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Humour/Détente
solidane : Retraites à la casse.
 Publié le 08/09/09  -  11 commentaires  -  6854 caractères  -  89 lectures    Autres textes du même auteur

Mais que faire des plus de soixante ans ???


Retraites à la casse.


Les différentes études menées, parfois en toute indépendance, étaient sans appel. La population grandissait inexorablement. On n’y pouvait rien, la taille moyenne était passée en trente ans d’un mètre soixante-dix à un mètre quatre-vingt-dix. Parallèlement, une corrélation avait été clairement établie, le régime des pensions et retraites n’y survivrait pas. Il fallait agir. Certes, d’autres critères influaient sur ce triste constat ; ainsi des éléments démographiques allaient dans le même sens. Pourtant, les courbes que l’on avait simulées indiquaient clairement que la taille des citoyens était le premier facteur qui menait inéluctablement à cette paupérisation des personnes en voie de vieillissement, et devenues inactives pour cause de retraite.


Le gouvernement se devait d’agir. Tout le monde le comprenait. Il eut été possible de peser sur différents paramètres, mais il semblait essentiel d’intervenir sur le facteur déterminant. Il y avait de plus en plus de grands ! La mesure que l’on privilégiait donc, à juste titre, était l’application d’une décote, pénalité financière pesant sur chaque centimètre volé à la moyenne nationale. La réaction populaire de la tranche concernée avait été violente. Des mouvements de rue s’étaient chaque jour amplifiés, les syndicats hurlaient au scandale. Le Premier Ministre tiendrait bon. On voyait même dans les manifestations, des petits qui, solidaires, défilaient auprès des plus d’un mètre soixante-quinze. Leurs banderoles avaient beau chatouiller le nez des échassiers, cela n’enlevait rien à la solidarité qui les unissait.


Le gouvernement avait fait assaut de pédagogie auprès du grand public. Une haute taille générait nécessairement des besoins supérieurs ; la démonstration en était faite, tant pour la consommation alimentaire, que pour la quantité de textile nécessaire à la confection des vêtements, ainsi que pour les volumes d’air respirable indispensables dans les transports publics, les salles de concert, etc. Les médias avaient convenablement relayé cette information, et les masses se rendaient à l’évidence. D’autant plus, scandait le ministre des Affaires Sociales, que les individus de toute grandeur avaient tendance à se courber, à se tasser, bref à rapetisser, alors que l’âge de l’inactivité venait. Il en résultait que les actifs consommaient plus que leurs aînés, et d’autant plus que grands ils étaient, ainsi ce n’était que justice de taxer ceux qui avaient fait le choix d’atteindre des altitudes où, par ailleurs, l’air était plus respirable, garantie de longévité et, par là même, coût supplémentaire en matière de retraite ou pension.


Le Premier Ministre, qui ne dépassait pas le mètre soixante-cinq, se défendait bien de faire partie des privilégiés, d’avoir fait un choix opportuniste. Malgré cette campagne formidablement orchestrée, le mécontentement persistait. Une organisation syndicale, parmi les principales, était alors venue miraculeusement au secours d’un pouvoir aux abois. Elle avait obtenu que la décote et toutes les autres pénalités, ne s’appliquassent qu’aux plus d’un mètre soixante-seize, un centimètre de gagné, ce n’était pas rien ; deux cent mille personnes étaient concernées. De plus, ceux qui n’avaient atteint les deux mètres qu’aux alentours de trente ans étaient dispensés de toute peine. Ainsi, les risques majeurs que faisait courir une réforme trop précipitée, et mal comprise par le public, étaient-ils largement limités.


