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Poésie contemporaine
archibald : Un mariage et quatre enterrements [Sélection GL]
 Publié le 18/08/19  -  14 commentaires  -  3327 caractères  -  213 lectures    Autres textes du même auteur


Un mariage et quatre enterrements [Sélection GL]



Mariage pluvieux

Il pleut, il pleut hélas !
Et tout le monde a ri :
Faut-il qu'on se marie
Quand il fait dégueulasse !

Elle a la mine lasse
Sous sa coiffe fleurie
La cloche a priori
Sonne comme le glas.

Son petit nez en l'air,
Sa bague à l'annulaire,
Elle se sent bien seule.

Et belle sous la pluie,
Sa robe blanche lui
Semble être son linceul.


Enterrement du Père Noël

Désolé les enfants, vous n'aurez plus d'étrennes,
Monsieur Noël est mort, c'était hier matin,
Il défile aujourd'hui, suivi de ses lutins,
Dans un grand corbillard tiré par quatre rennes.

Une foule affligée à sa suite se traîne,
Le cercueil est couvert d'un poêle de satin,
On entend les échos d'une messe en latin,
Mais si je pleure aussi, que l'on ne se méprenne :

Je n'ai pas de remords qu'on le mène au caveau,
On a bien tué Dieu, aussi ne vous déplaise
Que le Père Noël dorme au Père-Lachaise.

C'était bien à mon tour de lui faire un cadeau,
Un beau dessin de sang, un hommage posthume,
Qui n'a d'ailleurs pas trop juré sur son costume.


Enterrement de l'alexandrin

Mes adieux « Les Regrets », « Les Contemplations », « Phèdre »,
Lamartine, Musset, tant d'autres, adieux !
Il ne renverra plus ses beaux reflets radieux,
L'alexandrin, ce prisme en double hexaèdre.

Je l'ai fait disparaître et rayé de mon carnet,
Mais sans travaux d'Hercule, à quoi bon la strophe ?
Plus aucun vers ne tient, c'est la dodécatastrophe,
Comment venir à bout du moindre sonnet ?

Il est mort bon apôtre, un triste soir il a bu,
Sous les coups de minuit, le bouillon d'onze heures.
Treize pour un repas, il est des tables meilleures...

Il était vieux, fané, fatigué, fourbu,
Lassé de prodiguer ses charmes et son mystère,
Il repose à présent, douze pieds sous terre.


Enterrement de la mort

Depuis déjà longtemps elle avait l'air maussade,
Ce n'était pas le fier squelette de jadis,
À l'entendre parler, on la sentait malade,
Sa voix ne sonnait plus comme de profundis.

Elle avait peu à peu perdu l'aspect morbide,
Son crâne était couvert de cheveux abondants
Des yeux bleus prenaient place en leur orbite vide,
Des lèvres de corail dissimulaient ses dents.

Ayant changé sa faux pour une blanche ombrelle,
Troqué son manteau noir contre un peu de dentelle,
Elle arborait joyeuse un corsage fourni.

Cette ultime vision nous glaça d'épouvante,
Nous comprîmes alors que tout était fini
Et dûmes nous résoudre à l'enterrer vivante.


Enterrement de l'auteur

Un rêve de cimetière
Par une froide saison
Des stèles irrégulières
Lune pleine à l'horizon

Promenade singulière
Au hasard de ce gazon
Je croise une pauvre pierre
Il y est gravé mon nom

C'est une tombe vétuste
Sans croix et qu'honore juste
Un modeste cyclamen

Je puis lire sur l'albâtre
Mil neuf cent soixante-quatre
La suite sous le lichen


 
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   Eclaircie   
19/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour !

Très jouissif ce poème de poèmes.
On pense de suite au titre au film britannique "Quatre mariage pour un enterrement" réalisé par Mike Newell.
L'exergue composé du seul mot "néant" ajoute à l'intérêt du lecteur.

Découvrant les différentes parties de ce poème, on relativise le titre qui pourrait être "cinq" enterrements.

Dans le détail, certaines phrases pourraient être améliorées, devenant plus harmonieuses et musicales :
""Semble être son linceul." (semble être un long linceul ?)

"Je l'ai fait disparaître et rayé de mon carnet,"
"Mais sans travaux d'Hercule, à quoi bon la strophe ?"
C'est cependant peut-être voulu qu'à l'enterrement de l'alexandrin, le rythme "foute le camp".

L'enterrement de la mort est la partie que je préfère de ce poème.

Le dernier enterrement, plus intimiste, interroge sur la date citée, bien sûr (j'ai imaginé que c'était la date du mariage de la première partie). Bravo pour les 7 syllabes de chaque vers.

