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Poésie contemporaine
Anje : Saga lunetière
 Publié le 24/03/19  -  13 commentaires  -  777 caractères  -  199 lectures    Autres textes du même auteur

Fabricants de lunettes : classiques ou modernes ? Ou de la pierre de lecture à celles d'Afflelou.


Saga lunetière



Jésus-Christ n'est pas né quand Pierre de Lecture
S'éprend des beaux yeux verts de Maria Béryl,
Russe de sang royal qu'il épouse en avril
Jurant aux Lunettiers longue progéniture.

Quelques siècles plus tard, le schisme, la fracture !
Lorgnon et pince-nez, d'un motif puéril,
Font un drame mettant la famille en péril
Et créent une branche à la vieille monture.

Binocle et face-à-main ne peuvent plus se voir.
Ils sont trop différents, ne veulent concevoir
Être de même rang, des Lunettiers anciens.

Il faut un autre nom mais au sens identique :
Pour tous les nouveaux nez, seront les Opticiens
Qui rendront désuet le patronyme antique.



 
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   embellie   
28/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Thème original. Je suis étonnée de voir Lunettiers avec deux T mais sans doute est-ce voulu, quoique incorrect, en référence à lunette...
Sonnet bien cadencé, avec césure bien marquée au 6ème pied, sauf, à mon humble avis (je ne suis pas spécialiste) le vers 8 qui rompt le rythme.
Il suffirait de mettre "En créant" au lieu de "Et créent" et le rythme serait respecté. Joli "les nouveaux nez" !
Merci pour cette agréable lecture.

   papipoete   
2/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
classique
une saga des verres évoquée à travers des vers, pour les les beaux yeux verts de Maria Béryl...au temps où on lisait avec un lorgnon, tellement peu pratique pour tenir d'une main, tasse de thé et recueil de poésie ! L'on inventa les lunettes, mais cet ustensile connaîtrait-il le succès ? à voir...
NB un ton guilleret avec métaphores et bons-mots, illustrent cette sympathique historiette ; mais je ne saisis pas le sens du premier vers, car " Pierre de Lecture " ici figuré par un humain, fut inventé par des moines...1000 ans après Jésus-Christ ?
le 8e vers ( cré/ent ) n'est guère prononçable pour compter 12 pieds
papipoète

   Gemini   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bien écrit et très érudit.
Dommage pour la prosodie ce huitième vers dont je pense que l'erreur vient plus de "créent" qui n'a qu'une syllabe, que de "vieille" que l'auteur aurait pu croire en diérèse. Et pour la catégorie (et le sonnet selon Boileau), on trouve deux fois le même mot : "Lunettiers". Dommage, parce que le mot a deux orthographes qui ne se prononcent pas de la même façon.
Pour le premier problème, ce pourrait être réparé par : "En créant" qui me semble grammaticalement correct, et préserve le jeu de mots.
Une remarque dans l'écriture, c'est cet emploi un peu trop abusif (3 fois) de "être" dans les tercets. Il y a aussi la "longue progéniture" qui me fait tiquer. Peut-être selon le sens du mot. Et quelques problèmes de ponctuation.
Sinon, belles rimes riches, et beaucoup de jeux de mots (ah ! les nouveaux nez !) ; ils sont fins, mais on les trouve à l’oeil nu.
Ce qui donne un récit cultivé et cultivant sans se prendre au sérieux.
Bien bien.

   Corto   
6/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Faire de la "pierre de lecture" un personnage est amusant. Mais il ne faudrait pas créer de jalousie avec Sénèque et Pline l'ancien !

Une démonstration comme quoi on peut s'enrichir de connaissances historiques même avec la poésie classique...

On a pourtant du mal à trouver des envolées poétiques captivantes dans ce court poème qui nous regarde au fond des yeux.

A vous relire bientôt ?

   Hananke   
24/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir

Oui, saga lunetière assez amusante. Beaucoup de jeux de mots
et quelques bonnes trouvailles comme
Jurant aux Lunettiers longue progéniture.

Je ne reviendrai pas sur ce vers 8, source de bien des soucis.

Un bon texte qui se lit avec plaisir.

   Cristale   
24/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quand je lis Anje, j'apprends toujours quelque chose. Ce poème s'ouvre comme un tiroir ancien rempli d'objets antiques dont on comprend l'évolution jusqu'à nos jours.

Les trois rimes masculines du premier tercet sont une étourderie j'en suis certaine, quant à ce "créent" qui ne compte que pour une syllabe, j'évite d'enfoncer le clou dans le pied qui a raté la marche du classique.

Un bon dosage d'humour, de jeux de mots, de culture, donne à l'ensemble cet aspect ouvragé fidèle à la plume de l'auteur.

Avec mes encouragements,
Cristale

   Davide   
24/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Anje,

La métaphore filée utilisant la personnification des lunettes (et de ses ancêtres) me ravit à plus d'un titre.
D'abord, les images qui illustrent toute l'histoire : "Pierre de lecture" et "Maria Béryl" m'ont beaucoup amusé.
Un très beau premier quatrain, même si le rapprochement "longue progéniture" me paraît étrange, mais soit.