Pourtant cette signature salvatrice ne suffisait pas à calmer le mécontentement. Malgré cela, il faut reconnaître que la mobilisation faiblissait ; la raison l’emportait petit à petit, petits contre grands. Des solutions individuelles émergeaient. On vit ouvrir des instituts qui proposaient des cures de rapetissement. À force d’exercices parfois contraignants, on pouvait aisément perdre un à deux centimètres. Des cosmétiques de toute nature foisonnèrent, crèmes, lotions, gels réducteurs. Les cortèges dans la rue diminuaient au même rythme qu’apparaissaient sur les trottoirs ces officines. À croire, qu’à chaque instant, un manifestant quittait honteusement la manifestation pour se précipiter sur cette solution individualiste. Le gouvernement commençait à s’inquiéter. À quoi bon sa réforme, si tout le monde parvenait en-dessous du seuil fatidique du mètre soixante-seize chèrement acquis par le syndicat allié.


N’y avait-il donc dans ce pays aucun moyen de faire une réforme utile et même indispensable ? La discrimination positive n’était que justice, beaucoup en convenaient, mais que pouvait-on faire si les grands se mettaient à devenir petits ? Allait-il falloir appliquer une décote aux moins d’un mètre soixante-seize, ça n’avait plus de sens. Dans les rues du pays, les quelques dizaines de manifestants irréductibles commençaient à jubiler. Le pouvoir était au pied du mur. Il allait reculer, capituler.


Situation sans issue ; le ministre des Affaires Sociales avait déjà démissionné. Pour autant, un retrait du texte laissait le problème entier. Une solution eut été d’interdire tous ces établissements qui contournaient les mesures gouvernementales en diminuant les grands. Par malheur, on avait opté pour un système économique libéral qui interdisait tout recours de cette sorte. Il semblait toutefois qu’on avait négligé la cause première. Le problème était moins le nombre grandissant de vieux, ni même celui des vieux grands, mais la présence même de ces personnes âgées. N’eussent été ses soixante-dix ans déjà bien sonnés, le Premier Ministre avait bien une petite idée. Mais l’opinion publique échauffée ne souffrirait aucune exception ; aucun privilégié ne pourrait éviter une suppression physique les soixante-quinze ans passés. Non, mieux valait renoncer à cette hypothèse. On se rendait compte que toute autre voie du même type, appliquée au poids, à la couleur des cheveux, … aurait des conséquences identiques. Seule l’organisation syndicale compromise n’avait rien compris au désastre de la réforme, elle continuait de meeting en meeting à claironner le bien-fondé de sa prise de position. La première colère passée, suite à sa trahison, plus personne ne l’écoutait. Même les médias avaient renoncé à s’en faire l’écho.


Alors que je vous conte cette actualité si récente, aucune réforme ficelée n’a encore émergé, et je m’inquiète, j’ai aujourd’hui quarante-huit ans, je ne mesure qu’un mètre soixante-dix, la réforme me semblait indispensable. Était-elle bien concoctée ? Pour autant, où est donc la belle détermination gouvernementale des premiers instants ? Les grands paradent à nouveau. J’ai peur que l’on aille à l’opposé de cette intention première et qu’ainsi ce monde ne devienne adapté qu’aux grands, à ceux qui ont tout, et que le petit n’ait plus grand-chose à espérer et qu’encore ce soit à lui de payer. Comme avant, comme toujours !



 
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   jaimme   
8/9/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Une sorte de nouvelle de science-fiction qui ne m'a pas fait sourire un seul instant. Je ne dois pas être de bonne humeur, sans doute.
Ce n'est pas mal écrit. L'idée de départ... pourquoi pas. J'avais lu une nouvelle de SF des années cinquante qui prenait le parti d'enlaidir les beaux, etc. Très eugénisme américain.

Un détail: on grandit seulement jusqu'à 25 ans, pas 30.

