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Poésie contemporaine
archibald : Vocalises
 Publié le 29/10/16  -  21 commentaires  -  903 caractères  -  383 lectures    Autres textes du même auteur

“A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles.”


Vocalises



Trouver les justes mots de l’âme,
Résoudre l’antique problème,
C’est le sort tragique et sublime,
Le dérisoire espoir de l’homme
Qui n’existe que par sa plume.

Des arpèges de sa guitare,
Il cherche à percer le mystère
De ce chant sacré qui l’attire
Où dissonent pourtant pléthore
D’hiatus et d’appoggiatures.

De métaphore en périphrase,
De synecdoque en catachrèse,
La narration s’allégorise
Par de menus fragments de prose
Qu’il assemble par mainte ruse.

Il agence des rimes plates
Qui bizarrement se reflètent
Selon ce principe insolite,
Afin qu’aux cieux s’élève et flotte
L’allegretto d’un air de flûte.

Hélas ! Sa muse qui s’emballe
De procédés en ribambelle
Ne produit qu’un art malhabile,
Et son rêve, triste symbole,
Meurt en crevant comme une bulle.


 
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   Raoul   
6/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un écrit intéressant, je trouve. Élégant.
Justement, la ref. rimbaldienne foutait cul par dessus tête la poésie de grand-papa en introduisant musique et synesthésie… Du coup, je trouve l'exercice presque un peu trop "daté" ne serait-ce qu'avec l'usage un brin envahissant des inversions que le cours naturel n'emploie (plus) jamais.
Le travail sur les sonorités et les assonances est de belle qualité en tous cas.
Et puis, que voulez vous, lorsque je croise " synecdoque en catachrèse," dans le même vers, je le sirote. Ça veut dire quoi, au fait ? ;-)
Mélodique et intrigant projet d'écriture qui va jusqu'au phylactère, si je ne m'abuse, j'ai aimé.

[P.S. : Pourquoi le proposer en labo. ?]

   dom1   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Rien n'est plus difficile d'écrire sur l'écriture en donnant envie d'être lu. Vous y parvenez. Bravo.

   Vincendix   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Archibald,
L’écriture est soignée, la forme choisie permet une lecture fluide… mais la présence de mots alambiqués gâche un peu le plaisir.
Quant au sujet, maintes fois versifié, il a toujours sa place en poésie, le lecteur étant également auteur retrouve ses propres réflexions et ses soucis.

   Annick   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le deuxième quatrain me semble en trop puisqu'il ne s'agit pas d'écriture mais de musique.
Je regrette déjà ce commentaire un peu abrupt d'entrée car je trouve votre poème magnifique tant par le fond que par la forme.
Voici le quatrain que j'ai préféré pour l'image du dernier vers :

Hélas ! Sa muse qui s’emballe
De procédés en ribambelle
Ne produit qu’un art malhabile,
Et son rêve, triste symbole,
Meurt en crevant comme une bulle.

Que dire de plus puisque vous avez trouvé les mots justes !

Merci pour ce beau partage ! :-)

   papipoete   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour archibald,
comme le ténor qui place sa voix avant un récital, le poète aiguise sa plume sur un bout de papier ; gratte à l'encre tels arpèges, métaphores et simulacres de rimes ; bute contre le fourbe hiatus, et bientôt s'envole comme une bulle de savon ... qui éclate, ratée et retombe au ras de l'inspiration ! Ce matin la muse n'est pas prête à décoller pour un " allegretto " ; le poète peut ranger au plumier sa " sergent-major " .
Des " mots savants " parsèment votre texte, et bien que pour certains je n'en sache le sens, ils ne ralentissent pas la lecture de ces vocalises .

   MissNeko   
31/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des mots justes et bien choisis pour desservir ce poeme sur l écriture.
La forme choisie sert parfaitement le sujet.
Coup de coeur pour :


Trouver les justes mots de l’âme,
Résoudre l’antique problème,
C’est le sort tragique et sublime,
Le dérisoire espoir de l’homme
Qui n’existe que par sa plume.

Édit : shame on me ! Honte à moi etc ... je n avais pas vu le jeu en babebine !! C'est encore plus admirable.

