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Poésie contemporaine
Castelmore : Fureurs
 Publié le 16/03/20  -  14 commentaires  -  1358 caractères  -  201 lectures    Autres textes du même auteur


Fureurs



‪Tu as volé nos vies, t’élançant vers le ciel,‬
‪Brisant la chaîne enfin d'un monde où tu saignais,‬
‪Dans un rêve d'édens de roses et de miel.‬

‪Et mon cœur se dessèche, à la tombe, à jamais. ‬

‪Dans cette glaise froide où j'ai posé ton corps,‬
‪Je rampe, je me tords, je creuse vers le fond.‬
‪Je veux creuser encore, inventer des trésors,‬
‪Pour t’acheter à Dieu, son ange ou son démon.‬

‪Mais tu sais maintenant, le Paradis est vide,‬
‪Dieu n'a plus rien à vendre ou même à pardonner,‬
‪Seuls quelques affligés dans un temple splendide‬
‪Implorent de la mort un jour ressusciter.‬

‪Voilà, tu es partie éclairer les étoiles,‬
‪Leur offrir ton sourire, aux vents des galaxies,‬
‪Les enivrer de joie et cacher sous des voiles‬
‪Tous ces méchants trous noirs qui dissipaient tes vies.‬

‪Et si Dieu existait, m’entendait, qu’il me croie,‬
‪Je jetterais mon âme aux flammes en fureur‬
‪Pour que de cet enfer un instant je te voie ‬

‪Dans les bras d’un Archange irradier de bonheur !‬


 
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   Robot   
6/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Est-ce une colère contre le destin qui a ravi un être cher ? C'est ce que j'ai cru comprendre à la lecture de ce texte qui possède une solide expression que j'ai ressenti du début à la fin. Les images et les métaphores sont fortes. L'écriture a su exprimer ce ressenti contre l'injustice du sort contre lequel, malgré les souhaits, il ne reste que l'espoir de l'impuissance.

   Mokhtar   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Je crois comprendre qu’il s’agit d’un père pleurant sa fille qui s’est suicidée : « Rêves d’édens de rose et de miel…cacher ces méchants trous noirs ».

La qualité d’expression de ce texte fait qu’il traduit la douleur extrême de l’endeuillé, dont le désespoir me fait penser aux prières ardentes et vaines de J. Brel dans « ne me quitte pas ».
Ce sont les deux derniers quatrains qui élèvent ce poème, avec un lyrisme qui enflamme et émeut, notamment par un formidable dernier vers.

A noter ce paradoxe chez le narrateur qui ne croit ni au Paradis, ni en la résurrection, ni en un Dieu qui n’a plus rien à vendre…mais qui veut lui « racheter » l’être aimé, pour lequel il s’offre aux flammes de l’Enfer pour le voir rayonner dans les bras d’un archange. Qu’il est difficile d’accorder raison et culture.

Difficile de faire un texte en endossant le costume du croyant. C’est s’exposer aux sarcasmes et aux intolérances des grands prêtres de l’athéisme. Mais se cantonner au matérialisme objectif et scientifique, c’est se priver des rêves et illusions…qui font les beaux poèmes.

Dans ce superbe texte, j’ai juste une petite réserve sur les vers 11 et 12. Je crois que « temple splendide » évoque la magnificence des lieux de culte, mais « splendide », qui cherche un peu la rime, ne me parait pas optimal. « Implorent de la mort un jour ressusciter ». On ressuscite plutôt « après » la mort que « de »la mort, le vers faisant de toute façon un peu…pléonasme.

Mais ce ne sont que broutilles dans un douloureux poème d’amour fou, pur et intense.

   papipoete   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Castelmore
à quoi bon vivre à présent que tu es partie ? j'en veux à la Terre entière, et même à Dieu de t'avoir à nous, reprise ! Que ne ferais-je pour te savoir en paix, loin de nous ? Je pourrais en venir à m'ôter la vie, et de l'enfer où je brûlerais je pourrais, de loin te regarder et souffrir dans ma chair, mais survivre de te revoir...
NB Dieu n'a plus de place pour accueillir les " bien-heureux ", mais comme dit la chanson de Brel " ne me quitte pas...laisse-moi être l'ombre de ton chien " ; il doit bien y avoir au Ciel, un endroit pour se tenir là, et continuer d'exister ?
je crois comprendre que " la chaîne brisée " de la première strophe, évoque la mort choisie, plutôt que de continuer à vivre, saignant perpétuellement.
Des images fortes, dans la seconde strophe, qui me font penser au film " le fils de Saül ", avec ce père...
techniquement, à part les rimes non alternées de la 2e strophe, je vois de bons dodécasyllabes !

