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Réalisme/Historique
Sylvaine : L'ami manqué
 Publié le 28/05/13  -  10 commentaires  -  8472 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

Un professeur désabusé évoque la figure d'un jeune collègue.


L'ami manqué


L’avis m’est parvenu ce matin : un blâme, comme me l’avait annoncé le proviseur ; j’ai paraît-il tenu des propos irresponsables et manqué au devoir de réserve. Tant mieux. Je devais cela à Émilio.

Lorsque le proviseur m’a reçu après l’affaire, cette femme élégante et distinguée peinait à maîtriser sa fureur : j’avais terni l’image du lycée, et suscité la vindicte des parents qu’avait choqués mon initiative. Crime capital, dans cet établissement bourgeois que fréquente la fine fleur de la ville. J’ai invoqué le cas d’Isabelle Restout, lequel paraît-il n’avait rien à voir. Rien à voir. C’est bien le plus scandaleux.

Malgré mes efforts, le souvenir que j’ai d’Émilio se brouille de plus en plus : taille moyenne, ni gros ni mince, visage banal, c’était un homme sans trait physique marqué, que sa discrétion effaçait encore. Je me reproche de l’avoir si mal connu. Je ne suis pas de ceux qui sortent aisément de leur quant-à-soi pour offrir un café aux nouveaux venus, je tutoie peu et n’ai pas la camaraderie facile. Dans le cas d’Émilio j’ai eu cruellement tort. Cette habitude que j’ai prise, de m’attarder le moins possible au lycée et de limiter les contacts avec mes collègues férus de pédagogisme pour me consacrer en paix à ma thèse et à mes cours, lui a sûrement coûté très cher. Pour la première fois, je la regrette. Bien sûr, je ne suis pas le seul responsable : c’était à nous tous de l’accueillir, de l’arracher à sa solitude. Je suis néanmoins plus coupable que les autres, parce que je crois qu’il me ressemblait et que nous aurions pu être amis.

Je suis de ces professeurs à l’ancienne, que leur discipline passionne plus que l’enseignement lui-même et qui n’imaginent pas mieux pour leurs élèves que de leur transmettre cette passion. Péché inexpiable à notre époque, pour lequel je dois sans doute payer aussi. Je pense qu’Émilio était de mon espèce. C’est ce que j’ai cru comprendre ce soir-là, le seul où je lui aie parlé. Il était plus de cinq heures, nous attendions le conseil des secondes 13, la nuit menaçait déjà sous le ciel couvert et la salle était presque déserte. Si je suis sorti de mon mutisme, c’est parce qu’il lisait en espagnol un livre de Cortázar. Je me rappelle cet éclat dans son regard, quand je lui ai dit combien j’aimais cet écrivain. C’était une passion qu’il partageait, et c’est d’elle que nous avons parlé d’abord. Oui, ses yeux brillaient de connivence et de gratitude : il avait trouvé un esprit fraternel, il était tout prêt à se confier davantage. C’est alors qu’il s’est risqué à se plaindre de la classe. Expérimenté comme je le suis, je la trouve moi aussi difficile. Contrairement à l’opinion reçue, les enfants qu’on dit favorisés ne sont pas les moins goujats : beaucoup allient comme personne le culte de l’argent et le mépris du savoir. Jeune, cultivé, timide, étranger de surcroît et mal payé comme nous tous, Émilio faisait pour eux une victime de choix. Je sais combien l’épreuve peut être pénible, ayant connu autrefois des difficultés analogues. J’aurais dû l’inciter à en dire plus, lui offrir compréhension et réconfort, l’inviter au restaurant dès la sortie du conseil. Mais j’ai trop pris l’habitude de me protéger des autres, j’ai craint qu’une oreille trop complaisante ne le rendît indiscret. Je suis donc resté sur la réserve, et je crois qu’il a perçu ma réticence car j’ai senti son propre retrait : il a interrompu net ses confidences, et son regard s’est fermé. Puis est arrivée l’heure de la réunion et de ses palabres vaines. Je suis sorti parmi les premiers après une prise de congé rapide, et l’occasion était perdue à jamais.

