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Poésie contemporaine
archibald : Ballade des fœtus
 Publié le 01/05/16  -  8 commentaires  -  1985 caractères  -  174 lectures    Autres textes du même auteur

D'après Maurice Mac-Nab.


Ballade des fœtus



Alignés sur l’étagère
D’un ancien apothicaire
Les fœtus flasques et mols,
En des allures languides
Goûtent le confort liquide
D’un placenta de formol.

La méditation les plonge
Dans les rêves et les songes
Et leurs crânes rebondis
Semblent concevoir peut-être
Qu’être mort avant de naître
C’est l’éternel paradis.

Cependant sans existence,
Abîmés dans le silence,
Je vous plains, pauvres fœtus,
Votre mutisme désarme ;
Vous auriez fait du vacarme
Avec quelques mois de plus.

Vous ne vous exprimez certes,
Mais vos bouches entrouvertes
Aimeraient dire à l’oral :
“C’est une pitié profonde
Que de contempler le monde
Par le prisme d’un bocal !”

Vos poses alambiquées,
Vos grimaces compliquées,
Vous rendent bien captivants.
Vos mains devant votre tête
Nous font penser que vous faites
Des pieds de nez aux vivants.

Chers enfants hétérodoxes,
Je me perds en paradoxes
Sur votre sort incertain ;
Vous n’aurez pas de beaux langes
Ni droit au carré des anges,
Eûtes-vous même un destin ?

Et pourtant je voudrais croire
Que vous avez votre histoire
Loin des discours médicaux.
Je crois qu’à la fermeture
De votre officine obscure,
Vous sortez de vos bocaux,

Qu’à la lueur d’un candélabre,
Comme une danse macabre
Qui se ferait à l’envers,
Menant une ronde folle
Vous tournez en farandole
Dans votre propre univers.

Vous dansez, chantez encore
Puis lorsque paraît l’aurore
Chacun d’entre vous se tait
Et las d’une nuit d’extase,
Vous regagnez votre vase
Comme si de rien n’était.

À moins que ce ne soit pire :
Dieu sait ce que vous inspire
L’ivresse de vos sabbats
Car à vous voir nus et roses,
On imagine des choses…
Qu’on n’imaginerait pas !


 
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   papipoete   
14/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
contemporain
L'heptasyllabe rare, évoque une ballade peu commune, celle de personnages figés non morts, puisque pas nés !
Ces foetus couchés ou assis dans le formol, avec quelques mois de plus, eurent fait grand vacarme, dans la chambre de bébé .
Quand tombe la nuit sur l'officine, ne dansent-ils pas la farandole, au coeur d'un sabbat ?
Je vois fort bien, à lire vos vers inspirés, ce scénario macabre que je ne souhaiterais pas rêver ! Pour peu que mon cerveau en rajoute, et imagine l'inimaginable !
Certaines lignes brillent particulièrement ;" placenta de formol "
" vous n'aurez pas de beaux langes, ni droit au carré des anges "
papipoète

   luciole   
16/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bien sûr votre poème ne vaut pas celui de Mac Nab mais il est agréable à lire et ne manque pas d'esprit.
Il aura le mérite de faire connaître aux curieux ce petit chef-d'oeuvre.
Merci.

   Alcirion   
1/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une approche naïve, ingénue du phénomène macabre, le réflexe commun étant à priori la répulsion. Il y a une grande légèreté dans le texte qui contraste avec le thème choisi. Au-delà, j'ai du mal à vraiment cerner l'objectif de ce texte à la forme simple et fluide.
Le thème m'évoque forcément des paroles de Death Metal, notamment les deux premiers Carcass (1989 et 1991) pour l'approche médicale de la morbidité !

   Anonyme   
1/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sensible inspiration du poème de Mac Nab (comme l'incipit le précise).
" Qu’être mort avant de naître ".
En plus, cette idée originale que de les imaginer " à la lueur d’un candélabre,
Comme une danse macabre
Qui se ferait à l’envers,
Menant une ronde folle "

   Anonyme   
3/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Votre poème a eu un double mérite : me faire connaître Mac-Nab et me distraire agréablement.
Si l'inspiration mac-nabienne est très prégnante, je trouve néanmoins que votre texte est supérieur au modèle ; oui : supérieur ! Je le trouve plus drôle et plus recherché.

Cette danse macabre poétique et de mauvais goût, m'a ravi.

A.

nb Il manque, çà et là, quelques pauses ponctuées, particulièrement aux premier et avant-dernier quatrains.

   Anonyme   
5/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
je ne connais pas Mac-Nab mais ceci étant ce poème a suscité ma curiosité.
Il m' a renvoyé plus loin en arrière quand gamin j'avais eu l'occasion d'observer dans un chateau-musée un squelette de nouveau né sous une cloche de verre.
Il en reste toujours une impression étrange et fascinante.
J'aime par ex beaucoup la deuxième strophe (bien que rêves et songes dans le même vers me paraissent redondants) avec ce coté méditatif sur la vie/la mort et cette vague notion d'entre deux renforcé joliment plus loin par :
"Vous n'aurez pas de beaux langes
Ni droit au carré des anges"
Un moment fort du poème.

Après ça part sur quelque chose de plus farfelu avec cette fantasmagorie non moins intéressante.

Je suis en revanche moins séduit par la toute dernière strophe qui semble faire office de rajout par ailleurs ambigu.

Une bonne lecture dans l'ensemble.

   Raoul   
19/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Belle danse macabre car - on pourrait en lisant écouter du Saint-Saëns - elle joue sur plusieurs niveaux.
Elle est compassion, horrifique, "scientifique", drolatique, successivement et concomitamment de façon fort enlevée.
On y sent le Chat Noir (boîte à chansons, boîte de ronron, porte bonheur ou/au malheur) et le cabinet - de curiosités - du docte Caligari.
La composition en "Au pair préféré l'impair" fonctionne bien, et les rimes, même si quelques unes sont un rien approximatives (ça fait parti du jeu), sonnent bien.
Les jeux - d'os - du vocabulaire sont excellents.
Beaucoup aimé la lecture de cette expérience pré-génétique.

   Anonyme   
19/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Dernier vers
On imagine des choses…
Qu’on nE SOUPCONNERAIT pas

Splendide, dire tant de choses "qui se tiennent" sur un fœtus, félicitations !
“C’est une pitié profonde
Que de contempler le monde
Par le prisme d’un bocal !” Top !

Je ne connais pas votre modèle, pour l'heure, (car j'irai voir ses textes), mais faut-il qu'il soit fabuleux pour égaler votre poème.
A moins que vous ayez pratiqué un copié-collé ! Je plaisante !
Encore bravo !


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