Merci du partage,
Éclaircie

   poldutor   
28/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
C'est pas gai, gai cette poésie en clin d’œil au film "quatre mariages et un enterrement"
C'est assez négatif, l'auteur(e) enterre tout le monde : même la mariée qui devrait être heureuse "Sa robe blanche lui
Semble être son linceul."
Il (elle) enterre le père Noël, l’alexandrin, la Mort (c'est un comble), et jusqu'à lui même...N'aurait-il pas besoin de se faire psychanalyser ?

Poésie contemporaine bien écrite, thème un peu bizarre.

Cordialement.
poldutor. en E.L

   cherbiacuespe   
29/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vue d'ensemble : quelle tristesse, tout ce monde enterré. Écrire une série de poème sous un même thème est toujours un exercice périlleux, on a tendance à fatiguer arrivé au bout. Ici, je félicite l'auteur car tout se tient fort bien. Je n'ai donc pas de remarques à faire à ce sujet, c'est excellent.

L'écriture, maintenant.

Pour le "mariage pluvieux", je n'aurais pas utilisé dégueulasse. Je suggère plutôt quelque chose comme "quand tombe la mélasse". A toi de voir bien sûr. quatrain 2, la rime lasse/glas, hum! Mariage bien tristounet où la mariée ne semble pas heureuse de son mariage. Où c'est le temps qui la rend triste. ou... Pas très clair.

Pour l'"enterrement de l'alexandrin". "Je l'ai fait disparaître et rayé de mon carnet", j'aurais plutôt évité le "et" qui alourdi selon moi. Par contre la dodécatastrophe est une belle trouvaille. "...Bouillon d'onze heure", "d'onze" me heurte phonétiquement.

Sur l'"enterrement de l'auteur". quel beau mystère que cache ce lichen!

Pour ce qui est du respect des règles du néo-classique, n'étant pas assez versé sans ce domaine, je laisse ma place aux spécialistes.

Au final, cette série me laisse une belle impression. C'est de la belle ouvrage.

   troupi   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ou comment faire passer cinq textes en une seule fois.
Malin L'auteur mais pari un peu hasardeux, la longueur est parfois rébarbative et le risque d'assister à l'enterrement du poème peu lu bien réel.
Mais ici ça accroche et dès le premier vers et jusqu'au bout.

L'enterrement de l'alexandrin est moins fluide mais c'est sûrement voulu.

L'enterrement de la mort excellent et si l'on m'avait dit que c'est un texte posthume de Brassens je l'aurais cru, je suis sûr qu'il ne l'aurait pas renié.

En bref je suis content de démarrer ma journée avec vous.
Merci.

   Corto   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Çà foisonne, çà bouillonne et on se régale.
C'est long et on voudrait que çà continue.
Ce panorama mi-sérieux mi-farceur sur des thèmes qui méritent qu'on s'y intéresse est un plaisir de lecture.

D'ordinaire on dit "Mariage pluvieux, mariage heureux" mais ici on varie avec "Mariage pluvieux...il fait dégueulasse !".
Dans tout ce poème c'est bien la mariée qui est la plus maltraitée avec "Sa robe blanche lui Semble être son linceul". L'auteur pose-t-il ici une ombre de vengeance ?

Que le Père Noël me pardonne mais je comprends mal ce "poêle de satin" posé sur son cercueil. Peut-être la réalisation d'une de ses dernières volontés ?
Belle trouvaille que: "On a bien tué Dieu, aussi ne vous déplaise
Que le Père Noël dorme au Père-Lachaise."

Pour l'enterrement de l'alexandrin on hésite entre jubilation et contrition...ce qui est bien vu dans un poème en 'contemporain'.

Par contre pour enterrer la mort on n'hésite guère, il n'y a guère de regrets malgré la pirouette "Elle arborait joyeuse un corsage fourni".

Quant à l'auteur désormais simplement honoré par "Un modeste cyclamen" on a envie de lui dire un grand:

'Bravo et revenez vite' !

   papipoete   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour archibald
le poète n'a pas fait dans le détail, pour évoquer un film célèbre, à travers un exercice de poésie !
Le " mariage " me semble volontairement tiré par les cheveux, avec ses rimes douteuses, et font un contemporain.
L'enterrement du Père-Noël , relève le niveau avec des images bien vues, mais les singulier/pluriel, traine/méprenne classent le poème en néo-classique
l'enterrement de l'alexandrin avec sa richesse historique, tombe en contemporain avec ses vers irréguliers
l'enterrement de la mort est le plus jubilatoire des obsèques, mais " peu/à/peu " fait hiatus, et nous revoici en néo-classique
l'enterrement de l'auteur est fort touchant , et put être classique sans le singulier/pluriel apparu
NB j'avoue ne pas saisir les raisons que l'auteur eut en tête, en ponctuant ( volontairement il me semble ) ses différents textes d'erreurs prosodiques ?
Quoi qu'il en soit, voici 5 poèmes d'un seul coup publiés en une fois !

