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Poésie libre
antonio : Nomade
 Publié le 02/05/18  -  10 commentaires  -  1105 caractères  -  142 lectures    Autres textes du même auteur


Nomade



Je croyais qu’ils étaient des arbres.
Je sus vite, en marchant d’un pas
égal au leur
que mes compagnons de déroute
et de fuite nocturne
étaient des roseaux pensants
des humains comme moi
en train de chercher leur pays,
leur visage, leur lumière,
leur pourquoi, leur lendemain.

La route était grise et noire
c’était du moins une route.
La nuit était drue et fermée
c’était une sorte d’amie
fidèle et fière, fallacieuse aussi.

Quand se leva un jour incertain
et frêle je sus que je parcourrais
longtemps ce temps indécis et grêle
où il était froid où il fait faim
et que ce voyage serait longtemps
longtemps encore le mien, assidu, attachant
et qu’il faudrait vaincre des aubes
bien plus cruelles et parfois mensongères
pour arriver là où s’arrête le désert.

Du moins il y avait un désert
du moins il y avait cette terre
pour les nomades
cet espace au regard gris de pierre
où parfois on ne reconnaît rien,
même pas la face de la misère.


 
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   Provencao   
3/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Votre poésie me pose question...J'aurais tendance à concevoir et ressentir cet écrit plus en poésie libre de par sa structure et de par le contexte évoqué.

"Du moins il y avait un désert
du moins il y avait cette terre
pour les nomades
cet espace au regard gris de pierre
où parfois on ne reconnaît rien ,
même pas le face de la misère."

Un tel espace, plus ou moins ouvert au monde et à notre essence, notre être dans ce monde, est peut-être celui que nous enjoint de suivre cette quête nomade qui, sans nous évincer, sans nous essouffler, peut (je dis bien peut) nous faire parcourir, à chacun d'entre nous, des réflexions de vie que vous nous faites découvrir pour notre plus grand salut.

Que vous en soyez remercié!

   Lulu   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Antonio,

J'ai adoré parcourir ces mots dont la tonalité me parle et me touche. Il y a une gravité toute poétique qui court dans et entre les lignes. Ainsi, quand vous écrivez ceci : "La route était grise et noire / c’était du moins une route." On est à la fois dans l'expression du constat et de l'évidence, tout en étant dans une forme de reconnaissance de ce qui est. J'aime beaucoup.

J'aime assez que vous décliniez, dans la première strophe, ce qui peut motiver ces "roseaux pensants". Ils vont, "en train de chercher leur pays, / leur visage, leur lumière, / leur pourquoi, leur lendemain." Sans en dire plus, on entre dans une atmosphère de la quête de soi, ou d'un meilleur lendemain.

Je trouve que vous utilisez de manière pertinente la ponctuation. Au départ, je me demandais pourquoi mettre des points ou des virgules à certains endroits seulement. Mais ces marques ont leur sens, comme leur absence. Ainsi, dans la troisième strophe, ce long passage, au début, sans ponctuation a pour effet d'insister merveilleusement sur la durée de ces moments, ce qui est renforcé par l'emploi, à trois reprises de "longtemps". Habituellement, je n'aime guère les répétitions inutiles, mais ici la répétition me semble évidente, nécessaire pour dire cette dimension durative du nomadisme.

La dernière strophe éclaire ces pas d'une manière toute délicate, belle et magnifique. Le ton demeure le même, et sans évoquer aucune amertume, colère ou lassitude, on reste dans l'esprit d'une réflexion toute poétique.

Enfin, j'aime le choix des temps verbaux. Le passé simple accentue la tonalité du texte pour lui donner une vraie force.

J'aurais vraiment voulu écrire une telle œuvre dans cette forme libre...

Merci pour cette lecture, et bonne continuation.

