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Poésie classique
pieralun : Carte blanche
 Publié le 23/02/26  -  13 commentaires  -  747 caractères  -  158 lectures    Autres textes du même auteur


Carte blanche



Ma jeune et belle épouse, il est une bataille
Que tu pourrais livrer entre cœur et raison,
Car l’œil du prédateur trouve souvent la faille
Du fondement fragile où s’endort la maison.

Moi, je sens de l’hiver la première grisaille,
Les feuilles de mon arbre ornent tout le gazon,
Je courbe un peu mon dos sur sa première entaille
Et toi tu vas toucher ta plus belle saison.

Or, n’ayant pas le goût du temps qui nous apaise,
Au fil gris du cheveu je préfère la braise
Qui réveille les sens du vieil homme endormi.

Alors, si quelque intrus fait tressaillir ta veine,
Laisse prendre le feu qui rougira ma peine,
Puis rejoins les draps blancs de ton meilleur ami.


 
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   Polza   
8/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
En lisant ce sonnet et son titre, je me suis dit qu’il aurait tout aussi bien pu s’intituler « Abnégation romantique » ou quelque chose du même acabit !
J’ai pensé de loin à « Il venait d’avoir 18 ans » de Dalida, dans le sens inverse.



Si j’ai trouvé l’intention louable, j’avoue avoir été moins séduit par la construction générale.
Peut-être aurait-il fallu 5 ou 6 quatrains pour développer ce thème plus en profondeur, le sonnet laisse peu de place pour raconter une histoire, c’est pour cela que je trouve cette forme de poésie admirable et difficile à la fois.

« où s’endort la maison » je n’ai peut-être pas bien compris le sens du mot « s’endort » et par extension de ce vers.

« ornent tout le gazon » dans ce contexte, j’ai trouvé que « tout » faisait office de mot cheville.

« Je courbe un peu mon dos » idem concernant « un peu ». Je ne dis pas que chaque fois que je lis « tout » ou « un peu » dans un poème je trouve que cela fait mots chevilles, ça dépend du contexte, dans le cas présent, je le pense…

« Et toi tu vas toucher ta plus belle saison. » je n’ai pas trouvé le verbe « toucher » approprié et poétique dans ce vers.

« la première grisaille/Au fil gris » pourquoi pas, à voir si certains ou certaines soulignent cela…

« Au fil gris du cheveu je préfère la braise
Qui réveille les sens du vieil homme endormi. » je n’ai pas forcément apprécié la comparaison ni « au fil gris du cheveu » désolé. « du cheveu/du vieil homme » pour éviter le « du/du » j’aurais peut-être préféré « d’un vieil homme endormi ». Une petite virgule après cheveu ne m’aurait pas déplu.

« Alors, si quelqu’intrus fait tressaillir ta veine, » je pense que l’élision est fautive, à vérifier, mais pour moi c’est « Alors si quelque intrus… ». Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris dans quel sen a été employé le mot veine dans « fait tressaillir ta veine, ».

« Laisse prendre le feu qui rougira ma peine, » je me dis qu’il aurait peut-être fallu élider au moins un E afin de rendre le tout plus fluide. Là ça fait « Laisseu/prendreu/leu ». Avec quelque chose du genre « Laisse attiser le feu » ou autre, ça résoudrait le problème (si toutefois c’en était un !).

« Laisse prendre le feu qui rougira ma peine, » pas bien compris « qui rougira ma peine »

« Puis rejoins les draps blancs de ton meilleur ami. » ami n’est peut-être pas le qualificatif auquel je m’attendais pour évoquer le narrateur, le mari, mais pourquoi pas après tout.

J’aurais presque pu me laisser séduire par ce poème en ne le lisant qu’une fois, mais en regardant de plus près, je trouve qu’il y a quelques imperfections. L’ensemble manque de force poétique à mon sens, même si j’ai trouvé l’intention du narrateur plus que louable.








   Cristale   
14/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Dans cette histoire d'un autre temps, la confiance est loin de régner ^^
Alors comme ça le monsieur, d'un âge certain, conseillerait à son épouse, jeune et belle oiselle, si le feu venait à s'emparer d'elle à l'insu de son plein gré, de rejoindre la couche d'un bellâtre irrésistible ou alors, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris : le vieil homme par jalousie s'enflammerait du désir de son épouse "Laisse prendre le feu" pour un autre (le coeur parle) et lui conseillerait de le rejoindre, lui l'ami, (la raison) dans leurs draps blancs, "je préfère la braise qui réveille les sens du vieil homme endormi", sûr et certain de clore "l'affaire", lui, la valeur sûre. Il la prend vraiment pour une cruche écervelée ^^
Tout ceci est immoral à notre époque de l'anti patriarcat mais ce poème est souriant au dixième degré.
"Les feuilles de mon arbre ornent tout le gazon," : sérieux ?

