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Poésie classique
Boutet : Sous l'orage intérieur
 Publié le 06/01/26  -  7 commentaires  -  720 caractères  -  111 lectures    Autres textes du même auteur

L'orage dévaste tout et ne laisse que le rêve.


Sous l'orage intérieur



Quand l’orage brutal éclate sans raison,
Que ses mots assassins déchirent le silence,
L’éclair brûle mon corps de sa froide insolence,
Et mon âme s'abîme en quête d’horizon.

Le vent hurle au lointain sa folle déraison,
Il fait trembler les murs, renverse ma défense ;
Ma bravoure subit le blasphème ou l'offense :
Et l'ombre étend son voile au cœur de la maison.

Que reste-t-il après la funeste tempête ?
On pense quelques fois que les corps font la fête
Mais n’est-ce point fictif quand tout est dévasté.

Je rêve d’un jardin que la bourrasque épargne,
Thébaïde où l’amour élimine la hargne
Et fait naître des fleurs de joie et volupté.


 
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   papipoete   
24/12/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
classique
Quand l'orage, sans prévenir, se déchaîne et fait table rase de tout ; ces mots assassins qui écroulent tout, et même ma bravoure n'est plus que loque, où tu t'essuies les pieds, craches sur nos serments, où sont nos " je t'aimerai toujours... "
NB qui ne connut pas cette dévastation, que même Attila ne put égaler, qu'il ne resta que cendres d'un coeur éperdu ? Quand revint le calme, on était presque intimidés, de se regarder, d'oser tendre un petit mot...
Ne jamais oublier avant de tout jeter à la poubelle que :
- nous nous sommes tant aimés, avons tant promis...
" et l'ombre étend son voile au coeur de la maison " ( Soulage ne put pas faire plus noir ! )
le second tercet empli de rêve, est mon passage préféré.
Parfait classique pour ces alexandrins
papipoète

   Ornicar   
1/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J'ai bien aimé ce poème et le parallèle qu'il dresse entre l'orage intime et l'orage céleste. Un parallèle bien mené, notamment dans les quatrains. Des raisons de cet orage, le lecteur ne saura rien et n'a pas à le savoir.

En relisant l'exergue ("L'orage dévaste tout et ne laisse que le rêve") une considération - bien prosaïque - me vient à l'esprit : avant d'atteindre cet idéal, ou l'or du "rêve", il me semble que la violence d'un tel phénomène laisse d'abord place au plomb des regrets et cicatrices... Le narrateur semble éluder cette question par une autre question au début du premier tercet : "Que reste-t-il après la funeste tempête ?". J'éprouve par contre un peu plus de difficulté à rattacher les deux vers suivants à ce qui précède, mais rien de grave. Jolie dernière strophe, en forme de voeu, qui ouvre la perspective sur un "horizon" plus riant et moins désolé que celui du quatrième vers.

Pour terminer, une infime réserve : je n'aurais pas choisi ce titre, ou plutôt, j'aurais banni de l'intitulé le qualificatif "intérieur" qui annonce tout de suite, et trop tôt selon moi, les résonnances intimes de cet orage. A mon avis, le lecteur n'a nul besoin de cette précision ; il est tout à fait à même, s'emparant de la métaphore, d'effectuer ce "travail" de translation d'un orage à l'autre.

   Robot   
6/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Un orage intime qui a laissé des traces douloureuses et semble apporter des doutes sur la possibilité d'une réparation.
Le second tercet envisage l'espoir et la possibilité d'un amour nouveau épargné par la hargne.

   Provencao   
6/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Boutet,

"Je rêve d’un jardin que la bourrasque épargne,
Thébaïde où l’amour élimine la hargne
Et fait naître des fleurs de joie et volupté"

Et c’est précisément à mon sens, sur ce tercet que repose l’espoir.
Ce jardin-espoir, est une attente active, d'un jardin inachevé.
Aussi est-ce au nom de cet espoir, de rechercher toujours un monde meilleur.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   LeChevalier   
6/1/2026
Sonnet classique, à tercets marotiques, si je ne me trompe pas. La structure est respectée non seulement au niveau prosodique mais aussi sémantique. J'ai une petite réserve quant au pléonastique "folle déraison" et la rime "raison" - "déraison".

