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Sentimental/Romanesque
Yannblev : À Morphée
 Publié le 18/09/20  -  12 commentaires  -  15841 caractères  -  63 lectures    Autres textes du même auteur

« Un rêve dans le rêve et si c’était le jour vrai qui se frottait l’œil ? » Hubert Haddad


À Morphée


J’étais appuyé à deux mains sur le manche de la masse et regardais gésir le corps inerte du petit chien noir et blanc sur l’herbe verte. L’œil grand ouvert était fixe et maillé d’un réseau rouge vif, le flanc ne bougeait pas. Un filet épais ourlait la truffe brune d’un sucre écarlate. Depuis la bouche entrebâillée où brillaient les canines la longue langue pendait molle jusqu’au sol comme une carpette rose sur une marche d’escalier. Une mouche bleue ventrue l’escaladait. Entre les oreilles, une petite dépression affaissait le dessus du crâne, un méplat où le poil écrasé collait.


Merde, me dis-je… je l’ai tué !


Ça faisait dix jours et dix nuits, depuis que la chienne des voisins était en chaleur, que je promettais de le faire s’il continuait à gueuler comme ça en pissant partout mais j’avais toujours supposé que mes paroles étaient en l’air, de celles qu’on dit sans réfléchir vraiment à leur stricto sensu : « Putain de chien, je vais le tuer ! » sans aucune intention, aucune bien sûr de faire ce que je disais.


Mais je l’avais tué.


Je savais que j’en étais parfaitement incapable mais je l’avais tué. Aussitôt j’ai pensé à l’autre, celui que j’étais parfois dans mes rêves. L’impavide, le coléreux, le pragmatique, le réaliste droit dans ses bottes. Ce fumier avait tué le chien.

Ah ! j’allais me réveiller et me jurais de mettre fin à cette stupide et périlleuse expérience sur l’onirisme sans limites.


J’ai regagné le garage, essuyé le sang sur le fer du merlin dans du papier journal et pris une bêche pour enterrer ma victime. Ce fumier avait tué le chien et je me devais de l’assumer.

En creusant je m’étonnai à nouveau à cause de mon mal de reins. Jamais jusqu’ici je n’ai eu mal aux reins que dans ma propre vie, la vraie, la réelle et voilà qu’au second coup de louchet dans la terre durcie la même estocade m’assaillait en bas du dos. Je poursuivis cependant sans me relever, je devais faire vite. Si elle me découvrait au beau milieu de ma sinistre besogne je savais qu’elle ne me pardonnerait jamais. En creusant j’échafaudais le scénario que j’allais lui servir, l’histoire, le bateau que j’allais lui monter pour expliquer la tragédie du clebs.


Par ailleurs je me demandais aussi si demain matin au réveil et au petit déjeuner elle s’amuserait comme à son habitude quand je lui raconterais les extravagances de mes facéties de rêveur parachevé… Car rêver oui ! Savoir rêver d’accord ! Mais rêver que je tuais le chien me semblait hors jeu, pour le moins hors limites.


Je soulevai le cadavre par la queue et les grosses mouches bleutées tourbillonnèrent dans un bourdon en s’échappant de la gueule bée où elles avaient flairé du miel dans l’haleine de la mort. J’essuyai sous ma semelle la petite flaque rouge et balançai le corps dans le trou où il tomba flasque, aussitôt réinvesti par l'essaim noir vrombissant des mouches. J’ai alors fermé le caveau en quatre ou cinq pelletées de terre et tapé dessus du plat de l’outil comme pour m’assurer qu’il ne s’ouvrirait plus. Puis j’y empilai trois ou quatre grosses branches que la tempête de la semaine dernière avait émondées des chênes de la haie pour les éparpiller dans la prairie. « Personne ne viendra l’y chercher ! » pensais-je en contemplant le mausolée, « trop près des maisons pour qu’un renard se risque à fouiner sur la charogne, trop loin pour qu’un homme tombe dessus par hasard et remarque la terre remuée… »


*********


Je ne supporte pas de la voir triste. Lorsque je lui raconte mes rêves pilotés – ce qui pourrait être une approche du self-control intégral susceptible de reléguer bien des théories sur le subconscient – elle y prend un plaisir enfantin et m’écoute religieusement en guettant, suspendue à mes lèvres, l’instant – car il arrive toujours – où l’histoire déraille dans l’irrationnel. Elle éclate alors du rire qu’impatiente elle contient depuis le début.