   PIZZICATO   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
‪" Tu as volé nos vies, t’élançant vers le ciel "
Beaucoup de force dans ces deux images pour définir la situation.

Une vie qui choisit de s'en aller pour mettre fin à sa souffrance ici-bas, et qui, par là même, détruit celle de ses parents.
" Je rampe, je me tords, je creuse vers le fond "

En même temps que l'immense chagrin de ce père, sa " fureur " contre le sort.

" Mais tu sais maintenant, le Paradis est vide,‬
‪Dieu n'a plus rien à vendre ou même à pardonner,‬
‪Seuls quelques affligés dans un temple splendide‬
‪Implorent de la mort un jour ressusciter.‬"

Un beau poème.

   Curwwod   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

C'est un beau poème plein de colère et d'un profond sentiment d'injustice.Le chagrin est immense et atteint son apogée dans les deux derniers quatrains ou le désespoir éclate d'autant plus que le locuteur a affirmé son agnostisme en ce qui concerne la consolation de la religion. Le sentiment de perte irréparable est rendu avec une grande force et un amour y transparaît dans ces deux très beaux derniers vers :
"Pour que de cet enfer un instant je te voie
‪Dans les bras d’un Archange irradier de bonheur !"‬

   Vincente   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Alors que le propos déclare une sincérité dévastée par la perte d'un proche, dans une implication très touchante, je me sens dans une difficulté de commenter craignant d'atténuer la force de l'évocation par mes remarques formelles.

Dans la première lecture, j'avouerais avoir d'abord compris que le narrateur incriminait le Christ, comme lui reprochant un sacrifice inutile… ; les trois premiers vers m'y ayant invité. Parvenant au vers13, j'ai senti ma méprise en voyant l'accord au féminin de "partir"… J'avais trouvé très inspirées les trois strophes du v4 au v12 ; j'étais porté par la belle et puissante écriture, je ne remettais pas en question mon orientation première. Je terminais dans un trouble où se mélangeaient émotion bouleversante et compréhension hésitante.

Deuxième lecture décidée à tout reprendre à zéro dans cette deuxième perspective. Du coup, j'ai eu du mal avec les trois premiers vers, chacun pour une raison différente ("volé nos vies", je devine que la disparition de l'être aimé aurait "gâché" les vies de son entourage… lui faisant porter la responsabilité de son décès ?? – la disparue brise la filiation, pourquoi ce "enfin", et puis cette filiation n'est-elle pas au cœur du monde qui la faisait saigner ?? – "s'élancer vers le ciel… dans un rêve de roses et de miel", je ne comprends pas le rôle du miel, je veux dire sa charge spécifique ??). Ensuite, dans l'avant-dernière strophe, je suis d'abord étonné de ce doute sur l'existence de Dieu qui était convoqué sans réserve dans le v8, je comprends que l'enfer est ici bas dans l'absence de l'être cher, et quand bien même il serait au ciel "Dans les bras d'un archange irradier de bonheur", je trouve qu'il y a un trop dans le fait d'aller jusqu'à un tel basculement. Dans l'exacerbation de la pensée du narrateur furieux, pourquoi pas, mais dans celle plus maîtrisée de l'auteur, une légère retenue aurait été bénéfique.

Je viens de décrire grossièrement mon parcours pour me saisir de l'intention de l'auteur, car je m'interroge. Face à un poème qui déclare ses "fureurs" dès son titre, un propos qui assume un investissement affectif évident, et un besoin de partage de la révolte évoquée, pourquoi ne pas donner plus "d'ouvertures" au lecteur pour lui permettre d'entrer dans le propos sans égarement, sans approximations, tout en ménageant une pudeur salutaire. Il me semble qu'il y avait lieu d'apporter une meilleure justesse de plume dans ce sens. Je ne suis peut-être pas le plus perspicace, mais tout de même quand on m'invite à entendre un cri, une douleur, je trouve dommage que la posture de l'auteur m'en écarte par certaines difficultés.

En fait, pour élargir cette question de posture, je pense que quand le propos cherche à cerner des concepts difficiles, des sensations évanescentes, pour faire parler l'indicible, l'auteur peut être amené à une expression relativement sibylline, mais sinon, pourquoi laisser le lecteur se débattre dans des questions formelles l'écartant du propos, ou le laisser se contenter d'un flou artistique ?

   Pouet   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

fureur face au départ, incompréhension, douleur indicible et qui pourtant se dit, ici.

Je n'ai pas réellement saisi à qui s'adressait le narrateur, mais qu'importe. Peut-être la Vie, le hasard, le "destin"... La confusion l'emporte.