   Annick   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'auteur est un troubadour à la plume habile, espiègle, grinçante, qui prend le contre-pied en tout.

Mariage pluvieux, mariage heureux ? Pas pour cette jolie mariée.
Celui-ci semble représenter la mort sociale.

"Son petit nez en l'air,
Sa bague à l'annulaire,
Elle se sent bien seule.

Et belle sous la pluie,
Sa robe blanche lui
Semble être son linceul."

Au fait ? Où est le marié ?


Pour l'enterrement du Père Noël, je perçois le narrateur comme une sorte d'iconoclaste un peu sadique :

"Désolé les enfants, vous n'aurez plus d'étrennes,
Monsieur Noël est mort, c'était hier matin,
Il défile aujourd'hui, suivi de ses lutins,
Dans un grand corbillard tiré par quatre rennes."


L'enterrement de l'alexandrin ?
Balayé tout ce qui est fané, passé de mode. L'alexandrin en fait partie.
Provocateur le narrateur ? Oui, mais pour rire ! Quoi que ...
J'ai apprécié les vers élastiques, qui marchent à cloche-pied.


Un plus pour l'enterrement de la mort. Joli poème où l'on a l'impression de marcher sur la tête.

Pour le poème "Enterrement de l'auteur", ce pourrait être un rêve où le narrateur exprime son angoisse de mourir.
Ou est-ce son fantôme...

Ces cinq textes ? Originaux. Certainement. Et plus que ça encore ! Déconcertants, singuliers, amusants, piquants, non conformistes.
ça décoiffe !

Très intéressants à lire !

Bravo !

   Cristale   
19/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Archibald,

Bel exemple de rimots de genres différents que nous offre l'auteur dans "Mariage pluvieux".

"Il pleut, il pleut hélas !
Et tout le monde a ri :
Faut-il qu'on se marie
Quand il fait dégueulasse !"

Rarement utilisée cette combinaison en poésie moderne est appelée rime hétéro.

Bien évidemment cette construction n'est pas acceptée en versification régulière et je sais bien qu'Archibald le magicien de la poésie a travaillé son ouvrage sciemment, c'est un réel tour de plume pour lequel je dis bravo.

D'autres curiosités de forme et de fond semblent émailler l'ensemble de l'oeuvre mais le temps m'est compté aujourd'hui, je reviendrai avec plaisir compléter ma lecture et mes appréciations.

À +

Je viens assister à "l'enterrement de l'alexandrin"
T'as d'beaux pieds tu sais ?
L'alexandrin essaie pourtant de résister mais comment garder le pas sans trépasser avec ces voyous d'hendécasyllabes, ces malotrus osés de triskaidécasyllabes qui prennent leurs pieds en se les essuyant sur le linceul du mètre ?

À + pour d'autres enterrements.
Concernant les fleurs, ce sera pour plus tard ....

Me revoilà pour taquiner un peu la plume amie qui a écrit "ce magnifique sonnet classique.( n'y touchez pas les spécialistes: il est pour moi sans reproche!)"
....ça va barder... pour moi quand j'aurai précisé, sans être spécialiste, que le hiatus de "peu à peu" et la diérèse de "Vi-si-on" empêcheraient la catégorie classique de "Enterrement de la mort". C'est mortel !
Mais à la décharge de l'auteur ces alexandrins là sont de bon aloi.
Vite je file...

À + (j'ai commencé mon commentaire ce matin et je
prends le temps de revenir le compléter dès que je le puis...c'est que 5 poèmes en 1, ça demande de l'attention et du temps.)

Pour laisser une trace avant son enterrement, le Père Noël a déposé dans l'encre du poète ce "Dieu aussi" joliment hiatusé. Les quatre vers embrassant des quatrains jouent les rimes singulières et plurielles, mais je pense que tu le fais exprès (de ne pas respecter la prosodie régulière rien que pour me contrarier...)