Mais cette fois ? Le chien ? Je n’étais pas trop sûr qu’elle allait lâcher son rire. Je ne supporte pas davantage de la voir seulement contrariée. Dans ces moments-là ses yeux de mer tropicale sur lesquels je me suis posé un matin comme un frelon sur une pervenche, sans jamais avoir pu m’en défaire, se remplissent d’un vide qui me terrifie.


« Elle ne saura jamais ! » me dis-je en rangeant la bêche au fond du garage.


En regagnant la maison sous le soleil de plomb je m’interrogeai encore. J’étais pris d’une fatigue subite qui me coupait les jambes, d’une certitude que j’allais dormir dès que je m’allongerais sur le divan vert du salon et je me demandais bien comment cette envie-là pouvait me venir alors que j’étais déjà au plus profond de mon sommeil. J’y pensais encore en me couchant sur le cuir du divan, les yeux au plafond, dans cette vague léthargie qui remue les idées en vrac, entre chien et loup, entre veille et sommeil. Puis il m’a semblé que je m’endormais… alors que je savais que je dormais déjà. Cette supposition que je pourrais peut-être un jour, ou une nuit, rêver que je rêve m’excitait et me plongeait dans un vertige. Je n’en étais pas encore là.


*********


Me suis-je éveillé peu ou prou en l’entendant rentrer ?


Je ne sais pas.

Pourtant je décomptai sur le carrelage de terre cuite les clapotis de ses souliers vernis qui allaient et venaient dans le salon avec entre eux les glissades sur les pavés des ongles de ce putain de chien qui, toujours entre ses jambes, la suivait partout en haletant. Bientôt je la sentis s’approcher jusqu’à la respirer. Elle se pencha sur moi et j’ouvris les yeux sur son sourire et la lumière bleue de son regard.


– Tu dors ? interrogea-t-elle.


Je lui fis de la tête un signe de dénégation en réfléchissant son sourire.

Elle enchaîna en m’examinant des pieds à la tête :


– Mais qu’est-ce que tu as fichu ? T’as vu tes godasses ? Elles sont pleines de terre… t’aurais pu les retirer quand même.


Et elle se pencha pour me les enlever d’un bloc en tirant sur les talons sans même les délacer. Elle les balança vers le paillasson de la porte d’entrée où elles rebondirent à gauche et à droite, l’une à l’endroit, l’autre à l’envers, en effrayant le chien qui, la queue pliée sous lui, le ventre rasant le sol, se glissa sous la table du salon où il s’immobilisa la tête tendue posée sur ses pattes avant.

Il me regardait.


J’avais pris son poignet sans dire un mot, je l’attirai vers moi pour la faire basculer. Elle se laissa tomber en s’arrangeant pour que sa bouche entrouverte tombe contre la mienne. La précision de sa chute et celle déjà de son geste pour dégrafer en un dixième de seconde le premier bouton de la fermeture de mon pantalon n’étaient pas plus ambigus ni moins résolus que ce que je lisais dans la fixité de ses yeux bleu de cobalt. Dans la minute qui suivit l’ensemble des vêtements que nous portions l’un et l’autre, blue-jean et jupe, petit slip de dentelles rose et caleçon, tee-shirts, nous avaient quittés et elle en fit un tas en haut du dossier du divan vert puis elle s’allongea sur moi, de tout son long. Comme chaque fois je la ressentis si légère et si lourde tandis que cette odeur familière, chaude, suave et âcre, musc et ortie, engageante et excitante, s’échappait des replis de nos peaux accolées. Elle entama alors son travail de butineuse. La pointe de son sein durci, comme la rasette d’une charrue ouvre le chemin du soc, glissait sur ma peau doucement tout du long, allant et venant de haut en bas, suivie de près par ses lèvres tremblantes et la pointe de sa langue dont elle me labourait avec méthode et délicatesse. Bientôt elle se croupeta et s’affaira entre mes jambes dans une posture d’allégeance, ses fesses blanches et rondes surplombant sa tête qui avait plongé vers mon ventre que je gardais tendu en retenant ma respiration. J’ai caressé lentement et concentriquement ses petits cheveux courts et fins du haut du sinciput jusque dans la nuque comme pour la bercer mais sachant pertinemment que mes effleurements décupleraient sa volupté et sa voracité.