Depuis j’ai beaucoup pensé à Émilio. À partir du peu qu’il m’a confié, et de ce que j’ai su après coup, j’ai reconstitué ce qu’il a dû vivre pendant ces derniers mois. Nourri de culture française, il espérait sans doute, en quittant l’Argentine, trouver chez nous sa patrie d’élection et des élèves enthousiastes, avides d’être initiés aux classiques espagnols. J’imagine sans peine sa déception. Ici, ce sont généralement les plus médiocres qui choisissent cette langue par défaut. Chez eux point d’enthousiasme, mais une apathie goguenarde, une obstination dans l’inertie qui découragerait Socrate. Au mieux, ils se comportent en présence du professeur comme s’il n’existait pas, poursuivant leurs conversations privées et s’interpellant d’un rang à l’autre sans aucune gêne. La reprise en main, si elle échoue, peut conduire à l’hostilité ouverte. Émilio en était à ce stade avec nos secondes 13, et sans doute se croyait-il le seul, car le conseil n’a rien révélé des difficultés de nos collègues : la loi du silence y règne, chacun craignant de paraître incompétent s’il les avoue. Alors lui aussi s’est tu, et à la fin de la réunion il est sorti sans saluer personne pour s’effacer dans la nuit humide et regagner son studio sinistre où il a dû macérer dans l’amertume et la négation de soi.

Si seulement je n’étais pas tombé malade… Si j’avais pu le croiser les jours suivants, j’aurais peut-être renoué le fil de notre dialogue interrompu, et qui sait si je ne l’aurais pas arraché à la tentation du pire ? Mais j’ai été fauché par la grippe et j’ai dû rester au lit plus d’une semaine. À mon retour il était trop tard. Je n’ai rien su tout d’abord, tant le secret était bien gardé. De fait je ne l’ai appris que par hasard, quand son remplaçant s’est présenté à moi. Encore ne l’a-t-il révélé qu’à voix basse et avec une gêne visible, sous prétexte que le proviseur ne voulait pas le crier sur les toits. Ne pas le crier sur les toits ? Lorsque la petite Restout s’est suicidée, administration et professeurs se sont déplacés pour les obsèques, et on a annulé la fête du lycée. Mais Isabelle Restout était une élève. Un professeur n’a pas droit aux mêmes égards. Son acte est une faute professionnelle, un déshonneur pour l’établissement.

Malgré cette conspiration du silence, mon enquête a porté ses fruits. Quelques jours après le conseil, Émilio avait été victime d’un incident qui dut jouer dans sa décision un rôle majeur. Il venait à peine de commencer son cours avec les secondes 13, quand un élève inconnu fit irruption dans la salle et l’insulta d’une voix retentissante. T’es rien qu’une lopette, pauvre enculé, vomit-il avec cette élégance qui caractérise nos petits mufles. Puis il s’éclipsa tout aussi vite. Fou rire de la classe. L’humiliation était sans recours, Émilio n’ayant pas vu le coupable assez longtemps pour l’identifier jamais. Tout porte à croire par ailleurs que la jeune crapule avait agi à l’instigation, ou du moins avec la complicité de ses élèves. Peu d’enseignants, même aguerris, sauraient retourner la situation en leur faveur face à tant de duplicité et de bassesse. Émilio en fut sans doute paralysé, et incapable de se ressaisir à temps. Plus tard, il fut reçu par le proviseur, mais j’imagine que cette garce de bon goût ne lui a offert aucun soutien et a rejeté la faute sur son autorité défaillante. La détresse et l’humiliation se sont alors refermées sur lui comme les parois d’un cercueil où résonnait l’écho des paroles injurieuses. T’es rien qu’une lopette, pauvre enculé. Comment dès lors oser reparaître en classe ? Il croyait entendre des ricanements sur son passage, il sentait sur lui des regards moqueurs. La lumière crue de l’affront l’arrachait à la pénombre où se complaisait sa discrétion. Où fuir sinon dans des ténèbres définitives la honte éclatante qui l’aveuglait ?

