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Fantastique/Merveilleux
ValentinPereira : Autour du monde de monsieur Magellan
 Publié le 05/04/19  -  9 commentaires  -  11630 caractères  -  47 lectures    Autres textes du même auteur

Monsieur Magellan est un vieil homme tout à fait unique. Il est l'homme le plus cinéphile qui soit.
Alors qu'approche l'édition annuelle du Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand, il trépigne d'une impatience si intense qu'il ne peut voir arriver l'expérience la plus marquante de sa vie.


Autour du monde de monsieur Magellan


Histoire courte inspirée par les spectateurs du 40e Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand.


Partie I – Monsieur Magellan


Monsieur Magellan était un habitué des salles obscures clermontoises, chaque salle de chaque cinéma de la ville l’avait accueilli des centaines de fois.

Il ne s’y rendait pas tant pour voir des films que pour voir des gens les regarder, il avait cette soif d’émotion qui le poussait à sortir le premier pour attendre devant la sortie et déchiffrer chaque trait de visage des spectateurs qui lui passaient devant. Tantôt attristés, tantôt hilares, parfois étonnés, parfois déçus, souvent émerveillés, rarement indifférents. Il ne préférait aucun genre de film, pourquoi se priver de tant d’émotions ? À soixante-dix-huit ans, monsieur Magellan pouvait se vanter d’avoir vu plus de films en salle que quiconque dans sa vie. Il aurait pu s’en vanter mais c’eût été une perte de temps déplorable, ainsi il se gardait bien de révéler son étonnant record.

Il vécut son premier film au soir du 25 décembre 1957, pour Noël, il avait dix-sept ans et allait au cinéma pour la première fois sans savoir qu’il y trouverait l’occupation d’une vie. Le Pont de la Rivière Kwaï de David Lean, projeté dans une des superbes salles du cinéma Le Paris. Ils avaient fait la route depuis sa campagne natale avec toute sa famille pour une séance de Noël. C’est intimidé par la foule des gens de la ville qu’il entra dans la salle, qu’il s’installa dans un fauteuil et qu’il découvrit l’envoûtant septième art. Les spectateurs s’exclamaient, pleuraient, riaient, tous dans une symphonie parfaite orchestrée par le montage des images et du son, pour le jeune homme qu’il était, c’était la plus belle manifestation au monde. Depuis ce jour, il allait au cinéma dès que sortait un nouveau film, quel qu’il soit ; et contrairement à la majorité, les salles bondées le mettaient dans une joie indescriptible.

Aujourd’hui âgé, il n’avait jamais réellement recherché la vie de monsieur Tout-le-monde, simplement la sienne, uniquement rythmée par les séances annoncées dans La Montagne chaque matin. Il était veuf, madame Magellan s’était éteinte deux ans auparavant. Elle aussi était amoureuse de cinéma. Heureusement pour elle, même cette passion ne suffisait à la faire accompagner monsieur Magellan partout où on pouvait trouver une projection. Elle n’était que passionnée, elle ne vivait pas comme lui : pour le cinéma.

Il était le doyen de la famille, celui qui s’asseyait en bout de table et qui décrivait avec ferveur et passion les visages qu’il voyait à chaque séance. Il lui arrivait quelques fois de parler du film, chose assez rare pour être soulignée. Monsieur Magellan avait transmis sa passion à ses enfants et petits-enfants, comme sans le vouloir. Il ne conseillait jamais de film ou ne faisait quoi que ce soit de prosélyte, il était simplement lui, le plus grand passionné de cinéma. Cela suffisait, on voulait être lui. Sans être égoïste, il faisait ce qui lui plaisait sans rien demander aux autres, toujours dans son monde, dans sa bulle, tête en l’air, il parlait peu en dehors de ses ferventes envolées.