Je relativisai ma réflexion et ma remise en cause de tout à l’heure quant à l’expérience que je menais depuis quelque temps. Bien sûr l’histoire du chien massacré n’était ni prévue ni ordonnée et je ne l’avais pas davantage contrôlée puisqu’il était là, bien vivant, à me regarder rêver. Cela m’avait un peu angoissé mais finalement quand j’en appelais aux sentiments les plus intimes, à mes phantasmes les plus sensibles, à l’érotisme sans frein, je parvenais bel et bien à dérouler mes rêves comme je l’entendais, au besoin les rectifiant sans le chercher pour ressusciter un chien. Ou encore levant des émotions en satisfaisant les désirs que je voulais au moment où je le voulais. Et si je ne désirais rien j’étais capable de ne pas rêver du tout, c’était presque sûr.


Elle se releva, m’enfourcha en se cabrant en arrière et m’engloutit loin en elle en poussant un petit cri.

Le chien dressa les oreilles puis reprit sa pose de sphinx.


*********


Quand j’ouvris les yeux j’étais dans la chambre. Par la fenêtre le ciel était bleu marine. Depuis les premières grosses chaleurs nous dormions nus, sans draps, la fenêtre grande ouverte. Il me sembla avoir dormi vingt-quatre heures d’affilée et dans mon crâne se bousculaient les péripéties de plus en plus extravagantes, envahissantes et préoccupantes de mes songes.


J’allumai la lampe de chevet et saisis mon carnet à crayon qui ne quittait jamais la table de nuit. Je portai en haut et à gauche d’une nouvelle page la date d’aujourd’hui et, en suçant le crayon pour mieux réfléchir, j’essayai de rédiger mentalement et chronologiquement le déroulement de mon dernier rêve afin de le consigner aussi scrupuleusement que possible comme je le faisais chaque matin, tout érotisme et fantasme admis, sans licence mais en relativisant quand même au mieux l’histoire macabre du cabot.

Elle dormait encore avec des bruits de chaton dans sa respiration et dans une position entre sur le ventre et sur le flanc, une jambe tendue, l’autre pliée qui faisait ressortir, saillir en l’arrondissant, sa croupe que le sommeil semblait avoir amollie. De ses deux bras blancs elle enserrait sous sa tête l’oreiller chiffonné et ses longs cheveux de jais s’étalaient de part et d’autre dans l’envergure et les reflets des ailes d’un corbeau.


Un gros papillon brun jouait dans la tache claire que la lampe faisait au plafond. Il tournait sur lui-même, tambourinait de ses ailes, hésitait entre l’ombre et la lumière. Je le regardai s’épuiser dans ses évolutions désespérées et m’interrogeai sur les caprices de la nature qui poussaient ces êtres de la nuit à venir, mus par une force incontrôlable, se brûler dans le feu de ce qu’ils prenaient pour le jour… le jour où d’ailleurs ils n’avaient a priori rien à faire.


Je commençais à peine à écrire quand elle se retourna. Elle se colla à moi et posa à plat sa main grande ouverte sur ma poitrine pour jouer du bout des doigts dans le petit duvet qui tapissait comme un nid d’oiseau le creux à mon sternum. Elle me dévisagea de ses grands yeux bleus sans fond où la lampe de chevet allumait deux petites chandelles identiques. Elle tendit la bouche vers mon oreille et murmura :


– T’as perdu mon chéri… c’est toi qui fais le café ce matin !

– Qu’est’ ch’ que tu ‘acontes ? répondis-je en mâchonnant le bois du crayon.

– Si… t’as perdu ! reprit-t-elle avec des intonations d’enfant boudeur.


Le papillon qui tombait vint effleurer sa joue, elle le chassa d’un mouvement du bras et poursuivit :


– T’as perdu ! j’ai joui la première et le plus fort, j’en suis sûre. D’ailleurs tu t’es toi-même écroulé comme une masse et mis à ronfler comme un sonneur.


Le crayon m’échappa de la bouche et le carnet des mains, ils tombèrent sur le plancher l’un près de l’autre. J’essayai de me lever mais elle me retint :


– Attends… attends un peu… reste un peu, c’est dimanche… raconte-moi ta nuit.


