L’assourdissante musique s’est soustraite à la douce berceuse d’un appartement plongé dans une lumière aveuglante. Elle s’enivre encore et encore avec deux joueurs qu’elle connaît de prêt, de loin et qui, dans l’ombre, attendent leur heure. L’ivresse fait son travail, et elle le fait bien, la garce. Caressée par leurs sourires, elle oubliera les mises en garde de monsieur Serge et commettra l’imprudence. Elle s’inclinera devant la poussière d’ange qu’on lui livre et se laissera déshabiller. Doucement, lentement. Et pour qu’elle ne s’effarouche, ils déboutonneront ses peurs, délasseront ses réticences et dégraferont ses chichis. D’une main enjôleuse, l’un dénouera toute tentative de mutinerie pendant que l'autre fera glisser sa pudeur sur le sol. Ils feindront de l’aimer un instant pour qu’elle s’allonge, facile, docile. Elle aime ça, être aimée. Alors le plancher se dérobera fatalement sous ses pieds.


Pénétrant les persiennes, la lumière jaune titubante de la rue s’invite à danser dans l’obscurité de la chambre, ondule sur les peaux et les badigeonne de miel. Sans prévenir, la berceuse prend son air rock’n’roll et fait voler les jupes des convenances. Les draps se défilent sur sa peau et la dépouillent de la timidité qu'il lui reste. Les branches se chevauchent, s’enlacent, les fragrances macèrent dans la chaleur de la chambre close. Étourdie, la poupée regarde les paumes contourner ses pleins, se perdre dans ses déliés. Elle n’arrive plus à compter les doigts qui courent, glissent, s’engouffrent dans sa chair tiède, puis chaude, puis moite comme la nuit qui les emporte dans une vertigineuse caresse des sens. Pendant que l’obscurité avale toutes ses défenses, la musique s’emballe, en rythme avec leurs souffles. La berline qu’ils occupent est lancée à toute berzingue sur l’autoroute de la décadence. On la prend, on la bouscule avec une douce violence. On remplit ses mains de formes obscènes, on la gorge de chair virile. La nuit leur appartient, elle leur appartient. Empoignées ! Les cuisses. Désarticulé ! Le pantin. Ils lui font tous les délices qui peu à peu se soustrairont à tous les supplices. Ils saisissent leur proie, s’engouffrent dans sa chair, la poignardent tour à tour dans une cadence effrénée jusqu’à l’épuisement. La berline suffocante ralentit. Saoule, elle divague un peu pour mieux reprendre son élan avant le hold-up ultime des sens. On lui braque les hanches, on kidnappe ses reins, on prend sa bouche en otage, on dynamite son coffre-fort. Les dents s’accrochent, les langues se délient, les gorges crissent ! La mort est proche. Les mains valdinguent, le sang bouillonne, les claques se perdent dans la nuit sulfureuse qui les entraîne quelque part entre le 40e rugissant et le 50e hurlant. Là, ils lanceront l'assaut final. Ça canarde, ça mitraille, ça crie et puis ça coule ! Les braqueurs tombent.


À l’aube, la poupée à la chevelure fauve gît entre deux corps morts. Le noir a coulé sur ses yeux perdus dans la lumière naissante du jour. Elle sait qu’à midi, on la rangera dans son coffre à jouets trop grand et que là, on l'oubliera.


Ils ne l’auront jamais embrassée.


 
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   Anonyme   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Sisil
J'attendais ce texte avec impatience, c'est peu dire.
Bravo pour le style, les images, la violence folle, éperdue racontée en douceur.
J'adhère, j'adore, et j'espère qu'il y en aura d'autres, des textes comme celui-ci.
Une entrée en fanfare, avec ce texte-ci et le premier. Un sujet dur pour une écriture toute en douceur, tout en tendresse et des mots qui ne laissent rien passer. De la tendresse, ici ? Mais oui il y en a. Chez le porteur de mots. Ils griffent et lacèrent et moi, je lis et j'aime chaque ligne.
Je suis fan.
Bravo.

   jaimme   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un texte d'une force hallucinante. Un tourbillon d'écriture, de sens malmenés, de dégoût absolu, de misère humaine. Et pourtant des mots si bien choisis que tout prend une ampleur très supérieure à ce que ce texte aurait été avec une description chirurgicale.
Rarement lu de textes aussi forts, aussi prenant!

