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Poésie classique
Anje : Chez le danseur de cordes
 Publié le 04/06/19  -  16 commentaires  -  1194 caractères  -  233 lectures    Autres textes du même auteur

Au guitariste mon ami,
Qui, un soir,
Remit au jour mon sol fa mi.
Sans espoir...


Chez le danseur de cordes



Ruisselant sous la porte, un rai du soir amène
Par le long corridor dans un autre univers,
Un monde caverneux derrière l’œkoumène,
Au fascinant plafond constellé de Fenders*.

Un siège trône, seul, et, sur son socle, un sceptre
À deux branches s'endort près d'un ongle ivoirin.
Il est là, le soliste, entre les dents un plectre.
Est-il fils d'Amphion, musicien souverain ?

Il tire un bras au ciel, attrape une comète,
L'étend sur son genou puis d'un pincé subtil,
Aussi légers qu'habilité le leur permette,
Quatre doigts baladins gambillent sur le fil.

La céleste cithare au corps de cèdre rouge
Pose son vibrato dans le vent des émois
Et l'espace s'emplit d'un parfum de carouge**,
Ourlant aux murs du son des accords brun chamois.

Puis la scène s'échauffe. Un soupir s'asphyxie,
La sérénade explose en feux de corindon
Et, porté par l'écho dehors sa galaxie
D'étoiles en essaim, s'essaime le fredon.



* Célèbre marque de guitares entrée dans le langage commun
** Autre nom du robinier faux acacia aux fleurs très odorantes


 
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   Mokhtar   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème aura eu au moins le mérite, avec l’évocation des légendaires Fenders, d’avoir remué en moi de vieux souvenirs de jeunesse.

Malgré le zèle ostensible de l’auteur à se positionner en classique, je crains que la rime sceptre-plectre soit mal considérée.
Les accords brun chamois, le parfum de carouge, , les doigts « baladins » (substantif), , le corindon (minéral qui ne brûle pas), le rai qui ruisselle… Bien des invités surpris d’être à pareille fête.

Note du 04. Com modifié ce jour du fait de modifications pertinentes apportées au texte initial.

Pour ne pas demeurer dans le négatif, j’ai bien aimé le plafond constellé de Fenders, comme des étoiles au firmament des magasins de musique. Et que le guitariste décroche « sa comète » pour en jouer est une belle image. Le fredon, mot dont j’ignorais la signification, peut être sauvé puisqu’il peut être comparé aux distorsions des « grattes » électriques. Pourvu que l’on n’essaye pas de l’essaimer en essaim.

Certes le thème du guitariste est intéressant, mais je crois que l’obsession de l’auteur à écrire en classique ne s’impose pas.

Mokhtar, en EL

   Hananke   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Joli texte classique au vocabulaire riche et musical même si je ne suis
pas certain que la rime sceptre/plectre soit acceptée dans la catégorie.
Mais quelques tournures un peu bizarres m'interpellent :
Le vers 2 demande beaucoup de réflexion par son manque de clarté.
Le trimètre du 3 ème quatrain avec son qu'habilité pas très heureux.
La rime émois/chamois, un peu approximative dans le sens des mots.
Et le plus dommageable sont les 2 vers de fin avec ce dehors
la galaxie et le vers ultime un peu raté.

Encore un de ces textes qui pourraient être grandement amélioré
avec peu de travail même si l'ensemble, avec son vocabulaire riche,
ne manque pas d'intérêts.

EDIT le 04-06 : contrairement à mes doutes exprimés plus haut
sur la rime sceptre/plectre, cette dernière se révèle
bonne en classique.

   Gabrielle   
14/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très bel hommage à ceux par qui le rêve arrive.

A tous les musiciens qui enchantent le monde et hommage aux poètes qui, de leurs mots, font vibrer la terre entière.

Merci à vous pour cet habile exercice, hommage rendu avec beaucoup de talent d'artiste.

   papipoete   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Anje
Quand j'entends parler de " Fender ", je tend l'oreille car j'y suis très sensible ! David Gilmour et Eric Clapton me font toujours rêver et frissonner... même quelques années après leur gloire !
L'auteur évoque à merveille ce que 10 doigts peuvent faire, en dansant d'une corde à l'autre...
NB Pink Floyd serait bien étonné de voir écrire un poème à leur gloire en alexandrins " classiques " de surcroît ! Le résultat est surprenant de ce " côté clair de la lune "...
On a l'impression d'un texte écrit dans les alcôves de Pline l'Ancien, quand soudain retentit une montagne " Marshal " !

   poldutor   
4/6/2019
Bonjour Anje
Je n'ai rien compris à votre poésie, j'ai cependant appris de nouveaux mots (savants) :œkoumène, carouge, (fredon : mon correcteur d'orthographe l'ignore !).
Qu'est-ce que des "accords bruns chamois ?
Je trouve cette poésie trop sophistiquée ; dommage l'idée était bonne. Un peu plus de simplicité n'aurait pas été de trop et on aurait gagné en compréhension .
Je suis désolé de dénigrer votre travail qui a demandé du temps et des efforts, j'en suis sûr, je ne peux le "noter"
Cordialement.
poldutor

   sympa   
4/6/2019
Bonjour,

Avec toutes mes excuses, Ange, mais j'ai beaucoup de mal à comprendre et donc apprécier à sa juste valeur votre poème.
Je préfère finalement de pas évaluer, mais je salue votre maîtrise de la prosodie classique et le travail que vous avez accompli.