"L'enterrement de l'auteur"
Ils sont venus, ils sont tous là mais comme il y avait trop de monde, je suis revenue tôt un matin pour chercher sous le lichen.
La tombe était vide mais sur le chemin du retour j'ai suivi quelques vers qui courraient sur l'horizon où j'ai retrouvé une mariée à qui le Père Noël avait promis les alexandrins de la vie éternelle d'un auteur au talent posthume...bien que sous le lichen à douze, treize, quinze pieds sous terre à part quelques hiatus , diérèses et rimes désaccordées, il n'y ait aucune trace.

Ravie que seule l'année 1964 figure sur la pierre sinon, comment aurions nous pu vivre sans avoir lu ce tiers de couronne de sonnets contemporaine (il faut bien trouver un genre à cette oeuvre).

Quelque chose me dit que l'auteur a caché un message sous cet ensemble de sonnets mais si c'est le cas, la subtilité m'échappe.

Archibald...un peu toujours hors des sentiers battus, de la recherche et du travail, un soupçon de rébellion vis à vis des règles, et ça me plaît.


Cristale

Avec les fleurs...🌹🌹🌹🌹🌹

   Lebarde   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Archibald

En EL j'étais passé sans m'arrêter sur ton poème, il faut croire, un peu rebuté par sa relative longueur. En fait il n'ai pas long du tout à la lecture.

J'y reviens dès ce matin, car après un peu de réflexion et d'attention ... il est superbe ton poème!

Avant de me laisser influencer par les autres commentaires que je lirai plus tard, je te livre tout brut le mien.

Hormis le clin d'oeil au film que chacun relèvera, je trouve que tu as traité ton sujet avec une grande maîtrise, une ironie acide et un humour grinçant remarquables.

"Mariage pluvieux"

Contrairement au dicton : "Mariage pluvieux, mariage heureux", ton sonnet néo-classique en hexasyllabes d'une grande pureté condamne sans espoir cette malheureuse mariée.
Son mariage fait figure d'enterrement. On y "Sonne le glas", "Elle se sent bien seule", "Sa robe blanche lui / Semble être un linceul".

C'est triste, c'est sombre mais c'est voulu et superbement écrit, j'ai beaucoup aimé.


"Enterrement du père Noël"

Le sonnet en alexandrins bien rythmés ( classique ou néo-classique, à vous de jouer et de juger, les spécialistes!) est très cruel pour les enfants et les autres, et sans doute dans les propos, très éloignés de la réalité que la société actuelle de consommation veut entretenir et même développer.
Enterrer le père Noël?
Pensez donc, c'est peut être ton souhait Archibald ( et aussi le mien à coup sûr) mais est-il raisonnable d'y penser et même de l'envisager sans s'attirer les foudres de "Coca cola " et consorts!


"Enterrement de l'alexandrin"

Pour l'enterrer, il fallait d'abord le tuer comme tu as su le faire, volontairement mais aussi assez discrètement, en massacrant jusqu'aux dodécasyllabes de ce troisième sonnet dont les vers conservent les rimes mais perdent complètement le nombre de leurs pieds. L'alexandrin: "Il repose à présent douze pieds sous terre".

Tout cela est très bien vu.
Je dis bravo pour l'idée sauf que moi les alexandrins j'en raffole et que je passe mon temps à essayer d'en écrire quelques uns qui ne soient pas critiquables.


"Enterrement de la mort"

En bon poète il fallait bien et c'est tant mieux, que tu reviennes à l'alexandrin le vrai, le beau tel que tu sais le faire en écrivant ce magnifique sonnet classique.( n'y touchez pas les spécialistes: il est pour moi sans reproche!)

Sur le fond, au risque de me tromper, j'esquisse mon idée:

La mort, la vraie, celle avec sa faux, on croit parfois la voir malade, diminuée, sur le point d'être vaincue, au point de perdre son aspect morbide ( la transformation onirique est tellement bien décrite dans les deuxième et troisième strophes....)
Que nenni, cette vision ultime du paradis éternel sur terre est impossible et doit nous glacer d'épouvante.
Il faut nous résoudre à " l'enterrer vivante", la mort , oui mais celle à " la blanche ombrelle"et au "corsage fourni" et surtout pas celle à la faux qui est indispensable à notre condition d'humain, poussière de passage sur terre et dans l'univers!
Enfin c'est ce que j'ai compris!


"Enterrement de l'auteur"

C'est pour moi le sonnet le plus beau tant sur la forme
( heptasyllabes rares et bien équilibrés qui auraient pu être classiques sans les rimes cimetière/irrégulières et gazon/nom)
que sur le fond où l'auteur dévoile délicatement qu'il a enterré sa vie à sa naissance dont la date est gravée sur l’albâtre couverte de lichen. Voilà une conclusion irrémédiable que le sonnet précédent tel que je l'ai compris annonçait sans coup férir!

