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Poésie libre
ALDO : L'acte
 Publié le 04/10/25  -  11 commentaires  -  825 caractères  -  262 lectures    Autres textes du même auteur

Les endroits sans témoin existent-ils ?


L'acte



La maison semblerait profonde,

vide comme un grand texte
sans issue,

et sans couverture la nuit
l’on entendrait s’égoutter toute une pluie

encore dans les seaux…



Nocturne, le vent
par des fenêtres sans carreaux,

une à une tournerait les pages
du livre de sommeil

– demain serait d’amour mais sans soleil –


et les enfants dans le noir,

une à une,
descendraient les marches sonores

d’une nuit natale.



Nous n’allumerons pas l’ampoule nue,
la lucidité nous fait peur

mais sur la porte du salon

aux murs noircis de feux sans chaleur
nous écrirons au crayon vert,

un par un,

le beau texte de nos prénoms.


 
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   Volontaire   
16/9/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,

Le baptême de la nuit : des traits verts illuminants une masse noire. Le vert familier de l'espoir contre le noir inhospitalier d'une maison à l'abandon. Les couleurs de ce poème me frappent. Que c'est rassurant de suivre ces enfants s'appropriant la nuit, le vide laissé par d'autres. Quelque part entre le souvenir de vacances et le récit d'urbex.

Merci de ce partage,

Bonne fin de journée :)

   Provencao   
4/10/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour ALDO,

"La maison semblerait profonde,

vide comme un grand texte
sans issue,

et sans couverture la nuit
l’on entendrait s’égoutter toute une pluie

encore dans les seaux…"

J'ai bien aimé ce passage où élever le dépouillé et le côté sombre de cette maison, nous offre tout à la fois une sorte de tension, de questionnements sur l'abandon.
Car ces actes, tout un chacun peut les vivre et s’approprier une réelle sagesse d'une nuit natale.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
4/10/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
bonjour ALDO
Le genre de texte, qui d'un coup séduit, et semble planer telle une partition de Pink Floyd ; alors, je m'imprègne à voix haute de sa musique, et souris de plaisir.
Chaque élément, bien que mystérieux, semble ami dans cette nuit où la Lune semble avoir manqué son tour de garde.
NB comme les doigts d'une main, soudés à l'étain, ces enfants écrivent le poème de leurs prénoms,
- un, deux, trois, soleil !
et le vent ami entrant par les fenêtres sans carreaux, ne peut résister curieux, à tourner ces pages de tendresse.
Par moment, je vois une scène irréelle dans un rêve merveilleux, et un autre où au contraire où le drame de la guerre fait rage...je préfère ma première impression.
la dernière strophe est ma préférée.
j'aime bien cette nuance de conjugaison
- voilà ce que nous ferions...
- nous n'allumerons pas...

   Boutet   
4/10/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un très joli poème libre que cette maison semblant profonde.
Nocturne, le vent
par des fenêtres sans carreaux,

une à une tournerait les pages
du livre de sommeil;
J'aime bien ce quatrain.

   Robot   
4/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Trés beau texte sur l'ailleurs personnel ou l'on peut être soi dans un imaginaire auquel seul l'esprit donnerait une tangibilité.

   Eskisse   
4/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Bonjour ALDO,

L' "acte" d'écrire les prénoms, fondateur de la poétique de l'auteur.e

Ce poème constitue pour moi une métapoésie : "La maison" correspondant à l'intimité de l'auteur.e et à l'ensemble de ses poèmes avec leurs manques ou leur état d'inachèvement ( vide, sans couverture, sans carreaux)
C'est le "nous" qui écrit, signifiant une écriture polyphonique, créee par la grâce de plusieurs personnes dans une écriture faite de palimpsestes et d'emprunts.

Cet acte est rythmé par un andante fait de reprises ( une à une) comme le retour des vagues.

Et la musique ne serait donc pas absente de ces poèmes puisque une berceuse semble émerger :
"une à une,
descendraient les marches sonores

d’une nuit natale."

Le passage du conditionnel au futur ( avec le "nous") semble vouloir nous dire que l'ensemble de l'oeuvre poétique n'est pas encore bâtie, réalisée mais que l'acte d'écrire crée dores et déjà la beauté: " le beau texte de nos prénoms" .

Au crayon "vert", couleur médiatrice entre le froid ( "sans couverture" ) et le chaud ( "feux" encore "sans chaleur" ), couleur de l'immortalité que l'auteur.e souhaite donner à son oeuvre.

J'espère ne pas m'être égarée en survolant cette maison.

Merci

   A2L9   
5/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
La maison à l'envers, marcher au plafond, les seaux se déversent dans un rêve sur les enfants de vie qui ne regardent pas mais connaissent leur prénom, le vert est la couleur de l'univers.

Un poème étoilé.

   MRAM   
15/10/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
J’aime beaucoup le rapport de complémentarité entre le vide et l’intimité dans ce poème. La maison installe d’emblée une ambiance un peu sombre, mais le geste final d’écrire les prénoms vient nuancer cette impression. C’est comme si l’absence et la présence se répondaient, apportant une subtilité au texte.

   Eloaire   
17/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,
j'aime beaucoup ce texte. Je trouve que sa mise en forme, ce découpage en petits passages, comme des flash, une succession d'images reliées par un fil commun, lui donne une force particulière.
L'alternance d'images sombres et d'espérances lumineuses est très heureuse.
Un très beau poème.

   RaMor   
21/11/2025
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Bonsoir,

On retrouve tout l’Aldo habituel : la maison vide, le vent, la nuit, les marches, la mémoire en ruissellement. C’est propre, mais ça tourne en rond. Ce texte reste une variation de plus sur le même motif. J’attends qu'un auteur se dévoile, qu’il prenne un risque, qu’il donne au lecteur autre chose que le confort d’une atmosphère déjà connue.

Cdlt

   EtienneNorvins   
23/11/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
On retrouve la délicatesse et la grande intensité lyrique, et le jeu d'opposition ou de symétrie ou de complément, on ne sait, entre vide et présence, obscurité et lumière, absence et attente... Ainsi la maison devient-elle un "grand texte sans issue", métaphore bifrons de l’âme ou de la mémoire que les détails concrets (« la pluie dans les seaux », « les fenêtres sans carreaux », « les marches sonores ») ancrent d'un côté dans une réalité tangible et de l'autre dans une atmosphère fantomatique, presque hallucinatoire.

Tout évoque une impossibilité de conclure. Le vent qui « tournerait les pages / du livre de sommeil » , ou les enfants, descendant « une à une / les marches sonores d’une nuit natale », donnent, me semble-t-il une dimension de cycle à la fois intime et universel, d'éternelle renaissance et de retour sans fin à la mort.

La fin du poème est particulièrement frappante : le « crayon vert » contraste avec les « murs noircis », comme une promesse de vie ou de renouveau ? Et je suis très ému par le refus d’allumer « l’ampoule nue » ou le geste d’écrire les prénoms ... qui me rappelle (comme à d'autres) vos si beaux poèmes aujourd'hui disparus du site, à commencer par Angèle, qui fut pour moi un tel coup au cœur.

Merci Aldo pour votre poésie sans cesse recommencée, qui n'en finit pas - malgré tout - de faire Acte de Présence.


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