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Poésie libre
Alcirion : L’esprit, la main, le vent
 Publié le 30/12/17  -  13 commentaires  -  1244 caractères  -  298 lectures    Autres textes du même auteur

À Thierry Metz (1956-1997).


L’esprit, la main, le vent



Un homme est venu qui s’est enfui
La pluie claque à la fenêtre

Au matin
La petite voix étouffe
Quand elle voudrait hurler
Pour personne et peu importe
Seuls comptent la beauté du geste
Le cri fondamental
L’ébauche jetée
De ma main au fleuve
Sous les railleries de la lune

Un homme est venu qui s’est enfui
Et le souffle du vent en est changé

Arracher sa tête
Mettre ses mains
Son corps dans l’idée
La prier d’être sage
Tourner autour l’esprit en rage
Sans parvenir jamais
À s’en saisir vraiment

Un homme est venu qui s’est enfui
Qui savait avant l’oiseau
La naissance de l’orage

S’instruire de la beauté des autres
Il y a fallu une vie
Demeurer en retrait
Des démonstrations savantes
Se méfier des rébus
Ne pas y perdre son temps
Et sauver la joie qui reste
Pour le premier soleil d’avril
Et la venue des tempêtes

Un homme est venu qui s’est enfui
Et l’odeur du soleil n’est plus la même

Il faut bien se l’avouer
Les aurores ne savent pas changer de forme
Tu savais où mène la voie droite
Tu préféras les traversantes


 
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   Mokhtar   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je pense que pour bien saisir le sens de ce poème, il faudrait être très documenté sur la vie et l’œuvre de Thierry Metz, poète qui a mis fin à ces jours suite à un deuil tragique.

Ce "cri fondamental", est-ce celui de grande détresse devant le drame ?

Son corps, le "prier d'être sage" : pour rester en vie ? Alors qu'il éprouve le désir d'arracher sa tête où "tourne l'esprit en rage".

"Les tempêtes", c'est peut-être symboliquement l'image du coup de vent, ou de folie, ou de rage, qui l'a porté à en finir avec sa peine à vivre. "Premier soleil d'Avril" ? Metz s'est tué un 16 Avril.

Les deux derniers vers pourraient concerner à la fois le destin de l'homme, mais aussi le sens de son œuvre, celle d'un homme sans espérance, demeurant en marge, les mains dans la terre, luttant pour s'accrocher à la vie.

J'espère que l'auteur nous expliquera un peu. Ce genre de texte, hommage à un inconnu pour beaucoup, est difficile à appréhender sans présentation.

Mais le poème est très beau esthétiquement, tout en s'appuyant sur du fonds. L'insertion des double vers avec la variation sur "qui s'est enfui" est très élégante.

Mais il faudrait sans doute, pour l'apprécier pleinement, aller voir un peu du côté des œuvres de Thierry Metz.

   Fowltus   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En premier lieu et ne sachant vraiment pourquoi, j'ai repensé à l'une de mes très très anciennes lectures: 'Que ma joie demeure' de Giono.
Il y a dans votre poème des choses très simples, 'La pluie claque à la fenêtre' jouxtant d'autres choses élargissant l'horizon des interprétations, 'De ma main au fleuve'.
Ces oscillations rendent le poème attachant, lui offrent des axes de lecture où chacun peut trouver des liens.
Merci à vous.
Fowltus en EL.

   papipoete   
30/12/2017
bonjour Alcirion
Je vois un texte fourmillant de lignes, dont je n'arrive pas à saisir le vrai sens .
Je pense qu'il faut être féru de Thierry Metz, pour en apprécier toute son essence ; mais moi, je lâche prise avec regret, et souhaite à vos admirateurs une heureuse lecture !

   PIZZICATO   
30/12/2017
L'exergue m'a incité à me documenter sur Thierry Metz.
Je pense qu'il faut l'avoir lu pour cerner le fond de ce texte.
" Un homme est venu qui s’est enfui " Peut-être "enfui" est une façon de définir son suicide.
" La petite voix étouffe
Quand elle voudrait hurler " une allusion à l'enfant qu'il a perdu dans des circonstances dramatiques ?

Ne connaissant aucun de ses écrits, je m'abstiens de mettre une appréciation qui s'avèrerait sans fondement.