J’ai attendu le conseil suivant, et après le tour de table j’ai demandé la parole. J’ai fait observer que M. Martinez était absent, et j’ai dit ce que j’avais à dire sans pathos et sans euphémismes, en n’éludant la responsabilité de personne, devant délégués d’élèves et de parents. Puis j’ai réclamé une minute de silence que la stupeur de tous m’a accordée sans peine. Je n’étais pas mécontent de mon effet, et j’avoue avoir savouré sans remords la gêne durable qui a plané sur la réunion.

Le proviseur m’a convoqué dès le lendemain. D’après elle j’ai fait preuve d’une légèreté inqualifiable en prenant le risque de traumatiser des adolescents fragiles. Traumatiser. Comment peut-elle encore user sans sourire d’un terme si rebattu ? Il n’empêche. Jamais elle ne me pardonnera mon intervention. J’ai intérêt à demander ma mutation au plus tôt, et il n’est pas dit que mon nouveau poste me convienne. S’il le faut, je m’accommoderai du pire. Mon ami manqué, je ne pouvais pas faire moins pour toi.


 
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   socque   
27/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une belle histoire, je trouve, clairement exposée pour moi, une bonne construction du texte, une absence de pathos que j'approuve... alors pourquoi ne suis-je pas vraiment convaincue ?
Il me semble que, ce qui pèche, c'est le personnage d'Emilio lui-même. Certes le narrateur n'a pu vraiment le connaître, il ne peut qu'imaginer, mais je le trouve tout de même trop inexistant Emilio, moins par exemple que la garce de proviseur.
Pour moi, ç'a été une erreur de ne pas transcrire le dialogue, si court ait-il été, entre le narrateur et Emilio, de ne pas faire l'effort de décrire un peu plus ses réactions, aussi discrètes aient-elles été, au conseil de classe.

Je comprends bien qu'avec l'intrigue choisie, et l'écriture qui ne pourrait guère être autre que distante vu le caractère du narrateur, c'est difficile ; toutefois, même si les interactions entre celui-ci et Emilio ont été réduites, n'aurait-il pas été possible de faire mieux ressentir l'ambiance de terreur feutrée dans le lycée ? Le narrateur parle des difficultés qu'il a connues au début de sa carrière, ce pourrait être intéressant je pense de donner quelques anecdotes... Bref, pour moi le récit manque de chair, de contexte. Je pense qu'il est possible, sans bien sûr dénaturer le narrateur et sa manière de s'exprimer, de rendre plus proche l'histoire. Telle quelle, elle n'a pas bien fonctionné pour moi.

   Acratopege   
7/5/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau texte, écrit dans une langue parfaitement maîtrisée. Un histoire banale écrite dans un style apparemment objectif et distancié, avec à peine une pointe de dérision, mais l'impact est immédiat. On s'identifie d'emblée au narrateur. Pendant quelques minutes, je suis devenu un enseignant désespéré comme on dit qu'il sont aujourd'hui. Cette amitié non advenue en miroir de l'injure homophobe, voilà peut-être ce qui rend ce récit si poignant. J'ai pensé à Stefan Zweig, qui lui aussi me prend aux tripes, qui lui aussi aimait faire raconter des histoires dramatiques par un narrateur extérieur qui ne l'était pas tant que ça.
Bravo.

   Jano   
22/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Un bon texte qui sonne tellement vrai qu'on dirait un rémoignage. On a l'impression que cette mésaventure s'est réellement produite, ca en deviendrait d'ailleurs presque son défaut. Les faits sont rapportés froidement, sans fioritures et le ton en devient sec, neutre, comme un documentaire. Avec un style davantage romancé le récit aurait été encore plus émouvant.