Bravo!

jaimme

   nico84   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'avais eu le plaisir de le lire sur ton site. Une écriture qui te caractérise, trés forte et qui sort de tes tripes. TU vas droit au buts et tes images explosent et nous envoient des messages sans détour. L'écriture est brute mais bien travaillée tout de même.

Un texte trés fort, j'ai vraiment aimé. Ca me parle, ça me touche, je suis admiratif de ta capacité à passer un message et une douleur, à pointer du doigt une injustice ou une bétise humaine.

   Lariviere   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Ils ne l'auront jamais embrassée"...

Je ne sais pas si cette dernière phrase est nécessaire. J'ai l'impression que le fait qu'il ne l'ai jamais et ne l'auront jamais embrassée, coule de source et de sens...

J'aurais bien vu ce texte poignant se terminer sur ..." et que là, on l'oubliera"...

Effectivement, c'est un texte poignant. L'intensité d'ailleurs de l'émotion va in crescendo, servi avec une certaine majesté d'épouvante par l'écriture très bien maitrisée de l'auteur ou "l'auteuse"...

"C’est un jouet. Une poupée qui fait oui. On la sort de son coffre trop grand, on l’habille d’une robe un brin légère, on gribouille du noir sur ses yeux, du rouge sur ses lèvres. Gagnée par la sensualité, elle se perche sur des escarpins qui battent l’asphalte autant que la mesure de sa démarche, féline. Les regards se plaisent alors à s’échouer dans le creux de ses vagues généreuses qu’elle a pourtant peine à dompter."

"La nuit tombée, elle s’engouffre dans l’antre du jeu. Elle virevolte entre les parieurs du soir qui lui sourient. Ils s’amusent avec elle, ils s'amusent d’elle. Ils l’enivrent pour se délecter de l’innocence avec laquelle la ravissante sotte lèche ses doigts dégoulinant de vodka caramel. Elle a le tournis. Elle aime ça, avoir le tournis ; l’espièglerie et l’air faussement effarouché qu’il lui donne. Ils la regardent valser avec l’ivresse caressante qui la gagne."

Je pourrait reprendre tout le texte. J'aime cette alternance de phrase courte qui sont là pour ouvrir des phrases longues et des sentiments profondément fouillés. J'aime cette écriture spiralée, tourbillonnante qui permet, avec des images fortes et percutantes, de faire coller rythme et sensation...

Je disais que l'écriture était maitrisé. Quasi professionnelle. Je donne juste cette phrase en exemple :

"On remplit ses mains de formes obscènes, on la gorge de chair virile. La nuit leur appartient, elle leur appartient. Empoignées ! Les cuisses. Désarticulé ! Le pantin. Ils lui font tous les délices qui peu à peu se soustrairont à tous les supplices."

Car tout ce qu'on retrouve dans la qualité d'écriture de l'auteur-auteuse se retrouve illustré dans ce passage : sens du rythme, allitérations et poésie, forces des images, maitrise des phrases et de leurs sens...

Un petit regret quand même : que le texte soit si court... Je le vois presque comme un passage parmi tant d'autres, d'un roman beaucoup plus grand, avec de multiples personnages tous aussi dense que la densité de cette poupée malgré elle, un roman beaucoup plus vaste et plus en phase avec les attentes du lecteur devant une écriture si prometteuse...

En tous cas, très admiratif du style, je remercie Sisil pour sa "poupée qui fait oui" et je lui souhaite une bonne continuation !...

Larivière

ps : merci aussi pour les points virgules...

   Selenim   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Comme le premier texte de l'auteure, j'ai trouvé l'écriture somptueuse mais étouffante. Difficile de s'engouffrer dans une poche de ponctuation pour reprendre son souffle tant le texte est riche, dense.