   Anonyme   
30/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
De Thierry Metz j’ai lu un seul livre « L’homme qui penche » et parcouru quelques extraits de ses poèmes sur Internet.

Par exemple :

« Je te regarde pendant que tu lis. Seule, assise, sans voir que je suis nu derrière ce que tu fais. J’ai l’audace du rouge-gorge sur le manche d’un outil. Je m’approche au plus près jusqu’à me poser sur ton épaule. Ta main me rejoint. Tu me regardes. Nous parlons des enfants, d’un livre ou d’un film, de quelques événements.
Le soir, si je peux, je t’écris un poème qui nous sert de caisse ou de tiroir. Dedans il n’y a que des ruisseaux, un chemin où quelqu’un se promène. »
In Lettres à la Bien-Aimée, © l’Arpenteur

ou

« Je n’arrive pas à leur parler. Pas entièrement comme je voudrais. Je laisse des lots derrière les mots – arrivés mais cachés, en retrait de l’enterrement.
J’effleure ce que j’écris comme après une longue journée de travail.
Chaque mot m’essouffle. »

de L’homme qui penche

en lisant ce poème dédié à ce poète-là, je me suis dit : c’est très juste.

Comme si dans cet hommage l’auteur faisait vibrer quelque chose de la poésie de Thierry Metz… je pense à la simplicité et à l’espèce de feu intérieur éclairant les choses simples ou plutôt vivant les choses simples, ou vivant des choses simples, un feu de l’esprit poétique comme une candeur désespérée, et pourtant malgré cette sorte de désespérance une attention soutenue aux autres, comme celle d’un grand frère mélancolique et aimant pour le vivant.

C’est l’impression que j’ai de ce poète et de son écriture, et je trouve que votre poème a cette même retenue et cette même attention à l’autre, ici à cet homme qui est venu et s’est enfui.

Pour moi c’est très équilibré, respectueux.

Je ne crois pas qu’il y ait une seule faiblesse dans ce poème que ce soit sur la forme ou le fond.
Je ne sais pas analyser à la manière de certains commentateurs, je prends tout en général, ou je rejette tout, dommage mais souvent c’est ainsi, ce n’est pas pourtant seulement un avis que je porte c’est un ressenti… une intuition… après une attention, et pour avoir écrit ce poème je pense que vous avez rencontré l’homme qui s’est enfui, et sinon personnellement au moins dans ses poèmes, et que vous l’avez bien connu.

Un grand coup de chapeau.

Cordialement

PS. je me demande juste si dans le vers suivant ‘De ma main au fleuve’ vous ne vouliez pas écrire ‘de sa main…’ ou ‘de la main…’ ?

   Brume   
31/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alcirion

Je ne connais pas du tout cet auteur Thierry Metz, mais votre poème me donne envie d'aller lire ses oeuvres. Mais est-il utile de connaître cet auteur pour apprécier vos mots ? Je ne le pense pas.

J'ai lu tellement de fois votre si beau poème ne sachant pas quoi dire.
Il y a une passion pudique mise en scène par des images fortes.
De plus je constate que votre plume s'est dégagée de sa noirceur pour ce sujet. Elle est mélancolique, sensible, mais pas sombre.

J'aime aussi le rythme qui est changeant, cela donne alors une petite musique et surtout un certain caractère à votre poème.

Tout est beau mais coup de coeur pour la dernière strophe.

   framato   
31/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Alcirion,

je trouve votre hommage très très réussi, en ce sens qu'il n'est pas nécessaire d'en connaître le destinataire ou son œuvre pour l'apprécier ou se l'approprier. La faiblesse des hommages est souvent qu'ils donnent lieu à des textes qui n'ont pas d'universalité. Ici, ce n'est pas le cas, loin s'en faut.
L'anaphore qui introduit chaque strophe est très jolie. Je trouve brillant le fait que vous l'ayez écrite en trois ligne juste avant la troisième strophe qui est clairement une charnière importante de votre texte. Centrale, infinitive, elle est très réussie. Charnière parce qu'elle change le point de vue. Le regard du narrateur glisse de la relation entre elle et lui vers un regard plus général, extérieur plutôt porté sur le monde, la vie, la survivance ?
L'odeur du soleil n'est plus la même (sans elle, je suppose ?) est une bien belle trouvaille, de même que le ponctuant traversante qui referme votre très bel hommage.
Un mot donc pour vous remercier : vous m'avez donné l'envie d'aller à la rencontre de Thierry Metz.