Merci Archibald pour ce superbe travail que j'ai beaucoup apprécié.

Lebarde bluffé et enthousiaste

   senglar   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour archibald,


Inénarrable !

quintuple chef-d'oeuvre d'humour noir où le mariage annonce les enterrements :
"Sa robe blanche lui
Semble être son linceul"
('un linceul ?)

Le trait d'humour comme un trait d'eau de Seltz vient à chaque fois au dernier vers souligner, surligner et signer le poème tel encore le Z du Renard justicier :

- "Qui n'a d'ailleurs pas trop juré sur son costume"
Dites merci à Coca Cola :)
- "Il repose à présent, douze pieds sous terre"
'Hé' 'hé 'Hé' 'hé 'hé' 'hé' 'hé' 'hé 'hé' 'hé' 'hé 'hé'
- "Et nous dûmes nous résoudre à l'enterrer vivante"
Oh la pulpeuse !
- "La suite sous le lichen"
Eh Oui encore des vers (OK je sais... bof)

Un excellent moment, un humour à l'égal de "Noblesse oblige" qui fait se sentir intensément vivant et agoniser la Camarde.

Mon choix : "Enterrement de la mort"

Quelques broutilles : "Je n'ai pas de remords que.../ le bouillon d'onze heures/ Sa voix ne sonnait plus comme de profundis", vétilles maiiis...


Quoi qu'il en soit Merci à vous, infiniment pour cet ineffable moment :))


senglar
:)))

   STEPHANIE90   
18/8/2019
Bonjour Archibald,

Un mariage et quatre enterrements. Plutôt cinq pour moi mais bon, je ne connais pas la mariée donc. LOL
Je n’écris que parce que pour une fois, je n'ai rien à dire. Mais alors vraiment rien. Si ce n’est que je ne saurai dire si j'aime où pas ??? Je n'en reviens pas moi-même, je me sens complètement idiote après ma lecture. Incapable de dire ce qui me plaît où pas, vous pourrez donc allègrement rajouter l'enterrement de mon appréciation à votre, vos poésies...
Donc, si j'ai tenu la longueur, même avec un certain plaisir, je n'arrive pas à traiter le pourquoi du comment. J'ai perdu la boule.
Même plus capable de dire dans quel catégorie ranger vos vers.
Mais je reviendrai vous lire, juste pour voir si je l'ai retrouvé...

Vous l'aurez compris, je ne donnerai pas d'appréciation, j'en suis incapable. Merci pour cette étonnante lecture,
Stéphanie, perplexe

   LenineBosquet   
19/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
J'attends vos poèmes avec impatience, ceux là me ravissent.
Le mariage pluvieux et l'enterrement de l'alexandrin sont particulièrement réussis sur la forme, puisqu'ils s'accordent au fond. Vous avez toujours de ces trouvailles de forme, ici rimes hereros nous dit Cristale ou des vers de 11 et 13 syllabes là (comment qu'on appelle ça déjà Cristale ?), c'est vraiment du beau boulot.
J'émets une réserve de forme sur les deux autres sonnets, le thème, le fond étant excellent, du nanan, car à mon sens il était possible de respecter l'accord des nombres entre les rimes des quatrains.
Merci bien sûr.

   Davide   
6/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour archibald,

Se rire de la poésie, s'en jouer, la tordre et la distordre, lui en faire voir de toutes les d-ouleurs, voilà comment on peut faire vivre la poésie aujourd'hui.
Non, il n'y a rien à enterrer dans cette mini-couronne de sonnets, ni les jeux de mots, ni les antithèses et prothèses... de pied, ni les alexandrins ayant perdu pied, six pieds sous terre.
J'ai pris mon pied... et celui du Père Noël avec. Désolé !

Merci du partage,

Au (grand) plaisir de vous relire,

Davide

PS : J'avais beaucoup aimé "Autoportrait aporétique" et "À rebrousse-temps"... entre autres. Oui, je dois vous l'avouer, je suis un grand fan des zeugmas... entre autres. :p

   Bastien   
8/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel superbe voyage! Parfois un chemin de fer dans la tundra qui glisse sur la neige, parfois une route de montagne irrégulière et splendide, parfois on prend le chemin à rebours, on revient sur nos pas. Qu'est ce que c'est bon de voir un si large vocabulaire se languir tranquillement et avec une telle fluidité dans le fil de vos poèmes. Et manier la rime ainsi sans être jamais pédant c'est bien agréable, un peu de sarcasme toujours dans la mesure : terrible coktail dont je vous remercie chaudement de m'avoir laissé apprécier les parfums.


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