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Poésie classique
brabant : Le Sicilien de Lesneven ou La loi des rues
 Publié le 23/12/11  -  16 commentaires  -  1268 caractères  -  350 lectures    Autres textes du même auteur

Aux Pupilles de la Nation, passés, présents et à venir…


Le Sicilien de Lesneven ou La loi des rues



Au risque des hauts murs, Auguste le Breton
Un jour décanilla, fuyant la fourmilière
Des orphelins bagnards de la prison de pierre,
Où frémir et puis geindre étaient de mauvais ton.

Le fieu du clown Montfort contourna le planton,
Et sitôt rigolard, exhiba son derrière,
En criant à l’encan : « Je suis dans la lumière !
Prends ma photo maton ! Chope-moi nom de nom ! »

Avec deux sous d’amour il charma les pucelles,
Niqua le poulaga, soutint les demoiselles.
Des bordels de Pigalle à Paname on se vend.

La chnouf et les ripoux, faut pas raquer stupide !
Baveux du rififi, son verlan fit le vide
Or il mourut poète en paraphant… Du vent !

Pour Maryvonne

« On te manque de respect, frappe. »
L’ Évangile du Pavé (1982)

« Et la croix de l’ouvrier
qui jour et nuit
au long de sa vie
porte sa croix
sa lourde croix
qu’il n’abandonnera
que lorsqu’il crèvera
sans avoir rien vu
sans avoir vécu. »
Les Croix (1961)

« Du vent… et autres poèmes » Auguste le Breton. Éditions du Rocher (1998)





 
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   Anonyme   
5/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour ! La vie d'Auguste Le Breton résumée en 14 vers, il fallait le faire. L'auteur emploie fort justement l'argot qui caractérisa ce "Sicilien" de Lesneven, sa ville de naissance.
Pour moi c'est un très bon sonnet qui sort des sentiers battus et seul me gêne un peu le troisième vers du premier tercet, un peu isolé dans le contexte général.
Je ne trouve rien à redire de l'écriture classique dont la prosodie me semble respectée.

   Mona79   
23/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Brabant,

La trêve des confiseurs ne nous empêche pas de savourer ce sonnet à sa juste valeur. Ce fut en effet une gageure de raconter, en 14 vers (et avec rimes imposées), une vie aussi mouvementée que celle d'Auguste le Breton. Tu t'en es sorti haut la main et j'ai ainsi appris quelle fut le destin, peu enviable, de ce poète de notre époque.

Evidemment, j'ai souri à ce jeu de mot : "Prends ma photo maton" et le dernier vers faisant allusion à l'une de ses oeuvres est amené avec talent.
De ce sonnet il restera autre chose que... du vent ! Bel hommage.

   Meleagre   
23/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un grand vent de fraîcheur vient de souffler sur la poésie classique !

Je ne connaissais pas la vie et l'oeuvre d'Auguste le Breton. Elle est racontée ici avec beaucoup de verve et de vivacité.
J'aime bien le rythme, vif, rapide, saccadé, qui convient bien au sujet. Avec tous ces rejets, ces virgules à l'hémistiche, on en oublierait presque qu'on est dans un sonnet (dont, d'ailleurs, la métrique est parfaitement respectée).
Le vocabulaire aussi dénote avec le reste de la poésie classique, et est bien adapté à Le Breton : l'argot trouve ici ses lettres de noblesse.
J'aime surtout les quatrains, qui montrent avec vivacité la fuite de l'orphelinat, événement fondateur dans la vie de ce poète. Le vers "Prends ma photo maton", est bien trouvé et bien tourné.
Je tique un peu sur le vers 11, qui rompt avec la progression du récit.
J'aime bien le dernier vers, mais je trouve qu'il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Je ne comprends pas le lien entre "Baveux du rififi, son verlan fit le vide " et "Or il mourut poète en paraphant… Du vent !"

Bref, un sonnet très frais, très vivant, bel hommage à ce poète particulier, en empruntant son style et son vocabulaire.

   Anonyme   
23/12/2011
Hommage inattendu et pas du tout barbant, à un des maîtres du Polar qui inspira bien des pointures de Audiard à San Antonio.
Puisse ce sonnet inciter les blancs becs à découvrir le rififi chez les hommes, la razzia sur la Schnouff et autres monuments de la littérature. Puissent aussi les mânes d'Auguste se brancher sur Oniris afin de profiter de ta jactance pas piquée des hannetons.
La chute du poème a un petit air de Corbière tout à fait réjouissant. Normal, Lesneven n'est pas bien loin de Roscoff.

Merci Brabant.

   Charivari   
23/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sympa comme tout ce texte. Une verve qui nous évoque les apaches, les poulbots, mais sans trop insister sur l'argot. Par contre je n'ai pas bien compris pourquoi avoir choisi un sonnet, et une forme classique. Je crois qu'un texte pour une java aurait été plus adéquate. Ceci dit, ça tourne bien, la lecture est très fluide.

