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Fantastique/Merveilleux
Tailme : Chasseur de démons : sauvetage
 Publié le 08/02/16  -  4 commentaires  -  19364 caractères  -  56 lectures    Autres textes du même auteur

Nic accompagne son mentor pour le sauvetage du prince Hachefine. Mais ce qu'il trouvera dans les geôles changera son avenir.


Chasseur de démons : sauvetage


Le sable emporté par le vent fouettait leur visage. Ou du moins, les parties non protégées par leur capuche et leur foulard. Allongés dans cette étendue aride et mouvante, les chasseurs de démons guettaient. Immobiles tels des serpents, ils attendaient le moment opportun pour frapper.

Nic sentait la sueur perler dans son dos. Par petites avancées, les gouttes glissaient sous ses vêtements. La chaleur se montrait impitoyable. Le Néant Ardent portait son nom à merveille. Et pourtant, à quelques kilomètres fleurissait une épaisse et dense forêt.

Depuis l’affrontement entre Zoka Heim et Ra de Mire, deux sorciers de légendes, un microclimat régnait en ces lieux. Leur puissance avait ravagé tout le paysage ; l’anéantissant, le réduisant à l’état de sable et de poussière. Il ne restait à présent que le désert. Territoire fréquenté par les bandits, habité par des peuples mystiques et évité des royaumes voisins. Et puis, il y avait la Braise.

Malgré cela, Nic et son mentor avaient été envoyés par le roi Hachefine pour récupérer son fils. Évidemment, une bourse très lourde les accueillerait à leur retour. Car le travail serait dur. « Mais pas insurmontable », avait affirmé Falte en voulant rassurer son élève.


– Allons-y, ordonna Falte avant de se lancer vers les ruines d’Anzmarath.


Après de nombreuses et fastidieuses recherches, les chasseurs avaient appris que le prince était retenu prisonnier ici. Nic jeta un ultime coup d’œil sur leur destination. L’ancien palais pullulait de trafiquants d’hommes. On les appelait les Brumeux. Protégés par une magie a priori démoniaque, personne n’avait jamais réussi à démanteler ce réseau de criminels. Surtout qu’ils se déplaçaient régulièrement. Ainsi, pour sauver le fils d’un roi de leurs griffes, la célérité et la furtivité s’avéraient être les meilleures options.

Nic courut pour rattraper Falte. De loin, il entendit son maître le prévenir : « La tempête approche. » La seconde d’après, une vague de sable s’éleva. Dans sa charge, elle emporta toute visibilité.


****


Falte, le bras levé, referma son poing. Nic s’exécuta. La dague, tel un éclair dans la nuit, ne brilla qu’une seconde. L’adolescent accompagna le corps sans vie du bandit jusqu’au sol. Même si la tempête aidait les chasseurs de démons à s’infiltrer en camouflant leurs mouvements, il fallait éviter les bruits inutiles.

Le duo progressait maintenant au deuxième étage des ruines du palais. Jusque-là, ils n’avaient croisé que des hommes armés, emprisonnés ou décédés. Pas la moindre présence démoniaque. D’après un Brumeux ayant parlé avec le froid d’une lame contre la gorge, les chasseurs atteindraient d’ici peu la cellule du prince.

Nic sentait son cœur battre la chamade sous l’excitation et la peur. Dans la pièce suivante, ils découvrirent enfin la cage en question. La montagne de muscles chargée de surveiller la pièce vociférait dans une langue inconnue contre l’enfant de la cellule opposée. Le gamin pleurait bruyamment. Occasion parfaite pour agir. Falte entailla d’un coup vif la nuque du garde et le laissa choir, lâche, contre les barreaux.

Il récupéra la clé et déverrouilla le cadenas afin de libérer le fils du roi.


– Rodolphe Hachefine ? le questionna Falte, même s’il connaissait déjà la réponse puisqu’il l’avait rencontré des années auparavant.


L’enfant d’une dizaine d’années marmonna ce qui semblait être une réponse positive. Il tenta de se lever mais, à bout de force, s’effondra dans les bras du chasseur de démons.