   Cristale   
6/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
C'est l'essence même du poème, la/les métaphore(s), l'ambiance désespoir douleur /espoir furtif et vain du bonheur qui ont capté mon attention.
Le vocabulaire choisi enrichit l'ensemble.
Belle et triste composition.

   Polza   
7/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Je vous commente deux fois en peu de temps, mais je ne choisis pas l’auteur que je commente, c’est le poème qui m’inspire un commentaire ou pas.

J’ai trouvé votre sonnet d’une très bonne tenue, que ce soit rythmique ou poétique. Sur la technique pure, je passe mon tour, je ne suis pas assez expert en ce domaine.

Par contre, quel dommage d’avoir ajouté « intérieur » à sous l’orage. Sous l’orage se suffisait amplement selon moi. Le reste se découvre au fur et à mesure de la lecture.
C’est un peu comme si, pour volontairement exagérer, Rimbaud avait intitulé son célèbre poème « Le dormeur du val mort » !

Le premier quatrain pose les bases de sublime façon, c’est musical et poétique et élégiaque à la fois.

« Le vent hurle au lointain sa folle déraison » les puristes comme Sorgel vous reprocheront raison/déraison. Personnellement, utilisé à bon escient, cela ne me choque pas. Je n’oublie pas non plus que Sorgel écrit souvent dans son traité : « de grands auteurs l’ont fait, mais ils n’auraient pas dû ». Ce n’est pas le lieu pour dire ce que je pense de cela, mais pour résumer, selon moi, ce sont les grands auteurs (et même les petits) qui font la poésie et non un traité, aussi reconnu soit-il !). Pour conclure, je ne dis pas que ce traité est inutile, loin de là !

Ah si, une dernière chose pour raison déraison. J’ai le livre « Poésies » de François Villon aux éditions Gallimard NRF, préface de Tristan Tzara.
À la page 163, dans « Ballade de bon conseil », on peut lire :
« Hommes faillis, bertaudés de raison,
Dénaturés et hors de connoissance,
Démis du sens, comblés de déraison, »

Àprès, si vraiment vous vouliez vous conformez à l’exigence des puristes, ce ne sont pas les possibilités qui manquent, « sa cruelle oraison » « de sa folle prison », etc.

« renverse ma défense » je n’ai pas trouvé la formule heureuse, j’aurais aimé que cela soit tourné d’une autre façon, c’est peut-être renverse qui me gêne, je ne sais pas trop.

« Ma bravoure subit le blasphème ou l’offense » peut-être vous n’avez pas voulu ajouter la conjonction « et » pour ne pas faire doublon avec « Et l’ombre… », mais cela ne m’aurait pas gêné, bien au contraire. « Ma bravoure subit le blasphème et l’offense/Et l’ombre étend son voile au cœur de la maison. »

« On pense quelques fois que les corps sont en fête » encore une fois, je n’ai pas trouvé la formule heureuse, je trouve qu’elle dénote légèrement avec l’ensemble du sonnet, elle est presque prosaïque.

« Mais n’est-ce point fictif quand tout est dévasté. » J’aurais plutôt vu un point d’interrogation ou d’exclamation, mais je suis loin d’être expert en ponctuation, c’est même plutôt une faiblesse chez moi !

Fictif me gêne dans ce passage, je ne le trouve pas poétique (cela n’engage que moi).
J’aurais trouvé « trompeur » beaucoup mieux.

Le dernier tercet est d’une perfection sans nom à mon sens, il vient conclure ce sonnet de la plus belle des manières, je suis impressionné !

Franchement, j’ai beaucoup apprécié ce sonnet malgré mes quelques remarques.
Un très beau sonnet sur un très beau thème également (mais perfectible à mon avis, plus qu’il ne l’est déjà en tout cas).


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