   Anonyme   
24/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je garde de ce sonnet la sensation d'un puzzle brillamment réussi. On dirait des fragments reconstitués, emboités avec brio, des mots-clés associés en douceur, le tout dans un registre décalé avec la forme classique; comme pour faire un pied de nez aux conventions (dans l'esprit de l'artiste).
Une présentation, un résumé de vie, une épitaphe ?
Un éloge simplement.

   pieralun   
30/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le moins que l'on puisse dire avec ce texte, c'est que l'on sort du lyrisme et des grands sentiments.
Certes, il n'est pas poétique, mais il représente une sacré performance:

- au niveau de la prosodie: rien à redire
- l'emploi d'un champ lexical tellement différent qu'il faut le saluer
- l'originalité du thème qui, personnellement, m'a obligé a faire un tour sur wiki pour découvrir la vie d'Alexandre le Breton.
- enfin une très belle chute qui ponctue le sonnet mais également la vie de l'écrivain.

J'ai bien aimé les quelques passage à la Audiard......

   Anonyme   
31/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je crois que l'hommage voulu à ce poète est réussi avec brio et d'une façon très originale. Ne le connaissant pas, il m'a fallu mon cher ami Wiki pour m'aider. Maintenant je suis dans la lumière (sourire). L'argot vient au sein de ce sonnet classique comme un cow-boy dans une galerie d'art. L'effet n'est pas pour me déplaire, au contraire. J'aime bien quand on enlève les vieilles perruques des grandes poussières du temps (clin d'oeil).
Bravo!

   alex2   
8/1/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce que j'ai assimilé à une cheville dans le vers 4 (« et puis ») m'a d'abord gêné… mais il me faut saluer l'impeccable facture classique du poème, qui contraste avec le fond et le registre employé avec bonheur.
L'hommage me semble réussi, et tout particulièrement la chute, nette, sans bavures, qui atteint sa cible. Bien vu.

   vicon   
8/1/2012
Bonsoir brabant,

Je ne connaissais pas Auguste le Breton, je suis donc allé faire un tour à gauche à droite pour cerner un peu le sujet et comprendre un peu mieux cette canaille lecture.
J'ai en tout cas vraiment bien aimé ce poème ; moins pour la précision de la biographique (que j'ai de toute façon du mal à percevoir) que pour le côté "diable au corps", avec ce ton léger à un pied près du danger - c'est ça de trainer sur les hauts murs !

   Lagomys   
9/1/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Brabant

Traitée dans le registre le plus approprié cette biographie n'aurait pas été reniée par le gouailleur parigo-breton. Du coup je suis allé chiader son curriculum en prose (le pourquoi de ce com post-mortem).

Ce poème mériterait le marbre du Vésinet : l'argoteux ne se serait pas gravé plus belle épitaphe.

Entre autres ciselures : "Le fieu du clown Montfort…", "En criant à l’encan : « Je suis dans la lumière ! ", "La chnouf et les ripoux, faut pas raquer stupide !", "Baveux du rififi, son verlan fit le vide"…

Et ce paraphe… il l'eût apposé des deux pognes !

L'originalité du projet, la justesse du propos sur le fond et la forme sans la moindre écaille, la pertinence du ton, ressuscitent l'excellence : sans scrupules -> exceptionnel.

J'en bave des fonds d'artichaut.

Lagomys arpète

   leni   
12/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai été faire un tour dans la vie d"Auguste le BRETON pour comprendre le Texte Le tableau est étonnant en quatorze vers sur un ton inhabituel pour un sonnet Prends ma photo maton! Chope-moi non de non!Tout le régal pour moi est dans le contraste entre la forme sonnet et le style Qui jamais n"est vulgairePerformance superbement réussie Bravo

   sousmarin   
20/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Rien à dire, c’est du bon boulot !
« Photo maton », « niqua le poulaga, soutint les demoiselles » sont bien trouvés.

Fluide, bien écrit, on sent tout de même que les tercets font du remplissage d’argot…

   Anonyme   
19/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai lu d'un trait, comme on vide un canon, ce sonnet zazou, plein de gouaille à la Gabin et de saveurs des films à rififis...
Le troisième vers du premier tercet devrait être révisé, car il semble être tombé là comme un tif dans la bouffe...

   Bidis   
22/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ecriture en coup de poing, cela m'intimide toujours un peu. C'est la vie, la vie sans fioritures et sans filet. Un genre de texte qui me fait rentrer dans ma coquille... Cela n'empêche pas mon admiration, au contraire : le texte est court mais c'est assez exceptionnel de parvenir à écrire comme ça.

Auguste le Breton, c'est du rififi chez les hommes. Je ne savais pas que c'était aussi un poète.

   Anonyme   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Ce poème mérite bien toutes les louanges qui lui sont adressées, je me disais bien après avoir lu votre premier que je ne serai pas déçue par une seconde lecture, et pourtant comme je l'ai dit précédemment je suis loin d'apprécier le verbe haut, et le vocabulaire qui souvent l'accompagne.

Mais je reconnais que vous connaissez et maitrisez parfaitement votre sujet. Et ce qui ne gâche rien, votre plume est talentueuse.

Comme tout a été dit, je me contenterai de dire simplement, un très bel écrit qui ne manque d'intérêt.


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