   Sodapop   
1/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une approche de la poésie qui me plait, Alcirion ta plume a toujours su me convaincre. Tu ne déroges pas à la règle avec ce poème, et si en plus, tu cites Thierry Metz en référence, je ne peux qu'approuver.
Je connais peu les écrits de Thierry Metz, mais c'est un poète qui m'a toujours intéressé et pour lequel j'ai beaucoup de respect. Peut être par manque de temps, ou perdu dans le flot immense d'auteurs aux oeuvres magnifiques, je n'ai pas encore trouvé le temps de le lire. Mais tu m'encourages à combler ce manque.
Je ne reviens pas sur ta plume, celle-ci m'inspire comme j'ai déjà pu le dire auparavant, sur certains de tes textes. Pour l'heure, j'apprécie ton ode tout simplement, que l'on sent très personnelle, que j'aurais peut être écrit différemment sur certains vers mais là aussi, ceci n'engage que ma personne et au final peu importe. Ce qui compte est l'absolu bien être à la lecture, le rythme parfait de tes mots. Bravo et mille encouragements.

   fugu   
1/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai déjà entendu parlé de ce poète ouvrier dont je n'ai encore rien lu. (D'ailleurs pour une première approche, quel recueil me conseille tu ?)
En revenant au poème et sans tenir compte de cet hommage, je trouve ce poème tout simplement beau et fragile.
Il y a quelque chose de désabusé sans tomber non plus dans la désespérance. L'équilibre à travers ces vers est maitrisé.
Si l’œuvre de Thierry Metz est dans la même veine, alors j'ai hâte de la découvrir.

   silver   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Véritable coup de coeur pour ce poeme, porté par des images si fortes et si belles, d'où émane une mélancolie nuancée d' une grande tendresse pour cet auteur que vous admirez et que vous me faites découvrir.
Du début à la fin, l'écriture est belle et sensible, et les émotions justes.

Bravo et merci pour ce partage

   Alcirion   
15/1/2018

   Gabrielle   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un hommage présent tout au long du texte avec une belle définition du poète (cf.titre).

La petite voix étouffe
Quand elle voudrait hurler
Pour personne et peu importe
Seuls comptent la beauté du geste
Le cri fondamental
L’ébauche jetée
De ma main au fleuve

Arracher sa tête
Mettre ses mains
Son corps dans l’idée
La prier d’être sage
Tourner autour l’esprit en rage
Sans parvenir jamais
À s’en saisir vraiment

S’instruire de la beauté des autres
Il y a fallu une vie
Demeurer en retrait
Des démonstrations savantes
Se méfier des rébus
Ne pas y perdre son temps
Et sauver la joie qui reste
Pour le premier soleil d’avril

puis

Il faut bien se l’avouer
Les aurores ne savent pas changer de forme
Tu savais où mène la voie droite
Tu préféras les traversantes

Merci à vous.

Au plaisir de vous lire.


G. Michel

   Anonyme   
11/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
La, en effet, la lecture se fait moins "torturée", même si tout ne m'est pas compréhensible, c'est déjà plus adapté à mon entendement.

Très très intéressante la découverte de Thierry METZ, j'approfondirai plus tard, j'ai survolé sa biographie pour comprendre votre écrit.

Votre texte est passionnant, je crois qu'il n'est pas nécessaire d'en faire une analyse approfondie immédiate, car j'ai fait plusieurs lectures d'affilée et mon ressenti se peaufine au fur et à mesure.

Il y a ce petit quelque chose qui vous "oblige" à revenir, l'esprit se trouve comme pris au piège des mots qui disent sans dire. Ils véhiculent une émotion dense, viscérale, qui vous remue intérieurement.

Vos propos s'approchent d'une réalité saisissable où la souffrance de l'homme émerge.

Je retiendrai :

" Arracher sa tête
Mettre ses mains
Son corps dans l’idée
La prier d’être sage
Tourner autour l’esprit en rage
Sans parvenir jamais
À s’en saisir vraiment "

Je reviendrai vous relire ... cela en vaut largement la peine ...


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