Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
PlumeD : Épave marine
 Publié le 16/03/20  -  5 commentaires  -  812 caractères  -  149 lectures    Autres textes du même auteur

Un tronc d'arbre emporté par les courants et qui garde peut-être encore une certaine nostalgie pour sa forêt originelle.


Épave marine



Ta sève a refroidi, ton corps est lisse et blanc
Tu es déjà un mort et pourtant tu t’agites
Agonisant couché dans les draps de la mer.

On pourrait croire qu’une farouche volonté t’anime
À te voir batailler dans la houle
Mais tu n’es qu’une épave entre deux continents
Un vieux cachalot paralytique.

Infiniment perdu sur le damier des jours
Tu n’es qu’un pion poussé inutilement
Passant du soleil à la nuit.

Vieil os trop léger pour l’abîme
Tu échoueras un jour sur une plage blanche
Douillettement, comme un bébé
Ou entre les crocs d’un récif
Offert à la flagellation des houles.

Là-bas, à l’infini
Ta forêt natale entre les doigts du vent
S’agite et papote
Et se trémousse comme une belle fille.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
2/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
libre
arbre, tu es bien mort, coupé de ta forêt que tu es... et pourtant te voilà porté par des flots tumultueux, où tu sembles te débattre comme un homme à la mer ! Mais mort tu es, et tu n'as pas fini d'en regretter la funeste destination, jusqu'à ce que sur une plage tranquille, enfin tu puisses reposer...
NB un récit épique qu'il nous arrive à tous, de voir se jouer sur une rivière, un fleuve en colère ; ces troncs arrachés à leur famille, et n'en finissant pas de se battre alors que tout est fini !
la scène pourrait demander des dizaines de strophes, mais l'auteur en quelques vers nous fait vivre cette mort qui n'en finit pas !
Chaque phrase a son charme, mais la première et la dernière m'emportent au fil de l'eau...
papipoète

   Gabrielle   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'auteur(e) propose un questionnement sur la place occupée par la préservation de l'identité et sur la nostalgie de l'éloignement.

Merci à l'auteur d'aborder un sujet aussi délicat avec autant de talent.



Gabrielle

   Mokhtar   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La mer est-elle la seule solution, pour l'arbre ?

Arbre privé de son sang et de son écorce, et qui dérive, longtemps, avant d'échouer sur la côte. Revêche ou hospitalière ? C'est la loterie.

De quoi regretter la forêt natale, bien que trop dense, et son sol, où ses racines n'avaient plus rien à puiser ?

Sale temps pour les arbres.

Mais joli poème, très fin.

   hersen   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
On peut comparer ce tronc voguant sans qu'il choisisse son chemin à tous ceux qui n'ont plus de racines.
Le hasard leur offrira une jolie plage douillette ou des rochers griffus battus par les vagues.
Loin, si loin sa forêt qui continue sa vie.

Je n'aime vraiment pas le dernier vers, il me semble que l'auteur pouvait clore le poème en ajoutant de la profondeur au propos.

Un + pour le cachalot paralytique !

   Robot   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une belle idée que d'évoquer ce bois flottant à la dérive sur l'océan et qui viendra s'échouer au hasard des courants loin de sa forêt originelle.

Je retiens plus particulièrement certains vers qui évoquent cette épave comme un gisant.
"Agonisant couché dans les draps de la mer."
"Tu échoueras un jour sur une plage blanche
...
Ou entre les crocs d’un récif
Offert à la flagellation des houles."

Le quatrain final m'a beaucoup moins séduit. Je trouve que donner une importance trop marquée à la forêt d'origine affaibli la vision de ce tronc d'arbre navigateur solitaire.
J'aurais bien vu le poème s'achever sur la flagellation des houles.


Oniris Copyright © 2007-2020