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Poésie néo-classique
BlaseSaintLuc : Sépia
 Publié le 13/10/26  -  5 commentaires  -  724 caractères  -  104 lectures    Autres textes du même auteur

Entre vision et mémoire, que reste-t-il à la fin ?


Sépia



À l’acmé de nos jours, les cieux luisent, sublimes ;
Des nymphes callipyges montent des griffons,
Parmi les riches décors que les anges font ;
Des éclairs sibyllins surgissent des abîmes.

Belle quintessence pour la grâce des rimes.
Rêves adamantins d’un céleste profond ;
Nos corps virevoltent sur sa toile sans fond ;
Ineffables parfums des êtres équanimes.

Le temps s'est fait sépia sous la feuille dorée ;
Une ombre glisse au loin, par-delà le borée,
Portant l'or éphémère et l'éclat de jadis.

Mais le cœur s'emballe avant sa dernière pose
Et, devant le miroir, dans cette flamme il ose
Raviver ses vieux jours et brûler son hubris.


 
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   LeChevalier   
14/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Je trouve à ce texte un côté très théâtral, très baroque, dans le style des palais bavarois comme la Residenz à Wurtzbourg : il y en a, des angelots, des griffons et des nymphes, en plus callipyges ! Même le vocabulaire est extrêmement affecté (« sibyllins », « quintessence », « adamantins » et j'en passe) : des mots qui ne sont là que pour faire précieux car l'effet pictural est parfois douteux (comme pour les « éclairs sibyllins »). Je suis sensible à la rime « rimes / équanimes », dans la mesure où je l'avais employée dans un de mes textes, publié peu avant que celui-ci ne soit proposé.

Donc d'une espèce de trompe-l'oeil hautement baroque on tombe dans ce qu'on avait oublié du titre : sépia. Il ne s'agit finalement que de photos... Je suis un peu déçu, pour ma part. Je suis plutôt surpris par le dernier mot, « hubris », qui rime à merveille avec « jadis » mais dont le sens me paraît plutôt dissonant ici.

En conclusion, je trouve que ce sonnet est à la fois très démonstratif et peu communicatif dans la mesure où je n'en ai pas saisi la quintessence... On est tenté de croire à une écriture pour l'écriture, un étalage de mots savants sans objectif précis.

LeChevalier en EL le 5 octobre.

   Passant75   
13/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
« Entre vision et mémoire, que reste-t-il à la fin ? » L’exergue ouvre une réflexion sur la fuite du temps, la persistance du souvenir et le désir de raviver un passé désormais inaccessible. Le poème explore ces thèmes à travers une construction qui conduit d’un univers mythologique et somptueux à une méditation plus intime sur le vieillissement. J'ai trouvé cette progression intéressante.

« Le temps s’est fait sépia sous la feuille dorée » est sans doute l’un de ses vers les plus réussis. La simplicité de l’image, sa douceur mélancolique et sa force évocatrice contrastent avec l’accumulation de termes recherchés, voire précieux, tels que « acmé », « callipyges », « quintessence », « adamantins », « équanimes », « borée », « hubris », dont la nécessité poétique ne paraît pas toujours évidente. À force de rechercher l’élévation du langage, le poème risque parfois de privilégier l’effet au détriment de l’émotion.

Cette ambition lexicale contraste également avec une prosodie qui ne semble pas toujours maîtrisée avec la même rigueur, notamment sur le point de la césure à l’hémistiche, comme le suggère le vers « Mais le cœur s’emballe avant sa dernière pose ». Le texte retrouve néanmoins une force plus immédiate lorsque les images deviennent plus concrètes et incarnées, le temps qui se patine, le cœur qui s’emballe, le miroir devant lequel ressurgit le passé.

Au fond, la poésie de ce texte me semble plus réussie lorsqu’elle laisse l’image parler d’elle-même. « Le temps s’est fait sépia » suffit presque à exprimer ce que l’accumulation lexicale a pu tendre parfois à étouffer.

   Curwwod   
13/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Je ne vais pas reprendre ce que d'autres commentateurs ont si bien exprimé quant au choix du vocabulaire employé et à ses effets pervers sur les sentiments que vous vouliez sans doute faire partager et sur la fluidité de la lecture. C'est dommage j'ai bien aimé ce que recèle un titre bien choisi et très évocateur comme ce très beau vers :" Le temps s'est fait sépia sous la feuille dorée ". Je suis partisan de la simplicité dans l'écriture, surtout en poésie, et considère que l'hermétisme est plus souvent nuisible que valorisant pour l'émotion.
Je regrette également les E non élidés à l'hémistiche qui rendent le rythme du vers chaotique ( Des nymphes callipyges montent des griffons,/ Belle quintessence pour la grâce des rimes./ Nos corps virevoltent sur sa toile sans fond ...) le manque d'alternance M/F entre quatrains et tercets et une expression très prosaïque qui tranche avec la tenue générale du poème :" que les anges font ;".
On perçoit cependant un vrai désir de rechercher une forme de perfection que vous atteindrez surement avec peut-être plus d'attention à certaines exigences de la prosodie.

   jf2   
13/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Ici, je n’ai pas pu m’empêcher de lire ce poème avec l’œil du photographe et je n’ai pas été déçu.

Je vois dans ce texte une description métaphorique de la photographie.

J’ai relevé :

Parmi les riches décors que les anges font pour la mise en place du décor du studio photo.

Éclairs sibyllins pour les éclairs de flash.

Le temps s'est fait sépia sous la feuille dorée pour le virage sépia à l’or.

Nos corps virevoltent sur sa toile sans fond pour la toile de fond du studio photo.

Avant sa dernière pose pour le dernier cliché que va réaliser le photographe.

Devant le miroir, dans cette flamme, sans doute pour les miroirs et les lumières du studio.

Un seul reproche, je trouve le décor quand même un peu chargé.

   Provencao   
13/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour BlaseSaintLuc,

"À l’acmé de nos jours, les cieux luisent, sublimes ;
Des nymphes callipyges montent des griffons,
Parmi les riches décors que les anges font ;
Des éclairs sibyllins surgissent des abîmes"

Mon quatrain préféré où se rappeler ces riches décors, permettent de renaître autrement, en l'enrobant d'une affectivité propre." Des éclairs sybillins surgissent des abîmes" dessine ce que le souvenir a d'ambivalent, quand il revient en mémoire...

Au plaisir de vous lire,
Cordialement


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