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Sentimental/Romanesque
vinvigneron : En mémoire de Gao Tippeng
 Publié le 22/08/09  -  16 commentaires  -  10563 caractères  -  153 lectures    Autres textes du même auteur

Le grand-père poursuit le rituel du dessert d'anniversaire de son petit-fils décédé.


En mémoire de Gao Tippeng


« Ton souvenir est comme un livre bien-aimé,

Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé, »

Albert Samain





En terre chinoise, le seizième jour du premier mois se nomme jour du réveil des insectes*. Ce jour-là était sacré pour le vieux Yuan qui, chaque année, attendait religieusement son retour.


Cette date était celle de la mort prématurée, à quinze ans, de Gao Tippeng, son unique petit-fils.


Le vieillard avait été, pendant un demi-siècle, le cuisinier zélé d'un honorable mandarin, haut dignitaire portant l'emblème de sa fonction : le bonnet carré, orné d'un bouton rouge. Combien avait-il élaboré de recettes originales au service de ce lettré ? Plus d'une centaine peut-être ! Il y avait gagné une retraite paisible, dotée d'une maison et d'un jardin clos, et le privilège inestimable d'avoir la tombe de son petit-fils dans sa propriété. De chaque côté de la pierre tombale, un ginkgo et un prunier, tous deux plantés à la mort de l'enfant, se faisaient face et mêlaient leurs feuillages.


Après des années de cuisine fastueuse et surabondante, aujourd'hui, dans sa vieillesse frugale, Yuan n'aimait rien tant que les petits pains au sésame et le thé au gingembre : sésame et gingembre étant les fortifiants du grand âge. Toutefois, il ne forçait pas sur ce dernier dont les propriétés toniques étaient contre-indiquées aux vertueux... De surcroît, il n'appréciait plus la nourriture de son pays, surchargée en glutamate. Seul le riz quotidien lui suffisait, mais pas n'importe lequel ! Le pur et royal basmati dont la finesse de grains et l'arôme naturel de noisette sont un enchantement pour le palais d'un gourmet.


En ce jour du souvenir, il se levait tôt, avant cinq heures (l'heure du tigre) pour préparer le dessert préféré de Gao : la toute simple mais sublime compote de prunes, meringuée et aromatisée au miel noir et sauvage des forêts du Sichuan, celui qui garde un goût d'humus prononcé. Car qui utiliserait le vulgaire sucre lorsqu'il dispose de ce cadeau divin ? La compote était invariablement accompagnée de sablés à la noix de coco. Ceux-ci étaient préparés la veille.


Un léger tremblement sénile ralentissait ses gestes, et comme il souffrait des pieds et marchait à pas comptés, l'accomplissement du long rituel de préparation, entrecoupé de prières incantatoires, occupait la moitié de la journée. Par fidélité à son époque, il avait conservé la natte de sa jeunesse qui n'était plus qu'une modeste queue de rat. Dans son visage émacié, au-dessus d'une barbichette clairsemée, rayonnait un éternel sourire plein de sérénité. Par tous les temps, il portait une vieille tunique élimée en satin matelassé.


En ce jour presque printanier, il avait installé, face à la tombe de l'enfant chéri, une table pliante sur laquelle trônait un petit réchaud à deux feux et dont le fourneau était alimenté au charbon de bois, offrant une chaleur très douce. Sur l'un, une théière de cuivre attendait la fin du jour pour recevoir les précieuses feuilles à infuser ; sur l'autre, une cassolette attendait, elle aussi, son offrande de fruits. Un peu à l'écart dans une coupelle de verre carmin, s'étageaient neuf sablés à la noix de coco diffusant leur effluve poudré. Neuf était le chiffre de la plénitude et de l'achèvement, comme devrait l'être toute vie humaine arrivée à son terme. Yuan se réservait un dixième sablé qu'il dégusterait, en communion spirituelle avec l'esprit du mort, en le picorant à la façon d'un oiseau délicat car il vénérait la nourriture à l'égal d'une divinité.