Il y cette masse, qui pourrait pourtant s'élever tellement plus haut si le texte gagnait en espaces. tout ici est condensé, compacté. Je m'interroge sur ce besoin d'économiser de la phrase.

Malgré tout, certains passages sont délectables. Cet art de détourner les verbes et autres substantifs de leur sens premier est intelligent, subtil. La technique pourrait devenir redondante mais le texte,dans sa brièveté, évite cet écueil.

Pour l'histoire, on est en terrain connu, l'angle d'approche ne flamboie pas mais il laisse toute la place à la vraie vedette : le style.

L'auteure signe une fois encore un texte d'ambiance à forte personnalité. Mais je regrette que celle-ci occulte tous les autres aspects du récit. Je serais réellement curieux de voir l'auteure nous livrer un texte naviguant au large, disons 30.000 signes ?

Selenim

   Anonyme   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je ne suis pas parvenue à "m'extraire" du contenu, le propos, l'histoire quoi, les viols à répétitions d'une poupée, parce-qu'elle subit cela, comme un "pantin", c'est de cela dont il s'agit non ?, cela ne peut être que métaphorique, sinon je ne comprends pas...
Evidemment il y a le traitement, alors me suis attardée sur celui-ci, il m'est apparu artificiel, désolée... prétexte à une mise en scène sensuelle et sexuelle embourbée dans des métaphores, mais de toute manière j'avais déjà décroché à cause du contenu, toujours lui..
Bref pas emballée, pas emballée du tout même...

   NICOLE   
13/11/2009
J'ai trouvé le propos trop outrancier pour réussir à embarquer vraiment (surtout dans le dermier tiers). J'aime qu'on laisse la part belle à l'imagination du lecteur, et de ce point de vue, je me suis sentie trop dirigée, ...mais ça n'est que l'expression de préférences personnelles.
Sinon, l'écriture est magnifique, et extrémement bien maitrisée. J'ai donc de grandes difficultés à mettre une note.
Un texte qui, en tout cas, ne laisse pas indifférent.

   jamesbebeart   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Trés beau texte qui vous empoigne du début jusqu'à la fin. Ecriture très maîtrisée où la musique est toujours présente, où tous les sens sont convoqués radicalement... Merci pour cette lecture.

   Bidis   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Tour de force. Ecriture magnifique où les choses les plus crues sont splendidement habillée de poésie. En plus, le récit procure au lecteur des émotions précises et fortes en parfaite adéquation avec le sujet.

Parce que j’ai lu ce texte dans une optique critique, j’ai relevé ceci que je porte à l’attention de l’auteur :
« L’assourdissante musique s’est soustraite à la douce berceuse d’un appartement plongé dans une lumière aveuglante. Elle s’enivre encore et encore avec deux joueurs qu’elle connaît de prêt,… ». Le pronom (ici : « Elle ») est normalement mis à la place du sujet de la proposition précédente (ici : « l’assourdissante musique ») alors que, d’après le sens, il désigne en fait l’héroïne.

   Anonyme   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Une jolie plume à n'en pas douter (@Lari : un seul point virgule môssieur!), dommage que les mots chair, bras, ... reviennent plusieurs fois. Apparemment l'auteure a un vocable varié, sur un texte aussi court ça s'entend et se remarque malheureusement trop.

Ensuite, le rythme est bon.

Le fond ouaich... bof... ça me fait penser à des bouquins assez particuliers que je lis dans mes grandes périodes de déprime sentimentale... hum...

C'est un texte qui ne m'a pas particulièrement plu.
Ni dans l'histoire qu'il raconte ni dans son traitement.
ça fleure bon le roman SM basique. Rien de bien excitant et je trouve dommage que le tout soit traité aussi... légèrement.

Ou j'ai rien compris ou j'ai juste pas le goût du texte. Peu importe. J'ai trouvé ça cliché. J'ai pas apprécié les contrastes poétiques/crus...

