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Poésie libre
BigSur : Sanctuaire
 Publié le 12/12/23  -  5 commentaires  -  1007 caractères  -  134 lectures    Autres textes du même auteur

Une chambre d'enfant.


Sanctuaire



Drame contre drame, oubli contre oubli
les cicatrices du mensonge peu à peu s'effacent
et les griffes ont faim d’une blessure nouvelle

J’ai feuilleté le livre de mes jours
marqué d’un pli les pages tachées
plongé entre les lignes serrées de mes récits
à la recherche de mes souvenirs les plus précieux

Le chant des crapauds et des insectes
les rideaux bleus sur les murs bleus
la lumière azur qui trouve son chemin
sur ton sourire d’opaline

Cette vie n’est plus la mienne
dans cette chambre plus rien ne vient
si ce n’est ma mère en mon absence
pour me pleurer

Mes mains se sont vidées de rêves
et de ce vide qu’ai-je fait
écrit de rage plus que d’amour

Que penses-tu de ce silence
bâillonné et les mains vides
j’avance en tâtonnant dans l’obscurité

Piétinant les rêves qui ont glissé
les grands navires qui jonchent
le lit d’un océan noir de songes.


 
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   EtienneNorvins   
3/12/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J'ai lu votre texte à plusieurs reprises, espacées chacune de plusieurs jours. Mon ressenti est très mêlé, car je n'arrive pas à démêler totalement vos vers.

C'est horriblement beau, voilà le fond de l'affaire.

La mention en exergue puis la mère mentionnée en strophe 4 laissent entendre qu'il s'agit du dit d'un enfant.

En proie à quoi - voilà qui n'est jamais dit clairement : maltraitance (strophe 1) ? cauchemars (strophe 3) ? délires ? folie (strophe 5) ? - voire d'un enfant mort (strophe 4) qui parlerait d'outre-tombe, depuis des limbes qui semblent jouxter l'enfer (strophe 6) ?

Et ce titre, qui demeure énigmatique, par le décalage constant qu'il opère avec le contenu du texte !...

Votre écriture est nette, sans bavure, d'une violence sans fioriture - en cela je trouve qu'elle est très aboutie. Il y a une maîtrise - sans concession à aucun pathos. Chaque strophe est un bouquet d'images saisissantes.

Mais pardon : je ne peux pas aimer.

Mon appréciation signifie donc que cela me touche, me gêne, me gifle, me blesse - à en détester votre texte, mais que c'est bien là, à mon avis, de la Poésie.

[En EL]

   Eki   
4/12/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un sujet souvent exposé en poésie : celui du deuil...mais l'originalité de celui-ci est d'avoir fait parler l'enfant qui n'est plus là...
Lui donner sa voix, le rendre plus présent, qu'il existe !

Un poème délicat, la poésie caresse tous les mots, l'écriture est ici le prolongement d'une mémoire, d'un souvenir, presque d'une lumière qui snobe l'obscurité...
Est-ce cet enfant qui aura le dernier mot contre l'oubli ?

La première strophe est très belle...
Les cicatrices du mensonge peu à peu s'effacent
et les griffes ont faim d’une blessure nouvelle

La douceur ici est comme du vent dans les blés.

   fanny   
12/12/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Je trouve beaucoup de force à cet écrit et certaines parties sont vraiment réussies, le problème est que j'ai un peu de mal à les relier en elles, j'hésite entre le deuil et la maltraitance, peut-être y-a-t il un lien entre les 2 et je ne comprends pas non plus à qui s'adresse le narrateur.

C'est dommage car par ailleurs, certaines strophes sont saisissantes, parlantes et poétiques, mais je regrette de devoir les apprécier un peu indépendamment les unes des autres.

Bonne journée à vous.

   jeanphi   
12/12/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour,

Un réel hermétisme dans le fond du message délivré. Je lis simultanément, l'enfant d'une fausse couche, un enfant de quelques années décédé ou en décompensation, et un adulte devant les souvenirs de sa chambre d'enfant.
Il peut s'agir du chantage émotionnel d'un enfant malheureux et qui cherche à projeter sa mort. Cela diverge radicalement de son absence définitive ou encore de son retour une fois adulte sur les lieux de son enfance.
"Vidé" me ramène à une fausse couche et le discours colle bien avec un parent dans la chambre prénatalement décorée.
"Piétinant les rêves qui ont glissé" ramène à un adulte nostalgique de son enfance.
"Oubli contre oubli" à la tendresse utérine, l'enfant défunt remplacé par un autre ou par l'adulte qu'il est devenu.

Triple mais bonne lecture, pour moi, donc.

   Eskisse   
12/12/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour BigSur,

Je trouve à ce poème une belle tonalité élégiaque; le locuteur semble être dans une totale déréliction.
Je ne chercherai pas à me hasarder à une interprétation concernant le mal dont souffre le locuteur puisqu'il semble que vous ayez fait le choix de ne pas trop dévoiler.
En revanche, le "tu" aurait pu être éclairé.

J'ai été sensible aux images qui sont très originales et participent de la tonalité évoquée ci-dessus.
"les cicatrices du mensonge peu à peu s'effacent
et les griffes ont faim d’une blessure nouvelle"
"ce silence bâillonné" et toute la dernière strophe.

Peut-être la poème aurait-il gagné à être plus précis dans la situation esquissée, peut-être pas.

Merci du partage


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