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Poésie libre
Donaldo75 : Paix et amour, mes frères
 Publié le 24/02/26  -  6 commentaires  -  1863 caractères  -  60 lectures    Autres textes du même auteur

L'obscurité ne peut pas chasser l'obscurité ; seule la lumière peut le faire. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l'amour peut le faire.
(Martin Luther King Jr)


Paix et amour, mes frères



Paix et amour, mes frères, laissez tomber vos armes et vos vieilles colères.
Tendez vos joues sans chairs, quittez vos tombes et leurs lits pleins de pierre.
Dansez enfin tous ensemble dans la rue, la boue vous bénira.

Les damnés volent les doux,
les tendres, les naïfs
sous les néons d’une foire
où tout se vend tout se perd.

Nos espoirs ont craqué sous la chute des tours, deux sœurs de métal trop belles et trop hautes, trop pleines de l’argent érigé dans le verre d’un dieu aux pieds d’argile parti depuis longtemps. Les faucons ont mordu le voisin, les vautours ont mangé les moutons apeurés, la guerre a ravivé la haine sans compter tous ses coups et nous sommes retournés de la poussière à l’éternité.

Le monde dévore le monde,
le faible se vend pour rien,
le fort aiguise ses couteaux
sous l’ombre d’un été disparu
dans la nuit de notre humanité.

Les chansons de naguère flottent en drapeaux délavés, invoquent un âge disparu, celui des cheveux longs, des illusions mirifiques claquant en douces révolutions de fleurs et de couleurs. Leur épée a gagné, ils ont enfourché le dragon, soufflé fort sur les braises de nos vieux incendies quand nous pauvres rêveurs tenions des petits brins de houx en guise de talismans.

Paix et amour, mes frères, quittons ce monde noir, sortons-nous des carcasses.
Laissons les faux vivants admirer leurs miroirs, leurs fortunes dorées et leurs muscles en carton.
Étalons tout ce sang sur un linceul de cendres, un ultime mensonge ou une sombre illusion.

Je suis mort moi aussi,
un fondu dans la terre,
attendant comme vous
le salut ou personne.

Paix et amour, mes frères,
chassons tous ces loups gris,
leurs maîtres et leurs seigneurs,
et brûlons le passé.


 
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   A2L9   
15/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Lorsque les circonstances s'inversent, le faible devient le fort et le fort devient le faible. Le faible oublie tout aussi vite qu'il fut le faible et le fort tremble car il se souvient d'avoir été le fort.
Mais peut-être les sœurs (loin de vouloir être un frère) sauront que l'on peut tout aussi bien être l'un ou l'autre et devenir mesure.
Un texte de prêche. Sans passé pas d'avenir.

   Provencao   
24/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Donaldo75,

"Nos espoirs ont craqué sous la chute des tours, deux sœurs de métal trop belles et trop hautes, trop pleines de l’argent érigé dans le verre d’un dieu aux pieds d’argile parti depuis longtemps. Les faucons ont mordu le voisin, les vautours ont mangé les moutons apeurés, la guerre a ravivé la haine sans compter tous ses coups et nous sommes retournés de la poussière à l’éternité."

J'ai été , par cette perception, fortement happée, cahotée, sourcillée, que par la prescience de ce passage. Toutes les affections, conquête, bonheur, crise, aversion, charité, crainte, effroi, égard et exaltation, appréciation de l’estime, amour des louanges... peuvent accaparer notre âme sous l’effet des échos que nous recevons de " la poussière à l'éternité ".

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Polza   
24/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Je ne peux pas dire que ce poème m’a subjugué ou m’a laissé sans voix, néanmoins, j’apprécie l’humanité qui s’en dégage ; humanité pas seulement propre au narrateur, mais à l’auteur également.

Peut-être la phrase « dieux aux pieds d’argile » m’a-t-elle influencé, mais j’ai eu le sentiment de retrouver du Renaud dans ce poème, plus particulièrement sa chanson Manhattan-Kaboul…

Sans vouloir froisser l’auteur, il y a une sorte de « naïveté poétique » dans ce poème que j’apprécie…

   papipoete   
24/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour Donaldo
" Paix et amour mes frères " incite à lire de sages mais fortes paroles, appelant au grand sursaut, alors que le Monde prend l'eau de tous côtés, sous la mitraille des tyrans, sous le poids des toujours plus riches.
Paix et amour, rendons à nos grands hommes la couleur des défilés de liesse, Peace and Love de Woodstock, les discours de Martin...
NB on a le droit de rêver, mais les Maîtres du monde tiennent si bien les rênes de notre vie, que l'on peut se dire " à quoi bon ? "

   Passant75   
24/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Tel un prêtre chevelu, l’auteur, du haut de sa chaire, nous fait un sermon annoçant la fin des guerres et un avenir de paix.

C’est un texte que les hippies américains n’auraient guère desavoué. On pourrait, a contrario, lui opposer le vieille devise romaine « Si vis pacem, para bellum ».

Plus que méfiant sur la nature humaine, j’ai tendance à privilégier la seconde hypothèse à la première.

Ne nous méprenons pas, je préfère la paix à la guerre ainsi que la douceur angevine de chez nous à la recherche du bonheur dans des contrées lointaines à conquérir. Mais considérer que tout voisin plus ou moins proche n’aurait jamais la moindre visée sur des richesses qu’il pourrait convoiter ailleurs m’apparaît n’être qu’un rêve illusoire. La volonté de Poutine de contrôler le pouvoir en Ukraine n’apporterait-elle pas de l’eau à mon moulin ?

Quant à vouloir brûler le passé, rien ne me paraîtrait plus dangereux, en effet, c’est par la connaissance du passé et son étude approfondie qu’on peut espérer mieux préparer l’avenir.

Au final, un texte sympathique, mais désarmant de candeur. Et quand je dis « désarmant », c’est dans toutes les acceptions du terme.

On aura compris que, si le rêve est plaisant, je lui préfère la réalité, quand bien même cette dernière n’aurait pas que des aspects agréables.

   Luron   
24/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Je comprends au vu du monde actuel les illusions et attentes déçues décrites d'un ton engagé mais un peu désabusé dans ce poème car je partage le sentiment exprimé. Du temps où je refaisais le monde avec les étudiants de mon âge, nous aurions haussé l'épaule si on nous avait décrit la situation actuelle comme futur probable. Tout est dans le vers :"Nos espoirs ont craqué..."
Mais quelle solution? Cette répétition de Paix et amour mes frères me fait hésiter entre prédication religieuse et slogan hippie. Pas ma tasse de thé. Brûler le passé est encore pire car nous en avons besoin pour bâtir d'autres projets ou... illusions.


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