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Poésie néo-classique
Beaumarin : Tenebrae
 Publié le 04/02/26  -  8 commentaires  -  708 caractères  -  107 lectures    Autres textes du même auteur

Du nihilisme.


Tenebrae



Je me souviens de lui, navire abandonné ;
Sans étoile voguant sur des mers de mélasse,
Sa coque, en se mouvant, comme un souffle qui passe,
À peine remuait le couloir sillonné.

Jamais sur son chemin l’orage n’a tonné.
Pas un flot de chaleur, pas un amas de glace,
Dans le vide alentour n’a laissé une trace ;
Il naviguait tout seul, à demi étonné.

Et pourtant une nuit, parcouru d’un vertige,
Le vaisseau entreprit son ultime voltige
Et sombra pour toujours et sans rien émouvoir.

Quel instinct révélé par l’absence de plage
Fait qu’un tel équipage, ô jadis plein d’espoir,
Décèle un gouffre noir et le prend en rivage.


 
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   Lebarde   
27/1/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
La métaphore, assez courante, du navire pour parler ici d'un personnage marginalisé, sans foi ni loi, sans valeur morale, sans idéal, dont l'existence solitaire soutenue sans doute par la mélasse alcoolisée, et après une "ultime voltige", "sombra pour toujours et sans rien n’émouvoir," dans "un gouffre noir", les "ténèbres" éternelles.

Ola! matelot sans âme ni vertu, arrête moi dans mon délire qui n'a peut-être rien à voir avec la pensée de l'auteur(e)...Qu'importe si je me trompe c'est ce que j'ai perçu et ressenti.

J'ai lu sans déplaisir ce sonnet chargé de poésie, qui n'aura pourtant pas droit au classique revendiqué pour deux ou trois hiatus sournois oubliés ici ou là.
Dommage.

En EL

   Donaldo75   
29/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Sympa, ce poème. L’usage des alexandrins au rythme régulier va bien avec le thème et donne de la fluidité dans une lecture classique ; le seul bémol réside dans les trois hiatus qui vont probablement empêcher la publication dans la catégorie classique si ce poème est retenu. La rime est franchement réussie. L’ensemble est fluide. Pour dépasser la seule forme, j’ajoute dans ce commentaire comment j’ai perçu l’usage des allégories, un effet de style qui imprime une tonalité aboutie à ce poème : le navire image la vie humaine, l’ennui, la fin dans le tragique, avec des éléments lexicaux adaptés et forts. C’est ce côté sombre qui rend le poème fort à la lecture.

   Provencao   
4/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Beaumarin et Bienvenue.

Plusieurs lectures pour mieux m'imprégner de votre poésie.

J'y ai lu un désenchantement et un vertige moral fort. Un accent fort de l'ennui se traduisant en un boulet d'éveil, d'entrave et de malheur en ce couloir sillonné.

Ivan Aleksandrovitch Gontcharov-Oblomov disait : « Mais sais-tu ce que c’est qu’un “autre” ? »
À mon sens cette citation reflète tout à fait cette mélancolie, cette désillusion et ce découragement moral.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Boutet   
4/2/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Un sonnet que j'ai du lire plusieurs fois pour en comprendre le sens profond et encore je n'en suis pas sûr.
Disons que la métaphore marine du début à la fin du poème finit par semer le doute au lieu de l'expliquer.
Si l'on ramène l'ensemble à une personne (avec l'exergue) c'est un peu plus compréhensible.
Beaucoup trop de hiatus à mon goût même en néo et j'aurais mis" et le prend pour rivage au dernier vers."
Dans l'ensemble un sonnet nettement perfectible.

   Robot   
4/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J'ai rapidement conclu que ce navire était la métaphore d'un être perdu, livré à lui même. Une métaphore bien mené du début à la fin qui suggère peut-être une mort volontaire.
De bonnes rimes mettent en valeur l'ensemble du poème.

   Polza   
4/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Quand je pense nihilisme, je pense The Big Lebowski et je rigole tout seul.
« C'est eux les nazis Walter ? Non Donny ces mecs sont des nihilistes, n’ai pas peur ça craint rien ! »

Toute proportion gardée, votre poème m’a fait penser au bateau ivre de Rimbaud. On y trouve d’ailleurs une certaine concordance lexicale si l’on compare les deux.
mer (mer/mers), flot (flots), noir (noirs/noire), nuit (nuit/nuits), coque (coque), équipage (équipages), gouffre (gouffres), voguant (voguais)

L’exergue nous invite d’ailleurs à lire le poème sous forme d’allégorie, tout comme le bateau ivre peut l’être.

Musicalement ou rythmiquement parlant j’ai trouvé l’ensemble très fluide.

« Et sombra pour toujours et sans rien émouvoir. » j’ai eu le sentiment (peut-être à tort) que la deuxième conjonction arrangeait l’auteur d’un point de vue strictement métrique plus qu’elle ne servait le poème. La construction « et sans rien émouvoir » ne me semble pas heureuse.

C’est un poème plutôt maîtrisé dans son ensemble, même si je regrette qu’en choisissant le sonnet, la forme classique n’ait pas été retenue, cela aurait à mon sens donné plus de force à ce poème. Avec les quelques hiatus, cela m’a donné l’impression que l’auteur n’a pas su faire autrement et s’en est accommodé un peu trop facilement…

J’ai vu que c’était le premier texte de l’auteur sur Oniris, je laisse une bonne appréciation encourageante à cet égard, en attendant de lire d’autres poèmes…

Édition


En repensant à votre poème à l’instant, je me suis dit que si je devais le comparer à un livre, je choisirais « Sur les cimes du désespoir » d’Emil Cioran !

   papipoete   
4/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour apprenti
" Beaumarin et navire abandonné " est-il le fruit du hasard ?
On suit ce voyage sans retour, à bord d'un bateau qui prend l'eau de toute part, sous forme de vinasse devenir mélasse, dont la glu empêtre le capitaine, " la barre toute " vers les abysses de la déchéance.
Un gouffre noir épiait la route de ce Alain Colas des trottoirs, jusqu'à ce que sous lui, la mer se dérobe et l'engloutisse à jamais.
NB bien des métaphores sans jamais évoquer l'ennemi sournois ( la picole ), qui se frotte les mains aiguisant la Faucheuse prête à entrer en scène ; c'est astucieusement amené au point de voir ce Titanic, venir se fracasser à l'étoc du désespoir.
L'ultime strophe avec ce but à atteindre, ( qu'il fallut à tout prix changer de cap ) est fort douloureuse.
le premier tercet est mon passage préféré.
techniquement, des dodécasyllabes presque parfaits, si ce ne sont 3 hiatus ( laissè/u...demi/ét...vaisseau/entr ) dommage !

   LeChevalier   
4/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime beaucoup
Le poème me donne l'impression d'une description d'un événement réel. Il y a des éléments précis, même parfois exprimés négativement (« pas un flot de chaleur, pas un amas de glace ») qui produisent cet effet chez moi. J'aime bien la manière douce dont cette tragédie fantômatique est racontée.

Certains vers me plaisent bien, pris en isolation : « Je me souviens de lui, navire abandonné », « Jamais sur son chemin l'orage n'a tonné », « Le vaisseau entreprit son ultime voltige ». Par contre, je trouve qu'il manque de l'unité à l'ensemble, je veux dire qu'il y a un grand contraste entre les vers inspirés et ceux qui complètent pour arriver au sonnet. Le mot « mélasse » m'étonne à chaque relecture que je fais. Je comprends l'idée, mais j'ai du mal à oublier les connotations moins sérieuses de ce mot.


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