   Anonyme   
28/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Sylvaine

Bon... ben ce sera comme d'habitude.
Bravo bien sûr et surtout merci.

Ceci dit... en ce qui concerne l'histoire, je ne suis pas d'accord avec ce qui s'y passe mais il est vrai que je ne connais pas le milieu, bien que je sache que les professeurs soient maltraités par les élèves et au fond gravement en manque de considération.

Cependant, je ne veux pas croire que ce geste ait pu rester lettre morte et se soit noyé dans l'indifférence générale. Ce petit mufle a été vu, sinon par le professeur, trop choqué sans doute pour réagir, mais au moins par les rieurs.
Je ne veux pas croire que notre jeunesse soit égoïste et sans âme.
Une élève - j'ai plus confiance dans les filles - aurait pu parler et au moins justice - d'une certaine manière - aurait été rendue.

J'eusse aimé que cette nouvelle - qui aurait été plus longue peut-être mais pourquoi pas vous le permettre avec un style pareil - ne soit pas aussi négative et sombre.

S'il vous plait, Sylvaine, pour la prochaine fois, racontez moi une histoire qui me fasse croire que la vie est belle, pas rose gnangnan, hein... mais juste... belle.
Un fan, un admirateur.
B-B

   Lobia   
28/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai aimé à la fois le fond et la forme, c'est bien sûr très bien écrit, mais j'ai eu la sensation de lire une anecdote, un récit, où l'on sait dès le début que tout est joué, que la fin sera sans surprise.

Je suis entourée de "sauvageons" et malheureusement cette histoire ne fait pas partie du rayon SF. La loi du silence que vous décrivez au sein de cette corporation fait réellement beaucoup de dégâts.

C'est la première de vos nouvelles que je lis et c'est une jolie découverte. Je vais prendre le temps de lire vos autres textes.

   brabant   
28/5/2013
Bonjour Sylvaine,


Euh ?... De quel siècle est-il donc ce Monsieur Martinez ? Se suicider pour une insulte (Cet épris de Belles Lettres Hispaniques connaissait-il l'audiardesque "lopette" ? " enculé", oui certainement, c'est un mot/sens qui circule dont l'auteur se carapate en lopette qu'il est) ne semble pas vraisemblable ; un reste de syndrome des Malouines ? Lol, ne m'en veuillez pas :)

Des notations exactes, c'est certain ; mais la proviseure apparaît trop caricaturale, de même que l'attitude des collègues voire celle, évoquée, des parents d'élèves. Cette histoire, pour dénoncer des travers réels (de tous les siècles d'ailleurs : Daudet, Mallarmé se sont faits chahuter), n'est pas de ce siècle ou plutôt dans le/un siècle. Elle m'apparaît trop idéalisée.

Ceci dit, le titre "L'ami manqué", repris en conclusion "mon ami manqué" (en relation avec la notion d'acte manqué), est remarquable. Je me demande d'ailleurs si le texte n'est pas ici simple prétexte pour illustrer ce jeu d'expressions.

Pour le reste le texte me semble glisser sur une réalité par ailleurs bien banale. Je pense à François Bégaudeau...

Irréaliste donc.

Ben oui quoi ! L'écriture elle-même est trop propre sur elle ici...


J'ai trop d'estime pour ce que vous faites pour évaluer mais je suis passé à côté de ce texte :) J'espère que vous ne m'en voudrez pas. Lol

   Anonyme   
29/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Sylvaine,

Je pars de l’idée qu’aucun auteur n’a autant d’imagination que la réalité. Que votre prof se suicide pour une insulte : oui. Quelque part dans le monde, quelqu’un s’est forcément suicidé un jour pour moins que ça. Disons que c’est l’histoire de cet homme que vous avez voulu raconter, ou tout au moins, que vous avez mis en situation.