Bref, loin de ma conception de l'érotisme et de la sensualité. Loin de ma vision de la poupée qui fait oui.
Mais un style qui se tient.

Merci Sisil, à une prochaine fois.

   Anonyme   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Belle description, un peu brève peut-être mais légère et suave, comme je les aime. Un sujet traité avec beaucoup de délicatesse que je ne peux que louer.

Un seul reproche peut-être malgré l'émotion, qui passe et qui touche le lecteur, il me semble qu'il reste un côté plus froid à ce récit. Comme si le lecteur était toujours tenu à distance, qu'il ne pouvait pas vraiment approché trop près. Pas moyen de se plonger totalement dans l'histoire, pas moyen de suivre cette poupée à la trace. Il semble qu'on soit juste autorisé à la plaindre de loin.
Ce n'est peut-être pas vrai. C'est peut-être juste moi qui ressent ça comme ça, évidemment.

Merci, en tout cas.

   Lapsus   
15/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si dans "La Poupée qui fait non", Michel Polnareff se plaint que "Personne ne lui a jamais appris qu'on pouvait dire oui", ici c'est tout l'inverse.
Personne ne lui a même jamais demandé son avis et l'on assiste, impuissant et bousculé par la multiplication à outrance des verbes d'action, à une déshumanisation et une décérébration de son être.
Quand ce n'est pas une volonté extérieure qui s'impose à elle, c'est une recherche diffuse de l'affect : "Elle aime ça, avoir le tournis", "Elle aime ça, être aimée", qui la fait s'incliner, jusqu'à sa perte.

Un texte dense et démonstratif.

   Leo   
15/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
L'écriture est plus brouillonne que construite, même si, par endroits, il y a quelques vraies trouvailles. L'histoire est banale, son déroulement et sa fin prévisibles, et son début singulièrement quelconque. On n'éprouve strictement aucun sentiment pour aucun des protagonistes, on ne ressent rien, pas la moindre empathie : comment serait-ce possible après "la ravissante sotte" ? Tout est dit, dans cette seule expression particulièrement malheureuse.

Les deux seuls points positifs résident dans une construction intelligente, qui part d'un calme relatif avant de s'accélérer et de retomber, et dans une ponctuation à peu près bien maîtrisée, qui rythme correctement le récit Mais le texte ne repose finalement que sur ces deux seuls éléments, et c'est tout de même bien peu.

Vous traitez un thème fort qui, malheureusement, a été maintes et maintes fois traité par d'autres, de manière bien plus brillante et efficace. Au bout du compte, un essai d'écriture que je trouve non abouti.

   Anonyme   
16/11/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Pas du tout, mais pas du tout convaincu!

Je ne vois ici qu'un fantasme plus ou moins avoué mis en mots.

D'abord le style: c'est plat je trouve, il n'y a pas de phrases qui m'ont percutés, qui m'ont vraiment marqués. Il y a la répétition des "ils" agaçante, ce monsieur Serge caricatural, le lieu qui l'est tout autant. On ne retrouve pas dans l'écriture ce brin de folie, cet élèment qui ferait que le texte serait vraiment "fou", à la limite du "hors jeu".

Il y a cette description de la drogue fausse, artificielle, presque convenue. Il y a cette fin qui est bien trop rapide, bien trop courte.

Si j'excepte la dernière qui est elle de qualité, je ne trouve pas mon compte dans ce texte.

Il y manque de la vraie violence, quelque chose de rock n roll justement.

C'est dommage parce que l'idée en elle même est bonne, j'adore cette notion de tranche de vie.

Mais là...

A un prochain texte certainement!