   BlaseSaintLuc   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Réflexion toute humaine, sur "le chemin", sur la vie, sur les choix, sur la pensée, sur l'errance sur la fuite, sur l'exil ce qu'il y a devant. Les arbres sont immobiles, les roseaux eux se plient aux événements, contrains par le souffle d'un Éole tyran. Le désert des cœurs et les aubes, sont cruels, comme autant de peuples inhospitaliers, autant de murs dressés. Est-ce le nomade, est-ce le migrant. Ouvrez vos cœurs, camarades !
Magnifique et profond, il n'y aura pas de goudron, il n'y aura que des plumes, passionnément.

   papipoete   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonsoir Nomade
une route bien caillouteuse que celle qui fut la vôtre, entre espoir et désillusion ; la nuit était votre amie car l'on ne voyait pas ce qui se cachait à chaque pas qui vous rapprochait du jour à venir, incertain .
NB on suit dans vos pas cette errance qui vous éloigne de votre terre, ce désert " où l'on ne reconnait rien, même pas la face de la misère " .
Des vers lourds comme le boulet d'un esclave, qui rêve et se réveille toujours enchaîné à son désespoir !

   PIZZICATO   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai ressenti dans cette poésie, la relation d'un exode, l'expatriation forcée
" mes compagnons de déroute
et de fuite nocturne ".
" La nuit était drue et fermée
c’était une sorte d’amie ".

Et puis ce très beau passage pour signifier cette incertitude du lendemain, ne plus être nomade, quitter le désert psychologique étouffant de l'exil.
" Quand se leva un jour incertain
et frêle je sus que je parcourrais
longtemps ce temps indécis et grêle
où il était froid où il fait faim
et que ce voyage serait longtemps
longtemps encore le mien, assidu, attachant
et qu’il faudrait vaincre des aubes
bien plus cruelles et parfois mensongères
pour arriver là où s’arrête le désert."

C'est ma façon de percevoir le fond de ce texte.

   Jmeri   
3/5/2018
Il est difficile d'écrire sur une misère humaine si on ne la connait que par les écrans médiatiques.
Vos "impressions" sonnent faux. trop de clichés, ou d'images tristement malvenues comme un nomade "roseaux pensants".
Et oui figurez-vous un nomade qui fuit est un être humain !!!!!!!

Lisez Gaudé, de Lucca ou Le Clezio. Ils ont écrit sur le sujet. Mais eux ont partagé leur sort, pendant un moment du moins.

   Dolybela   
7/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau poème avec une chute que j'ai beaucoup aimé. Les mots sont justes et surprenants, sensibles. C'est dans la véritable poésie que des mots presque banals sont redecouverts sous d'autres aspects, leur sens prenant une dimension innattendue, et c'est ce que votre texte a réussi me montrer, surtout dans la dernière strophes avec les mots terre et misère. Vous évitez remarquablement le pathétique et donnez une beauté nouvelle au nomade. Merci pour cette lecture.

   Donaldo75   
8/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Antonio,

"Je croyais qu’ils étaient des arbres.
Je sus vite, en marchant d’un pas
égal au leur
que mes compagnons de déroute
et de fuite nocturne
étaient des roseaux pensants"
C'est ce qui m'a donné envie de lire et relire ce poème. J'aime l'image, l'idée derrière l'image. Et j'aime la réalisation.

Je n'ai pas besoin de commenter. Le poème parle de lui-même:
"cet espace au regard gris de pierre
où parfois on ne reconnaît rien,
même pas la face de la misère."

Bravo !

Donaldo

   Gabrielle   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un sujet de réflexion qui dérange et que votre plume aborde avec talent.

L'exode, l'apatride...

Les termes choisis sont justes.

Merci pour ce partage.

Au plaisir de vous lire.


Gabrielle Michel

   Galia   
17/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce texte, poétique ou pas, c'est selon, exprime, avec grand, grand talent , le ressenti de ton âme en éternelle recherche; même après un semblant d'aboutissement
Très, très beau.
Je suis admiratif


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