   LenineBosquet   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
En général je n'aime pas vraiment la poésie qui parle de la poésie
mais je dois dire qu'ici vous vous en sortez plutôt bien.
L'usage de mots rares et savants, du jargon de poète quoi, est agréable.
Mention particulière pour la dernière strophe, très réussie.
Merci.
P.S : Je viens de lire les autres commentaires éclairants, je n'avais pas vu les rimes babébines, que pourtant j'adore! Excellent travail. J'en relève
mon appréciation.

   Arielle   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà la suite tant espérée de "l'art de la rime" qui avait fait la quasi unanimité des commentaires et m'avait cloué le bec d'admiration.
Tout aussi habile et flirtant tout aussi délicieusement avec l'autodérision, l'originalité du système de rimes, le "principe insolite" de ces vocalises a bien failli m'échapper tant je me laissais aller au plaisir de ma lecture !

   Anonyme   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le "a, e, i, o, u" se retrouve - dans l'ordre - à la fin de chaque vers (à la rime). Je trouve ce système tout à fait ingénieux.

"a" pour "âme" (âme)
"e" pour "ème" (problème)
"i" pour "ime" (sublime)
"o" pour "omme" (homme)
"u" pour "ume" (plume)

Et ainsi de suite, dans chaque quatrain.

Un grand bravo !

Wall-E

   Anonyme   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut archibald... Je me demandais ce que faisaient en incipit les voyelles de Rimbaud... et puis la lumière fut ( merci Arielle et Wall-E ! )
Au delà de cet artifice fort bien venu, j'ai particulièrement apprécié (après consultation du dico ) ce passage :

D’hiatus et d’appoggiatures.

De métaphore en périphrase,
De synecdoque en catachrèse

Il fallait oser et surtout placer ces mots un peu tordus mais bien français.
J'ai parcouru ce poème en mode humoristique et non point en mode tragique et c'est un régal !
Merci archibald et encore bravo...

   Anonyme   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Originalité du fond, quand même, et performance de la forme rendent la lecture de cette poésie intéressante et plaisante, amusante comme la dernière strophe " Hélas ! Sa muse qui s’emballe
De procédés en ribambelle
Ne produit qu’un art malhabile,
Et son rêve, triste symbole,
Meurt en crevant comme une bulle."

   Robot   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Avoir rassemblé ces mots de la technique littéraire sans rendre le récit ennuyeux est une belle performance.

"Hélas ! Sa muse qui s’emballe
De procédés en ribambelle
Ne produit qu’un art malhabile,
Et son rêve, triste symbole,
Meurt en crevant comme une bulle."

Balle - belle - bile - bole -bulle
L'effet scandé des vers allitérés est un plaisir à l'oralité notamment sur cette strophe.

   Proseuse   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Archibald

Quant à la forme, le fond et même l' ingéniosité vraiment, je n' ai rien à y redire, pourtant depuis tout à l' heure, je vous lis et vous relis comme si il me manquait un p' tit quelque chose .. je pinaille allez-vous dire ? peut-être bien ! Je pense pourtant qu' il me manque dans votre poème, un p'tit chouilla d' émotion ! ma Raison en vous lisant est tout à fait satisfaite ... ma petite folie qui est toujours aux aguets .. reste un peu sur sa faim !:-))
Mais votre texte est très beau ! Merci

   Marite   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
C'est en parcourant les commentaires que je découvre l'originalité de ce poème et c'est assez amusant et très intéressant.
Une consonne différente est associée à la succession des voyelles a, e, i, o, u dans les rimes de chaque strophe:
- "m"
- "r"
- "s"
- "t"
- "l"
De plus, bien que l'expression soit fluide j'ai dû rechercher le sens de trois mots : appoggiatures, synecdoque et catachrèse. Bon ce n'est pas de trop étant donné la clarté de l'ensemble.

   jfmoods   
30/10/2016
Placé sous un haut patronage porteur de créativité (entête rimbaldien), ce poème de cinq quintils en octosyllabes, qui procède par glissement assonantique alphabétique, s'apparente pourtant, par le choix de son titre ("Vocalises"), à un simple exercice d'échauffement pour la voix.