"première grisaille" "première entaille"... et de quelle entaille s'agit-il ?
Que des noms à la rime des quatrains.

Sinon l'ensemble du sonnet sonne bien, j'aime bien ce langage suranné. Il m'a plu de le lire, et amusée qui plus est.

   Lebarde   
17/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
A l'image de Booz, la "jeune et belle épouse" "réveille les sens du vieil homme endormi "qui "Au fil gris du cheveu je préfère la braise" sachant bien pourtant qu'il lui sera difficile de lutter contre les instrus plus jeunes .
Il est prêt à s'incliner avec l'espoir que la jeune femme après ses écarts, compréhensibles peut être reviendra "rejoin(dre) les draps blancs de (s)on meilleur ami."
Elle a « carte blanche »

Tout cela est tellement bien dit avec une poésie pleine de douceur, de délicatesse et résignation.

J'aime beaucoup ce sonnet classique d'une poétique simplicité, truffé de belles idées et de jolis vers,
Je retiens en particulier:
"Les feuilles de mon arbre ornent tout le gazon"...
"Et toi tu vas toucher ta plus belle saison."

Oui bravo pour ce superbe poème qui me plait bien.

En EL

Lebarde

   Ornicar   
17/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Qu'en termes choisis ces choses là sont dites et abordées. Une écriture élégante et pleine de tact pour un poème de gentleman. De la maîtrise dans tous les sens et tous les domaines. Voilà ce que je me dis spontanément à l'issue de ma première lecture. C'est ma première réaction. Première ou "primaire" ? voire "primitive" ? Puis... en me penchant un peu plus sur ce poème, je me dis que la "jeune et belle épouse" n'a pas besoin de l'autorisation de son barbon de mari. Diantre ! Nous sommes en 2026. Que cela veut-il dire au bout du compte ? Quel message, quelle vision du couple et des relations homme et femme est-elle véhiculée ici ? Tout aussi étrange est l'emploi du terme "prédateur" comme si "l'autre", l'amant, ne pouvait être que cela et la jeune épouse une "proie". Forcément.

Puisque j'en suis à décortiquer le sens de certains termes, j'ai des difficulté de compréhension avec le dernier vers : "Puis rejoins les draps blancs de ton meilleur ami." Que faut-il comprendre ? S'agit-il du mari, du narrateur ? S'agit-il de l'amant ? Dans ce cas, "nouvel ami" serait plus approprié que "meilleur". A moins que l'amant, le "nouveau" soit le "meilleur ami" du mari. Un cas de figure plus courant qu'on ne croit, paraît-il. Bon. Dans l'ensemble j'ai "bien aimé" mais faut reconnaître que toute cette littérature sent un peu trop la naphtaline, non ? Allez ! J'arrête de commenter ce poème. Faut que je travaille à ma déconstruction et j'ai encore pas mal de boulot...

   Pattie   
23/2/2026
Je suis sensible à l'histoire racontée par les textes, et voici ce que me raconte celui-ci : un homme vieux (d'après la description paradoxale qui évoque la première grisaille mais qui le montre voûté), n'apprécie pas les femmes vieilles, épouse une jeunette, en fait le fondement de sa maison et lui donne pour mission de réveiller sa libido endormie. Comme il pressent qu'il n'y a pas là de quoi occuper à temps plein une jeune femme d'aujourd'hui, il lui donne généreusement l'autorisation de le tromper et de revenir ensuite à lui. Mais à quelle époque est-on ? Si c'est dans la nôtre et que l'épouse est amoureuse, j'attends la suite du feuilleton où elle rembarrera ce mari complaisant et défaitiste qui lui accorde si peu de crédit et a si peu confiance en lui, qui ne lui offre comme perspective qu'une cohabitation en camarades dans des draps blancs avec un mari dont elle pourra louer le sacrifice altruiste. C'est un peu paternaliste, tout ça. Vive le divorce !

   Donaldo75   
17/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Ce sonnet dispense une vraie tension dramatique, avec une voix, de l’incarné, dans un mélange de classique et de brut.

   Provencao   
23/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour pieralun,

Il se joue là en vos vers une créance et une confiance en cette écriture gothique, à distinguer du langage courant, que je trouve très seyant et quelque part un tantinet sagace, mais en même temps qui peut poser problème.

Chaque mot usité me paraît dans votre poésie comme une apparence, presque comme une effigie, ou voire un référent pour une symbolique d'écriture ...ou peut être pas.