– Cela fait deux semaines qu’ils l’ont capturé, déclara Nic. Imagine l’état des prisonniers restants.

– Je sais, Nic. Mais nous n’avons ni le temps ni les capacités de secourir les autres.

– Même lui ? demanda Nic en désignant un second détenu, recroquevillé, au fond de la cellule.


Deux petites cornes hérissées sur le front. Les yeux rouge écarlate. Un démon. Pas plus vieux que l’adolescent.


– Nous pourrions le revendre, proposa Nic avec un sourire sardonique.

– Idiot, lâcha sèchement Falte. Ne vois pas le mal dans chaque démon. Allez, on bouge.


Cependant, ils ne purent revenir sur leurs pas. Une silhouette vague et nébuleuse bloquait la sortie. À sa droite se dressait un homme élancé et richement habillé.


– Alors c’est vous qui assassinez mes soldats, lança l’homme svelte. Pour être passés outre la surveillance de notre geôlière démoniaque, vous devez être doués. Mais je vous arrête ici. Azaline, détruis-les.


La silhouette brumeuse tendit le bras avec nonchalance. Soudain, la cage percuta le mur de derrière. Ce dernier céda sous la pression et laissa la cage s’envoler à l’extérieur. Elle atterrit devant les ruines du palais. Heurtant le sol, elle explosa en projetant les barreaux alentour.

Nic, étourdi, désorienté et le souffle coupé, s’étonna d’être encore en vie. Tant bien que mal il chercha son mentor mais la tempête s’acharnait pour l’en empêcher.


– Falte ! s’égosilla-t-il dans un élan d’espoir.

– Je suis là, Nic, lui répondit Falte en s’avançant vers lui avec le prince sur les épaules. Tout va bien ?


« Tout va bien ? » Quelle question ! Ils venaient de se faire expulser d’un bâtiment de plusieurs mètres de hauteur et Falte apparaissait indemne. Comme si la silhouette nébuleuse, en levant le bras, lui avait simplement indiqué la direction des escaliers.


– Ça va, se contenta de dire Nic, vexé de se sentir si faible.


Il aperçut un peu plus loin le jeune démon tenter de fuir en rampant. Il abandonnait dernière lui une traînée ténue et rougeâtre. Nic entama un pas dans son sens mais la silhouette de brume se matérialisa devant lui. De près, elle ressemblait à une femme famélique aux orbites vides. Aucune chair sur le visage. Les muscles à vif. Par conséquent, l’entièreté de sa mâchoire était visible. Funèbre rictus sur une face cadavérique. Ses longs cheveux planaient et ondulaient sans se soucier du vent de la tempête. Phénomène effrayant mais enivrant.

Elle leva le bras, toujours avec ce cruel manque de vigueur. Sa paume d’où pendaient des lambeaux de chair touchait presque le visage de Nic. Il ne pouvait bouger. Ses jambes s’étaient comme enracinées dans le sable chaud. Quelle sensation cela ferait de se heurter à une poussée magique ? Serait-ce comme un coup physique ?


– Nic ! cria son mentor.


Le jeune homme s’extirpa de sa torpeur et se jeta sur le côté in extremis. Un souffle provenant de la paume de la femme-brume balaya le sable, les morceaux de cage et stoppa même la tempête pendant un instant. La femme planta son regard sur Nic. Son visage cadavérique restait inchangé et froid. Mais dans l’aura nébuleuse qui l’entourait, on ne distinguait que de la fureur. Nic en était paralysé.


– Nic, bouge ! Je la retiens un moment. On se retrouve au campement d’hier.


Le jeune chasseur de démons acquiesça. Il fuit. Un lâche. Un faible. Un lourd boulet relié par une chaîne de ronces à la cheville de son mentor. Voilà comment se décrivit Nic tandis qu’il quittait le combat.