Les doigts agités du vieillard furetaient dans de multiples petites boîtes pour choisir le thé approprié. Il mit un long moment à se décider : serait-ce le thé noir de Ceylan ; le Souchong au goût de fumée ; l'Oolong de Formose, très fermenté ; le thé fin aux pointes jaunes ; le thé vert au jasmin ; ou l'inégalé Darjeeling, grand seigneur des plateaux himalayens ? Ce dernier bénéficiait de la cueillette dite impériale, car seuls les fins doigts des jeunes filles sont capables de prélever le fragile bouton floral sans léser la plante. Ce serait donc le Darjeeling, caressé par des vierges lointaines, et aucun autre. Yuan était économe dans son choix, n'oubliant pas que sous les empereurs Ming cette plante servait de monnaie d'échange et qu'un cheval mongol se négociait contre un quintal de thé !


Un léger mouvement dans la poche de sa tunique le fit rire comme un enfant chatouillé. Sous la ouatine, il hébergeait une souris, sa seule compagne. Était-ce parce qu'une vieille légende chinoise prétendait que certaines souris avaient le pouvoir de se transformer en ravissantes femmes ? Mais la sienne, peu coopérative, avait décidé de rester une obscure souris. Il ne l'en aimait pas moins, bien qu'elle le réveillât chaque nuit, à l'heure du rat**, pour aller grignoter les miettes du sol.


Tout en examinant les prunes violettes, une grave question le tourmentait : rajouterait-il une pincée de cannelle ou un dé de réglisse ? La première, au chaud parfum ambré, risquait d'être évincée par l'arrière-goût ferreux de la seconde. À moins qu'une tête d'épingle de nigelle, qui à elle seule rassemble les saveurs de quatre épices : muscade, poivre, clous de girofle et cannelle, puisse suffire à sublimer la préparation ? La décision était d'importance. Non, décidément, seuls le miel noir et l'incomparable cannelle, par leur simplicité faisaient la grandeur de ce dessert. Tout l'art consistait à braiser et caraméliser la compote sans jamais la brûler.


En cuisinier averti, et avec tout le doigté chinois, Yuan ouvrait les prunes en deux dont les noyaux tombaient à terre pour la jubilation des fourmis. Puis, avec un soin méticuleux de dentellière, il entreprit de couper la pulpe en fines parcelles. Le cœur des fruits, couleur de résine, embaumait sous le soleil méridien.


Déjà, la moitié de la journée s'était écoulée. Peu à peu, la cassolette se remplissait. Délicatement, il triait à l'aide de ses fines baguettes de bambou, les morceaux trop épais afin de les retailler. Le geste n'était pas aisé à son âge mais toujours il avait refusé la commodité des couverts occidentaux dont la brutalité des couteaux et fourchettes blessait la chair des aliments.


Sous le feu au ralenti, la compote glougloutait en formant des bulles qui venaient crever à la surface. Elle allait grésiller ainsi longtemps jusqu'à devenir une marmelade serrée dégageant un chaud parfum de nougatine.


Le vieillard râpa un peu du zeste d'une orange et l'incorpora au mélange qui prenait, au fil du temps, la teinte du chocolat fondu. La cuisson emplissait l'air d'une enivrante suée végétale qui attirait les butineuses. Des larmes d'émotion vinrent aux yeux de l'aïeul au souvenir de ce dessert maintes fois partagé jadis, et de son goût si suave qui gaine la bouche d'un velours tiède et sirupeux. Gao Tippeng aimait tant les prunes dans son enfance, qu'il les chapardait encore vertes ! Aujourd'hui qu'il avait rejoint les Sources Jaunes*** alors que lui-même était dédaigné par la mort, Yuan en vint à se demander s'il n'y avait pas une injustice perverse, ou une bienveillance particulière, lorsqu'un enfant était rappelé avant l'heure. La raison de sa longue durée à lui n'était-elle pas motivée par cette commémoration annuelle glorifiant l'amour immortel qui, parfois, lie deux êtres ? Et sans cette vénération fidèle, qui nous pleure et nous regrette au-delà de quelques jours après notre mort ?


D'un geste agacé, il chassa les guêpes blondes qui voltigeaient au-dessus des fruits odorants. Tout au contraire, il bénissait les rousses abeilles, l'insecte chéri le plus utile au monde, celui sans lequel l'humanité ne survivrait pas. À leur intention, il avait déposé une parcelle de fruit dans une soucoupe et regardait tendrement les gourmandes s'en gaver. À chacune des précieuses créatures, il donnait un nom de femme ; femmes aimées autrefois ; femmes juste entrevues au détour d'un rêve érotique ; ou femmes secrètes, conçues dans l'imaginaire masculin jamais rassasié d'émotions sensuelles.


