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Poésie en prose
AnGer : Ne m'aime pas...
 Publié le 16/05/08  -  6 commentaires  -  2267 caractères  -  211 lectures    Autres textes du même auteur

Qu'il est difficile d'aimer quand on a perdu son cœur dans trop d'amour


Ne m'aime pas...



Quand tu es loin de l’arabesque que forme mon corps dans le creux de mon lit, je sens la morsure du manque de toi. Elle rend frileuse ma respiration, tension qui se niche dans le berceau de mes reins, me fait m’arc-bouter et abdiquer dans un sommeil pluvieux.

Mais quand je me cambre dans l’arceau de ton corps, place mon dos contre la chaleur de ton ventre, à vivre dans le même silence comblé, je sens la déchirure de mon cœur qui reste muet.

Tandis que tu traces mon cœur, je dessine ton corps. Alors que tu drapes nos jours, je déshabille nos nuits, aveuglée du désir de tes mains sur le parchemin de ma peau, je n’ai d’autre refrain que celui que nos mains bousculent hors de nos bouches lors de nos effleurements, dans le cercle du temps, nos chemins dérivent en opposition, entre nos points de suspension, et tes multiples interrogations.

Pour cette lueur que j’ai perçue dans ton regard d’amant, pose ta main sur mes yeux et ne les détache jamais de leur cécité. Laisse s’effondrer ton envie d’amour, et bouscule-moi contre ton être. Tes promesses s’écrasent dans la sueur de mes désaveux. N’engage pas de bataille de cœur à cœur, le mien saigne toujours de son dernier combat d’amour.

Je suis restée dans l’arène éviscérée, les mains ensanglantées d’avoir dû arracher un peu trop fort cet organe, juste pour continuer d’exister, juste pour garder l’espoir de l’oublier. Apprends mon corps à jouer les mêmes accords, mais n’enseigne pas à mon cœur analphabète, les conjugaisons du verbe « aimer », moi qui n’ai pas de lettres pour apprivoiser les sentiments d’amour.

Ne me demande pas de t’aimer, ne me demande pas de te parler, laisse-moi mettre le repos dans ma poitrine qui se soulève à grands pas devant la violence de tes murmures douloureux d’homme amoureux. Si tu m’assènes tes mots d’amour, je vais m’enrouler dans ma robe de douleur, et étouffer mon cœur sous les cendres de celui qui m’a fait mourir d’aimer…

Entends ce cri sourd qui grondait hier dans mon passé et qui enfle à cause de toi dans ma poitrine, prêt à exploser sur le rebord de mes lèvres tuméfiées, de trop les avoir mordues pour confier que mon cœur ne veut plus s’endormir contre un : « je t’aime »…


 
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   strega   
16/5/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Waouh ! (c'est constructif hein comme commentaire)

Bon, que dire, que c'est beau déjà ! J'ai aimé la douceur tout au long du texte, même lorsque les passages étaient ensanglantés, ça restait doux, suave presque, charnel incroyablement.

J'ai aimé tout les termes liés directement à l'écriture, l'orthographe ou la conjugaison, cette sorte de mise en abîme de l'écriture me plait beaucoup. Et si je ne me trompe pas, il y a d'autres texte de l'auteur qui présente déjà cette caractéristique.

Montée en puissance tout au long du poème, j'ai aimé, bravo, et merci.

   Anonyme   
16/5/2008
Voilà une cicatrice et un mal d'aimer qui se transcendent dans un élan artistique aussi éloquent que doux à l'oeil et à l'oreille ... on a envie de partir sur la pointe des pieds, en laissant les émotions se mettre en place, lentement, à leur rythme, sans rien bousculer.

C'est un cri sourd, mais mélodieux, là où la douleur parvient à se donner à l'autre, avec retenue, comme un présent, comme tout ce qui reste à offrir en attendant que les chairs de la plaie se rejoignent.

   clementine   
16/5/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Chaque fois que je te lis j'éprouve la même émotion, le même sentiment, tu transcendes tes propres mots, c'est tout simplement magnifique et incroyablement charnel ce que tu écris là.
L'amour blessé, hagard suinte, dégouline, s'imprègne dans nos prunelles à travers ce texte.

"Tandis que tu traces mon cœur, je dessine ton corps. Alors que tu drapes nos jours, je déshabille nos nuits"

"Si tu m’assènes tes mots d’amour, je vais m’enrouler dans ma robe de douleur, "

Juste citer ces 2 extraits pour le plaisir mais la beauté est partout..
Merci AnGer.

   David   
16/5/2008
Bonjour AnGer,

J'ai bien aimé, ça m'a rappelé le célèbre vers de Rudyard Kipling dans "tu seras un homme, mon fils":

"Si tu peux être amant sans être fou d'amour,"

Rien que ça, est-ce que tes proses poetiques iront un jour se risquer dans une plus longue écriture ?

   Anonyme   
5/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien
C'est vrai, je ne suis pas le premier à le dire, mais au sien de cette prose poétique, nous y sommes !
Il ya du bon, sauf, qu'il manque un certain vocabulaire, et c'est là bien dommage, car tu y tirerais une force supplémentaire.

Dans l'ensemble, le poème est satisfaisant.

   Anonyme   
3/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je dirai mais quel cri dans ce"Ne m'aime pas", et que dire encore de ce paragraphe-ci :

" Ne me demande pas de t’aimer, ne me demande pas de te parler, laisse-moi mettre le repos dans ma poitrine qui se soulève à grands pas devant la violence de tes murmures douloureux d’homme amoureux. Si tu m’assènes tes mots d’amour, je vais m’enrouler dans ma robe de douleur, et étouffer mon cœur sous les cendres de celui qui m’a fait mourir d’aimer… "

Je sens palpiter sous votre phrasé tellement criant de votre vérité qu'il en vient à rejoindre par ricochet parfois le mien, que c'est troublant. L'être humain est bien compliqué, il veut être aimer sans être aimer, l'amour d'hier, n'est pas l'amour d'aujourd'hui, seulement sur le moment, il y a "confusion", le temps nous apprend à faire la différence, car il instaure en nous la confiance en soi et vient alors la confiance en l'autre.

Superbe écrit, que j'ai pris plaisir à lire et à relire très attentivement.


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