Il suivit la traînée de sang sans trop réfléchir. Comme si même son instinct le poussait à agir comme un couard. Laisser derrière soi des blessés pour accroître ses chances de survie. Il dépassa le démon. Le dévisagea longuement, pendant que ses jambes à lui continuaient de s’élancer l’une après l’autre. Dans ses yeux rouge vif, Nic découvrit de la douleur, de la colère, de l’effort, du courage et une envie de vivre. Néanmoins, ce n’était pas une envie lâche et désespérée comme celle du jeune chasseur. La sienne se révélait forte et ravageuse. Quelque chose persuada Nic que la silhouette brumeuse n’avait surtout pas intérêt à se dresser sur le chemin de ce démon souffrant. Du moins, si elle tenait à son existence.


– Merci, souffla une voix rauque et haletante à son oreille. Un barreau a percé ma cuisse.


Nic cligna des yeux comme s’il émergeait d’un rêve. Il avait passé le bras du démon autour de ses épaules pour le relever.


– Qu… quoi ? s’étonna Nic.

– T’inquiète pas, répondit le démon. Je vais m’en remettre.


Le jeune homme ne se rappelait pas avoir décidé d’apporter son concours au blessé. D’ailleurs, cela devait se lire sur ses traits car le démon le questionna :


– Tu te demandes ce que tu es en train de faire, c’est ça ?

– Oui. C’est… étrange.

– Ce sont les pouvoirs de cette geôlière-brume. Ton cerveau se déconnecte presque de ton enveloppe charnelle, te laissant t’enfoncer profondément dans tes songes. Et ton corps, quant à lui, agit par instinct pour les plus résistants. Pour les autres, il se fige comme une marionnette dont on aurait tranché les fils de maniement.

– Donc ma résistance n’est plus à prouver, douta Nic se remémorant sa paralysie devant le monstre-brume.

– A priori. Et puis si ton instinct t’a poussé à me sauver, l’humanité n’est peut-être pas encore constituée uniquement de haine et de xénophobie, conclut le démon sur une esquisse de sourire.

– Ferme-la, démon, lâcha Nic contrarié d’exprimer de la compassion pour cette race. C’est pour te revendre.


Le démon ricana. Oui. Un simple rire. Comme n’importe quel adolescent. Nic se surprit à sentir son cœur se réchauffer et la peur fondre.


– Appelle-moi Grinne, plutôt. Toi, tu te nommes Nic, c’est ça ?

– Hum.

– Tu sais où on se dirige au moins ?

– Bien sûr. Je suis un chasseur de démons. Les voyages, ça me connaît. Et mon sens de l’orientation est infaillible. Même en pleine tempête de sable.

– Un chasseur de démons qui fuit un démon et en aide un autre. Sacré chasseur !


****


Au rythme de la raillerie et du sarcasme, le duo marcha pendant de nombreuses minutes. La blessure du démon se refermait petit à petit. Elle ne représentait plus qu’une entaille bénigne. Bonne nouvelle. En outre, Nic savait que bientôt le sable cèderait sa place à de la terre sèche et à de la roche. Ensuite, l’herbe verdoyante recevrait leurs pas. L’espoir grandissait.

Mais la tempête le fit se rembrunir. Le sable devint chaud, brûlant même et se mit à coller à la peau.


– Aïe ! Putain de sable, geignit Nic.


Grinne lui lança un regard circonspect. Il porta sa main au ciel afin d’y accueillir quelques grains de sable. À la surprise de Nic, les gravillons se mêlaient à de menus morceaux de charbons blancs.


– La Braise, expliqua le jeune homme. On va finir brûlés vifs !

– Je ne ressens pas leur chaleur, avoua Grinne.

– Eh bien, je mourrai seul. On dit que la Braise recouvre le corps de ses victimes de cette matière albâtre et ardente. Figeant ainsi sa proie dans une position d’effroi et d’agonie.

– Poétique, pour un humain, commenta le démon narquois. Tiens, mets-toi face à moi.


Nic lui obéit ; ce qui surprit le démon autant que le concerné lui-même. Grinne déposa sa paume au centre du torse de Nic.


