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Fantastique/Merveilleux
spinalelfe : L'homme qui avait mal au ventre [Sélection GL]
 Publié le 14/09/14  -  9 commentaires  -  7372 caractères  -  112 lectures    Autres textes du même auteur

Un homme admiré relate le récit de sa transformation.


L'homme qui avait mal au ventre [Sélection GL]


C’était l’homme le plus bienveillant et le plus modeste que j'avais jamais rencontré. Je l’admirais comme un adolescent admire une pop star. À l’époque de ce récit, nous nous connaissions depuis bientôt un an. Nous travaillions pour la même entreprise mais dans des départements différents. Je ne me souviens pas des circonstances exactes de notre rencontre. Tout ce que je me rappelle, c’est d’avoir senti une aura particulière, une présence irradiante. J’éprouve des difficultés à me remémorer des souvenirs anciens ou récents dans leur ensemble. Je souffre d’une sorte d’amnésie couplée à une mémoire sélective. Au quotidien, ce qui ne concerne pas immédiatement les tâches que j’effectue baigne dans un brouillard. Ma vie ressemble à un tunnel de lucidité entouré d’images floues. Par exemple, je ne me souvenais pas du jour où j’avais rencontré mon épouse, je ne voyais que ses mains effectuer des arabesques au ralenti, le bleu tacheté de jaune de ses yeux, et surtout la vive émotion qu’elle avait suscitée en moi. C’était un vendredi du mois de mai lors d’un souper chez des amis communs, je le sais car ma femme et moi en avons discuté un jour.


Ce récit est sans doute la seule chose que je me rappelle dans le moindre détail. La relation que j’avais avec l’homme admiré prenait de l’importance et, j’étais avide de tout connaître de lui, d’apprendre de lui. Il m’invita à manger chez lui, j’en fus ravi. Cette occasion se reproduisit à maintes reprises. Cette fois-là, c’était un après-midi, le soleil éclairait la cuisine où il préparait des crêpes. La pâte était prête et parfumait la pièce, nous buvions un verre de jus de pomme fait par mon hôte, tous les deux attablés sur le plan de travail. Il vidait son verre quand je lui fis part de mes sentiments à son égard.


– Kankuro, tu sais, maintenant que nous sommes amis, je peux te le dire, depuis le jour de notre rencontre, je t’admire, tu es un homme bon, un idéal pour moi.

– Oh ! Merci ! Tu es quelqu’un de bien aussi. Mais je suis loin d’être parfait et je n’ai pas toujours été celui que je suis. Au contraire, j’étais vraiment un être exécrable, le pire enfoiré qu’il puisse exister. Si nous nous étions rencontrés à cette époque, je t’aurais manipulé et j’aurais détruit ta vie.


Cette révélation me surprit, je l’invitai à poursuivre.


– J’étais vraiment différent. Égoïste, lâche, arrogant, méchant : ce sont des mots qui me qualifiaient, qui faisaient partie de moi. J’ai fait pleurer plus d’une femme, j’en ai même poussé certaines au suicide, j’ai ruiné mes associés, mes collègues me haïssaient, ma famille ne voulait plus entendre parler de moi. Je n’envisageais pas de changer, j’étais riche et puissant, j’avais le sentiment de réussir ma vie.

– C’est comme si tu me parlais de quelqu’un d’autre.


Qu’est-ce qui peut pousser un homme à changer autant, je me le demandais.


Comme s’il devinait mes pensées, il remplit à nouveau les verres qui se trouvaient devant nous, en saisit un pour le porter à sa bouche, s’arrêta à mi-chemin et le reposa. Il se mit à parler, sans me regarder.


– C’était il y a dix ans. Mon existence était devenue un cauchemar. Je suis tombé malade et rien ne semblait pouvoir arrêter cela. J’ai vu des tas de spécialistes, fait des tas d’examens médicaux se révélant tous normaux, suivi des traitements, des régimes, et je continuais à souffrir et à fondre. Les douleurs au ventre étaient devenues chroniques, la nausée, les vomissements, les diarrhées survenaient souvent, sans aucune logique apparente. En moins d’une année, j’avais perdu la moitié de mon poids, j’étais un homme faible mais toujours fier, je n’arrivais plus à travailler, je n’attirais plus les femmes, j’étais en train de tout perdre et je ne comprenais pas pourquoi.

La première fois, les crampes étaient apparues en même temps qu’un petit homme au regard réprobateur, alors que je m’éveillais. Était-ce une hallucination, un esprit, mon Jiminy Cricket, la matérialisation d’une partie de mon moi, je l’ignorais. Que cet homme fût réel ou non, il était le seul lien que j’avais avec la maladie, mais ça n’avait pas de sens. Je devenais une ombre.

