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Chansons et Slams
Vincent : Dans l'autre monde
 Publié le 14/10/26  -  10 commentaires  -  929 caractères  -  150 lectures    Autres textes du même auteur

Elle était belle et attirante.


Dans l'autre monde



C'est en prenant le dernier train
que tu as vu la mort passer,
elle était belle et attirante,
elle était jeune, elle était gaie,

elle est venue seule vers toi,
tu l'as aidée pour ses bagages,
elle s'est assise juste à côté,
au fond de toi tu étais laid,

elle t'a parlé de ta famille,
tu ne savais quoi en penser,
elle t'a souri encore une fois
et la campagne qui défilait

vous êtes allés au restaurant,
elle t'a même fait des compliments,
un drôle de train, une drôle de femme
qui te montrait qu'elle t'aimait bien

et le convoi roulait trop vite
et la musique lancinante,
t'aurais voulu qu'elle t'explique,
mais elle t'a dit qu'il est trop tard

elle t'a fait danser dans ses bras
et t'es parti dans l'autre monde,
elle t'a promis tu reviendras
peut-être en femme et pourquoi pas


 
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   Pussicat   
28/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Une chanson en six strophes non rimées, au rythme varié, sur le thème de la rencontre avec la camarde, la faucheuse… il existe une forme d'ambiguïté : il n'est pas dit « que tu as rencontré la mort » mais : « que tu as vu la mort passer, ».

*Une sensation a accompagné ma lecture, une sensation d’inachevé d’un vers à l’autre, comme si vous commenciez une idée sans la déployer, comme si vous ouvriez une porte pour la refermer brutalement me laissant au dehors, sur le palier du poème : « elle t'a souri encore une fois / et la campagne qui défilait » ou dans la cinquième strophe « et le convoi roulait trop vite / et la musique lancinante, »,

« vous êtes allés au restaurant, / elle t'a même fait des compliments, » je ne comprends pas la présence de ce « même ».

« elle t'a fait danser dans ses bras / et t'es parti dans l'autre monde, » le passage d’un monde à l’autre est brutal, on ne sait pas les moyens employés. Le convoi roulant trop vite sera sorti des rails ? Le train ne serait-il pas lui même une figure allégorique de cette fin annoncée (?), non puisqu'elle se présente sous les traits d'une femme (?), le train serait le moyen de ce passage d'un monde à l'autre.

Puis vient la promesse d’un au-delà, une autre vie, une réincarnation possible : « elle t'a promis tu reviendras / peut-être en femme et pourquoi pas »

Sur la forme, la ponctuation est présente (virgule), mais pas de point. Je ne sais pas si cela est volontaire pour épouser le fond : le train qui file, pas de point = pas d’arrêt.

Malgré ces remarques (une sensation d’inachevé d’un vers à l’autre*), je trouve un charme certain à cette chanson dont l’écriture n’est pas sensée obéir à une versification stricte. Le titre n'illustre pas le propos, il s'agit d'un passage d'un monde à l'autre.

Commentaires EL

   Provencao   
14/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Vincent,

Heureuse de vous lire...

Dans cet autre monde, bien qu’inévitable, n’est pas une fin de pensée.
Tantôt apprivoisé, cet autre monde nous invite à nous confronter à ce dernier train, à ses limites, et à ses aspirations.
J'ai beaucoup aimé cette " elle" en jolie création, en réflexion personnelle et même de réconciliation?
Dans une société où l’on cherche souvent à fuir la mort, votre poésie nous rappelle qu’il faut peut-être, apprendre à faire vivre cet autre monde.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Marite   
14/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Séduite par cette "chanson" qui n'effraie pas par l'approche de l'échéance inévitable. En somme, une agréable compagnie pour les derniers instants dans ce monde et, l'espérance d'un retour distillée dans la dernière strophe. C'est dommage que nous n'ayions pas la mélodie pour accompagner les mots.

   LeChevalier   
14/10/2026
Comme Marite, je ne vais pas être long. Je n'ai pas aimé ce texte qui, bien qu'il soit présenté dans la catégorie « chansons et slam » manque d'inspiration. En effet, une seule idée -- frôler la mort présenté comme une rencontre avec une femme -- une seule idée donc est tirée dans tous les sens pendant des couples que j'ai trouvés ennuyeux.

Pour vous, c'est une première publication au bout de deux mois. J'espère que votre retour sera aussi intense en commentaires qu'en publications.

Bonne inspiration donc !