Elle s’était penchée puis couchée en travers de moi. En cherchant du bout des doigts, à tâtons, le calepin sur le sol, elle toucha le gros insecte mou et laineux qui aussitôt, dans une ascension tourbillonnante, regagna là-haut la flaque lumineuse où il reprit sa danse frénétique de derviche.

Elle garda cette pose. Je sentais ses seins mous comme des choux à la crème écrasés sur mon ventre et les pointes de ses plus longs cheveux traîner encore sur mes cuisses.

À présent le papillon exténué battait des ailes dans l’entonnoir de l’abat-jour puis dans un bruit d’allumette qu’on craque il toucha l’ampoule et disparut dans un petit pet enfumé.


Je me levai presque d’un bond et comme pour lui échapper.


– Non, non… t’as raison j’ai perdu ! J’vais faire le café.


En entrant dans la salle j’ai remarqué immédiatement nos fringues en tas sur le dosseret du divan vert et près du paillasson mes chaussures boueuses restées comme elle les avait lancées. Sur la paillasse de l’évier je commençai à préparer le petit déjeuner avec des gestes automatiques, sans voir vraiment ce que je faisais mais préoccupé à remettre de l’ordre dans le bordel de mes méninges où j’étais en train de me perdre. J’en étais là de mes pensées quand je l’entendis demander du fond du lit, en forçant la voix :


– Dis donc, t’as pas vu le Filou ? Il est pas rentré… il n’est même pas venu manger… faut que tu dises aux voisins d’enfermer leur chienne pendant ses chaleurs… quand il est amoureux ce corniaud est insupportable ! Remarque, au moins on ne l’a pas entendu pleurnicher pendant ce temps-là !


Je retournai vers la chambre. Elle n’avait pas bougé, étendue sur le ventre dans la diagonale du matelas, elle cajolait son oreiller. J’ai ramassé, vivement et sans dire un mot, mon carnet et le crayon et de retour près de l’évier, d’un même geste je brisai l’un et déchirai l’autre puis j’ouvris la poubelle pour les y jeter. De grosses mouches bleues sortirent en vrombissant du récipient et quelques-unes se reposèrent aussitôt sur la viande noircie abandonnée dans la gamelle du chien.

La comtoise sonna six coups.

Par la fenêtre le ciel était toujours bleu foncé avec quelques aréoles et traînées blanches qui laissaient deviner la lune sur le toit. Je me pinçai la joue violemment puis frappai du poing sur ma cuisse mais rien n’y faisait : il était six heures du matin, un dimanche et, devant un grille-pain et une bouilloire, nu comme un ver, je préparais un petit déjeuner ! Je n’étais plus capable de dire si je venais de m’endormir ou de me réveiller, de me réveiller ou de m’endormir, d’avoir rêvé ou si je rêvais encore.


*********


Je me suis dirigé vers la porte et me voilà sur le perron enluné.

Je respire longuement et remplis mes poumons de l’air attiédi, un peu humide, saturé par l’odeur stagnante, étonnante et entêtante, des géraniums épanouis. Je me tiens les yeux fermés, les narines grandes ouvertes, cherchant à m’imprégner des mystères de la nuit.

Un bruit comme un vent agite un peu les troènes près du garage. Aussitôt me tournant vers eux je les fouille du regard dans la vague obscurité.


– Filou, Filou, Filou ! Viens ici Filou, viens ! Filou, Filou, Filou ?


J’ai appelé ainsi à plusieurs reprises d’une voix que j’ai prise de fausset en enchaînant vite les sons des mots et les syllabes dissonantes pour qu’ils ressemblent à une chansonnette engageante. C’est le vieux coq du poulailler qui seul répond d’un cocorico aussi sonore qu’incongru.

En vain je force mes yeux vers le bas de la prairie où je devine une petite bosse terreuse entre les spectres alignés des chênes de la haie.

Une sorte de colère me prend quand j’évalue ma valse-hésitation entre bien tout comprendre et ne plus rien comprendre. J’ai refermé les yeux et en serrant les dents je m’entends maugréer :


– Putain d’chien ! J’vais le tuer !