– Qu’est-ce que tu fais ?

– Je suis un korliam.


Nic avait appris quasi toutes les races de démons, leurs atouts, leurs faiblesses et leurs rôles dans la société démoniaque. Cela faisait partie des bases dans l’apprentissage d’un chasseur de démons. Connais ton ennemi.

Les korliams. L’une des races les plus puissantes et à n’en point douter la plus douée pour le combat armé. Leur lignée a toujours été celle qui protégeait l’empereur-démon. Capable de matérialiser des armes et de fournir des armures à leurs alliés, les korliams étaient destinés à prendre le statut de garde impérial d’élite.

Nic contempla ses bras qui commençaient à se noircir. Sa peau se fissura à de multiples endroits, laissant s’échapper des écailles épaisses et luisantes. Quand le processus s’acheva, sans douleur étonnamment, Nic réalisa que la Braise ne l’affectait plus.


– Incroyable.

– Simplement démoniaque, le reprit Grinne en insistant sur le dernier mot. Allez, aide-moi à marcher maintenant.


Avant qu’ils ne puissent entamer le moindre pas, la brume les cerna. Des volutes nébuleuses se formèrent juste devant eux. Puis, les courbes de la femme se dessinèrent. Sans plus attendre, elle braqua son bras dans leur direction. Nic se dit qu’avec un minimum d’entrain ce monstre pourrait être une arme de destruction massive.


– Il reste, siffla une voix d’outre-tombe.


Appuyés l’un contre l’autre, Nic et Grinne n’auraient pas le temps de se dégager et encore moins d’esquiver. Peut-être que l’armure d’écailles encaisserait le choc. Cependant, Nic n’obtiendrait jamais la réponse. La Braise recouvrit le bras de la femme. Elle semblait lutter malgré son visage inflexible. Son membre brandi tressaillait.

Crac !

Le bruit résonna, s’élevant au-dessus du vacarme de la tempête. Un coude plié dans le mauvais sens. Des os trop blancs tentant de s’extraire de la chair. Spectacle bien moins abominable que le cri plaintif qu’elle poussa. Les deux adolescents essayèrent de se couvrir les oreilles, en vain. La torture auditive ne cessait point.

La Braise se concentra en un même endroit. Se mouvant jusqu’à constituer un être humanoïde. Son corps irradiait, si bien que le regarder demandait un effort surhumain. Nic entraperçut à travers les flammes une peau calcinée et crevassée. L’homme de Braise dépassait aisément les deux mètres cinquante de hauteur.


– Mon territoire ! scanda l’homme de Braise de sa voix péremptoire et gutturale.


Il empoigna la femme-brume par le cou et, d’un mouvement du pouce, le lui brisa. La brume se dissipa aussitôt.


– Plus je me débats et plus la merde m’attire vers le fond, se déconcerta le chasseur de démons. À l’instar des sables mouvants.

– Poétique, pour un humain, commenta Grinne.


L’humour. Ultime muraille contre l’effroi.

Grinne matérialisa une épée dans chaque main. L’une pour supporter son poids à cause de la blessure. L’autre pour attaquer. Même devant un monstre d’une telle force le démon se dressait, impavide. Quitte à mourir, autant le faire debout et non en rampant dans son sang et sa pisse avec une entaille fatale dans le dos. Nic fit crisser son arme dans le fourreau.


– Mon territoire ! répéta le colosse de Braise.


Grinne chargea, suivit de près par Nic. Le démon frappa circulairement au ventre et se rétracta pour éviter le coup du monstre. Nic le cingla à son tour en sautant pour l’atteindre au visage. Le colosse étouffa un cri de douleur, ou peut-être simplement de contrariété, et se tourna vers l’acrobate. Mauvaise idée. Grinne lui transperça de part en part le genou. Pris au dépourvu, le blessé tenta une attaque dans une volte-face. Deuxième erreur. Nic, protégé des brûlures grâce à l’armure d’écailles, grimpa sur son dos. D’une dague qu’il cachait dans sa botte, il lui poignarda le crâne jusqu’à ce que le colosse tombe à genoux. Ne lui laissant aucun répit, Grinne fit disparaître ses épées et matérialisa une énorme arbalète.