   Anonyme   
8/9/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Je suppose bien que sous cette pochade, il faudrait voir une critique plus virulente du monde dans lequel on vit et de certaines mesures qui sont prises... Malheureusement, je n'ai pas du tout accroché à cette histoire dont l'humour ne m'a pas touché le moins du monde. Je ne sais pas à quoi ça tient. Le côté sérieux pour dénoncer une farce grotesque, ça marche souvent, mais là, rien, le texte était court et heureusement car sinon j'aurais abandonné, pour être franc.
ça n'est pourtant pas mal écrit, mais je sais pas, je suis resté totalement en dehors. Question écriture, attention quand même à la relecture, cela aurait sans doute permis de corriger cette tournure incompréhensible : "et d'autant plus que grands ils étaient...".
Une autre fois peut-être, sur un autre sujet.
Bonne continuation.

   widjet   
8/9/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Pour ma part, je pense que Solidane écrit trop ces temps-ci. Et cette prolificité nuit à la qualité de ces (derniers) textes. Non pas que l'écriture soit mauvaise (le bougre sait manier la plume), mais les idées sont moins bonnes (ou moins bien exploitées je ne me décide pas), le rythme plus capricieux et la drôlerie moins évidente.

Ici, il met temporaiement sa singularité de côté (on est moins dans le foutraque comme dans "comptes insolubles..." ou autres opus plus absurdes même si poussé dans sa logique cette dernière nouvelle a quelque chose de volontairement grotesque)

Cela étant, je me languis : où est passé l'auteur de "Chapeau" et du sympathique "Euthanasie Legourmandais" ?

W

(auteur aigri d'1m65...en hiver)

   brabant   
9/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai souri, en retenant un rire, disons-le j'ai gloussé à plusieurs reprises, en lisant ce texte pas trop long, mais trop ramassé, trop mastoc, avec ses gros paragraphes d'égale épaisseur.
J'ai été intrigué. Comment le gouvernement, et le premier ministre, consensuel, forcément consensuel, faussement consensuel, allaient-ils s'en sortir? justifier leurs mesures technocratiques? Du vécu, de l'observé, du "sur le vif"!
J'ai constaté. Il se trouve toujours un syndicat pour trahir et se mettre du côté du pouvoir.
J'ai constaté encore. Il y a toujours une solution, qui passe par le porte-monnaie, dans le système capitaliste, qui veut et fait que la monnaie retourne aux nantis, reste dans les hautes sphères du système, ne va pas aux oeuvres communes c'est-à-dire communautaires.
Et j'ai été bien content, avec mon mètre soixante-et-onze-et-demi, quasiment comme votre héros, je me suis senti grandi, et même un pilier des sociétés contemporaines et à venir.
Merci, solidane, grâce à vous, ceux de mon entourage, grands et petits, mais surtout les grands, et ils sont nombreux, me regardent avec respect, je suis désormais de la taille dont on fait les héros.

J'ai bien aimé votre humour bienveillant et sur-distancié.


Bien à vous! Au plaisir de vous lire...

   NICOLE   
13/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien l'idée loufoque qui préside à cette courte nouvelle. C'est ubuesque à force d'absurde. J'ai souri plusieurs fois, et en plus il y a encore cette écriture que j'apprécie toujours.
Solidane est prolixe, et c'est tant mieux.

   florilange   
16/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Moi aussi, j'apprécie que solidane soit prolifique, les idées ne lui manquent pas & il écrit bien. (Bémol : on dit "de un mètre" et non " d'un mètre".)
Le style & les paragraphes sont ceux du quidam écrivant 1 rapport ou 1 article de journal sur 1 problème donné.
J'aime bien l'idée, ce sont les petits qui paient, comme toujours, pour les grands : cet amalgame de la grandeur physique avec la grandeur sociale.
En +, cette idée est vraie, nos enfants sont de + en + grands. C'est notre faute, faut arrêter de leur donner des aliments à vitamines ajoutées (lait, jus de fruits, pain, etc,). Et puis cesser de leur faire faire tant de sport.
Et c'est rigolo parce que les grands n'y sont pour rien. La chose serait autre, si on s'en prenait aux gros, hein? Parce que là, on se ferait accuser de racisme, tandis que les grands...
Pourtant, faut voir certains américains, quand ils essaient de caser leurs fesses entre les acoudoirs d'1 siège d'avion : on a envie de leur conseiller la classe affaires, + large mais + chère. Ou la dame, qui occupe 3 places de bus à elle seule, elle devrait payer + cher, on est serré à étouffer mais on ne dit rien parce qu'elle n'attend qu'1 mot pour nous traiter de sectaire.
Décidément, solidane a raison, mieux vaut s'en prendre aux grands. C'est la solution.
Florilange.

   leon   
16/9/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Bof, je n'ai pas été emballé par cette histoire que je trouve un peu poussive. Tout le long, il n'est question que de drôles de négociations syndicales... il y avait pourtant matière à faire de chouettes dialogues, qui nous auraient permis d'entrer dans l'histoire.