Bien à vous.

   Davide   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anje,

J'aurais trop à dire, je vais tenter de faire court.

Ce que j'aime dans ce poème, outre sa musicalité (sans jeu de mot), c'est ce ton fantaisiste et farfelu qui nargue constamment la réalité. Ne parle-t-on pas d'un "autre univers" ? L'auteur a ce talent.

De plus, malgré un côté un peu fourre-tout, je trouve le texte particulièrement bien référencé, entre le "plectre", "Amphion", le "pincé", la "cithare" etc.
Bravo surtout pour l'emploi très à propos du "vibrato", de la "sérénade" et du "fredon".

De même, j'ai beaucoup aimé la fin du poème, les deux dernières strophes, avec ces "accords brun chamois" et cette "sérénade [qui] explose en feux de corindon".
Impossible de ne pas penser à Rimbaud : "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles..."
Le même thème : la synesthésie, ce mélange des sens. La musique devient ici un kaléidoscope de couleurs, une explosion visuelle plus que sonore.

En revanche, j'ai grimacé sur le terme "œkoumène" (qui fait trop savant). Un détail encore : je me demande si le mot "carouge" n'est pas dérivé du mot "rouge", auquel cas, la rime n'est pas des plus délicates.
Une petite réserve sur la grammaire de ce joli trimètre : "Aussi légers qu'habilité le leur permette".
Je n'en suis pas certain, mais je crois qu'il manquerait un 'l'" ou un "leur" devant "habileté" (?)

Etonnamment, malgré sa très belle écriture et un thème qui me parle (la musique est mon domaine), je n'ai pas été particulièrement emballé par ce poème.
Je l'ai apprécié, mais sans plus, je ne saurai dire pourquoi.
Je reviendrai le lire...

Merci Anje et bravo pour votre rigueur,

Davide

EDIT : Après plusieurs lectures, je reviens rehausser le curseur de l'appréciation.
Je prends conscience que je me suis arrêté aux quelques maladresses d'expression visibles dans les deux/trois premières strophes notamment (vers 2, 7, 8 et 11).
Comprenez moi, j'aime tellement votre écriture et votre univers poétique (vous le savez) que le moindre accroc me laisse un goût amer, comme une déception...
J'ai pu, à la relecture, savourer à juste titre ce poème, et particulièrement les trois dernières strophes.

   hersen   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La première strophe nous emmène dans un monde parallèle, celui de la musique.

J'aime l'idée de décrocher une comète pour prendre l'instrument, j'adore "gambillent sur le fil" même si je ne suis franchement pas fa d'un "le leur permettent", tournure grammaticale lourde, mais aussi le verbe permettre ici me fait redescendre.

La dernière strophe est très poétique pour dire que la musique s'envole, qu'elle couvre, mais je reste dubitative sur "essaim, essaime"
et pourtant, s'essaime le fredon, ça j'aime beaucoup, c'est tout à fait à l'image des notes.

J'ai donc quelques réticences, la plus importante étant que la musicalité ne vient pas d'emblée alors que c'est le sujet.

je vois plus ce poème comme raffiné, un jeu de l'esprit.
un détail : pour moi, je verrais plutôt "des Fender" , puisque c'est un nom propre.

   Corto   
4/6/2019
On sent une ambiance baignée dans la musique, de celles qui permettent de s'extraire du quotidien, de rêver un peu.
Pour moi cela me suffit car la collection de mots inconnus me décourage de toute exploration même sur Google...

Ah si, pour cithare et vibrato c'est tout bon. Le robinier également.

La troisième strophe permet de bien visualiser la scène.

On trouve aussi de belles images qui rendent le tout sympathique.

Merci pour ce moment.

   Cristale   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je me demandais d'où venait cette musique résonnant à mon oreille tout au long du poème alors j'ai lu les mots et relu votre partition et me sont apparues assonances et allitérations quasiment à chaque vers.

D'autres ont tout dit le temps que je m'abrite d'un bel orage sur l'Adour donc, je fais le silence et me contente d'assister à votre concert poétique, si joliment travaillé, en mettant le "la" "do" "ré" sur ce qui semble l'une de vos passions, (en plus de celle pour la guitare) : les mots peu usités.

Avec mes félicitations et mes sincères encouragements.
Cristale

   PIZZICATO   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'abord j'ai bien aimé ce titre : " Chez le danseur de cordes ".

La musique dans une autre dimension, galactique.
" Il tire un bras au ciel, attrape une comète,
L'étend sur son genou puis d'un pincé subtil,
Aussi légers qu'habilité le leur permette,
Quatre doigts baladins gambillent sur le fil. "

Voilà bien un poème qui glorifie le musicien dans son monde.
" Est-il fils d'Amphion, musicien souverain ? ".