   MissGavroche   
16/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
C'est dommage le sujet aurait pu me parler, me toucher. Mais la surenchère des métaphores trop classiques alourdit la lecture. La violence est trop "douce" le tout n'est pas assez noir pour décrire un moment de vie qui n'est pas si imaginaire...

   florilange   
16/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Pas trop aimé ce texte, par moments très hermétique, à d'autres plutôt cru. La métaphore, oui, mais point trop n'en faut.
J'ai l'impression d'avoir lu 1 bel essai littéraire, j'admire, bon, mais question émotion, suis restée extérieure, malgré des qualités stylistiques indéniables.
À 1 prochaine fois,
Florilange.

   leon   
17/11/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
De l'érotisme, pourquoi pas ?! C'est assez joliment décrit, mais c'est vrai qu'on ne respire pas beaucoup dans ce texte : comme si le clavier avait brulé les doigts de l'auteur...

En revanche, et je vais demander en MP à Sisil ce qu'il en est, je n'ai pas très bien compris ce qu'était l'héroine : une poupée gonflable, une androïde de plaisir ?!

Il manque peut-être une référence à un futur où des êtres comme cela puisse exister. Alors, de fait, je reste vaguement déçu par le texte, qui ne me semble pas complet en l'état...

   Anonyme   
19/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Vraiment bien écrit.
Une "péripathétiquepoupée" assez bien vue.
On lit avec plaisir, un joli talent.
Manque peut-être un poil de longueur, de développement.
Mais bon.
Bravo.

   widjet   
22/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un titre pas glop (« une poupée » eut été préférable, plus sobre tout en donnant un caractère plus mystérieux, je trouve), une ponctuation un peu surprenante parfois (les phrases plus courtes auraient donné plus de « sécheresse », d’aridité à la scène). Et puis j’ai été un peu gêné parfois par cette volonté d’enjoliver, voire de « sensualiser » (je sais, ça se dit pas !) certaines tournures alors qu’un traitement plus crû aurait à mon sens mieux collé. Maladresse ou faute de goût, je ne sais pas, mais par moment cette esthétisation est un peu décalée.

Mais que l’auteur ne se méprenne pas. J’ai aimé son premier texte où la poésie se mélange à une violence sourde et forme un cocktail assez étonnant. Le rendu (son et lumière) est bien travaillé et nous permet sinon d’assister à la scène de bien l’imaginer. On dirait presque un court métrage savamment et cruellement décortiquée, comme si l’auteur ne souhaitait pas épargner le lecteur. C’est âpre, sordide et en même temps risqué. La brièveté du récit renforce cette sensation suffocante, c’est bien vu.

Le personnage féminin est ambigüe. Derrière son statut de victime, il y a quand même cette image séductrice ("tiraillée entre la crainte et le plaisir de susciter l'envie"..."Elle aime ça être aimée"...) qu'elle renvoie...à moins que ce ne soit l'interprétation complaisante du narrateur (qui dans ce cas agirait un peu comme un complice) ou qu'elle cherche à se convaincre elle-même.

Enfin, l’auteur maîtrise les mots, c’est clair. Certaines trouvailles séduisent l’œil et l’esprit (« On lui braque les hanches, on kidnappe ses reins, on prend sa bouche en otage » et ma préférée «Elle s’enivre encore et encore avec deux joueurs qu’elle connaît de prêt, de loin et qui, dans l’ombre, attendent leur heure » pour ne citer que ceux-là) témoignent d’un vrai sens de la formule.

Un texte prometteur. Une jolie découverte.
Merci.

W

   Cassanda   
22/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai adoré cette écriture maîtrisée, cette volupté dans le choix des mots, les métaphores magnifiques pour décrire une situation sordide. Les images sont gracieuses et poétiques, et finalement ne laissent que deviner le message de ton texte, effleurent et effeuillent lentement le sujet.
La phrase finale n'était, à mon sens, pas nécessaire, c'est la seule remarque modérée que je ferai...
Je me suis laissée emportée par les mots, peut-être pas par l'histoire mais en tout cas, un grand bravo et merci pour cette lecture un poil trop courte !

   littlej   
19/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Déjà, j'ai envie de dire bravo pour cette phrase, d'une grande poésie :

"Les regards se plaisent alors à s’échouer dans le creux de ses vagues généreuses qu’elle a pourtant peine à dompter."