Chaque nuit, il rêvait de sa dernière séance, plus obsédé par les visages et le film qu’il verrait que par ce qui pourrait leur succéder. Le vide ? Un recommencement ? Un autre monde ? Le paradis ? L’enfer ? Pour lui peu importait tant que films il y avait. À soixante-dix-huit ans, il allait avoir une réponse qu’il n’attendait certes pas mais que quiconque n’aurait pu attendre…



Partie II – Le Festival


Monsieur Magellan ouvrait à peine les yeux qu'il plongeait déjà hors du lit. Il avait une santé d’acier pour un âge si avancé. Bien qu'il fût diminué par des problèmes inévitables tels que sa presbytie ou son dos courbé par le temps, il était toujours vif et alerte, une qualité probablement due à sa vie d'observations. Il fit deux pas et fourra ses pieds au fond de ses chaussons avant d'attraper ses lunettes disposées sur la table de nuit, juste à côté de son radio-réveil Marty Macfly qu'il possédait depuis la sortie du deuxième film. Il plongea une branche de lunettes dans la poche de son pyjama rayé. Chaque geste était sûr, fluide et ancré dans ses automatismes par les années. Il sortit de la chambre, traversa la maison et emprunta la vieille porte d'entrée usée. Il respira profondément la légère brise matinale avant de se baisser et d'ouvrir la boîte aux lettres. Il laissa les centaines de tracts bien au fond et prit le La Montagne du jour sans plus prêter attention au temps clair et ensoleillé. Comme à son habitude, il s'assit à la table de la cuisine pour s'informer des séances du 16 janvier 2018. En bas de page, une petite publicité attira son œil pourtant si indifférent à tout : une publicité pour l'édition 2018 du Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand. Ainsi apprit-il que sa période préférée dans l'année – plus encore que l'été ou la fin décembre – approchait à grands pas : seulement deux semaines.

Depuis 1982, le premier festival, il ne manqua pas une seule édition. Il y trouvait tout ce qui décuplait sa passion. Chaque séance diffusait plusieurs courts-métrages, tous différents, suscitant fatalement encore plus d'émotions. L'éventail le plus large qu'il connût. Avec les années, il remarquait que chaque long-métrage avait un public spécifique, plus ou moins large. Il lui arrivait souvent de voir le même genre de personnes dans une même séance. Mais lors du festival, plus aucune distinction, il voyait de tout : vieux, jeunes, riches, modestes, optimistes, pessimistes, une véritable mine de joyaux précieux pour monsieur Magellan. C'était précisément pour cela qu'il préférait ce festival à toute autre projection.

Cette année comme toutes les autres, hors de question de le manquer, il irait et il rêverait. Toutefois, il ne put s'attendre à ce qui se produisit seulement une semaine plus tard, alors qu'il était tranquillement installé au fond d'un fauteuil rouge à la séance de onze heures, se laissant glisser dans l'intrigue prenante de Pentagone Papers. Un son trop fort, une image trop dure et il rata un battement, puis un autre, puis plus rien. La dernière image qu’il eut de cette salle fut un homme et un enfant penchés au-dessus de lui, paniqués, l’homme un téléphone à la main. Il se réveilla dans une ambulance, un inconnu vêtu de bleu agitait une lumière blanche devant ses yeux. Il se savait fini, mais il savait autre chose : si plus tard, on lui demandait, il répondrait qu’il était mort dans la salle, son dernier souffle pour le cinéma.



Partie III – Le Spectre


Aucun bruit, aucun provenant de lui, il n’était plus dans l’ambulance. En une fraction de seconde, tout avait changé. Sa première impression fut une profonde légèreté, il croyait être couché debout. Il se regardait, il essayait de comprendre ce qui venait de se passer. Son regard se posa sur sa main droite : plus aucune ride, une paume ferme et musclée, jeune. Il avait retrouvé ses trente ans. En réalité, il comprenait très bien ce qui se passait, il avait vu trop de films traitant du sujet : il était mort et il devenait une âme en peine, un visiteur d’outre-tombe, un fantôme. Contrairement aux protagonistes d’un film, il ne paniqua pas en le découvrant, monsieur Magellan savait qu’il s’agissait d’une possibilité bien qu’il n’y eût jamais prêté grand intérêt, comme pour tout autre cas de figure. Il se découvrait progressivement : pieds, jambes, hanches, ventre, bras, c’était son corps rajeuni de quarante-huit années. Pas d’aspect fantomatique, pas de transparence, il ne flottait pas et il était encore moins recouvert d’un drap blanc troué aux orbites, il était simplement lui-même, à l’apogée de sa vie.