J'avoue être un peu décontenancée.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
23/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour pieralun
Je suis bien vieux maintenant, et ne puis plus prétendre mettre le feu à ton corps, alors que mon coeur lui s'embrase toujours pour toi ma mie ; mais si quelque casanova " fait tressaillir ta veine ", comme je serais heureux de profiter de quelques reliefs...
NB un sujet " casse-gueule " où l'incompréhension du lecteur, peut se perdre dans un imbroglio fâcheux.
Entre le vieux encore vert mais qui " ne peut plus " prêt à passer après la bataille, et se contenter des os...
Entre ce vieux toujours amoureux de sa mie, la suppliant " ne me quittes pas, laisse-moi devenir, l'ombre de ton chien, ne me quitte pas... "
Je ne suis pas sûr d'avoir compris le sel de ces lignes ; attendons quelque éclaircissement du poète.
Oui assurément, un thème ambigu !
la seconde strophe qui peut qualifier biens de porteurs de cheveux gris, est ma préférée

   Boutet   
23/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Que ces choses sont bien dites ! Que la Belle et Jeune aille se consoler ailleurs puisque le printemps
semble uni avec l'hiver. Il lui sera pardonner des écarts inévitables, ou même encouragés.
Un beau sonnet classique sur un sujet qu'on préfère taire en général.

   LeChevalier   
23/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Texte très facile à commenter, tant il tend des perches.

Pour le fond. C'est le cliché millénaire du vieillard libidineux mais impuissant, excité par la pensée (la vue ?) des jeunes encore capables. Ici on la particularité que l'époux se transforme en meilleur ami, amitié assez étrange, il est vrai.

Pour la forme. L'avantage du sonnet, c'est d'allier brièveté et maîtrise technique. Mais cette dernière ne me semble pas au rendez-vous ici. D'autres ont déjà critiqué les rimes, je parlerai de la syntaxe et de quelques figures.

« Du fondement fragile où s'endort une maison » : il fallait dire quelque chose comme « Du fondement fragile, sur lequel s'endort une maison » mais la métrique a été privilégiée à l'expression correcte.

« Moi, je courbe un peu le dos sur sa première entaille » : ici je n'ai même pas d'hypothèse ! Qui a fait l'entaille et à qui pour que le dos se courbe sur celle-ci ?

« Or, n'ayant pas le goût du temps qui nous apaise » : ici non plus, je ne vois pas de sens au premier hémistiche.

« Fait tressaillir ta veine » est une figure que je ne trouve pas du tout gracieuse. « Fait bouillir ton sang », « fait vibrer ton cœur » oui, mais veine ?

   EtienneNorvins   
23/2/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Des vers qui tirent à la rime, pour broder une histoire qui se voulait peut être polissonne et n'est que d'un autre âge... Dommage.

   Ramana   
23/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bah ! Cette situation n'est pas d'un autre temps, les exemples d'hommes ayant pour compagne une femme beaucoup plus jeune ne sont pas rares de nos jours, comme cela a toujours été le cas de tous temps. On trouve surtout cette configuration (mais pas que) lorsque l'homme est aisé ou jouit d'une certaine célébrité, si je peux dire sans vouloir être désobligeant envers la gent féminine, que je respecte.
De même, une certaine liberté sexuelle a toujours eu cours, voyez les romans d'époque ! Par ailleurs, l'échangisme est une pratique courante, même si le contexte est quelque peu différent, puisqu'il y a dans ce cas "équivalence". L'escorting aussi bat son plein côté hommes surtout, quand madame reste sagement à la maison et ferme les yeux. Dans ces lignes ici présentes, monsieur préfère, en prenant certes un risque, laisser sa compagne convoler plutôt que la perdre en la frustrant. Quand lui préfère la braise, elle, préfère le même mot sans le (r). Peux t-on lui en vouloir ?
Pour répondre à une interrogation, c'est l'hiver bien sûr qui fait l'entaille, même si le sixième vers qui vient s'intercaler éloigne le sujet !

   Passant75   
23/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Si l'envie de la jeune épouse fait que vibre toujours son corps alors que son mari, bien plus vieux, n'est plus en mesure de la contenter, faut-il encourager la belle à ne pas hésiter si quelque galant lui faisait de l'œil ?

Plus que mari complaisant, le vieillard devient mari complice, mais semble vouloir même tirer quelque satisfaction, voire quelque plaisir, à l'idée que sa jeune dulcinée se fasse trousser par un autre. Mais ce qui peut devenir gênant me paraît être que ledit jeune galant soit d'abord traité de prédateur, puis d'intrus pour finir par être traité de meilleur ami. Le cheminement de la pensée de ce vieux mari me semble emprunter plus au goût du pervers qu'à celui de la saine camaraderie.

Quand existent d'importantes différences d'âge, j'imagine plus facilement que le vieux mari ne dise rien à sa jeune épouse et ne lui conseille guère d'aller assouvir les désirs de ses sens avec quelqu'un d'autre. Le silence peut s'avérer être là une preuve d'amour.

Quant à l'écriture, le sonnet est correctement construit et certains vers marient intelligemment la forme au fond. Notamment un vers que j'ai particulièrement apprécié, à savoir "Les feuilles de mon arbre ornent tout le gazon".


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