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Poésie contemporaine
Bodelere : Le doux supplice
 Publié le 08/01/26  -  5 commentaires  -  999 caractères  -  91 lectures    Autres textes du même auteur

« Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ? »
Charles Baudelaire


Le doux supplice



Quel est cet éclat d’or que je lis dans tes yeux ?
La promesse d’amour ou le feu de l’enfer ?
Chaque mot que tu dis m’arrache des aveux :
Je suis le prisonnier de ma belle geôlière.

Et tant de jolis mots sur des lèvres souillées…
De cette volupté s’échappe la misère,
Qui réduit à néant ma saine volonté
Et enferme mon cœur sous un halo de pierre.

De ce jeu déloyal, faut-il que j'approuve
Que le joli minois redevienne la louve,
Qui apaise sa proie d’un baiser sur la joue
Et rit de la pitié de la voir à genoux ?

Car de ce doux poison mes veines se nourrissent,
Et je sais que mon sort est déjà corrompu ;
À vouloir du bourreau que jamais ne finisse
Le supplice du corps d'un amour pourfendu.

À l’orée du pardon, lors d’un azur d'étain,
Je n'aurai d'horizon que de prendre ta main,
De te baiser le front, d’essuyer les embruns
Sur mes yeux malheureux et mon cœur orphelin.


 
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   Ornicar   
5/1/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Un titre en forme d'oxymore pour un poème baudelairien par son inspiration, son thème et sa couleur tonale assez sombre. Des amours S.M ? Le sublime de la passion y cotoie la souffrance et la pourriture comme en atteste le choix de nombreux termes : "enfer, prisonnier, geolière, souillées, misère, proie, poison, corrompu, bourreau, supplice". Bien sûr, une telle approche a comme un petit air de "déjà vu" mais ce n'est pas ce qui m'a le plus gêné.

Ce qui m'a le plus gêné, c'est l'écriture. Elle ne me semble pas toujours au niveau de l'objectif affiché : beaucoup trop de "que" et de "qui" - à mon goût personnel - me laissent une impression de lourdeur au point que même le fond et le propos en paraissent parfois obscurcis, et le tableau, trop chargé. En un mot, je n'ai pas vibré d'enthousiasme à cette lecture. Désolé.

   Boutet   
8/1/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
L'amour physique est un doux supplice fomenté par le désir : La promesse d'amour ou le feu de l'enfer ?

L'univers baudelairien est bien rendu même si l'écriture en est contemporaine.

De cette volupté s'échappe la misère.

   papipoete   
8/1/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
bonjour Bodelere
Ce doux supplice est à mes yeux bien abscons, et je me perd dans dans ce monologue, où le bourreau m'embrouille de ses mots pompeux.
Tout juste, vois-je le toréador baiser le front de celui, qui sous son fer bientôt va mourir...
NB que l'auteur me pardonne de bonne heure, alors que je lis et relis ses vers dont je ne capte pas le sel ?
la 3e strophe pourtant me plaît ( la louve et l'agneau suppliant )

   Provencao   
8/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Bodelere,

Mon quatrain préféré :

"Car de ce doux poison mes veines se nourrissent,
Et je sais que mon sort est déjà corrompu ;
À vouloir du bourreau que jamais ne finisse
Le supplice du corps d'un amour pourfendu."

J'ai été par ce passage, fortement confondue, cahotée, cillée, par la perception. Toutes les ardeurs, amour, euphorie, rancoeur, fièvre, sensibilité, excitation, peur, estime et passion, sentiments peuvent démunir notre âme sous l'effet des clichés que nous percevons de l’écriture.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Robot   
8/1/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Je m'en voudrais de réécrire votre texte mais j'avoue avoir été contraint par toute une série de que et de qui dont vous auriez pu aisément vous passer par des formules plus légères pour la souplesse du texte.

Deux exemples:
Quel est cet éclat d’or (que je lis) dans tes yeux ?
Quel est cet éclat d’or LISIBLE dans tes yeux ?

Chaque mot (que tu dis) m’arrache des aveux :
Chaque mot PRONONCÉS m’arrache des aveux :

D'autres possibilités d'allègement existent dans votre texte notamment au troisième quatrain pour permettre une lecture orale moins chaotique.

L'histoire de cet amour torturé y gagnerait


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