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Poésie contemporaine
Arielle : Hopper, le voyage
 Publié le 19/11/15  -  15 commentaires  -  655 caractères  -  361 lectures    Autres textes du même auteur

Un voyage en train durant lequel il m’a semblé croiser le regard mélancolique d’Edward Hopper…


Hopper, le voyage



Accoudé à ce bar du wagon-restaurant
tu regardes courir
sautillant sur les champs
une portée de fils happée par un hoquet

L’échiquier du comptoir
chaume et coquelicot
en croisant son reflet pousse sur un plateau
les cafés en troupeaux

Des visages figés mastiquent leurs vertiges
coude à coude l’œil morne
ils touillent un naufrage
au fond d’un gobelet de carton sirupeux

Hopper
en partageant avec eux ce voyage
leur mutisme éloquent
leur languissant exil
tu étires le temps
pensif entre deux gares
et l’ennui s’éternise au bout de ton pinceau


 
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   Vincendix   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
A part le premier quatrain, ce texte est un tableau un peu surréaliste, ce n'est pas le style d'Edward Hopper, il me semble.
L'ennui se ressent dans ce wagon-restaurant où les cafés se retrouvent en troupeaux sur un plateau, (belle image)

   Anonyme   
2/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne suis pas allée rafraîchir sur wiki mes souvenirs des toiles de Hopper. Pourtant, le premier vers déjà, l'image d'un personnage accoudé à un bar a réveillé la vision que j'en garde.
De même que ces deux vers :
Des visages figés mastiquent leurs vertiges
coude à coude l’œil morne
également avec :
leur mutisme éloquent.
Tout comme le dernier vers :
et l’ennui s’éternise au bout de ton pinceau.
Merci, donc, pour avoir su évoquer avec justesse, à mon sens, l'univers particulier de Hopper.

   Anonyme   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je pense à des regards croisés…et c’est assez ambitieux de vouloir rendre compte à la fois d’une peinture et du regard d’un voyageur en train. Cela demande déjà un œil d’artiste et de plus une écriture d’une subtile intelligence.
Ce qui est sûr c’est que vous donnez envie de regarder les toiles de ce peintre comme on prendrait un train pour un territoire inconnu, et pourtant déjà vu, dans un temps élastique entre deux étapes de ces voyages qu’on a peut-être tous connu, mais en digne poète(sse) vous ravivez notre regard ou notre envie de percevoir ce qui se situe au-delà du seuil de cette immobilité en mouvement.
Je ne comprends pas 'fils' dans : "une portée de fils happée par un hoquet"

Bravo.
A vous relire.
Cordialement.

   mina   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Oui, incontestablement il y a un style Hopper, une peinture de la solitude, de l'immobilisme , du temps que semble se figer, des yeux mornes... Vous avez choisi les bons mots pour décrire l'atmosphère particulière qui émane de ses peintures... J'aurais personnellement accentué le côté contraste des couleurs ,
J'aime particulièrement " et l'ennui s'éternise au bout de son pinceau"
Merci à vous.

   Anonyme   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Arielle... Etrange petit poème qui n'inspire pas vraiment la gaité mais Hopper oblige ! Un voyage ferroviaire qui m'aura permis de découvrir ce peintre que je ne connaissais point mais dans ce domaine (comme dans d'autres !) ma culture est assez limitée.
J'ai fini par aimer ce wagon-restaurant où je t'imaginais avec ce café sorti du troupeau et te morfondant entre quelques mastiqueurs de vestiges... Garçon, un vestige s'il vous plait !

Le vers final résume assez bien ce décor..."et l’ennui s’éternise au bout de ton pinceau"
Bref, nous voilà arrivés à destination et tout compte fait j'ai fait bon voyage et de plus augmenté mon bagage culturel !
Merci Arielle... la mélancolique

   lala   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Arielle,

Hopper peint le silence et le vide.
Il peint la lumière, le contraste, les couleurs fortes.
Hors du train, ça court et ça sautille.
Alors qu'à l'intérieur, c'est « figé, morne, languissant ».
Chaume, coquelicot, couleurs l'une douce l'autre vive, troupeaux, mais ne nous trompons pas, ce n'est qu'un reflet, la lumière joue des tours, et à l'intérieur, s'il y a beaucoup de personnes, coude à coude, chacune est enfermée dans sa solitude.
On a l'impression que le temps file dehors et qu'il est suspendu à l'intérieur.
La vitesse du train, l'ennui dedans, l'attente.
Qui « s'éternise au bout de ton pinceau ».