Toujours aussi serein, monsieur Magellan analysa sa situation : s’il devait passer ainsi son éternité, il devrait y être heureux. Il leva la tête et trouva un vieil ami : Vercingétorix, il était juste au pied de sa statue, sur la place de Jaude. Il connaissait maintenant sa situation bien qu’il n’eût aucune idée de comment ni pourquoi il était ici. De plus, il faisait nuit, sa séance commençait le matin, il ne voyait donc pas comment il pouvait avoir fait un bond dans le temps aussi grand. Toutefois, il venait de passer l’arme à gauche et s’il pouvait se réveiller à trente ans en plein centre-ville, il pouvait bien faire nuit ou jour, temps clair ou tempête, rien n’était plus étonnant. Il ne se posa pas même la question de l’invisibilité, il n’existait plus pour personne à présent.

C’est assuré de ce qu’il était devenu qu’il traversa la voie de tramway en direction du Capitole, comme instinctivement. C’est empreint d’une joie indescriptible qu’il entra dans le cinéma, passant entre les deux drapeaux du festival. Il comprenait maintenant pourquoi il était mort, c’est ainsi qu’il devait aller au festival. Nul besoin de ticket d’entrée, nul besoin de pousser dans la file, il s’assit sur le même siège qu’un autre spectateur, une des nombreuses joies connues des êtres aux corps immatériels.

Et c’est ainsi qu’il assista à une séance dont il ne savait rien. Il vit une femme pêcher dans une rivière vaseuse, un couple se déchirer, des frères vendre des DVD, un chanteur trouver l’inspiration dans les champignons et un malin duper pour une mort plus douce. Il vit l’incompréhension, la peur, la tristesse, l’hilarité et l’étonnement, sur chaque visage. Il ressentit cet incroyable sentiment que de trouver de la nouveauté dans l’œuvre de sa vie, il se sentait comme à sa première séance. La foule, l’émotion, plus concentrées que jamais faisaient monter l’extase de monsieur Magellan à son paroxysme.

Il ne sortit pas à la fin de la séance, personne ne lui en tiendrait rigueur de toute façon. Il rêvait, de tout ce qu’il venait de voir, il attendait qu’il se passe quelque chose, que quelqu’un l’arrache à son paradis, il se disait qu’il avait eu sa séance, que quelqu’un le ramènerait à sa véritable éternité et que si cela prenait fin, cette fois, ce serait dans une salle de cinéma.

Il attendit si longtemps que les portes se rouvrirent et qu’une nouvelle foule s’engouffra par vagues à l’intérieur de la salle. Son paradis ne prendrait peut-être pas fin, qui sait ? Une femme s’assit sur lui, ou plutôt sur son siège, une étrange sensation. La séance commença et encore une fois la même extase s’empara de monsieur Magellan. Cette fois, il vit une femme chercher sa fille, un jeune homme dérangé lutter contre lui-même, un coiffeur cubain travailler pour un tatouage du Che, un jeune Russe voulant garder sa copine et un homme parler une langue inédite. Il vit le désespoir, l’angoisse, le malaise, l’amusement et l’admiration, sur chaque visage. Les noms des magiciens commençaient à défiler quand sa vue commença à se troubler, à devenir de plus en plus sombre puis plus rien, le noir.

D’un seul coup, le plafond d’une chambre d’hôpital et les mains fripées et perfusées de monsieur Magellan, soixante-dix-huit ans.


Il repensa à ce rêve des centaines de fois avant sa véritable mort à ses quatre-vingt-huit ans, une semaine après la 50e édition du Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand. Il le contait à qui voulait bien l’écouter, mais lui, il se souvenait surtout du dénouement, comme un fondu au noir. Il aimait à décrire sa vie comme un film : une succession d’événements plus ou moins heureux, un climax, quelques twists, une bande originale, pour un scénario unique.

Le scénario de son existence pour l’histoire de sa vie, un enchaînement de courtes périodes très différentes, comme une séance au festival.


 
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   Corto   
6/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Démarche originale pour cette nouvelle cinématographique, surtout évidemment dans la troisième partie.