Un léger vent se leva faisant frémir le feuillage du ginkgo. Les poètes de la dynastie Song avaient chanté la splendeur de cet arbre aux feuilles bilobées. C'était le patriarche des arbres, celui qui portait allègrement plusieurs siècles et survivait aux générations. De saison en saison, c'était merveille de voir, tour à tour, se répandre les gardiens du tombeau. L'un semait ses écus d'or sur la pierre, l'autre la mousse blanche de ses aériens pétales.


Yuan lécha ses doigts collants. Leur saveur, au léger relent de pain d'épices, attestait la succulence des fruits. Pour meringuer la préparation, un blanc d'œuf battu et rebattu vint la recouvrir d'une imperceptible gaze argentée.


L'heure du thé arrivait. Posée sur un édredon de cendres chaudes, la théière reçut un mince fil d'eau, presque un goutte-à-goutte pour imbiber son contenu et en révéler tout l'arôme. Bientôt, une vapeur à l'effluve de foin coupé s'échappa de son bec. Et les deux parfums se mêlèrent, l'un soutenant l'autre et lui répondant, comme le ferait un duo de chanteurs assortis. Yuan en humait l'harmonie avec délices comme pour en boire la quintessence.


Un engoulevent, l'oiseau aimé des forgerons, traversa le ciel. Bec ouvert pour gober les insectes, il passa lentement de son vol gauche qui paraissait nager dans le ciel assombri.


Le crépuscule ourlait d'un trait violine le profil aigu des montagnes environnantes. La nature apaisée se préparait au sommeil. Pareil à un prêtre officiant, le vieillard alluma deux bougies sur la dalle funéraire et y déposa coupelle, cassolette et théière. La senteur du nougat refroidi qui émanait de la compote confite sucrait l'air alentour et restait ainsi suspendue, flottant telle une caresse vaporeuse.


Une clarté soudaine enchanta la pénombre avec l'apparition du pâle lumignon de la lune qui se hissait au faîte des monts en déversant sa lueur laiteuse, si propice à la nostalgie chagrine.


Mains jointes, debout devant la tombe, le très vieil homme frissonna dans l'air nocturne et le regret du passé gonfla son cœur. Gao Tippeng aurait eu quarante ans en ce seizième jour du premier mois...



Janine Sabatier

(Prix de la Nouvelle gourmande du Salon du Livre de Périgueux)





* Jour du réveil des insectes : le 5 mars du calendrier solaire

** L’heure du rat : entre 23 h et 1 h du matin

*** Les Sources Jaunes : le séjour des morts


 
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   Anonyme   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Ce récit est un vrai délice. Il se déguste, mot à mot, tant ceux-ci semblent avoir été choisis avec soin et correspondre parfaitement à l'idée que l'on se fait de cette Chine-là, ancienne et odorante comme peut l'être l'arôme raffiné d'un thé, avec une sorte de poésie immobile qui flotte délicatement au-dessus de notre âme chargée de souvenirs...
Ah oui, j'allais oublier : j'ai beaucoup aimé !
Au plaisir de te lire à nouveau, vraiment !

   Anonyme   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Superbe. Un travail d'orfèvre. Un déferlement de couleurs, de goûts, de saveurs. Un récit. Une gourmandise. Une chose littéraire.

   xuanvincent   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Après une lecture plus attentive, ce conte chinois m'a plu, pour l'histoire et surtout l'écriture (j'ai apprécié en particulier le soin porté à l'écriture).

Il y a peu d'action dans cette histoire mais les scènes m'ont paru bien décrites, avec une précision que j'ai appréciée.

J'ai apprécié de même la description du cadre de l'histoire. Le côté "exotique", chinois, riche en détails sur les us et coutumes rendant plus crédible cette histoire, m'a paru assez réussie.

. "Était-ce parce qu'une vieille légende chinoise prétendait que certaines souris avaient le pouvoir de se transformer en ravissantes femmes ?" : cette phrase, en quelque sorte un conte dans le conte, sur quelques mots, m'a plu.

Au final, l'auteur a brossé un beau portrait de vieux cuisinier chinois, savoureux à lire. Surtout peut-être pour les lecteurs gourmands.