   Meaban   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J aime les trains, Hopper et la dolence de cet ouvrage , j y distingue même les couleurs de sa palette. Pour ma sensibilité l évocation des fils le long des voies m a particulièrement touché

   phoebus   
19/11/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Des mots pour démonter la peinture de Hopper: la poésie des tableaux s'est glissée dans ce poème.
Hopper semble avoir peint une réalité cinématographique dont les mots, à leur tour, se sont chargés et le rendu est d'une lucidité glaçante, sans concession.

   Anonyme   
20/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Image hoppérienne, je ne sais pas , mais en tout cas un texte qui tisse habilement les reflets sur la vitre du wagon restaurant, les glissements sémantiques du dehors et dedans. Le rythme aussi convient parfaitement au sujet: le vers file jusqu'à l'étirement et l'ennui

   Francis   
20/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les voyageurs sont immobiles comme des pantins de cire mais de l'autre côté des vitres, les paysages défilent. Sur la portée de fils, le bruit répétitif des rails d'acier comble le mutisme éloquent. Le tableau a figé cet instant entre deux gares, ce temps qui s'étire. Le dernier vers achève de belle manière le voyage dans le monde d'Hopper.
Merci pour ce partage.

   Coline-Dé   
22/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le train que ce poème me fait voir est vert, comme l'étaient les anciens wagons et de cette couleur un peu éteinte qui règne dans les tableaux de Hopper...
J'ai beaucoup aimé la belle image de ces portées de fils happées par un hoquet !
Les visages figés, le carton sirupeux, l'oeil morne, quelle traduction en mots de ce que l'on ressent devant les tableaux de ce peintre cafardesque !
Je me suis interrogée sur qui est pensif ici : "tu étires le temps
pensif entre deux gares" Le temps ? Un temps pensif, c'est joli, mais je penche plutôt pour le peintre !
Encore une fois, bravo Arielle, je suis chaque fois séduite !

   Mauron   
23/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beau texte évocateur et paradoxal; que faire? Peindre et donc figer, ou bien durer et vivre en mouvement?... Les deux à la fois. Hopper est vu et Hopper voit. En voyant, il montre et se montre. Beau projet! J'adore "une portée de fils happée par un hoquet", ce double mouvement du train et des fils télégraphiques qui est aussi musique et promesse de musique. En général, les images sont à la fois originales et justes: "ils touillent un naufrage
au fond d’un gobelet de carton sirupeux". Très bien! Comme Coline-Dé j'aime beaucoup l'ambiguïté de la fin: ce "pensif" qui peut se rapporter au temps comme au "toi".

La deuxième strophe me semble la moins aboutie, mais reste prometteuse: je vois bien cet échiquier qui "croise son reflet" (ou plutôt ses ombres) et c'est pas mal de comparer les tasses de café à des pièces d'échecs. Mais cela reste un peu abstrait et mental, pas de vraie évidence dans cette analogie.

La fin est presque un peu trop attendue et classique et l'alexandrin final qui solennise et boucle la chute du poème a un côté un peu trop "beau pour être vrai", mais c'est tellement juste, cette utilisation du verbe "s'éternise", qu'on se laisser "happer"... Par quoi finir, par le pinceau ou bien l'éternité?

   Anonyme   
24/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle description d'un tableau qui est - aurait pu être ?!? Un beau voyage en tout cas, emprunt d'une note de nostalgie qui n'est pas pour me déplaire. On se croirait retourné à une époque, à la rencontre de Hopper, et faire partie du tableau, pour l'éternité, au beau de ce pinceau conduit par le génie...

Wall-E

   Arielle   
25/11/2015

   Curwwod   
27/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un de ces poèmes qui sous une apparente simplicité livre au lecteur des flashes construits de façon très visuelle et très savante au point d'être qualifiée de surréaliste. Toute la difficulté réside dans cette façon minimaliste de parler d'une atmosphère, d'évoquer des personnages jusqu'à leurs pensées ou leur humeur. Le rythme est très évocateur des senstions que la voyageuse peut éprouver dans ce trains, les cahots, les paysages, les compagnons de voyage. Le ton est désabusé et rend compte d'une réalité si quotidienne qu'on pourrait la croire figée.
C'est vraiment un très beau texte.


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