Le problème c'est que tout au long du texte, toutes les phrases recherchent cette musicalité et cette poésie, sans jamais me convaincre. C'est même agaçant par moment ; ça donne vraiment le tournis toutes ces (trop) belles phrases ! Et ça se ressemble en plus des fois.

Ce texte m'aurait plus touché je crois s'il avait été transcrit en poésie, même si je ne suis pas un grand connaisseur du genre.

Le thème quant à lui est bien traité, sans fin moralisatrice, ce qui est un bon point. La scène de la berline est aussi pas mal traitée mais reprend beaucoup à la scène du fiacre de "Madame Bovary"
Après, le personnage de la poupée ne m'a pas ému (volontaire ?).

En tout cas, bonne continuation.

j

   Cortese   
22/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
J'admire le style de ce texte, extrêmement riche et métaphorique. Mais finalement, ce style trop flamboyant me semble desservir la narration, comme si l'intrigue n'était rien de plus qu'un prétexte à l'écriture. Personnellement, je ne parviens pas à suivre, et j'aime bien suivre, quand on me raconte une histoire... Pour une nouvelle, c'est dommage, je trouve !
Mais il reste de très belles lignes de prose, qui a elles toutes seules sont un vrai plaisir.
Ca donne à l'ensemble un côté très froid : à la fois parce que ce qui est si joliment décrit n'est pas si joli-joli et surtout parce qu'on ne sait rien des personnages, de leur histoire.
Pas d'empathie, pas de souvenirs précis du scénario après la lecture. Il ne reste que l'impression fugace de quelques belles trouvailles dans l'écriture.
Je vais lire les autres textes...

   Anonyme   
12/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
ça commence bien : c'est vif, imagé, poétique (ex : L’aube de ses seins) et tout en finesse et... triste aussi.

qu’elle connaît de prêt : près (peut-être) ?

est lancée à toute berzingue : et paf ! le mot qui ne convient pas.
Je me relève et continue la lecture.

   zorglub   
28/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai eu un peu peur, en prenant conscience du thème, que le texte sombre très vite dans le macabre et le vulgaire.

A la place, j'ai trouvé un texte extrêmement fort et très prenant. L'écriture est maîtrisée et permet à l'auteur d'aborder un sujet très dur avec des descriptions poétiques et évocatrices. J'ai apprécié les nombreuses métaphores et périphrases qui gardent au texte sa poésie sans lui enlever sa force.

J'ai tout de même trouvé que la dernière partie allait trop loin, et n'évitait pas forcément l'écueil de la vulgarité, notamment, par exemple sur la phrase "On remplit ses mains de formes obscènes, on la gorge de chair virile". On est à la limite de glisser d'une tranche de vie noire, d'un texte dénonciateur, à un récit érotique un peu simple.

Je ne suis pas certain non plus de l'interprétation à donner à la fin. Si elle implique effectivement une répétition des évènements, il me semble qu'elle réduit la force du texte.

   Milwokee   
18/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que dire ?
Un texte fort, poignant. La violence racontée avec une douceur inouïe. Un style irréprochable.
Tout ce qui m'empêche de mettre "Exceptionnel", c'est le sujet, un peu trop éculé à mon goût. Déjà vu, cependant jamais sous cet angle.

   Anonyme   
11/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui, c'est le style qui l'emporte. Du rythme, des trouvailles. Une très belle écriture.
Par contre, je m'y suis reprise à deux fois pour comprendre qui était cette poupée. Ce n'est pas clair (même si à la seconde lecture, l'on devine avec "ces escarpins qui battent l'asphalte"). Mais peut-être le personnage n'est-il ici qu'un prétexte à écrire.... tout simplement.
En tout cas bravo, j'aime beaucoup.

   alpy   
11/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé. Tu réussis à décrire des choses dégoutantes et basses avec une telle poésie qu'on est même pas choqué. Il y a de la force et du vertige dans ce texte.

Je suis d'accord avec Lariviere que le texte aurait peut-être plus de force en le terminant par ..." et que là, on l'oubliera"...

En tout cas, félicitations !


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