Un soir où je ne souffrais pas trop, l’envie me prit de sortir de chez moi pour me balader, voir cette vie qui m’abandonnait petit à petit. J’avançais d’un pas lent, presque boiteux lorsque je vis un clochard qui gisait au pied d’un immeuble de quarante étages. L’odeur qui émanait de lui me donnait le haut-le-cœur, un mélange de sueur, de rance, d’alcool, d’urine et d’excréments. Cela m’écœurait mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avancer dans sa direction et de le regarder. Il portait des chaussures dépareillées sans lacets, un pantalon de velours troué à l’entrejambe, taché de partout, une couverture mitée, lourde lui servait de poncho. Ses cheveux et sa barbe étaient longs et poisseux. En m’approchant, je l’entendis marmonner des choses incompréhensibles, ce que dit quelqu’un qui a basculé pour toujours dans le monde des ombres. C’est à ce moment-là que mon cœur s’est crispé.

Je connaissais cet homme. Il avait été mon partenaire en affaire, sans doute mon seul ami, un homme assez retors pour m’apprécier, un homme que j’avais brisé. Je lui avais volé son travail, sa femme, je l’avais poussé à la ruine, je ne lui avais rien laissé. J’étais responsable de sa déchéance et la première chose que j’ai pensée quand je l’ai reconnu, c’était que moi aussi j’allais devenir un être impuissant, un fantôme errant et cela m’effraya. Ces pensées engendrèrent une salve de crampes et une nausée si puissante que j’en vomis. Alors que je m’étouffais presque, un sentiment nouveau m’envahit, un mélange de culpabilité et de compassion, je crois, à l’époque, je n’aurais su les nommer. Le petit homme à l’air réprobateur m’apparut, il esquissait un léger sourire. Pour la première fois en un an, les crampes avaient cessé.

Je crois que c’est ce soir-là que j’ai commencé à comprendre la raison de mes maux et leur logique. Je me mis à changer. J’allais visiter ma mère à l’hôpital et lui demander pardon, je commençais à m’occuper des personnes seules, abandonnées, je faisais les courses pour mes vieux voisins, je prenais des cours de cuisine pour leur préparer des derniers repas inoubliables. Une fois par semaine, je me rendais dans un orphelinat pour raconter des histoires aux enfants, des histoires fantastiques et drôles, ainsi que l’histoire de l’homme qui avait mal au ventre. Je vis enfin ce que je n’avais jamais vu dans le regard d’autrui, ce que je vois dans le tien aujourd’hui et je compris, petit homme souriant à l’appui, que j’avais vraiment réussi ma vie, pour la première fois, je ressentais la signification du bonheur, de la vie.

Cette histoire paraît invraisemblable, et elle l’est, pourtant, c’est la vérité. Tu n’es pas obligé de me croire.


Il me regardait. Je restais stupéfait, ne sachant plus que dire. J’avais eu l’intention de lui demander conseil pour des problèmes de voisinage mais je n’y pensais plus. C’était si insignifiant à côté de cette histoire. Je n’avais aucun doute quant à sa véracité. Des choses que je ne pouvais pas voir étaient là, invisibles mais bien réelles. Un frisson me parcourut de la nuque au sommet du crâne puis redescendit jusqu’à mes pieds.


– Ce petit homme, était-il réel ? A-t-il disparu quand tes maux ont cessé ?

– Non… Il sourit encore.


 
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   socque   
11/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Amusante, l'idée que le mal qu'on fait revienne vous hanter par des maux de ventre ! Cela se saurait si l'univers était aussi moral, mais bon, l'argument de base me plaît.
En revanche, à mon avis, la présence du petit homme à l'air réprobateur est complètement de trop ; pourquoi, en plus de l'incarnation du mal dans le propre corps du malfaisant, celle du surmoi ? Selon moi, elle accentue inutilement la morale, lui donne un élément humain alors que je trouvais beaucoup plus intéressant de lui donner une universalité l'inscrivant dans la marche même du monde, dans l'organique. Bien sûr, vous êtes l'auteur, c'est vous qui voyez : comme lectrice, j'estime que ce coup du petit homme, qui ne sert même pas de déclencheur révélateur, c'est une fausse bonne idée.

