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Poésie libre
Aconcagua : L'annonce
 Publié le 17/03/20  -  8 commentaires  -  1236 caractères  -  160 lectures    Autres textes du même auteur

Révéler son homosexualité.


L'annonce



J’ai dix-sept ans aujourd’hui,
il m’a dit : « Tu es mort,
tu es le vide, le néant, une vomissure,
ne touche personne, disparaît ».

Ma mère ne me regarde plus,
elle a rangé ses sourires de miel,
ses douceurs de fourrure,
ses câlins qui sentent bon l’oubli,
ses caresses aux accents de voyage,
ses petits mots qui cicatrisent la peur
et sa voix pour essuyer les ténèbres
quand les monstres lacèrent mes peurs.
Elle ne peut plus me voir,
elle ne me touche plus,
j’ai fracturé son rêve,
pour elle j’avais les mains d’un médecin,
ou d’un pianiste, d’un joaillier,
mais elles ont touché l’innommable,
caressé la fleur immonde,
je n’ai plus de mains.

J’ai dix-sept ans aujourd’hui,
la rue pousse l’indifférence
à petits pas, l’air de rien,
cela me fait du bien,
je cherche les bousculades
pour me sentir,
pour le chaud des corps,
pour être une chose vivante,
je divague comme un albatros blessé,
mais demain, mais demain,
je vais chevaucher les nuages,
accrocher dans l’azur
un drapeau de tendresse,
une envolée de sourires,
les cris d’un nouveau-né.


 
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   Luz   
3/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

C'est une infinie tristesse de découvrir que de tels mots, qu'une telle réaction puisse venir de nos parents. Quelle blessure ! Cela est très bien rendu dans ce poème.
Finis les petits mots qui cicatrisaient la peur : le futur médecin n'a plus de mains. Mais l’albatros blessé va reprendre son vol.
Bravo !

Luz

   Zeste   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Parler d’une blessure, profonde, car provoquée par la personne la plus aimée au monde, mais au bout de l’incompréhension, il y a de prime abord le choc ! Qui au fond n’est qu’une grande preuve d’amour, preuve maladroite, car avec le temps on finit par accepter, s’accepter ( votre mère !). Car un fils, une fille, c’est la partie la plus intime de soi, du haut de vos dix sept ans la réaction de votre mère peut vous paraître comme une tragédie, mais croyez-moi, laissez le temps au temps, et vous verrez que ceux qui s’aiment vraiment finissent toujours par se reconnaître
L’amour d’une mère est irremplaçable, et vous en avez un besoin vital, vous décrivez si bien votre « malaise », sans haine, presque avec tendresse malgré que les mots soient forts, mais au plus profond de vous-même vous le savez, peut-être inconsciemment, mais vous le sentez au plus profond de votre âme ( je divague comme un albatros blessé, mais demain, demain, je vais chevaucher les nuages, accrocher dans l’azur un drapeau de tendresse, une envolée de sourires, les cris d’un nouveau-né.) vers d’une grande beauté, mais aussi preuve d’une très grande maturité, d'intelligence et de sensibilité.L’amour pour un fils, une fille est le plus fort. Vous le savez, du moins vous le pressentez, à dix sept ans, chapeau!

