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Poésie classique
Boutet : Mémoire errante
 Publié le 25/02/26  -  10 commentaires  -  810 caractères  -  125 lectures    Autres textes du même auteur

ll est des jours où la pensée ne s'éteint pas mais se retire dans l'ombre… jusqu'à disparaître complètement. 


Mémoire errante



Adieu clarté d’hier, fébrile ou douce flamme
Que la bise de l'âge étouffe sans retour,
Je te perds, et déjà, dans l’ombre de ce jour
Je sens passer le froid d’un lieu qui me réclame.

Les rires se sont tus je n'ai plus de dictame,
Ce matin a celé mes chants de troubadour
Et ma marche, dès lors, sans possible détour
M’approche lentement des rivages du drame.

Ma pensée, en secret, murmure sous mes pas :
Du silence entêtant où le passé somnole,
Un souffle me répond d'une faible parole

Tel un écho perdu qui ne se tairait pas.
Et je l'entends gémir, petite voix intime,
Errante ma mémoire avançant vers l'abîme…


____________________________________
Texte avec un mot changé avant publication.


 
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   Polza   
25/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Si c’est un sonnet qui a une bonne tenue, je trouve, je ne suis pas pleinement convaincu pour autant.

« Que la bise actuelle étouffe sans retour, » je n’ai pas été sensible à « bise actuelle », je trouve « actuelle » curieux dans ce passage, ce n’est pas un mot que j’aurais personnellement associé à bise, l’image ne rend pas assez poétique à mon goût.

« Je sens passer le froid d’un lieu qui me réclame. » je n’ai pas non plus accroché à « passer le froid » je trouve l’image plutôt banale et qui manque de poésie. Le contraire aurait été : « Je sens passer le chaud »…

« Et ma marche, dès lors, sans possible détour » j’ai toujours eu du mal avec sonorités de la sorte, même si l’on en trouve chez d’illustres poètes, là ça fait « ma/ma ». Pour chanter Bohemian Rhapsody de Queen ça passe, mais dans ce contexte, j’aime moyennement.

« Les rires se sont tus je n’ai plus de dictame,/Tel un écho perdu qui ne se tairait pas. »
Ce n’est pas choquant en soi, mais d’autres vous reprocheront peut-être d’avoir utilisé deux fois le verbe taire.

« Et je l’entends gémir, petite voix intime,
Errante ma mémoire avançant vers l’abîme… » j’ai eu un peu de mal avec ce passage. Je ne sais pas si c’est lié à l’inversion ou au participe présent du verbe avancer. En modifiant légèrement le tercet, j’aurais sûrement apprécié quelque chose qui se finisse par « … avance vers l’abîme… ».

Ce sonnet a tout de même un certain style et il traite d’un sujet sérieux, mais je pense que quelques modifications apporteraient un plus à l’ensemble.



Édition

Quand je disais que je ne trouvais pas « le froid » particulièrement poétique, je veux dire que je m’attendais plutôt à, par exemple : « Je sens passer l’hiver d’un lieu qui me réclame. » mais avec « Je te perds » (hiver) ça faisait peut-être sonorités un peu trop proches et de toute façon, je ne suis moi-même pas convaincu par ma propre proposition.

Par contre, je n’aurais pas été contre : « Je te perds, et déjà, dans l’ombre de ce jour//Je ressens le frimas d’un lieu qui me réclame. »…

   LeChevalier   
10/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
« Adieu, plaisant soleil, mon oeil est étouppé... » aurait dit Ronsard. Pour être honnête, je trouve ce sonnet aussi touchant que les derniers vers du Prince des poètes. Je trouve même une référence antique avec le dictame au deuxième quatrain. Les images sont profondes et sincères.

J'ajouterais plusieurs virgules : après « Adieu » pour détacher l'apostrophe « clarté d'hier » ; à la fin du troisième vers ; après « tus » au début du deuxième quatrain ; à la fin du premier tercet et peut-être, après « errante » dans le dernier vers.

   Cristale   
14/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Très beau, très triste constat.
Un sonnet fluide et musical, bien que la musique du propos s'avère assez funèbre.
Joli rejet d'un tercet à l'autre.

"ma marche" : ce ma-ma est peu gracieux.
J'ai un problème de compréhension sur le dernier vers.

La pièce est agréable à lire, heureuse de constater que le narrateur (ou narratrice) a gardé la mémoire de la beauté des mots, et de la versification ^^.

   papipoete   
17/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
classique
Adieu clarté d'hier, quand mon esprit était plus véloce que la foudre ; je sens peu à peu mon esprit prendre ses distances, et s'approcher de ce funeste abîme.
NB on ne peut être tout le temps, mais avoir été est un sentiment qui peut mettre quelque peu de baume sur notre coeur fatigué.
le second tercet pathétique, est mon passage préféré.
je ne saisis pas le sens de " dictame " ?
des alexandrins au classique sans faute
papipoète

   Donaldo75   
17/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Voici un sonnet classique, très marqué par l’héritage parnassien et symboliste , avec un champ lexical noble, des images mélancoliques, un rythme régulier et une tonalité élégiaque. Le poème est cohérent, maîtrisé et ne tombe jamais dans le mièvre.

   Vincent   
25/2/2026
Bonjour Boutet

J'imagine comme disait l'autre qu'avec mes 88 ans bien sonnés

Je suis le plus vieux du troupeau et je vais encore râler

Vieillir quand on est jeune est perdre les pédales et le reste

Je ne vais pas vous dire que je connais un sirop extraordinaire

Mais je m'aperçois tous les jours que ce n'est pas le drame dont on nous chante continuellemnt le refrain

   Provencao   
25/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Boutet,

"Ma pensée, en secret, murmure sous mes pas :
Du silence entêtant où le passé somnole,
Un souffle me répond d'une faible parole"

Grâce à la pensée, l'écho perdu crée le souvenir séparant le présent du passé."

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Robot   
25/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Le troubadour sans révolte acquiesce à l'inéluctable qui se profile. Un sonnet bien mené, des rimes de bonnes factures pour la plupart - je regrette la facilité des deux rimes "pas" dans les tercets même si leur signification est différente.
Mais j'ai passé un bon moment à la lecture.

   Passant75   
25/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Passent les ans, passe la joie, aucun remède ne peut arrêter le cours inéluctable du temps. De moins en moins fort revient l’écho du passé.

Le son de la mémoire s’affaiblit, ce sonnet très bien le décrit. À l’exception du fait singulier que l’âge puisse être comparé à un courant venteux, les images sont claires et parlantes.

Au final, j’ai apprécié le fond et j’ai trouvé que la forme choisie l’avait bien representé.

   Luron   
25/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Ce sonnet me fait penser à celui de Baudelaire en remplaçant douleur par mémoire :"Sois sage ô ma mémoire et tiens toi plus tranquille"; "les défuntes années" versus "la clarté d'hier".
Par contre au lieu de "La douce nuit qui marche", ici la mémoire "avance vers l'abime". Le dernier vers aurait gagné à se rapprocher d'une fin plus douce et apaisée de la mémoire sans cet abime profond.
J'ai toujours de l'admiration pour les sonnets qui doivent être la perfection de la poésie. Celui ci ne m'a pas déçu.


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