En parlant de révélateur, je constate que l'associé floué devenu clochard, on n'en parle plus du tout ensuite ; je suppose qu'il reste plongé dans son triste sort... Comme quoi, après avoir été détruit par le méchant, il l'aide à devenir gentil, le sauve sans être sauvé ! Y en a vraiment qui ont de la chance et d'autres pas. La morale universelle incarnée a ses limites, manifestement, devant la séparation arbitraire entre élus et damnés.

   Asrya   
31/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Un titre accrocheur. Une histoire charmante.
La lecture est fluide, les phrases sont simples, s'écoulent facilement. C'est agréable à lire.
Pourtant, la première phrase ne m'a pas plu. J'ai espéré que le reste ne soit pas du même acabit ; comble de joie, ce ne fut pas le cas.

"C’était l’homme le plus bienveillant et le plus modeste que je n’avais jamais rencontré"

C'est un peu lourd pour commencer je trouve.

Petite remarque supplémentaire, un détail, point de vue personnel :

"Oh ! Merci ! Tu es quelqu’un de bien aussi."
Des points d'exclamations ? J'imagine que ce "Kankuro" doit être surpris de ce compliment, j'aurais plutôt écrit cela de la sorte : "Oh... merci. Tu es quelqu'un de bien aussi." Ou quelque chose comme cela... (point de vue personnel...)
Avec ces points d'exclamations, je trouve cela trop festif.

Un bémol aussi pour ce passage :
"La première fois, les crampes étaient apparues en même temps qu’un petit homme au regard réprobateur, alors que je m’éveillais. Etait-ce une hallucination, un esprit, mon Jiminy Cricket, la matérialisation d’une partie de mon moi, je l’ignorais. Que cet homme fut réel ou non, il était le seul lien que j’avais avec la maladie, mais ça n’avait pas de sens. Je devenais une ombre."

Pourquoi nous parler de ce Jiminy Cricket ? De cette matérialisation de la conscience ?
Cela aurait été plus intéressant sous silence.
Cela aurait été plus intrigant, plus prenant. La révélation pouvant se faire à la fin si vous estimez que cela aide à la compréhension. (pas nécessaire selon moi)

"petit homme souriant à l’appui"
Ce n'est pas pour critiquer, j'ai adoré ce passage, débordant de poésie.

Voilà, je pense avoir fait le tour de ce que j'avais à dire,
Merci pour ce récit,
J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire,
J'espère pouvoir faire de même avec vos futures nouvelles.

   LeopoldPartisan   
3/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
petit conte urbain un peu à la manière du monsieur Scrooge de Dickens, mais transposé dans l'esprit d'un trader du monde des affaires.

Cela est bien écrit et surtout se lit très aisément. On arrive à la fin qu'on y a rien vu.

aimable et distrayant... Ah Utopie quand tu nous tiens...

   in-flight   
14/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne vois pas très bien l'intérêt du premier paragraphe où est décrit une espèce d'amnésie du narrateur. C'est un peu confus.

En tout cas merci pour cette lecture qui mène sur les chemins de la rédemption - de façon un peu guimauve parfois - mais il faut écrire ce genre de textes pour rappeler que l'Homme connait plusieurs phases dans son existence. L'identité est en construction permanente, je crois que c'est le message de cette nouvelle et il est bon à (ré)entendre.

   Soruf   
15/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une jolie histoire de rédemption à laquelle j'ai envie de croire. Cependant une chose m'y empêche : je trouve que l'on passe trop brusquement du noir au blanc, que le noir est trop noir et le blanc trop blanc : perd-t-on si facilement et définitivement une telle part d'ombre ?

Je m'explique avec l'exemple du clochard : je trouve dommage sa place réduite dans le changement de Kankuro. Il est dit que Kankuro vomit en le reconnaissant, mais pas qu'il lui vient en aide. Le clochard aurait pu être l'un des piliers de la rédemption de Kankuro, sa première bonne action ; il aurait pu prendre de l'épaisseur dans le récit, avec une amitié renaissant dans la douleur. Au lieu de ça, on a une suite de bonnes actions tous azimuts et un peu trop "fleur bleue" à mon goût. Mais l'histoire vous appartient bien sûr.

A propos de la forme, je trouve certaines phrases un peu lourdes, notamment à cause de l'utilisation de "que" :
"Tout ce que je me rappelle,"
"Ce récit est sans doute la seule chose que je me rappelle..."
Je trouve que "dont" aurait fluidifié ces deux constructions.
"Je crois que c’est ce soir-là que j’ai commencé à comprendre"
Là, j'aurais préféré "où".
Bref, ce sont des petites remarques à prendre ou à laisser.

Mise à part ça, le vocabulaire est riche, on lit sans avoir à relire, on suit bien les pensées et actes des personnages, et on a envie de vous retrouver pour une autre lecture et de vous remercier pour celle-là.