 
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   socque   
25/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien les histoires où le narrateur s'angoisse de ne plus bien distinguer le rêve de la réalité... La confusion dans l'esprit de celui-ci vient apparemment d'un abus d'expériences de rêve dirigé, et je ne suis pas sûre que, dramaturgiquement parlant, ce soit une bonne idée : pour moi lectrice, l'impact serait plus fort si j'avais l'impression que ce genre de mésaventure flippante peut arriver à n'importe qui (donc à moi), sans sollicitation particulière de l'inconscient.

Sinon, je note que lors de la scène de baise le chien est ressuscité, elle serait donc rêvée, mais que lorsque le narrateur se lève le lendemain et est confronté à la réalité de son acte de violence (il aperçoit plus loin le mini-tumulus là où il a enterré Filou), ses vêtements et celui de sa copine sont entassés sur le dossier du divan de ladite scène de sexe. L'incertitude entre rêve et réalité est maintenue jusqu'au bout, je trouve cela à la fois habile et agaçant !

Le texte m'a paru un poil long pour ce qu'il a à dire ; peut-être gagnerait-il à être légèrement resserré mais je ne vois pas trop où. De rien, c'est un plaisir d'être utile.

   maria   
4/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Je suis désolée mais j'ai trouvé la juxtaposition rêve/réalité/rêve sans intérêt et même ennuyeuse.

Par contre j'ai été impressionnée par la justesse de l'écriture.
Par exemple dans la description du cadavre du chien et comment le narrateur le manipule. Le visuel donné au lecteur est répugnent parce qu'il est bien rendu.
Je ne comprends pas le choix de l'auteur(e). Pourquoi ce rêve horrible et triste ?

De cette nouvelle, j'ai beaucoup aimé le style clair, littéraire et fluide de l'auteur(e) et l'apprécierais davantage dans un autre texte.

Merci du partage et à bientôt.
Maria en E.L.

   Pepito   
18/9/2020
Une écriture de rêve.
Vraiment le genre de style que j'adore. Particulièrement la richesse du vocabulaire.

Pour le fond, loin d'être un fan des histoires d'amour, je ne me suis pas ennuyé un instant. Je me suis juste demandé où j'étais. Dans le cerveau d'un malade ou dans une nouvelle SF, tant le rêve dans le rêve ... m'a fait penser à Inception. Déformation...

Dans tous les cas un très très bon texte.

Pepito

   plumette   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
une écriture très convaincante au service d'un texte qui me laisse perplexe, dans un entre-deux qui a finalement à voir avec sujet de cette nouvelle : une valse hésitation entre l'homme rêvant et l'homme conscient, un flottement entre phantasme et réalité.

Vous vous êtes sans doute amusé à perdre le lecteur jusqu'au bout. Dans la nouvelle, ce n'est pas ce qui m'a séduite. Grâce à l'écriture haute en couleurs! J'ai vraiment apprécié les diverses scènes, celle qui démarre l'histoire, celle sur le canapé où la femme est active ( je signale un élément qui pour moi a contribué au brouillage : la femme du canapé a les cheveux très courts? " J’ai caressé lentement et concentriquement ses petits cheveux courts et fins du haut du sinciput jusque dans la nuque comme pour la bercer" tandis que celle qui se trouve dans la chambre a les cheveux longs? "et ses longs cheveux de jais s’étalaient de part et d’autre dans l’envergure et les reflets des ailes d’un corbeau.") J'ai aimé le détail tellement réaliste du papillon qui crame sur lampe...

j'attends maintenant le texte dont j'apprécierai autant la forme que le fond!

   IsaD   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Yannblev

Au-delà de l’écriture fluide et fort bien détaillée (la description du chien mort m’a fait frissonner de dégoût :) j’avoue que j’ai eu du mal à comprendre à quels moments se situaient vraiment le réel et le rêve.

Je me suis dit que l’histoire de la scène de sexe était, elle aussi, un rêve au vu de l’attitude du narrateur au petit matin ( ?)

Il semble y avoir une attention particulière portée sur le destin tragique du papillon mais je n’ai pas non plus saisi si cela était important ou non dans la trame de l’histoire.

Je ressors de cette lecture avec un flou total.