J'en ai utilisé et cassé des médiators !! sans savoir qu'ils s'appelaient aussi "plectres " (sourire)

" Il est là, le soliste, entre les dents un plectre. " Une image typique du guitariste.

J'ai beaucoup aimé ce texte.

   Vincente   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème classique mais singulier.
Un ton original pour une aventure musicale particulière, celle où une expression instrumentale vient côtoyer, accompagner, argumenter une aventure spatiale.
Les deux "univers" se combinent en conjuguant leurs champs lexicaux, ils jouent entre eux, un morceau, une histoire. Les jeux de mots y sont légion, réjouissants "constellés de Fenders" - "un bras au ciel" - "La céleste cithare" - "Ourlant aux murs du son des accords brun chamois." - "L'écho dehors sa galaxie" pour les plus directs. Ce qui m'a séduit dans cette mixité, c'est le son juste qu'elle produit ; en effet, hors d'une lecture introspective, ils sont crédibles, jouent leur rôle au premier degré qui en est déjà un deuxième, sachant que le troisième est l'amusement, le ravissement, créé quand surnagent les divagations surréalistes.

La prosodie semble adroite, en tous les cas discrète, donc "efficace".
Et puis j'ai découvert un mot important "oekoumène" pour qui a un regard attentionné sur l'empreinte humaine sur son espace vital. J'ai beaucoup aimé "Quatre doigts baladins gambillent sur le fil.".

Ce qui me manque pour noter d'un "passionnément" : je ne sais pas vraiment, désolé de ne savoir le formuler plus clairement, mais je devine deux orientations qui ne sont pas du fait de l'auteur. Le classique pour me faire oublier sa facture rigoureuse doit à mon insu m'émouvoir, or ici, autant j'ai apprécié l'exercice, autant j'ai trouvé l'émotion en retrait. Et Le fond qui ne repousse pas les limites du monde, c'est paradoxal d'écrire ça vu le large espace envisagé, mais je parle des questionnements existentiels, des angles de vue qui extrapolent la vision à des fins qui transcendent, ou explosent l'affect, etc... et encore dans ces derniers registres, je ne doute pas que pour l'auteur c'était le cas...

   Coeurdeloup   
5/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anje

La première lecture et certains mots peu ou plus usités m'ont "voilé" la musicalité de votre "danseur de cordes".

Vous avez l'amour des beaux mots et, pour ma part, cela ne me rebute pas de chercher dans le dictionnaire et d'enrichir mes connaissances.

Le temps que je lise et relise, l'essentiel a été dit. Alors je me contente de rester la tête dans les étoiles en savourant "La sérénade" qui "explose en feux de corindon".

   Cat   
5/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Anje,

Tu es de ceux qui me rabibochent avec le Classique (après Baudelaire, faut pas déc quand même, mais avant Hugo :)).

Si ce n'est pas preuve, ça, que tu mènes drôlement bien ton bonhomme de chemin au travers la prosodie millimétrée ! :))

Ici tu as su prouver, en faisant scintiller entre les cordes des Finders et le musicien au mythique médiator (parfois l'ongle long du pouce suffit), que la musique est bonne. Celle des mots comme celle des guitares.

La troisième strophe est pour moi la plus ensorcelante : j'adore cette image ''il tire un bras au ciel, attrape une comète, l'étend sur un genoux... ''

Merci pour la joie du partage, et à te relire.


Cat

NB : fais gaffe toutefois, trop de mots savants tue les mots. Bien sûr je suis toujours contente d'en rajouter à ma panoplie, m'enfin, où veux-tu que je place ''l’œkoumène'' ? :))

   jfmoods   
5/6/2019
Ce poème est composé de 5 quatrains en alexandrins à rimes croisées, suffisantes et riches, tour à tour féminines et masculines, majoritairement consonantiques.

Je suis un peu déconcerté par le vers 11. Peut-être le mot "habilité" conserve-t-il aujourd'hui un peu de son sens ancien, mais j'ai bien du mal à ne pas le lire dans son sens moderne... ce qui me fait perdre invariablement le fil du texte là où "habileté" passerait sans encombre.

I) Pourvu que ce soit hors du monde

Par sa puissance évocatrice, la musique, d'essence divine ("Un siège trône", "sur son socle, un sceptre / À deux branches", "Est-il fils d'Amphion, musicien souverain ?", "La céleste cithare au corps de cèdre rouge / Pose son vibrato"), s'inscrit dans un cadre éminemment cosmique ("dans un autre univers, / Un monde caverneux derrière l’œkoumène, / Au fascinant plafond constellé de Fenders", "sa galaxie / D'étoiles en essaim").

II) Dans une ténébreuse et profonde unité

Le musicien, intercesseur entre là-haut et ici-bas ("Il tire un bras au ciel, attrape une comète, / L'étend sur son genou"), fait, par la grâce de son art ("Aussi légers qu'habilité le leur permette, / Quatre doigts baladins gambillent sur le fil"), accéder l'auditeur à un jeu de correspondances secrètes ("l'espace s'emplit d'un parfum de carouge, / Ourlant aux murs du son des accords brun chamois", "La sérénade explose en feux de corindon").

Merci pour ce partage !

   Anje   
5/6/2019


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