   Anonyme   
16/9/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Spinalelfe,

je trouve l'histoire superficielle, elle manque terriblement de profondeur.
Déjà ce qui m'a le plus interpellé c'est le passage où Kankuro découvre son ancien partenaire devenu clochard dormir dehors ayant sombré dans la folie et j'espérais qu'il ait assez de compassion pour venir au secours de cet homme, mais non.
Ce que je trouve étrange c'est comment un homme sans moral ni sentiment peut aussi rapidement changer sa nature à cause d'une douleur au ventre. Kankuro était-il si dégoûté de lui-même? colérique? mais rien ne le dit car à la lecture de ce passage:
" j’étais vraiment un être exécrable, le pire enfoiré qu’il puisse exister. Si nous nous étions rencontrés à cette époque, je t’aurais manipulé et j’aurais détruit ta vie."
j'ai plutôt vu un homme narcissique, imbu de lui-même, c'est pour cela que je n'arrive pas à saisir la symbolique de se mal de ventre.

Et puis l'apparition de ce petit bonhomme n'apporte rien à l'histoire.
En tout cas ces terribles maux lui ont ouvert les yeux sur sa personnalité, il a su faire le rapprochement? certes.

Quelle que soit sa personnalité elle a été survolée. Il ne suffit pas de dire quel genre d'homme il a été et ce qu'il est actuellement, j'aurais aimé visualiser son caractère, ressentir sa méchanceté et sa bienveillance, pour cela il fallait peut-être dessiner ses traits de caractères, approfondir ses actes, donner de la tonalité sur ses propos...

Je ne dis pas que votre nouvelle manque d'émotion mais j'aurais aimé que vous donnez plus de relief, d'épaisseur à votre héros.

Sinon bonne tournure des phrases, fluidité, limpidité.

   Purana   
16/9/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une nouvelle fantastique qui semble nous avertir de ce qui nous serait arrivé si nous étions méchants. Ce serait un mal de ventre chronique ou une autre maladie insupportable.

L'histoire devient merveilleuse quand on découvre ce que l'on doit faire pour arrêter cette torture quotidienne : il suffit de devenir un être humain correct.

J'ai lu ce texte et je n'ai eu aucun problème pour comprendre ce que le narrateur voulait dire.
Je trouve cela agréable et je vous en remercie.
Si seulement le message avait eu davantage de profondeur, j'aurais été la plus heureuse des lectrices du monde !
Mais cela n'est pas le cas. Je trouve le fond aussi simple que la forme.

Ce récit contrairement à ce qu'il semble prétendre, est loin d'être une réflexion sur la vie réelle.

Cordialement,
Purana

   liryc   
23/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Félicitations Spinalelfe, J'ai beaucoup apprécié ma lecture.
Le premier paragraphe m'a plongé en quelques mots dans le trouble mené avec beaucoup de subtilité, où tous les repères sont à redéfinir, une introduction très habile je trouve pour saisir un texte où se préparent des quiproquos heureux, des rebondissements moins joyeux et des surprises.
Je ne suis pas d'avis que des passages auraient dû être plus rechercher dans les nuances? Ce texte se passe bien de longueur inutile grâce à des phrases parfaitement ciselés (virgule, point, rythme) et une écriture débarassée du superflu d'adjectifs ou d'adverbes inutiles.
Attention talent à suivre.
Liryc

   Marguerite   
16/10/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Spinalelfe,

Vous nous apportez là un texte sympathique et optimiste, mais parfois maladroit.
On sent que vous voulez nous dire quelque chose avec cette histoire, mais je suis restée en surface, bloquée je pense par une écriture trop sage, trop lisse.
Pour cet extrait par exemple : « À l’époque de ce récit, nous nous connaissions depuis bientôt un an. Nous travaillions pour la même entreprise mais dans des départements différents. Je ne me souviens pas des circonstances exactes de notre rencontre. » : je trouve que c’est un peu plat, sans vie. Alors que cette phrase, au contraire, sonne beaucoup mieux, fait travailler l’imagination quand on la lit : « Je l’admirais comme un adolescent admire une pop star. »
Le monologue ensuite est un peu sur le même registre. En une phrase vous nous dites tout ce qu’il y a à savoir, avec trop peu de ces fioritures qui font que la lecture devient images, perceptions, sentiments.
Juste un truc pour le début, je ne trouve pas que de savoir que le narrateur souffre « d’amnésie » apporte quelque chose à l’histoire. Peut-être ai-je raté quelque chose.

Marguerite.


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