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Poésie libre
AKIDELYS : Co-vide
 Publié le 28/11/20  -  5 commentaires  -  1358 caractères  -  93 lectures    Autres textes du même auteur

Le confinement et ses journées routinières, solitaires…


Co-vide



immobile en lecture
dans les lignes, je repère
de mon humanité
perdue dans le passé
j'y retrouve le plaisir de l'inconvenance
les mots de l'engagement
sortir, sortir de ces schémas encombrants
des histoires devant mes yeux défilent avides
de détails fous, flous

écrire pour rester dans le mouvement
dire pour garder le cap
transcrire pour exhiber les idées
elles s'accumulent, sans voix
pèsent sur les côtes
pleurent sans oreille amie
être simplement
mon propre regard ne me suffit

en deuil de tendresse, le temps se traîne
sans une joue à toucher, caresses absentes
aucune main à tendre
des corps rien n'attendre
ni la joie pétillante, ni sourire aux dents douces
ni enfant à bercer
juste intellectualiser, écouter
mon âme, analyser

marcher sur le chemin, de pins en sapins
juste pour être mouvant,
ne pas oublier son corps
en action, vives, alertes
les émotions se balancent
de la joie à la colère
de la peine à l'amour

la rengaine des jours instruit
ma folle joie en devenir
la fatigue, vagues à vagues, détruit
l'espérance, sans la vie affadir
cinquième semaine de lutte, que ce monde est petit
pour ainsi être en butte à si triste pandémie


 
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   Myo   
18/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un moment d'introspection, d'écoute de son corps, de ses envie, de ses manques...
Une réflexion finement menée où chacun se retrouvera en cette période difficile.
Certaines phrases font particulièrement mouche.
" en deuil de tendresse, le temps se traîne"
"juste pour être mouvant,"
"les émotions se balancent"

Par contre, je trouve le dernier paragraphe moins abouti.
Il tombe un peu à plat.

Merci du partage

En EL Myo

   Eclaircie   
21/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

En préambule, je n’ai pas compris la catégorie dans laquellel le texte est proposé, contemporain? Pour une certaine régularité du rythme ? mais pas régulière, pour les rimes parfois, mais pas toujours.

Ceci dit, j'ai beaucoup aimé ce texte qui, simplement dit le confinement.
La composition pas prosaïque mais claire, ni agressive ni larmoyante, dit, "intellectualise" cette situation exceptionnelle.

La conclusion, me fait un peu tiquer, je verrai mieux, "que cette humanité est petite" mais c'est perso et selon mes convictions quant à la responsabilité humaine par son inconséquence, son avidité etc. de cette situation.
Un bon point pour le titre.

Merci du partage,
Éclaircie

   Dolybela   
28/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour ce texte qui dit à la fois la solitude du confinement et les changements d'état d'âme d'un poème qui s'accroche aux mots. Et vous avez bien raison.

   papipoete   
28/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour AKIDELYS
je n'écrivis rien en cette sombre année, qui put mettre en vedette le Covid, à qui l'on sert même du féminin à présent.
Vous ne lui faites pas honneur, mais évoquez cette situation, où les échanges de toutes sortes sont bannis ; gestes polis, tendres accolades, ou réunions où l'on n'est plus un...
Il faut se faire plaisir ( tout du moins le faire croire à notre âme ) solitairement, en lisant, en écrivant, en dessinant...
NB mais tel ours en cage, le héros malgré lui voit la cocotte monter en température ; il ne faudrait pas que la vie garde cet accoutrement de misère, l'homme ne peut respirer que s'il respire...en toute liberté !
la 3e strophe est ma préférée, car elle montre ce qui coûte le plus à qui aime...

   Vincente   
28/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La plainte est vive et la solitude pèse dans ce poème au rythme soutenu, au phrasé parfois en suspends, et au ton bien lancinant. Le lecteur est plus qu'invité à le lire, à l'écouter, à le saisir, il se trouve porté à une préhension de lui-même dans les moments similaires qu'il a pu récemment traverser.
Il y a là une sorte de poésie interactive où les mots qui nous arrivent, comme issues de nous-même, sans l'intercession du poète, s'écrivent seuls mais se reconfigurent instantanément dans le vécu du lecteur ; car l'auteur donne à son narrateur une langue de mots simples, directement saisissables, et pourtant comme turbulents dans leur présentation, avec leurs enchaînements comme émis en direct du flux de conscience, mais aussi par leur chargé sans innocence.
Ainsi le corps est lent, mais l'esprit vadrouille.
J'ai bien aimé à cet égard cette expression considérant la "marche sur le chemin, de pins en sapins", marquant une progression faite de menues différentiations, comme des pas qui n'avancent pas ou si peu ; l'antagonisme entre la vivacité de la pensée qui compense la contention du corps ; un phénomène que l'on rencontre chez les prisonniers mais qui ici vient appuyer le désagrément de la contrainte immobiliste.

J'ai trouvé l'écriture convaincante, assurée, même dans les passages où les retours à la ligne, enjambements peu plaisants, privent la lecture d'une fluidité plus souple (par exemple dans ces trois vers contigus : "dans les lignes, je repère / de mon humanité / perdue dans le passé", ou dans cette suite : "aucune main à tendre / des corps rien n'attendre" intéressante phoniquement et sémantiquement) ; en cela, j'ai vu ces instants où le flux de la pensée cale sur un vide interloquant.
Ce poème a un "ton" et un fond qui chacun à sa manière nous le rend proche, je lui ai trouvé une pertinence certaine en cela.

Un détail formel : l'auteur prend le parti de la liberté très libre (pas de majuscule en début de vers, vers et strophes de tailles variables, rimes très occasionnelles), très bien, mais alors pourquoi ces "hésitations" dans la ponctuation. Il me semble qu'il faut assumer le parti pris, et remplacer ces virgules-vestiges par des espaces augmentés à leur place, ou des retours à la ligne, ou les supprimer tout simplement (par exemple "sortir sortir de ces schémas encombrants" serait tout-à-fait perçu avec la respiration qu'indiqua votre virgule)


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