   Polza   
16/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai trouvé regrettable que la mort apparaisse dès le début. Je veux dire, c’est la manière que vous avez choisie pour traiter votre sujet, mais j’aurais préféré un peu plus de mystère et être surpris par un twist final qui ferait se rendre compte au narrateur après un long voyage que sa compagne de voyage n’était rien d’autre que la mort en personne…

« elle était belle et attirante,

elle était jeune, elle était gaie, »

Allez savoir pourquoi, j’ai lu ce passage presque en chantant le même air que « Mon légionnaire » de Serge Gainsbourg :

« Il était mince, il était beau
Il sentait bon le sable chaud »

« elle est venue seule vers toi, »

Encore une fois, c’est votre poème, mais que la mort vienne seule me paraît (peut-être à tort) évident, je m’attendais à quelque chose du genre « elle est venue tout droit vers toi » par exemple…

« tu l’as aidée pour ses bagages, »

À part sa faux, je ne sais pas bien ce que la mort a comme bagages à poser. Même s’il faut avoir de l’imagination et voir ce passage comme une métaphore sûrement, cette métaphore ne m’a pas semblé évidente…

« elle s’est assise juste à côté,

au fond de toi tu étais laid, »

Je n’ai pas saisi ce que la précision « au fond de toi tu étais laid » apportait à ce poème, cette chanson…

« elle t’a souri encore une fois »

Vu qu’elle n’avait pas souri jusqu’ici, le « encore une fois » m’a semblé tomber comme un cheveu sur la soupe…

« vous êtes allés au restaurant,

elle t’a même fait des compliments, »

Je n’ai pas compris la causalité dans ce passage, en quoi aller au restaurant ferait que la mort a même fait des compliments ?

« elle t’a fait danser dans ses bras

et t’es parti dans l’autre monde,

elle t’a promis tu reviendras

peut-être en femme et pourquoi pas »

La fin est cocasse, je trouve…

Cette chanson ne m’a malheureusement pas vraiment emballé, j’ai trouvé l’ensemble assez plat et sans images suffisamment fortes pour me marquer (le dernier train/la campagne qui défilait/danser dans ses bras, etc.), j’en suis désolé pour vous, mais c’est le « jeu » aussi de donner un avis sincère dans ses commentaires et de ne pas être complaisant, j’espère que vous ne m’en voudrez point…

   Cristale   
15/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Faut pas trop en demander à une chansonnette qui tourne dans la tête d'un voyageur enkylosé entre éveil rêve et sommeil, devant le paysage qui défile, la tête appuyée contre la vitre d'un TGV lancé à 300 à l'heure (ben oui, en plus il y a un resto dans le TGV).

Il a suffi qu'une femme élégante et mystérieuse se soit installée peu loin et l'imagination a fait le reste pour peu que le "tu" soit quelque peu préoccupé par son propre destin.
C'est ainsi que je vois la scène et je dois dire que Dame Mort a bien belle allure.

À moins que tout cela ne soit qu'un rêve, dans un bon lit, qui s'amuse à se faire un film dans l'autre monde.

Le rythme à huit temps est entraînant, assez dansant, et, forcément, une chanson ne se juge pas comme un poème.

Merci Vincent de nous offrir vos lignes.
Prenez soin de vous.

   Vincent   
15/10/2026

   Passant75   
15/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J’ai été sensible à ce chant qui donne à la mort une apparence séduisante qui accompagne son passager avec une grande douceur. Cette personnification m’a rappelé un de mes propres poèmes, dans lequel la mort était une autostoppeuse, toujours présente, même lorsque la voiture continuait sa route. Ici, le train remplace la voiture, mais la même idée demeure, on avance, on poursuit son chemin, sans pouvoir vraiment échapper à cette présence.

J’apprécie la simplicité des mots, le rythme des quatrains et cette musique lancinante qui installe peu à peu une atmosphère étrange, presque irréelle. La mort ne se montre ni effrayante ni brutale, elle séduit, rassure, puis entraîne son compagnon vers l'inéluctable. C’est une manière originale et troublante d’aborder un sujet grave, avec une certaine tendresse mêlée d’ironie.

Cela étant, la fin m’a laissé perplexe, et même un peu déçu. Après avoir installé cette atmosphère étrange, cette rencontre avec la mort qui avance masquée sous les traits d’une jolie femme, fallait-il vraiment terminer sur l’hypothèse d’une réincarnation, avec cette dernière pirouette sur le fait de revenir en femme ? Je trouve que cette chute affaiblit quelque peu le mystère patiemment construit jusque-là. Le « peut-être » ne suffit pas, à mes yeux, à donner de la profondeur à cette idée. Mais ce n’est que mon ressenti, bien sûr, chacun peut entendre ce chant à sa manière.

   Corto   
15/10/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime beaucoup
La mort "était belle et attirante". Tout est dit.
Le reste du texte met joliment en valeur et en musique cet attrait.

"t'aurais voulu qu'elle t'explique,
mais elle t'a dit qu'il est trop tard". Bien sûr on chemine volontairement ou non, sans retour.

"elle t'a fait danser dans ses bras". Il y a de la séduction.
Qui pourrait prétendre le contraire ?

Beau texte sans prétention qui évoque avec finesse certains moments de l'existence.

Merci

   Donaldo75   
17/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Vincent,

Voici un poème écrit comme une chanson. Il est entrainant, décline avec rythme et images le thème de la mort, sans tomber dans les clichés. Quelque part, il me fait penser à un rêve, celui qu'on a quand on imagine ses derniers instants.

Et j'aime beaucoup la fin.

Bravo !


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