Ainsi Monsieur Magellan vit durant 10 ans en tant que spectre/fantôme de cinéma. Il n'aime plus avidement le cinéma, il EST le cinéma.

Tant qu'à faire on aurait bien vu Monsieur Magellan se réincarner pour chaque séance dans un personnage, John Wayne fouettant son cheval, James Dean retrouvant sa mère, Lino Ventura disant "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait" etc.

Cette nouvelle aurait pu aller plus loin dans le délire et l'imagination pour carrément perdre le lecteur dans l'univers immense du cinéma, avant bien sûr de revenir sagement au "spectre" qui au bout de 10 ans quittera cette vie avec un sacré bagage de rêves et d'images.

Pour éviter une longueur finale excessive il était possible de raccourcir un peu les deux premières parties.

Bravo à l'auteur.

   plumette   
5/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Valentin

Un agréable moment de dépaysement dans une salle obscure.
la mention des différentes parties ne me semble pas utile.
on comprend très bien le découpage voulu par l'auteur avec la présentation du personnage et son attrait pour le cinéma ( séance fondatrice en 57!) puis la mise en situation dans la deuxième partie et enfin cette troisième partie qui entraîne la nouvelle vers le genre fantastique qui s'avère en réalité onirique.
un magnifique rêve qui récompense Monsieur Magellan de son amour inconditionnel pour le cinéma et pour les spectateurs de cinéma.

la partie du rêve m'a beaucoup plu, c'est là l'originalité de ce texte, je suis contente que Monsieur Magellan ait vécu encore dix ans après son infarctus et qu'il ait été bercé de ce rêve jusqu'à la fin!

Plumette

   CerberusXt   
5/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une idée originale et un texte très agréable pour tout féru de cinéma. La progression du réel vers l'onirique est mené avec délicatesse dans le texte lui même, mais les titres des parties viennent un peu gâcher l'effet. Cela démarque un peu trop ou chaque transition se situe là ou, il aurait été intéressant de les entremêler pour que le lecteur ne sache pas toujours ou démarrer et ou s'arrête le fantastique.

Un bon moment en tout cas.

   Lulu   
5/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Valentin,

Tout d'abord, bienvenue à vous sur Oniris.

J'ai bien aimé cette nouvelle qui réussit à nous transmettre cette passion plus forte qu'une passion pour le cinéma, puisque le personnage principal en vit au travers d'une vie rêvée et réelle à la fois.

Le sursis que vit ce personnage est intéressant, et bien amené.

Je trouve qu'il y a une vraie progression dans la narration, avec une plus grande aisance dans l'écriture au fil du texte. Ainsi, j'ai trouvé le début peut-être à peine (je dis bien à peine) hésitant. J'ai eu ce sentiment avec des phrases qui m'ont parfois semblé moins libres que dans le corps même de la nouvelle, et surtout la dernière partie. Je cite, par exemple, cette phrase que j'ai trouvée trop longue - un sentiment tout personnel - "Heureusement pour elle, même cette passion ne suffisait à la faire accompagner monsieur Magellan partout où on pouvait trouver une projection". Mais ce n'est pas tant la longueur ; d'autres phrases plus longues sont mieux construites. J'ai buté sur celle-ci, les autres, plus loin étant plus fluides et plus riches de cette fougue que semble vivre monsieur Magellan.

Ainsi, par exemple, dans le genre de phrases que j'ai trouvé fluide et dynamique ; celle-ci : "Pas d'aspect fantomatique, pas de transparence, il ne flottait pas et il était encore moins recouvert d'un drap aux orbites, il était simplement lui-même, à l'apogée de sa vie". Là, je me suis régalée au regard du rythme superbe de la phrase, et ai souri du clin d'œil fait sur les représentations que l'on peut avoir de la vie de fantôme.

J'ai aussi aimé ceci : "son dernier souffle pour le cinéma"

Enfin, le nom de Magellan m'a beaucoup plu. On pense au tour du monde fait autour de la Terre, et ici au tour du monde cinématographique que peut vivre un cinéphile. Un cinéphile, ou même, au-delà de ça, tout être curieux de ces projections qui montrent le monde de diverses façons, qu'il s'agisse des films ou des spectateurs, comme c'est le cas du personnage qui est plus que sensible aux émotions générées par cet art.