À l'origine, le poète (périphrase : "l’homme / Qui n’existe que par sa plume.") s'accompagne d'un instrument à cordes, la lyre - ici présentée dans un cadre modernisé - pour ornementer sa déclamation ("Des arpèges de sa guitare"). La tâche à laquelle il s'attelle est rude, le défi particulièrement relevé (formes infinitives : "Trouver les justes mots de l’âme", "percer le mystère / De ce chant sacré qui l’attire"). S'il dispose d'une panoplie impressionnante de moyens pour y parvenir (recours à bon nombre de figures de style, "procédés en ribambelles", panachage des genres littéraires) et d'une certaine habileté (hyperbole : " mainte ruse"), il est cependant condamné à l'échec (adjectifs qualificatifs : "tragique", "dérisoire", "triste", interjection : "hélas !", groupe verbal : " dissonent... pléthore / D’hiatus et d’appoggiatures", "personnification : "sa muse qui s'emballe", locution restrictive : "Ne produit qu'un art malhabile", comparaison : "en crevant comme une bulle.").

Le lecteur ne peut s'empêcher de sourire en considérant la quatrième strophe. Il lui semble bien, en effet, déceler une mise en abyme du texte, le poète décrivant, au fil du quintil, la méthode employée pour mener à bien son entreprise (adverbe : "bizarrement se reflètent", démonstratif : "ce principe insolite"). Peut-être entend-t-il, en portant ce regard-là sur son travail, désacraliser le projet poétique dans son ensemble.

Merci pour ce partage !

   Curwwod   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un jeu très savant sur des "rimes" qui ne riment pas. On retrouve dans chaque strophe et dans le même ordre des manières d'assonances qui ont certainement nécessité beaucoup de reflexion et de patience.
Ainsi pour le premier de chaque strophe :
Ame/are/ase/ate/ale
pour le second :
ème/ère/èse/ète/èle
ainsi de suite en conservant d'une strophe sur l'autre le même son consonantique et la même voyelle.
Le fond ne m'a pas arrêté outre mesure, mais je salue volontiers l'exercice de virtuosité que vous nous offrez.
PS : n'ayant lu les autres commentaires qu'après coup, je me rend compte que ce bel exercice fait l'unanimité.

   Cristale   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Archibald,

J'adore ce que je viens de lire ! Quand la poésie se laisse si joliment travailler mon plaisir est décuplé et je me régale de ces mots dont je fais ma gourmandise de ce samedi soir :

"Où dissonent pourtant pléthore
D’hiatus et d’appoggiatures.

De métaphore en périphrase,
De synecdoque en catachrèse,
La narration s’allégorise"

J'imagine l'auteur attentionné sur sa page, comme une brodeuse sur son ouvrage : le plaisir du travail bien fait et le plaisir tout court que je ressens moi-même à la lecture de ce poème.

Délicieux !!!

Il joue avec ses gammes
Pour nous offrir des thèmes
Où les mots à la rime
Dansent au métronome
De son art qu'il assume.

Cristale

   luciole   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Moi ça m'a rappelé Tristan Derème, un poète bien oublié, snif
Il aimait bien ces jeux poétiques. Donc point de vue "modernité" ben c'est pas trop ça. Mais pour ce qui me concerne c'est tant mieux car j'aime aussi beaucoup les formes anciennes.
En tout cas c'est fin, intelligent et j'aime.
16/20, admis.

   Vincente   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Archibald,

J'ai beaucoup aimé l'ensemble du poème, depuis l'intention de l'exercice de style de la construction, la formulation des images qui dès le premier vers s'affirme en mots justes, joliment dits : "Trouver les mots justes, / résoudre l'antique problème", jusqu'à la très bonne dernière strophe. D'autant que la lecture est aisée et que l'on ne sent aucun trait forcé pour rentrer l'objet littéraire dans les contraintes fixées. Je salue avec mes confrères lecteurs la qualité de l'exécution.

Ce qui m'a posé par contre question et dont je n'ai pas trouvé de réponse, ce sont ces deux points.
Dans l'exergue, pourquoi les voyelles énoncées presque alphabétiquement s'inversent-elles pour le U et le O ?
Pourquoi sont-elles associées à une couleur. J'y avais vu l'expression d'une corrélation entre les vibrations respectives qu'elles représentaient pour l'auteur ; ainsi je percevais les mêmes longueurs d'onde du A avec Noir, du I avec Rouge et même du E avec blanc (qui pourraient être aussi bleu pastel clair). Mais le O est pour moi Jaune ou Marron et le U est plus Bleu nuit ou Mauve. Je ne pense pas que ces perceptions soient subjectives, elles sont le fruit de concordance de longueurs d'onde, principes régissant les harmonies. Il se peut malgré tout qu'il ait quelques différences d'interprétation du ressenti selon les outils de réception ou d'analyse de chacun.
Ce qui m'a étonné, c'est que je n'ai pas retrouvé dans les mots ou dans les sens de vos vers, une justification ou un rappel de cette intention initiale. D'ailleurs y avait-il intention sur ce plan ?