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la crédibilité de votre imagination ; c’est de savoir si votre histoire évolue vraiment avec cohérence dans l’univers de votre récit.
Alors oui, tout me semble cohérent, le narrateur, le proviseur, les autres profs, les élèves. Mais trop cohérent. Trop sage le narrateur (j’allais dire « vous », tellement j’ai l’impression que vous être prof vous-même :)). Son petit coup de gueule rend-il vraiment justice à Emilio ? En plus il se fait enguirlander par la pouf de proviseur ! En tant que lecteur je ne sais vraiment pas me contenter de ça. Moi je lui aurais mis de la dynamite entre les cuisses, à la dirlo, et je lui aurais fait allumer la mèche ! Et tous ces profs ? Vous êtes vraiment si gentille ? Savez-vous qu’un moment de gêne est bien vite passé (pour le lecteur aussi) ? En plus, on va encore vous en vouloir d’avoir trahi vos collègues devant les élèves et leurs parents. Moi je les aurais chopés en petit comité, j’aurais foutu le feu à la salle de réunion, et je serais allé dénoncer la dirlo aux flics, ses empreintes sur un briquet Bic à l’appui.
Qu’est-ce que vous voulez que je retienne de votre histoire ? Que le monde est aveugle, injuste, égoïste, misanthrope ? OK je plussoie. Mais la vérité est toujours insipide… Quand je pense à la détermination du papy de votre « Lettre au rebut », ou la poésie de l’enfant de « Absent »…

Pour le reste, je retiens une écriture toujours aussi impeccable, trop, qui s’ajuste me direz-vous à la fluidité lancinante du récit. Un style poli, comme la colère du prof. Le roman a besoin de transgression.

Merci quand même. Je sais que vous reviendrez, Sylvaine…Je saurai attendre.

Cordialement
Ludi

   Pouet   
5/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Une belle écriture, un texte sobre qui colle bien au sujet.

Peut-être aurais-je voulu en savoir un peu plus sur ce personnage d'Emilio pour mieux comprendre son geste. Le suicide est une chose complexe qui, à mon avis, n'est pas uni-causal. Le fait d'être insulté ainsi a donc été "l'élément déclencheur" mais ne suffit pas en lui-même à justifier un suicide. Ainsi des éléments sur la vie passée d'Emilio, plus d'explications sur son psychisme auraient sans doute rendu plus "convaincante" cette autolyse.

   LeopoldPartisan   
5/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Par certains côtés de cette histoire, je partagerais plutôt l'avis de brabant car en effet se suicider pour une simple insulte, relève me semble-t'il nettement plus de graves troubles nettement plus en amont.
Par contre j'aime assez, cet éclairage sur notre société et sur le rôle crucial des pédagogues.
Le problème n'est hélas pas neuf et même remonte jusqu'à l'antiquité.
Il évoque aussi, le rôle des directions d'établissement qui en bons gestionnaires se doivent d'instaurer des relations "clients" pour garder le sacro-saint nombre minimal d'élèves.

L'écriture est précise quoiqu'un peu coincée. Vernis d'une bonne éducation... ce sacro saint vernis qui peut pour un rien régresser et sauter (cfr William Golding : Sa majesté des mouches 1954)

   jfmoods   
18/6/2016
I) Un simple fait divers ?

1) La mort tragique d'un enseignant

Émilio, professeur d'espagnol d'origine étrangère, est idéaliste. Il a une haute conception de son métier. Humilié en plein cours par une de ses classes, désespéré, il se suicide.

2) La solidarité d'un collègue

Le narrateur, particulièrement touché par l'événement, se bat contre le silence assourdissant de l'administration de son lycée, mettant ainsi en jeu sa mutation.

II) La dénonciation d'un système

1) Une idéologie mortifère

Le pédagogisme, en mettant l'enfant sur un piédestal, dénie à l'enseignant son rôle moteur de transmetteur des savoirs, sapant ainsi son autorité et le respect qui lui est dû.

2) Cent ans de solitude

Cette situation de fait a provoqué une grande désillusion chez le narrateur qui a progressivement coupé tout contact avec les autres enseignants de son établissement.

Merci pour ce partage !


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