Peut-être vos commentaires, si vous en faîtes dans le forum, éclaireront-ils ma lanterne…

   Alfin   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour YannBlev,
Un docteur Jekyll et M. Hyde au pays des rêves lucides.
D’abord, sur la forme, le style est fluide bien que l’on soit parfois arrêté par la présence de vocabulaire peu usité. C’est bien sûr ce qui en rend la lecture plus intéressante. À deux exceptions, peu ou prou qui selon moi n’est pas utilisé correctement, on ne peut pas le remplacer par "plus ou moins" et j’aurais utilisé sirop ou mélasse à la place de sucre. Les images utilisées sont originales, différentes de ce que l’on a l’habitude de lire, une force dans votre écriture.

Pour le fond, nous sommes habilement perdus entre le rêve et la réalité. Le mélange des états est amené tout en finesse, le lecteur sait plus ou moins trier le rêve de la réalité, ce qui n’est plus le cas du narrateur. J’aime beaucoup cette option qui souligne la détresse relative du protagoniste. Le fait qu’il mélange sa personnalité entre les deux états est également bien amené.

Enfin, le fait de massacrer un jeune chien est une option risquée. Peu de lecteurs l’acceptent, il suffit de voir les commentaires sur les nouvelles qui matérialisent un viol par exemple. Car finalement, pour le lecteur, c’est l’auteur qui décide de ce qu’il met en scène. On peut se faire détester. Surtout, si comme ici, le chien à l’air très sympathique et que la description est réaliste et généreuse. ça bouscule le lecteur, ce qui pour moi est une bonne chose, mais je le répète "risqué"

Bravo pour cette nouvelle et merci pour le partage !

   Gouelan   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,

À force de jouer avec le rêve on se perd dans la réalité. À moins que les deux fils ne se rejoignent, se confondent.
L'écriture est d'une justesse et d'une fluidité impeccable. J'ai aimé notamment l'effet de la lune sur le toit, j'ai frémi pour le pauvre chien. On lit d'une traite, récoltant les indices pour démêler l'intrigue.

J'aime bien le fond, j'aime bien la forme, même si je serais bien incapable de comprendre ce qui se passe dans la tête du personnage.

« Un rêve dans le rêve et si c’était le jour vrai qui se frottait l’œil ? »

Merci.

"Buée sur la vitre
comme sur la conscience -
quelle réalité ?" H. H.

   Donaldo75   
20/9/2020
Salut Yannblev,

Je suis un peu gêné de commenter cette nouvelle après ce concert de louanges, surtout quand je n’apporte pas ma pierre à cet édifice. Je ne suis pas rentré dans cette histoire, de par la narration qui peut paraitre décalée mais dont l’apparent décalage ne m’a pas convaincu, et aussi de par le style dont certains éléments m’ont paru artificiels. Quand je lis que l’écriture est fluide, j’ai juste envie de m’étrangler. Comme quoi, tous les goûts sont dans la nature. Par contre, ce que je ne retire pas à cette nouvelle, c’est son originalité et cela ne m’étonne pas de ta plume au vu de ce que je perçois. Bref, et j’arrête là l’analyse déstructurée, je ne sais que penser et ne veut pas résonner comme le couac malheureux dans ce concerto d’avis positifs.

   Shepard   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Yannblev,

Je vais commencer par ce que j'ai apprécié : le cœur de l'histoire rêve/réalité, sans que l'auteur n'explique trop pourquoi (ce qui est une bonne chose à mon avis), et qui n'est pas trop touffue ou incompréhensible, juste ce qu'il faut. Les phases de rêves sont bien délimitées avec quelques éléments qui pourraient faire douter, mais qui sont rapidement élucidés par un lecteur attentif. L'ensemble du récit se passe dans la réalité, moins un moment de somnolence du personnage qui s'endort durant le sexe (hé bé mon vieux, bonjour le fantasme...). Ce sont finalement les doutes du personnage lui-même qui sèment la confusion dans le récit plutôt que ceux du lecteur. Une réussite de ce côté !