   Anonyme   
29/10/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Je ne suis pas emballé du tout par cet exercice.

J’admets d’entrée de jeu que je ne suis peut-être pas capable de goûter sa saveur que beaucoup d’autres ont par contre appréciée. En effet, pour ma part cela me laisse complètement froid.
Autant sur la forme que sur le fond. Bien que ça coule bien.
Je pense qu’aujourd’hui la langue, et même le langage ne sont plus l’objet du poète contemporain moyen (ou vivant …).
Si le langage a encore un intérêt en poésie, c’est soit d’aider à dire quelque chose du réel, soit d’ajouter quelque chose au réel...disons dans ce cas une représentation nouvelle.
Or ici je ne vois qu’un jeu de langage...pas de poésie, car au final que dites-vous - à la limite que c’est vain comme la bulle qui crève ? Qu’inventer vous (qui soit autre chose qu’artificiel) ?
Désolé, et peut-être bien que je suis définitivement perdu pour la poésie passée, contemporaine ou future, ou que je suis trop obtus...mais enfin je n’aime pas ce genre de texte.
Je préfère voir les enfants faire des bulles de savon, et moi de même.

Très cordialement

Corbivan

   Arsinor   
4/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
N'allez pas confondre poésie avec un amour de rimer, disait Boileau, si tu me permets cette périphrase-par-manque-de-mémoire.

Ton texte est limpide, parfaitement honnête, ce qui est remarquable en soi dans le cadre d'un Internet truffé d'obscurités ésotériques. J'y vois de la lumière. Après l'albatros bizarre et recherché voici quelque chose de classique, qui coule facilement et ne recèle pas moins de science, et même un petit peu plus. L'albatros est accroché à un texte qui lui fournit son argument et son déroulé, ici l'intertextualité est remplacée par une thématique assez banale.

La manière plutôt que la matière ! dit le classicisme.

Mais dis donc, archibald, tu n'aimes pas les appogiatures ? Tu ne sais donc pas que Mozart, le plus classique des auteurs du classicisme, en utilise dans tous ses mouvements ? Ce qui rend d'autant plus classiques au sens de la simplicité les phrases qui n'en ont pas.

Le poème n'est pas éloigné du jeu de lettres de l'Albatros et de la Sterne, puis nous lisons AEIOU à chaque strophe et MRSTL d'une strophe à l'autre. Faut-il trouver le mot manquant ? Maresitolu peut-être ? Ah ah. Aussi le sujet centré sur le travail du rimailleur a priori ennuyeux s'en trouve magnifié.

L'allegretto d'un air de flûte est beau à mes oreilles, cela fait dix ans que j'écris sur la musique et je n'avais jamais pensé à cette construction : l'allegretto de. Ce tempo est d'autant mieux choisi pour l'esprit général du texte que c'est le plus lent des mouvements rapides. Un largo ou un presto, on n'aurait pas compris.

Les strophes extrêmes sont tristes et modestes... L'antique problème est presque évité ici car tu parles de la difficulté de le résoudre sans répondre à la question et c'est pourtant sa muse, je pense, renonce à rester en sa compagnie. En fait, l'antique problème est dédoublé par le fait que le poète s'attriste de ne pas pouvoir le résoudre, c'est une distanciation que l'on retrouve dans le principe du poème. Ce poète n'existe que par sa plume et tente l'équation cachée.

J'admire les rimes plates (rampantes ?) qui suscitent quelque chose en haut dans le ciel. Peut-être que ce poète résout un problème divin. Et que, interprétation abusive, les dieux le remercieront en donnant un coup de main pour l'antique pb.

Un moins : quoique tu utilises à bon escient un certain nombre de clichés, il n'y a pas de formulations radicales. Tu travailles tout gentiment.


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