Quant aux "crèmes à raccourcir les grands", qu'en penser ? Imaginer qu'on se fasse couper les fémurs ou enlever qqs vertèbres aurait été plus réaliste (de mon point de vue très cartésien)

Et puis, pour finir, l'auteur se met en scène à la première personne, sans qu'il y ait vraiment de chûte décelable : ça finit dans une impasse.

On peut imaginer une dimension humoristique ayant présidée à la rédaction de ce texte, mais je manque à la voir traduite dans ces lignes.

   noway   
18/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
L'idée était intéressante, la satyre sous-jacente bien sentie. Mais, voilà, je suis resté sur ma faim. C'est bien écrit, quelques lourdeurs mais si peu, mais je ne sais pas, il y a un goût de trop peu, j'attendais autre chose, sans bien savoir quoi.

Bref, un beau et bon texte mais qui serait perfectible à mon sens.

   Anonyme   
13/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Dommage car l'idée était bonne ....
Tourner à l'absurde une mesure gouvernementale est intéressant..
"mais que peut-on faire si les grands se mettaient à devenir petits"

Tous les jeux de mot sont aussi amusants autour des grands et des petits ..."la raison l'emportait petit à petit, petits contre grands"
Le texte est bien écrit.
Mais l'humour est comme absorbé par trop de texte et d'explications ce qui au lieu d'amuser fait peiner la lecture...
Vraiment dommage
Bonne continuation

   Anonyme   
18/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà bien un texte d'actualité. Ce que j'aime, ce sont les « gels réducteurs ». Sachant que le corps humain d'un adulte contient 60% d'eau, que le gel produit une augmentation du volume de la glace par rapport à l'eau, j'en déduis que le gel ne peut être réducteur. Les grands continuent donc à grandir. Finalement, comme les crèmes antirides, c'est aussi une arnaque.
Belle métaphore (ceci n'est en aucune façon réducteur).

   placebo   
1/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
moyen, comme d'autres je n'ai que peu souri.
je sais qu'à un moment, je serai confronté à l'humour dans mes propres textes, alors je tente une analyse qui 1/ est personnelle, 2/ vaut ce qu'elle vaut.

1er $ : on nous embarque dans l'absurde, une ironie gentille (parfois en toute indépendance) accompagne le mouvement ; mais à mon avis, ça démarre trop lentement : manque de densité

2ème $ : on repart sur la même idée (Il y avait de plus en plus de grands) et on monte une action du gouvernement. absurde? pas du tout, très logique : une pénalité financière, et la réponse du peuple va avec. Ce que je veux dire, c'est qu'on reste sur l'absurde du début, celui-ci n'est plus suffisant désormais.

3ème $ : incohérence : si les personnes consomment plus dues à leur taille, c'est bon pour les affaires, et on est dans un système libéral comme rappelé plus loin. ce n'est plus de l'absurde.

je ne vais pas continuer, c'était peut être plus une illustration de ma pensée vis à vis de ce texte: il y a de l'aburde, mais il n'est ni assez violent ni assez renouvelé, et il y a de l'ironie (les crêmes par exemple), mais elle est trop rare. il y a peut être des jeux de mots, mais je ne les ai pas relevés.

bonne continuation,
placebo

le thème était intéressant au fait.
PS : je n'ai encore jamais fait ce genre d'exercices, ça s'apparente à du viol de texte, mais j'espère que vous ne m'en voudrez pas (trop)


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