Ce que j'ai (pas du tout) aimé : L'écriture. Je ne vais pas y aller par quatre chemins... C'était difficile. Je note en premier la ponctuation hasardeuse ou inexistante (vous détestez les virgules ?). Non seulement cela rend la lecture compliquée (essayez à voix haute) mais cela tue aussi le rythme pour moi. Je passerais tout ça au hachoir... sans verser une larme. Il y a également quelques répétitions évitables (exemples : "en creusant je m'étonnai [...] en creusant j'échafaudais... ou "depuis la bouche [...] depuis que la chienne...). D'accord, je suis obsessif sur les répétitions, c'est vrai, mais ce ne sont pas les mots qui manquent.

D'ailleurs, le vocabulaire... Des idées intéressantes (j'ai bien aimé perron enluné), mais aussi beaucoup de choses incongrues. Je sais qu'en tant qu'auteur on veut chercher le mot auquel personne ne pense pour tenter de donner un "style", mais parfois cela tourne au ridicule. Exemples : "la pointe de sa langue dont elle me labourait avec méthode et délicatesse" labourer avec délicatesse ? Vous m'expliquerez... "J’ai caressé lentement et concentriquement" dans les sens des aiguilles d'une montre ou l'inverse ? "haut du sinciput" ça me rappelle les cours d'anatomie... Je pense que vous pouvez faire plus sensuel. D'ailleurs, toute cette phrase fait aussi l'exemple d'un monstre sans virgule qui m'a fait grimacer.

En conclusion : bonne idée de fond, personnages finalement bien incarnés pour leur temps d'exposition, fin amère amusante, mais la forme... Je me suis arrêté toutes les deux lignes pour me demander pourquoi...???

   Malitorne   
24/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai beaucoup aimé. Déjà je trouve le texte intelligent, qui nous mène en bateau, comme le narrateur on finit par perdre les pédales et ne plus savoir si on est dans le rêve ou la réalité. Ensuite j’ai apprécié l’humour sous-jacent qui perce ici et là. Qui n’a jamais pesté contre un chien qui gueulait en souhaitant l’envoyer ad patres ? Et pour clôturer le tout, lecteur concupiscent, j’ai trouvé que vos évocations érotiques étaient fort bien menées. Je vous l’assure, vous avez un talent de ce côté là :-)
Au niveau du style pas grand-chose à dire, sinon parfois un peu trop d’adjectifs (pensez à épurer) et un flagrant manque de virgules. Fichtre, j’étais en apnée dans certains passages !

EDIT : Je viens de lire l’avis de Shepard qui relève aussi votre aversion pour les virgules. C’est rassurant quand un autre lecteur conforte vos dires, ça prouve qu'on ne raconte pas n'importe quoi.

   hersen   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle qui se lit en dents de scie.
D’abord à cause de l’histoire, je suis comme le narrateur, je cherche sans cesse si je suis dans le rêve ou dans la réalité de l’histoire. Et cela me déstabilise trop pour que je puisse laisser couler ma lecture. L’idée est pourtant très intéressante, mais, à mon avis de lectrice, il faudrait que le lecteur sache que le narrateur est perdu dans sa réalité… sans que le lecteur le soit.
Car j’ai un peu l’impression de lire d’abord, et de comprendre le § précédent pendant que je suis en train de lire le suivant.
Il y a dans l’écriture une précision intéressante. Mais parfois trop. Je note certains passages fort poétiques, et j’aime beaucoup, mais il y a parfois comme une insistance à trop marquer du mot juste, au détriment de la spontanéité. (Le sinciput est de ce point de vue le pompon!)
Une remarque – sans doute contestable- : « je regardais gésir le corps inerte » Il y a pour moi le problème d’une action, qui ne peut avoir lieu. Le participe présent « gisant » aurait été plus adéquat.


Merci de la lecture.

   Quieto   
19/10/2020
Bonjour Yannblev,

J’ai bien conscience que ceci ne vous apportera rien du tout.
Puis-je écrire un commentaire uniquement pour dire que j’ai lu ? Bon, oui, j’ai lu, mais je ne suis jamais parvenu à entrer dans ce texte. La faute au style qui n’est pas du tout fait pour moi, dès les premières phrases. Pourtant, curieusement, du deuxième paragraphe au quatrième, ça s’est amélioré, et puis c’est retombé sans jamais plus se relever.

En première impression, j’ai également été rebuté par l’utilisation du rêve, très souvent exploité et devant à la longue un peu lassant. Je reconnais toutefois qu’il est ici mis en scène de manière plus originale et mets volontiers ceci au crédit de votre texte.


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