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Poésie contemporaine
Provencao : Entends [concours]
 Publié le 28/08/26  -  8 commentaires  -  1148 caractères  -  134 lectures    Autres textes du même auteur

Poésie sous la forme d'une terza rima.


Entends [concours]



Ce texte est une participation au concours n° 42 : La tolérance
(informations sur ce concours).





Entends dans le souffle de ma parole

La vibration grave de ce drame,

Nous sommes là : avec nos banderoles.


Entends cette colère qui t'enflamme,

Et ce lever de soleil au petit matin,

Nous sommes là : avec cet état d'âme.


Entends et accueille ce lourd chagrin

Dont le rythme vient noircir ton cœur

Nous sommes là : colore ton chemin.


Entends et apprécie le crayon graveur

Des aquarelles légères sur la toile fine,

Nous sommes là : dépose avec ardeur.



Et créer un aplat d'une fleur sans épine.


 
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   rendu   
28/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Bonjour

Franchement, je ne vois pas bien le rapport de ce poème avec le sujet du concours mais peut-être que d'autres verront une corrélation qui me fait défaut. Cette terza-rima contemporaine me fait plus penser à un défilé syndicale qui répète à l'envi Entends.

   Myndie   
28/8/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
N'étant pas une spécialiste de la Terza rima, je ne me prononcerai pas sur le respect du schéma poétique. J'ai simplement trouvé certaines rimes approximatives, et des longueurs de vers irrégulières. Sans doute cela est-il dû à la contrainte formelle.
Sur la cohérence avec le sujet, l'élan donné par les impératifs (« entends », accueille »...) en fait un texte moderne, militant et plein d'énergie.
Cependant, l'évolution de l'ombre vers la lumière, la progression vers l'apaisement et la création artistique se fait d'une manière trop abrupte pour que l'évolution émotionnelle souhaitée par l'auteur soit véritablement ressentie
C'est dommage pour ce poème qui débute dans un cri de colère pour se terminer sur « l'aplat d'une fleur sans épines »). Il ne manque pas grand chose pour que le message sur la tolérance prenne de la profondeur : un peu plus de cohésion dans le rythme et dans le passage entre la révolte et la peinture. ( la métaphore des couleurs est une idée à suivre, pour renforcer l'impact poétique).

   Pussicat   
28/8/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Après plusieurs lectures, relectures, il me manque… je ne sais quoi exactement, le thème peut-être.

L’anaphore se lit comme une injonction faite à l’auteur comme au lecteur à faire quoi ? À entendre, comprendre que l’issue, l’apaisement est dans l’acte artistique (c’est une spéculation, je n’ai pas tout saisi, il y a un drame, une colère, un chagrin qui se dissiperaient dans l’art).

chaque strophe semble déployer son indépendance :
Le souffle du soulèvement populaire par le défilé
La colère, ou plutôt une colère qui assombrit l’esprit
Le chagrin qui déverse sa bile dans le cœur
L’action de créer par le geste du peintre

d’où cette impression d’un manque d’amplitude, le thème se noue à la fin du troisième vers de chaque strophe. D’autre part, votre texte est court, trop peut-être pour lui permettre d’embrasser le thème.

Qui est ce « Nous » ?

Sur la forme je ne pratique pas ce point, la terza rima , aussi suis-je allée prendre quelques renforts d’aiguilles et de fils dans mes amis dicos.

Les rimes ne sont pas riches
la rime c « matin / chagrin / chemin »
et d : « cœur / graveur / ardeur »

Quant aux vers, ils dansent sur des rythmes trop divers pour entrer dans le corset de la terza rima : ennéasyllabe / décasyllabe / alexandrin

Le dernier vers reste hermétique, il arrive comme un cheveu sur la soupe (désolée pour l’utilisation de cette expression qui exprime le mieux mon incompréhension), sans épine n’emporte pas mon adhésion.

Tous mes encouragements pour le concours,

   Heloise   
3/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Ce drame ? Lequel ?
Cette colère ?
Ce lever ?
Cet état d'âme ?
Ce chagrin ?
Répétition lassante du deictique, sans qu'on sache jamais à quoi on se réfère exactement.

Dépose avec ardeur ? Mais dépose quoi ?

Beaucoup de clichés dans les expressions, sans que je puisse déceler un sens global.

Pourquoi accueillir le chagrin si finalement il faut colorer le chemin ? Je ne comprends pas l'intention.

Le dernier vers, pourquoi un infinitif ??? On dirait une consigne sortie d'un livre de recettes.

La métrique ou l'amétrique des vers rend la lecture bancale.

   Donaldo75   
3/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je ne suis pas fan des retours à la ligne qui dénaturent les textes en délivrant une impression de vide, de par les espaces. C'est dommage dans le cas présent car il y a de la tonalité dans ce poème.