Merci du partage, et tous mes encouragements.

   hersen   
5/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
L'idée est originale mais est quelquefois alourdie par trop d'explications peu utiles à mon avis;
certaines phrases sont un peu lourdes, par exemple la dernière du premier §, et ce "quiconque" utilisé avec une négation me fait bizarre.

ceci dit, nous sommes dans une atmosphère confinée qui restitue assez bien les salles obscures, en tant que lectrice, j'ai l'impression tout du long d'être au cinéma.

L'auteur est certainement un passionné du 7ème art !

merci pour le film :)

   senglar   
5/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour ValentinPereira,


Belle maîtrise de l'écriture ! chapeau bas Monsieur. Belle maîtrise de l'intrigue, belle connaissance du cinéma, de la salle comme de ses arcanes. Beau titre qui nous convie à un voyage plus extraordinaire encore que celui de Monsieur de Magellan ! Et dans le monde réel et imaginaire, et dans l'outre-monde aussi. Bel équilibre des parties. Bel épilogue aussi.

Belle lecture au carré pour l'amateur (au sens noble) que je suis. Que demande le peuple ?

Et pourqupi pas de voir les visages émerveillés, incrédules et abasourdis qui, cliquant sur le mot "EXIT" de la Salle Oniris, sortent de cette lecture comme d'un cinéma aussi riche que gratuit.

Merci à vous, Monsieur :)))


senglar

   Donaldo75   
6/4/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour ValentinPereira,

Je vais tenter un commentaire analytique – pauvre de moi, ce n’est pas ma tasse de thé mais je n’ai rien trouvé d’autre pour expliquer mon impression de lecture – découpée sur la base des parties de cette nouvelle.

Partie I :

Une forme d’introduction, de présentation du personnage de Monsieur Magellan. Le début est bon, ce jusqu’à « Il était le doyen de la famille, » où la temporalité narrative devient un carcan dans ce sens qu’elle enlève de la fluidité. Vous auriez du laisser un peu plus couler le flux de l’histoire du personnage principal avant de poser le décor du présent.

Partie II :

Le style continue à décliner, lentement. Il s’aplatit, décrit plus qu’il ne raconte. Le temps s’accélère trop vite dans cette partie soit trop courte soit carrément inutile alors qu’elle porte une forme de drame.

Partie III :

C’est là que la magie du récit aurait du opérer. Malheureusement, les mêmes scories que dans les précédentes parties amènent les mêmes résultats. Le style n’est pas assez marqué, on ne sent aucune empathie pour Monsieur Magellan – d’ailleurs, pourquoi un nom aussi mythique, presque celui d’un personnage de conte fantastique, pour ne rien en faire au final ? – et la narration se contente de décrire, comme si l’idée pourtant intéressante ne trouvait pas de développement littéraire.

En définitive, c’est ce que je reproche à cette nouvelle, le thème de départ est ambitieux mais ni le style ni la narration n’arrivent à formaliser cette ambition dans un texte de bonne tenue. L’écriture est scolaire, le lecteur que je suis s’aperçoit vite qu’il manque un conteur.

   Blitz   
9/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci de me rappeller le festival de Clermont-Ferrand que j'aimais tant. Une belle ecriture, qui fait bien passer les sentiments du personnage.
Une remarque: il apprend dans le journal que son festival préféré arrive dans deux semaines??? Il doit pourtant le guetter toute l'année, non?

   thierry   
19/8/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
J'avoue que le sujet me laisse perplexe. S'agit-il d'une publicité et d'un prétexte ? L'intrigue est quand même un peu courte et le style sans risque. Le cinéma n'a pas le monopole de la fantaisie et du relief dans le scénario.
D'un autre côté, le rythme y est, l'enchaînement aussi, qui ne nécessite donc pas de tronçonnage en parties, et c'est vrai, j'ai vite repensé aux nouvelles de Marcel Aymé.
Peut-être le personnage mériterait-il un peu plus que d'être un monsieur Toutlemonde qui n'a au demeurant aucune raison de fuir le monde réel. Une introspection et un parallèle avec quelques films auraient pu créer des ponts pour servir la belle idée que vous avez eue là.


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