J'ai trouvé ce texte vraiment très bien écrit, très puissant.

Je ne saurais citer un passage plus qu'un autre, l'ensemble me touche.

Simplement un passage pour dire cela, rien de plus.

   hersen   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce qui est très réussi dans ce poème,c'est que l'on ressent vraiment cette fureur profonde.
On sait qu'il lui faudra du temps pour s'éteindre un peu.

La façon dont le narrateur s'adresse à Dieu, dans son Paradis vide avec rien à vendre, image tant ce vide abyssal ressenti. C'est ici la désespérance qui nous est contée : il n'y a rien, rien d'autre que cette fureur.

C'est un poème poignant sans un gramme de pathos.
Un très bon poème.
Merci !

   Donaldo75   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Castelmore,

Le moins que je puisse dire est que c’est une bonne composition que tu nous livres là, et ce fut ma première impression, mon premier commentaire de lecteur entre mes neurones et moi dans un dialogue secret dont parfois éclosent des phrases plus complètes quoiqu’un peu longues disent-ils monsieur le commissaire telle que la présente.

« Mais tu sais maintenant, le Paradis est vide,‬
‪Dieu n'a plus rien à vendre ou même à pardonner,‬
‪Seuls quelques affligés dans un temple splendide‬
‪Implorent de la mort un jour ressusciter.‬ »

Ce quatrain m’a fait réviser mon premier commentaire, la revêtu d’un peu plus de matière car je trouve qu’il y a un souffle, une tonalité, presque de la religion et de l’anti-religion, du Diable et du Bon Dieu, de la folie du père Karamazov rempli du chagrin. Et ça, c’est ce que j’attends de ma lecture en poésie, plus ressentir, moins avoir à compter les syllabes, à recenser la nature des rimes et leur genre et l’âge du capitaine Achab, bref me sentir dans un milieu littéraire et non dans l’antre des théoriciens du carré de l'hypoténuse.

Bravo !

Don

   sympa   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Castelmore,

Un poème poignant, une colère qui se comprend :
Perdre un être cher dans des conditions douloureuses ( je penserais à un suicide, bien que ce ne soit pas très clair dans cette poésie).
Juste une déduction avec "brisant la chaîne enfin d'un monde où tu saignais".

   Cristale   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voilà c'est dit, furieusement dit, follement crié " aux vents des galaxies" !

Une colère d'amour mienne aussi et pour cause...


"Et si Dieu existait, m’entendait, qu’il me croie,‬
‪Je jetterais mon âme aux flammes en fureur‬
‪Pour que de cet enfer un instant je te voie ‬

‪Dans les bras d’un Archange irradier de bonheur !‬"


Oui ! mille fois oui !

Magnifique poème.

Merci Castelmore.
Cristale

   Recanatese   
18/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Castelmore,

Quel cri! De désespoir, de douleur, de fureur contre le destin qui fauche à l'aveuglette.
Les images sont fortes, l'émotion nous prend à la gorge sans desserrer son étreinte avant la fin du poème, bravo!

"Dans cette glaise froide où j'ai posé ton corps,‬
‪Je rampe, je me tords, je creuse vers le fond.‬
‪Je veux creuser encore, inventer des trésors,‬
‪Pour t’acheter à Dieu, son ange ou son démon.‬"

Ce très beau quatrain (le reste du poème aussi, dans une certaine mesure) n'est pas sans me rappeler "Elégie" de Miguel Hernandez, dont je me permets de rapporter ici quelques vers:

"Je ne pardonne pas à la mort amoureuse,
je ne pardonne pas à la vie inattentive,
je ne pardonne ni à la terre, ni au néant
(...)
Je veux gratter la terre avec mes dents,
je veux trier la terre motte à motte
à coups de dents secs et brûlants.

Je veux miner la terre jusqu’à te trouver
et embrasser ton noble crâne
et te débâillonner et te faire revenir."

Il y a une sorte de jusqu'au boutisme dans votre poème, dans le bon sens du terme j'entends. Disons une sincérité, malgré l'intensité des émotions décrites, qui fait que tout cela sonne très juste.

Au plaisir de vous relire

Recanatese

   PlumeD   
18/3/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Les vraies douleurs sont silencieuses où quand elles s'expriment c'est toujours sobrement. Ici, rien de tel. Quel pathos !
"Dans cette glaise froide où j'ai posé ton corps
Je rampe, je me tords, je creuse vers le fond"
On n'est pas loin du Grand-Guignol. Je sais, il s'agit d'une révolte, mais tout de même !
Je m'excuse pour ce commentaire bien opposé de ceux des autres Oniriens.

   herman   
24/3/2020
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.


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