– Écarte-toi ! commanda-t-il. Hellia, déchaîne l’enfer !


Nic se jeta sur le côté. Le mécanisme se déclencha. Funeste, l’air siffla comme si lui aussi pouvait ressentir la puissance dévastatrice de l’arme infernale. Le carreau se logea en plein cœur du colosse agenouillé. Il s’immobilisa, telle une statue mortuaire. Sa peau incandescente devint blafarde. Puis grise. Il s’éteignait littéralement.


– C’était un démon ? s’enquit Nic qui n’avait jamais lu d’informations sur de telles créatures.

– Non. On aurait dit une concentration de magie pure et brutale.

– En tout cas, tu sembles en forme pour un prisonnier tout juste libéré.


Un crépitement.


– Partons, murmura Nic comme s’il ne fallait pas réveiller le monstre endormi.


Il désigna du doigt le carreau d’arbalète. Il se consumait. La Braise, quant à elle, voletait jusqu’au défunt. Telles d’infimes flammèches ravivant chacune une parcelle du brasier. Un mouvement s’amorça dans les doigts du colosse.


– Il faut savoir fuir, hein, lança Grinne à Nic attendant une approbation.


Les deux adolescents s’élancèrent à grands pas ; Nic en tête pour guider leur fuite. Derrière, un fracas tonna. Un hurlement retentit. Regardant par-dessus son épaule, Nic aperçut l’homme de Braise se lever.

Ensuite, il y eut un souffle. Pas une simple bourrasque soulevant les feuilles sur son passage. Non. Un vent ravageur capable de raser une forêt. Nic sentit ses pieds quitter le sol. Le paysage bascula. Le sable devint de la terre. Puis le néant. Les ténèbres.


****


Lorsque Nic rouvrit les yeux, il était allongé sur une terre sèche et craquelée. L’armure d’écailles s’était brisée au niveau de son bras droit et de son torse. Elle avait tenu le choc au niveau de son crâne. Heureusement, sinon il se serait indubitablement répandu sur plusieurs mètres, mêlé à des bouts de cervelle. Tout son corps l’élançait mais la douleur la plus vive lui mordait l’épaule droite. Sûrement déboîtée.

Non sans peine, il se mit sur ses jambes. Il trouva Grinne inerte un peu plus loin. Inerte, mais néanmoins en un seul morceau. Sacrée résistance.


– Eh, démon. Réveille-toi. C’est pas mort que je te vendrai le plus cher.


Les paupières de Grinne remuèrent.


– Laisse-moi juste un peu de temps, dit le démon masqué d’un rictus.


Il toussa avec difficulté.


– Allez, debout.


Quand Grinne fut remis sur pied, les deux rescapés observèrent l’orée de l’étendue sableuse, à présent calme. Ils avaient quitté Son territoire.


****


Ils rejoignirent Falte et le prince Hachefine au lieu de rendez-vous. Au vu du visage de son mentor, ils en avaient bavé également.


– Avec cette armure, on dirait un vrai petit démon, se moqua Falte.

– Avec cette manière de combattre, on arrive à la même conclusion, ajouta Grinne, espiègle.


Nic leva son poing pour montrer ce qu’il pensait de cette comparaison mais son mentor le stoppa.


– Voyageons encore quelques kilomètres avant d’établir le campement. Même si j’ai réduit ces ruines en cimetière, certains Brumeux ont survécu. Il serait préférable qu’ils ne nous trouvent pas. Je suis à bout de force.

– Tu t’en es pris aux Brumeux ? demanda Nic, impressionné.

– Quand j’ai retenu la femme nébuleuse, ils ont eu le temps de nous rattraper.

– Et ils sont tombés sous le fil de ta lame ? s’enquit Grinne.