   papipoete   
18/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Aconcagua
" il m'a dit : tu es mort, ne m'approche plus ! " sans doute est-ce le père du pauvre héros qui parle ainsi ?
Ma mère ne me regarde plus, n'a plus la moindre tendresse pour moi ; même mes mains, qu'elle voyait comme celles d'un médecin ou d'un orfèvre, ne valent plus rien !
Je m'en vais me noyer dans la foule, pour survivre à ce naufrage...
NB les mentalités ont évolué ; on ne lapide plus l'homo en France mais...il existe comme ce village gaulois rebelle, des têtes où sont gravés, innés des commandements diaboliques " tu rejetteras le PD ; tu ne l'accepteras ni à ta table ni dans ton coeur ; s'il insiste tu lui montreras ton poing, oui même ton propre fils ! il ne vaudra plus rien... "
Un discours qui règne encore dans certains esprits, hélas, mais majoritairement on a dépassé ce cap, mais il reste des miettes !
Votre première strophe, après l'introduction barbare, est si bien retranscrite de la part de cette femme que l'on ne peut plus qualifier de mère, " ces mains...qui ont touché l'innommable "
La seconde strophe m'égare un peu dans sa conclusion ; le malheureux garçon " va chevaucher les nuages " signifie-t-il qu'il partira... ? ou au contraire " renaîtra-t-il à zéro ? "
En tous cas, ce texte fait mal là où il passe, et l'auteur a su trouver pour " l'annonce ", les mots pour le dire !
au 4e vers, la ligne conjugue l'impératif ; aussi, verrais-je plutôt " ne touche personne, disparai/s ! "

   PlumeD   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai été très touché par cette poésie où chaque vers, chaque mot dit une détresse qui ne peut être feinte... Réelle, trop réelle. Aucune emphase ici, aucune redondance, la douleur nue. Merci, courage.

   sympa   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Aconcagua,

Oui, en général, les mentalités changent et heureusement.
Il reste cependant quelques personnes avec leurs idées bien arrêtées qui rejettent l'autre qu'ils considèrent différent, voire pestiféré.

Une belle poésie forte, dure mais nécessaire pour combattre ces préjugés imbéciles .
Ici, l'homophobie, mais tant d'autres aussi.

   fortyeight   
17/3/2020
l'homosexualité, voilà un sujet profond comme l'Océan.
Jusqu'en 1982, homosexualité était une maladie d'ordre psychiatrique
avec un définition et un numéro dans la Classification Internationale des maladies (Icd-8 320-6)

Une insulte, un délit, un vice....

(et bien sûr un sempiternel sujet de blaguounettes aujourd'hui encore)

MErci Petit Jésus (qui fort possiblement l'était lui-même)

Des siècles du couvercle chrétien ne s'effacent pas du jour au lendemain

   Lebarde   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Aconcagua

L'amour d'une mère ne serait-il pas sans limite?
Pourrait il être gommé d'un coup d'un seul sur une simple "annonce"?

Comment un jeune de dix sept ans peut il d'un coup d'un seul, ne plus pouvoir compter sur ses "sourires de miel..ses douceurs de fourrure...ses câlins...ses caresses....ses petits mots...sa voix pour essuyer les ténèbres/ Quand les monstres lacèrent les peurs".

Les choses évoluent certes, mais combien de préjugés sur l'homosexualité, plus ou moins conscients et avoués subsistent encore dans les têtes et les coeurs causant autant de souffrances et de rejets douloureux.

Votre texte est fort, percutant, émouvant; puisse-t'il aider à reconnaître, à comprendre, à rendre banale la différence.

La dernière strophe n'est elle pas porteuse d'un certain espoir?
Je voudrais ne pas mal interpréter les mots.

"La rue pousse l'indifférence
a petits pas, l'air de rien,
cela me fait du bien..."

La forme libre déstructurée ( que j'aime moyennement ) sert parfaitement le propos j'en conviens volontiers.

Merci d'avoir écrit ce texte dont la lecture interpelle et réveille les consciences.

Lebarde

   Robot   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
« Tu es mort,
tu es le vide, le néant, une vomissure,
ne touche personne, disparaît ».
Je suis persuadé que ce sont des mots entendus. Encore plus douloureux quand c'est un rejet familial.

La souffrance intime est exprimée ici avec la justesse des mots, et une expression sans excès des sentiments donne une force à chaque vers. La simplicité dans l'exposition de la situation révélée est une véritable qualité supplémentaire pour l'évocation de cette douleur.

Le thème est bien traité, la détresse est apparente et l'espoir final également m'a vraiment touché.


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