Je resserre.
"Entends dans le souffle de ma parole
La vibration grave de ce drame,
Nous sommes là : avec nos banderoles."

Et là, la musique change. C'est fou le cerveau humain (ou le mien).
Il y a de l'idée dans le chant.
Le dernier vers affaiblit l'ensemble, malheureusement.

   Cyrill   
18/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Ce poème rend compte d'une trajectoire de tolérance : entendre, accueillir, colorer, créer. C'est de cette transformation progressive que naît la musique d’une petite philosophie de l'être là, ensemble.
« une fleur sans épine », une image très simple après des formulations plus abstraites. Je la comprends comme l’aboutissement d’un chemin de résistance... Produire du beau, et sans blesser.
Les images contrastées renforcent le message. Même dans la douleur et la colère, il y a de l’espoir. Ou peut-être, également, la création vient-elle apaiser en résolvant les dissensions dans la beauté.
Un bémol : l’infinitif du dernier vers ne me paraît pas adéquat, au vu des impératifs qui jalonnent le texte.

   LeChevalier   
20/9/2026
(Commentaire rédigé le 30 août mais publié après la fin du vote, tel quel.)

Quand j'ai vu, en EL, la mise en page de ce poème, je me suis dit que ce n'était pas grave et que les lignes vides seraient supprimées avant publication. Malheureusement, ce n'est pas le cas. De toute façon, il ne s'agit là que d'un détail purement visuel, sans aucune incidence sur la qualité du texte lui-même.

Dans un premier temps, on remarque que cette terza rima est dans la catégorie « contemporain » : les vers sont de longueur approximative mais toujours proche du 10. Si on compte, en autorisant des diérèses, en élidant ou en prononçant les e muets comme ça arrange, si on imagine une faute de frappe pour « créer » qui serait en réalité « crée », cela donne : 10 - 10 - 10 ; 10 - 12 - 10 ; 10 - 9 - 10 ; 11 - 10 - 10 ; 10. Ce que je trouve intéressant, c'est que le 10 rapproche le poème de l'original de Dante, écrit en décasyllabes italiens. C'est en décasyllabes qu'on a écrit aussi les premiers exemples de terza rima en français au XVIe s. La formule « nous sommes là » qui revient systématiquement en fin de tercet, a un double avantage : elle crée naturellement une césure après la 4e syllabe et elle rend plus sensibles les tercets, que l'oreille perd très facilement (défaut inhérent à la forme). D'ailleurs, le début de chaque tercet est marqué par la reprise (et non la répétition !) d' « entends ».

En lisant le texte, je pense à une marche blanche à la mémoire d'une victime de l'intolérance. J'y suis poussé dès le deuxième vers : « ce drame » ; plus loin, j'y suis réconforté par « ce lourd chagrin ». Les banderoles ici, contrairement à ce que d'autres commentateurs se sont imaginé, ne sont pas syndicales mais des messages de soutien. Le mauvais traitement infligé à la victime provoque la colère de l'auteur : « colère qui t'enflamme ». Progressivement, on passe de l'idée de son (« entends », « vibration grave », « rythme ») à celle des couleurs, chères à l'auteur (« noircir », « colore », « crayon », « aquarelles » etc.). Il est à remarquer qu'on passe de « grave » et « lourd » à « légères » et « fine ». La marche blanche a donc un effet thérapeutique, en quelque sorte, puisqu'elle allège la souffrance ; ainsi, on arrive logiquement à cette « fleur sans épine » à la fin du dernier vers.

En conclusion, je peux dire que c'est un poème bien pensé, à l'architecture rhétorique solide (encadrement des tercets, progression du son vers la couleur et du lourd vers le léger). Il est vrai que la versification est ici pure fiction (pas de césure fixe : pas de décasyllabe perceptible -- j'ai dû compter sur mes doigts), mais c'est un parti pris et non un défaut de maladresse. Merci donc pour cette lecture.

   Cristale   
21/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime beaucoup
Bonjour Provencao,

"Poésie sous la forme d'une terza rima"

Rien que la franchise de l'exergue m'avait donné envie de commenter ce poème. Ce qui fut fait et me voici, en retard mais là quand même, pour féliciter une auteure de poésie libre venue courageusement rejoindre la faune des classiques :)

La mise en page aurait mérité un arrangement des espaces entre les vers et les strophes mais l'auteure n'y est pour rien.

J'entends la voix poétique et son désir de paix, de douceur, de couleur au bout d'une lutte contre la vie, contre la mort, contre la guerre.

La versification étant présentée en "contemporain", je n'en dirai rien :)

Merci chère poétesse.


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