Le champ lexical de la généalogie auréole le discours, avec de belles trouvailles : "sang royal", "famille", "branche" (qui peut aussi faire référence aux branches des lunettes, bravo !), "rang", "nouveaux nez" (superbe jeu de mot !), "patronyme"...
La répétition du mot "Lunettiers" ne me dérange pas, au contraire.

Je mettrais quelques réserves sur la forme, par-ci, par-là :
v.8 : dans un sonnet aussi charmant, la musicalité de ce vers détonne : il me semble que la césure n'est pas bien placée :
"Et créent une branche à / la vieille monture."
Le mot "vieille" doit être donc prononcé en diérèse... Compliqué tout ça !
v.10-11 : "ne veulent concevoir / Être de même rang".
Dans cette image, "vouloir" me paraît bizarre.
Je trouverais beaucoup plus élégant d'intervertir les verbes "peuvent" (v.9) et "veulent" (v.10).
v.12 : je pinaille un peu, mais le "mais au sens identique" n'est pas très poétique.
v.13 : il me semble que "seront..." n'est pas grammaticalement correct après "Pour tous les nouveaux nez".
Mais ça passe peut-être dans une acception figurée ou poétique...

De belles rimes, de beaux alexandrins, un thème étonnant, bien renseigné et bien traité. Je ne peux qu'aimer !

Merci pour cette agréable lecture,

Davide

   PIZZICATO   
24/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le cristal de roche qui séprend de l'émeraude. C'est bien..vu pour entamer cette "saga ".
L'idée est originale, portée par ses jeux de mots.

" une branche à la vieille monture."
" Binocle et face-à-main ne peuvent plus se voir."
" Pour tous les nouveaux nez "

Une lecture amusante.

   STEPHANIE90   
25/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Anje,

une réussite ce poème sur la saga lunetière. Vous en avez fait un très beau sonnet. Alors oui, l'utilisation de tous ce jargon lunettière ne fleure pas bon la poésie, mais tant pis, il est indispensable donc pour moi, c'est vraiment une belle réussite.
Et je trouve que l'ensemble est agréable à l'oreille. Bonne idée d'avoir écrit lunettier à l'ancienne (sourire).
Petite incompréhension, que vient faire Jésus-Christ par ici ? Est-ce pour dire que la nature avait inventé le schisme avant que les homme ne l'idolâtre ?

Merci pour cette lecture limpide et enrichissante,
StéphaNIe

   senglar   
25/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjoue Anje,


Cette filiation (moi j'en étais resté à Umberto Eco et à son Au Nom de la Rose quant à l'histoire des lunettes) est bien vue et l'on s'étonne encore qu'il ait fallu autant de temps pour que quelqu'un songeât à ajouter des branches au lorgnon, confort de lecture et surtout libération des mains (petites bébêtes qui montent, qui montent... )... alors quand on voit plus librement la belle on entreprend Maria aux beaux verts de Béryl, et on ré-entreprend le sonnet au début bien évidemment ;)

Bravo pour le jeu sur et avec les mots ! Fond finalement assez pointu (travail de "lunettier".lol.) sous une apparence de fausse facilité. Mérite plusieurs lectures qui se complètent et s'enrichissent mutuellement. J'ai ainsi été navré d'avoir dû renoncer à Macha Méril :)

Senglar

   jfmoods   
26/3/2019
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines et presque exclusivement consonantiques.

Tout en suivant rigoureusement le cours de l'histoire (marqueurs temporels : "Jésus-Christ n'est pas né", "Quelques siècles plus tard", "Pierre de Lecture", "Lorgnon et pince-nez", "Binocle et face-à-main", "créent une branche à la vieille monture"), le poète invente une généalogie nobiliaire ("Russe de sang royal", "Être de même rang") extravagante ("Jurant [...] longue progéniture", "la famille", double sens drôlatique : "les nouveaux nez", "le schisme, la fracture", "Lunettiers", "Opticiens", "le patronyme antique").

La dimension comique du texte est assurée par le jeu des péripéties ("S'éprend des beaux yeux verts de Maria Béryl", "qu'il épouse en avril", "d'un motif puéril, / Font un drame mettant [...] en péril", "ne peuvent plus se voir", "Ils sont trop différents, ne veulent concevoir / Être de même rang").

Merci pour ce partage !

   Robot   
27/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
D'abord je soulignerai l'originalité du thème. Ensuite le déroulé du récit des origines à nos jours. Puis l'humour des comparaisons.

J'ai passé un bon moment à la lecture de cet "historique lunetière" que les artisans et industriels de la lunette jurassien ainsi que les élèves de l'école d'optique de Morez pourraient se réciter.

   Aconcagua   
31/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Cette petite saga historique est d'un bel effet.
Elle incite à consulter nos bons vieux dictionnaires et nous évader dans
les références que vous convoquez.
J'ai bien aimé le rythme qui donne un côté désuet et précieux à cette épopée.
Merci pour ce partage


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