– Une hécatombe, décrivit le prince. Un bain de sang. Même le fantôme a fui.


Les deux adolescents se jetèrent un regard complice.


– Ils le méritaient, déclara Grinne. Avec les chaînes en alimstone dans lesquelles ils m’avaient coincé, je ne pouvais utiliser mes pouvoirs. Ces sadiques.


Sur ces derniers mots, la troupe reprit la route. Profitant du trajet pour discuter, Nic évoqua la Braise. Falte leur expliqua que cette entité magique représentait le dernier rebut du combat entre Zoka Heim et Ra de Mire. La Braise ne sévissait que dans certains endroits du Néant Ardent.

Grinne demanda après maintes hésitations pourquoi les chasseurs de démons ne le tuaient pas. Falte se chargea de lui répondre.


– Notre profession a été créée bien avant que les Grandes Portes entre nos mondes s’ouvrent. Nous ne chassons pas la race des démons en particulier. Les démons sont pour nous tous ceux qui portent le mal en eux. Qu’ils viennent de terres lointaines ou d’ici.

– Je pourrais donc devenir un… chasseur de démons ? se hasarda Grinne.

– Un démon chasseur de démons, répliqua Nic. Pfft. Quelle histoire.


Aucun ne le devinait. Mais Nic et Grinne deviendraient bientôt partenaires. Et le démon chasseur de démons se bâtirait une renommée dans maints royaumes.


 
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   Perle-Hingaud   
27/1/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Le début de l'aventure ?
J'aime bien, c'est sympathique et frais. Toujours quelques problèmes de conjugaison, mais rien de catastrophique.
Sinon, vous n'auriez pas une démone agile et sympa pour compléter l'histoire (dans le genre Raiponce et sa poêle, par exemple) ?

   Shepard   
10/2/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Salut Tailme,

Un problème récurrent dans ce texte est la surcharge d'incises dans les dialogues. Il n y a pas tant de personnages (3) et souvent juste 2, pourtant on a du 'déclara Nic' 'dit Grinne' etc à toutes les répliques ou presque. C'est un peu pénible à la longue et fait sortir le lecteur de l'histoire. Parfois il n'est simplement pas utile de préciser qui parle (on comprend très bien) ou alors vous devriez faire comprendre qui parle de façon plus subtile via la narration ou le langage.

Du reste j'ai trouvé que la confiance s'installe un peu vite entre les deux personnages que tout semble opposer de prime abord. En ressort un manque de relief dans cette nouvelle relation.

Autre problème, mais où passe donc le garçon que sauvent Falte et son élève ? Il disparaît pendant tout le combat, pour réapparaître à la fin 'comme par magie', un peu facile. A vrai dire on ne sait même pas comment il est 'descendu' de sa prison puisque les deux héros sont éjectés, on pourrait croire que le gamin est oublié là bas...

Autrement l'action est bien rendue, on comprend ce qui se passe. Mais il manque quelque chose dans l'écriture pour vraiment m'emporter, je ne saurais dire quoi exactement. J'aimerais voir des personnages plus différenciés peut-être.

   carbona   
11/2/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Je me souviens avoir lu en EL un épisode qui se situe après celui-ci et que je pense j'avais préféré même si je l'avoue ce n'est pas ma tasse de thé.

L'écriture est bonne mais ne suffit pas à me happer. J'ai poursuivi ma lecture jusqu'au bout, sans succès. Je n'accroche pas.

Désolée.

   singuriel   
13/4/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Descriptions travaillées de manière cinématographique. On suit l'action comme la suivrait une caméra. Bien que la trame soit cohérente, il y a des "ruptures" dans l'action qui décalent la compréhension dans la lecture :
Entre la marche vers Anzmarath dans la tempête de sable et le coup de dague.
Dans ce monde fantastique il y a toutefois des illogismes qui dérangent :
On ressent la terrible explosion avec Nic mais Falte a gardé un Rodolphe épuisé sur ses épaules.
Mais merci pour la découverte de ce monde terrifiant.


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