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Poésie classique
Boutet : La tolérance [concours]
 Publié le 29/08/26  -  6 commentaires  -  1191 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

« La tolérance est l'apanage de l'humanité. » Johann Wolfgang von Goethe


La tolérance [concours]



Ce texte est une participation au concours n° 42 : La tolérance
(informations sur ce concours).





Que l'homme sorte enfin l'indulgence du rêve !
Le ciel n'a pas créé l'esprit pour se venger,
Aux graines du respect que le pardon s'élève !

Qui refuse d'aimer condamne l'étranger,
Abreuvé par des voix de haine autoritaire
Il ressent sa pensée amèrement changer.

Celui qui sympathise est digne de la Terre,
Sa douceur attendrit l'insensibilité
Et libère du cœur la force humanitaire.

Le juste chaleureux par l'amour habité
Partage son modèle et donne sa noblesse
À celui qui répand même l'adversité.

Bien plus qu'aux vains éclats d'un outrage qui blesse,
Aimons celui qui prend le contraire chemin
Pour que l'altérité des âmes apparaisse.

Avançons sans orgueil en agitant la main,
Que nos buts différents assemblent une chaîne :
La tolérance seule ennoblit l'être humain

Et sa valeur croissant deviendra souveraine.


 
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   Provencao   
14/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour,

Une poésie classique qui m'a bien interpellée, notamment ce 1er vers:

"Que l'homme sorte enfin l'indulgence du rêve !"
Avec ce ton qui invite et que je trouve très réussi.

Belle écriture sur un sujet complexe avec de belles douceurs finement offertes et bien mises en scène.

Bon courage pour le concours.

   rendu   
29/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour

Une terza-rima qui domine bien le sujet du concours. J'aime bien le vouloir de la chaine malgré la divergence des chemins pris. Comme quoi, on peut être d'accord sans sacrifier son âme, c'est cela la véritable tolérance. Mais bon, il y a encore beaucoup de montagnes à gravir pour arriver à un tel sommet.
Le danger des voix qui condamne l'étranger n'a jamais été aussi fort qu'à notre époque et se répand insidieusement dans les esprits manipulés par les médias et partis politiques le plus souvent.
Un bon poème qui explore toutes les pistes de la tolérance comme demandée dans le concours.
Bonne chance.

   Cristale   
30/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
Bonjour,

Quelques tournures donnent aux vers une portée générale et sentencieuse :
"Qui refuse d'aimer condamne l'étranger"
D'autres se présentent en tant qu'injonctions :
"Aimons celui qui prend le contraire chemin"

C'est ce qui m'a gênée à la lecture de ce poème sensé prôner la tolérance mais dont le discours est par trop autoritaire.
Voilà mon avis quant au fond de cette terza rima.

La forme, par contre, est plaisante avec une bonne mise en page qui souligne des alexandrins de bon aloi bordés de bonnes rimes dont les sons é-è-ai- majoritaires, en principe à éviter, allègent ici le propos.

La rime main-chemin-humain est assez quelconque mais bon, 3 rimes banales sur l'ensemble du poème sont acceptables. C'est une fautive qui vous le dit ^^

2 commentaires pour cette terza-rima, c'est trop peu. Je souhaite à son auteur de récolter quelques autres avis pour ce concours.

   Donaldo75   
3/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Grandiloquent mais pas toujours clair. Je le vois bien dans la mouvance de cette vanne du général de Gaulle à l'égard de Malraux: "brumeux, avec des éclaircies". Moi, j'aime bien la brume chez Turner, chez Gainsborough mais ici je la trouve artificielle. Les tournures alambiquées parfois n'aident pas. Le thème ressort de ce fog mais il faut quand même de bonnes lunettes, un parapluie et un ciré.

Bonne chance pour ce concours dont le sujet n'est pas facile et pourtant si universel.

   Cyrill   
18/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
L’émotion passe dans ces vers, parfois injonctifs, souvent sentencieux. Le poème manie surtout des concepts : indulgence, insensibilité, humanitaire, adversité, altérité... sans les frotter au réel. C’est ce qui m’a manqué, d’autant plus que ce n’est pas toujours très clair.
Il y a pourtant de l’énergie dans ce poème.
Je regrette néanmoins ce « En agitant la main », qui me semble faible et peu approprié. Ça me fait l’effet d’un adieu sur un quai de gare. Il s’agirait plutôt de se donner la main, si j’en crois la chaîne évoquée au vers suivant.
Je lis en revanche une belle clausule, qui me réconcilie un tant soit peu avec les quelques réserves exprimées.

   LeChevalier   
20/9/2026
(Commentaire rédigé le 31 août mais publié après la fin du vote, tel quel.)

C'est un poème sous la forme d'un voeu. Nombreux sont les verbes à l'impératif (« Aimons », « Avançons ») et, surtout, au subjonctif (« sorte », « s'élève », « apparaisse »). Ce qui est intéressant, c'est que ces voeux sont entrecoupés par une incise déclarative qui couvre les tercets 2 à 4. Dans cette partie, composée de trois tercets, se trouve de jolis vers comme « qui refuse d'aimer condamne l'étranger » ou bien « celui qui sympathise est digne de la Terre ». D'ailleurs, d'autres vers qui tiennent la route à eux seuls se trouvent plus loin -- j'en relève un : « La tolérance seule ennoblit l'être humain ».

Le poème se ferme sur le vers isolé que la terza rima demande, ici c'est :

« Et sa valeur croissant deviendra souveraine ».

Je le trouve particulièrement intéressant car son verbe est conjugué au futur. C'est l'affirmation d'une foi qui justifie le voeu qui précédait. En effet, on ne fait pas de voeu si on n’a pas la foi.

Le rythme est bon, on sent que l'auteur sait comment créer une mélodie. Mais par contre cela est obtenu au prix de sacrifices dans les choix des mots. Les exemples les plus clairs sont « changer » à la fin du deuxième tercet et « humanitaire » à la fin du troisième. Mon ressenti est que ces mots sont là pour la rime, leur sens ne convient qu’approximativement aux idées exprimées. Pour comprendre la difficulté de l'auteur, il faut avoir écrit des terza rima. Cette forme est assez perverse, car les tercets se terminent par une rime qui est déjà présente dans le tercet précédent... C'est donc difficile de construire chaque tercet à rebours, en partant de sa fin. On est presque obligé à inventer les deux rimes du tercet suivant tout en écrivant le tercet en cours ! Enfin, une forme qu’on a intérêt à fuir.


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