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Réalisme/Historique
TITEFEE : J'étais de là-bas...un jour - suite 4
 Publié le 28/10/07  -  2 commentaires  -  4814 caractères  -  13 lectures    Autres textes du même auteur

Se mettre parfois à la place d'un autre et ne pas "noircir" le tableau...


J'étais de là-bas...un jour - suite 4


Dans l’arrière salle, autour de deux grandes tables rapprochées, des hommes discutaient bruyamment, afin de dominer le bruit ambiant de la musique arabe.


Ouatouré, approcha deux chaises et avec son cousin, s’assit dans un coin, près d’un homme à longue barbe blanche qui, sans même ouvrir la bouche, semblait présider l’assemblée. Il tenait dans ses mains un bracelet de pierres de couleurs, reliées en elles, par un fil de cuir à nœuds.


Soudain tous se turent car on entendit psalmodier, le vieil homme, qui continuait à caresser les perles une à une. À chacune d’elles l’on entendait un « Allah al bar » prononcé avec ferveur par les participants, regardant leurs deux mains ouvertes à la hauteur de leurs yeux. Puis, au bout d’un moment, tout le monde but le thé à la menthe brûlant, qu’Ali venait d’apporter dans des verres ornés de dessins dorés.


Et toutes les conversations reprirent.


Les hommes discutaient de leurs problèmes quotidiens entre eux et attendaient, ensuite, que le « sage » leur prodigue de sages conseils et récite les versets du coran correspondant au problème évoqué.


Wouatara connaissait bien les antiennes car il était un fervent pratiquant.


Mais Ouatouré semblait écouter sans répondre, aux litanies qui s’échangeaient.


D’un geste de la main le sage renvoya tout le monde, sauf Ouatouré et Wouatara qui restèrent près de lui, ainsi qu’un jeune homme qui remit sans ostentation, dans la main du sage un rouleau de billets. Mamadou Ouelé les empocha prestement dans la profonde poche de sa gandoura, et donna un papier au garçon qui lui baisa la main en signe de déférente reconnaissance avant de partir.


- alors Ouatouré, voilà donc ce cousin dont tu me parles depuis des semaines ? dit Mamadou

- oui vénérable, le voici, il est arrivé hier et nous sommes allés déjà travailler au marché, et il a chanté dans le métro, mais chez moi, comme tu le sais, il m’est difficile de le garder. Nous n’avons pas de place, et c’est interdit par la propriétaire !

- oui je sais, et que sais donc faire ton cousin ? A-t-il de l’instruction ? Une passion, des projets ?

- j’ai fait mes « classes » à Bongada, et j’ai un diplôme d’électronicien.

- Ici tu ne trouveras rien dans cette spécialité… il y en a des tas et des tas.

- J’aime chanter, j’écris et je joue du djembé, et aussi je ne rechigne pas à la tâche…

- Pas lourd tout ça ! Et t’es venu comment ? Un passeur ?

- Non, j’ai pris une compagnie régulière avec un permis de séjour de trois mois, et un petit pécule que le village a récolté pour moi et que je rembourserai très vite si j’ai du travail

- Tu sais, fils, ça passe très vite trois mois !

- Oui je sais, mais j’ai de l’espoir, Allah est grand !

- Oui mais ici, il te faut aussi de la chance ! J’ai trouvé pour toi une place chez Moktar le borgne. Mais ce n’est que pour trois mois car il doit rendre les lieux à cette date… il y a un projet de réhabilitation du quartier et tous les immeubles de la rue sont frappés d’un avis d’expulsion

- Oh ça me laisse au moins ce temps pour trouver autre chose et surtout un travail

- Qu’Allah le très haut et le très saint pose la main sur toi, mon fils. Pour le moment c’est tout ce que j’ai pour toi et encore il a fallu que je donne une certaine somme à Moktar pour avoir cette possibilité pour toi.

- Nous avons ce que tu as demandé, Vénérable, et nous te remercions du fond du cœur

- Allez, mes fils, que la voie de la sagesse s’ouvre devant vous. Et que la chance vous sourit.


Les deux cousins se retrouvèrent bientôt dans la rue. Les premières lumières s’allumaient alors que le jour n’était pas encore totalement passé. Ils regardèrent quelques vitrines et Ouatouré acheta des épices et du lait caillé pour le soir avant de regagner l’appartement


Déjà au quatrième étage on sentait les effluves des repas qui se confectionnaient dans les appartements et cela commençait déjà à sentir le n`voufou, purée de bananes ou de yam, mélangée à de l'huile de palme et servie avec une sauce à l'aubergine et que les expatriés de côte d’ivoire avaient importé à Paris dans la communauté africaine.


- ici tu verras, on mange des choses dont tu n’as pas idée. Prisca, pourra nous faire une tagine d’agneau aux patates douces demain. À moins qu’elle ne nous fasse un couscous ? Non ? Ou un kedjenou car j’ai acheté du blanc de poulet et avec les légumes que j’ai rapportés aujourd’hui, elle pourra cuire tout ça à l'étouffée dans des feuilles de bananier. J’ai bien fait d’acheter du lait caillé ! Tiens on ira acheter des cornes de gazelle, tu verras, cousin tu m’en diras des nouvelles !! Et demain de bonne heure on ira dans le métro pour que tu puisses ramener quelques sous. Et on attendra que le sage nous fasse signe s’il a quelque chose pour toi.


à suivre…



 
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   strega   
7/5/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Pourquoi j'ai une drôle d'impression à propos de Mamadou...? Bon, n'anticipons pas.

Un peu courte cette suite là quand même. La rencontre avec l'ancien méritait-elle vraiment une partie unique ? Mais en même temps, ça permet une parenthèse dans l'histoire et d'une certaine manière, dans leur vie à tous les deux. J'aurais quand même aimé connaitre (déjà je sais) le point de vue, ou au moins quelques bribes de sentiments des autres Africains.

   ANIMAL   
4/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un petit peu de relâchement dans la ponctuation et quelques répétitions de "déjà" que j'avais remarquées aussi dans le chapitre précédent.

Mais sinon c'est dans la continuité et je suis toujours l'histoire avec intérêt.


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