PS : En relisant le texte, je comprends qu'elle ait pu obtenu le "Prix de la Nouvelle gourmande du Salon du Livre de Périgueux". Cette mention, sans être à mon avis obligatoire, peut trouver sa place à la fin du récit (plutôt qu'en début de texte).

   jaimme   
22/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un très beau travail. Une succession de travaux précieux. Beaucoup de préparation pour en arriver là. Un style très raffiné.
Mais... je suis resté derrière mon écran.
Prenons une comparaison ethnologique: je décris une périgourdine qui fait consciencieusement son café et qui se prépare pour aller à la messe, en habit traditionnel. Je reste extérieur à ses pensées, la plupart du temps. Et je décris avec un art exquis ses préparatifs pour s'habiller, préparer son canard au foie gras, etc. Vous m'avez compris.
Je pense que le délice de ce texte repose essentiellement sur l'attrait de l'exotisme. Voire son côté didactique. Pourquoi pas. Mais pour moi le regard reste trop extérieur. Pictural. C'est magnifique et posé, comme souvent le cinéma asiatique, inspiré du zen. J'aurais aimé un peu plus connaître cet homme.
Chapeau quand même!

   misumena   
22/8/2009
Bonsoir,
Il y a dans la préparation de cette compote un peu du mysticisme de la cérémonie du thé, et beaucoup de l'oubli de soi, de son chagrin, dans l'exécution minutieuse d'une chose parfaite. C'est évidemment très asiatique... et très littéraire. Ce vieillard est le double de l'auteur... Vous avez choisi vos mots avec autant de précision et de gourmandise que votre personnage, et comme lui, vous avez mis l'émotion à distance.
J'ai assisté à l'élaboration d'une friandise de lecture. C'est magnifiquement fait, mais selon moi, ça reste un exercice de style. Je suis désemparée : je ne peux pas noter avec mes tripes, et je ne me résous pas non plus à ne juger que le style, superbe. Vous me pardonnerez de ne pas vous attribuer de note.

   Anonyme   
23/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir Vinvigneron. J'avance à pas feutrés pour ne pas interrompre ce rituel si bien conté, aux saveurs sucrées dans la nostalgie de l'instant ...Une très belle écriture.

   thea   
24/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très belle écriture un réel moment de plaisir...un travail d'orfèvre...
je reviendrai lire..

mais je trouve que l'on reste un peu trop dans le descriptif et qu'en matière d'émotion on aurait pu aller plus loin...peut être..

le style très poétique m'a vraiment éblouie..c'est tellement agréable de lire une belle plume...

   Marite   
25/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour une nouvelle gourmande c’en est une ! Elle m’a donné envie de me mettre aux confitures avec patience, délicatesse et épices… Hélas, je suis loin d’être à la hauteur de ce vieux cuisinier chinois. Tout est si joliment conté, si bien ordonné que l’on se croirait au Pays des Merveilles. Guêpes, abeilles et fourmis participent même à la fête. N’oublions pas que c’est le jour de leur réveil ! Nous sommes loin des remous et incertitudes liés aux émotions qui peuvent habiter Yuan. Mais d’un autre côté, depuis quarante ans de ce cérémonial, les déchirures de son vieux cœur ont été cicatrisées et polies. Il ne reste que douceur, sérénité et harmonie. N’est-ce pas mieux ainsi ? Merci Vinvigneron pour cette très belle histoire exotique.

   florilange   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Hum. À mon avis, c'est + gourmet que gourmand. Raffiné. Tout est chargé de symboles. Très beau, poétique & bien écrit.
Exotique, également. Pas besoin de démonstrations sur ce qu'il ressent. D'abord, c'est vrai, quarante ans après, ne reste que la douleur profonde, le reste s'est apaisé. Le seul fait que le vieil homme poursuive cette cérémonie, année après année, montre bien que, malgré tout, rien n'est oublié. J'ai apprécié justement la retenue du texte, qui se déroule exactement comme l'exécution des recettes : dans le respect, la dignité. Merci,
Florilange.

   Selenim   
18/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une histoire simple servit par une écriture fascinante.

Il se dégage une telle douceur de cette écriture, une sensualité, chaque phrase est une caresse pour les rétines, une recette délicate et suave de mots.
L'auteure aime les mots et leur cuisine. Mitonner une émotion au détour d'une virgule, porter le lecteur à son point d'ébullition. Mes sens se sont délectés de se menu raffiné où les saveurs étaient si enivrantes que le finalité du récit m'importait peu.

Merci pour ce voyage sensuel au pays où les mots ont une saveur.

Selenim

   widjet   
4/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que de délicatesse dans cette première nouvelle « culinaire » (un genre nouveau sur le site !) qui nous fait voyager dans les pays de l'Orient. Difficile de trouver à redire sur la forme d’une rare méticulosité qui confine à la préciosité et à un raffinnement rarement atteint. Le style sublime le fond qui demeure plaisant, émouvant. Affectation dans les mots, les descriptions, on peut trouver ça trop maniéré ou comme moi se régaler d’un pareil soin (comme les fruits, l’auteur à apporter un soin extrême et respectueux aux mots). Véritable respect porté à la langue française qui bénéficie là d’un hommage rare doublé d’un amour pour un peuple toujours très porté sur les traditions et qui attachent (contrairement à nous autres aux européens) une importance cruciale voire une dévotion à Dame Nature et à ses richesses.

Exquis.

Un immense bravo pour ce texte (justement primé) qui, j’espère en appellera d’autres.

W

   nico84   
18/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'accord avec les commentateurs précédents. Quelle écriture précieuse qui fait plaisir à lire. Lentement aussi lentement que ce repas nocturne. Ton écriture est comme lui, raffiné, et soupesé maintes fois afin d'en retirer le meilleur.

Bravo pour ces mots remplis de force et de douceurs.

   Anonyme   
31/3/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Des lignes qui mettent l'eau à la bouche...

Splendide de poésie, de tendresse, de douleur, de sourires, d'effluves épicés.

J'ai dégusté ce texte finement écrit où l'ambiance nous pose à côté de Yuan en nous conviant à son rituel.

Merci.

   Anonyme   
31/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce que je n'ai pas goûté dans ce texte culinaire : la "virgulite" qui le hache sans nécessité aucune. C'est une affection qui atteint essentiellement les cuisiniers d'origine asiatique et qui réduit la nourriture, comme ce texte, à de menus morceaux... Peut-être qu'avec une paille en guise de baguettes ?
J'ai également appris que les fourmis chinoises jubilaient. Ceci étant, ça n'a lieu que tous les cinquante ans (pas comme les virgules qui, elles...).
Et puis, j'aime bien le glouglou de la compote.
« ou femmes secrètes, conçues dans l'imaginaire masculin jamais rassasié d'émotions sensuelles. » : affirmation purement gratuite, tous les hommes vous le diront.
Malgré tout un bon texte, quoique un peu trop descriptif. Mais, aurait-il pu en être autrement ?

   JPDESGRANGE   
4/10/2010
Commentaire modéré

   victhis0   
2/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
lu avec retard mais avec plaisir, comme tout le monde.
Je pointerais juste un peu de préciosité dans un style par ailleurs impeccable.
J'ai eu l'eau à la bouche durant toute cette lecture...Pour un gourmand comme moi, quel bonheur !
Seconde nouvellelue de cet auteur fortiche, et toujours la (toute petite) déception sur le fond de l'histoire qui s'efface trop à mon goût sur sa forme

   moschen   
16/11/2014
 a aimé ce texte 
Bien
J’ai bien aimé le coté exotique de l’histoire, ce qu’elle nous apprend de leur mode de vie, des rituels mais j’ai regretté une manière d’écrire procédant trop par une suite d’affirmations comme s’il s’agissait d’un commentateur maîtrisant son sujet et posant le contexte d’un documentaire. Il me semble que cette façon trop distancié du sujet nuit à l’empathie que le lecteur peut avoir pour le personnage principal. On voit distinctement ce qu’il fait, on nous explique pourquoi mais il nous est difficile de prendre sa place, de sentir ses émotions.
Sur l’un …une théière attendait … sur l’autre une cassolette attendait…
Je suggère d’éviter les adjectifs vague « une centaine -de recettes- peut-être, multiples boites, quelques jours après sa mort »
Quelques sonorités pourraient être retravaillées : Dans son visage émacié, … barbichette clairsemée …. Sourire plein de sérénité.
La raison de sa longue durée – longévité ? (à lui ?)
Cordialement


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